Ibrahima Souré, inspecteur de la jeunesse de Conakry : « nous n’avons aucun budget pour travailler »

12 août 2021 à 22 10 23 08238
Ibrahima Souré, inspecteur régional de la jeunesse de Conakry

« Le Président de la République a dédié ses mandats à la jeunesse et aux femmes. Mais, il a beaucoup de problèmes parce qu’il est mal entouré. Et, cet entourage fait défaut politiquement et administrativement », a notamment dit Ibrahima Souré, inspecteur régional de la jeunesse de Conakry, lors d’un entretien avec un reporter de Guineematin.com ce jeudi, 12 août 2021.

Adopté en 1999 par l’assemblée générale des Nations-Unies pour « attirer l’attention de la communauté internationale sur les problèmes de la jeunesse et célébrer le potentiel des jeunes en tant que partenaires dans la société », la journée internationale de la jeunesse est commémorée le 12 août de chaque année dans le monde. Mais, cette journée arrive cette année dans un contexte de crise sanitaire liée à la pandémie de COVID-19. Donc, en Guinée, aucune grande célébration n’a été prévue, d’autant plus que cette journée trouve les jeunes dans la précarité. Ils sont majoritairement frappés par le chômage, le sous emploi et une grande paupérisation.

Les organes de l’Etat en charge de les protéger contre l’abandon morale sont défaillants et souffrent de manque de financement. C’est le cas de l’inspection régionale de la jeunesse de Conakry où aucun budget de fonctionnement n’est encore pas disponible. Une situation que dénonce Ibrahima Souré. Interrogé ce jeudi par un reporter de Guineematin.com, l’inspecteur régional de la jeunesse de Conakry appelle aussi l’Etat à prendre ses responsabilités pour lutter contre les trafiquants de drogue et les commerçants qui importent les boissons alcoolisés dans notre pays.

Actuellement, en Guinée, chaque jeune est un potentiel candidat à l’immigration. La jeunesse croupit dans le chômage, la pauvreté, le manque d’emploi. Elle est déboussolée, manipulée et divisée par les politiques, alors qu’elle devait bénéficier de la protection de l’Etat et des collectivités contre l’abandon moral (conformément à l’article 19 de la constitution). Les structures en charge de son encadrement sont obsolètes et dépourvues de moyens. C’est pourquoi, à l’occasion de la célébration de la journée internationale de la jeunesse, l’inspecteur régional de la jeunesse, emploi jeunes, des sports, de la culture et du patrimoine historique de Conakry, a invité les jeunes à une prise de conscience pour leur avenir. Il a aussi pointé un doigt accusateur sur l’inertie dans laquelle son service est maintenu par les hautes autorités du pays.

Ibrahima Souré, inspecteur régional de la jeunesse de Conakry

« On a d’énormes problèmes dans l’application des décisions du ministère de la jeunesse. Concernant d’abord le budget de fonctionnement, la direction régionale ne peut pas fonctionner sans les cinq directeurs communaux de la jeunesse (DCJ). Et, nous n’avons aucun budget pour travailler. Si les DCJ ne travaillent pas, il en sera de même pour l’inspection régionale et le ministère. Alors, nous sommes bloqués. L’inspection a un plan d’action de 5 ans ; mais, sans argent, il ne pourra pas être exécuté, quelque soit la volonté. Donc, nous essayons de faire des activités, mais nous sommes limités financièrement.

La principale activité que nous faisons est la sensibilisation de la jeunesse pour la réconciliation entre les jeunes, l’instauration de la paix, parce qu’aucune nation ne peut se construire sans la paix. Nous avons tenu 5 réunions dans ce sens. Les plus grands ennemis de la Guinée sont l’ethnocentrisme, le favoritisme et les cadres qui peuvent agir sur le plan administratif, social et politique pour l’intérêt général défendent leurs intérêts personnels. Mais, la jeunesse étant l’avenir, je leur dit de rester une et indivisible, de se donner la main pour éviter de montrer aux aînés que nous sommes divisés. Il faut plutôt privilégier les valeurs des uns et des autres au détriment de la division… Le développement d’un pays passe par la paix, la réussite de la jeunesse, la cohésion entre ses jeunes. J’invite la jeunesse à ne pas suivre les politiciens et cadres qui veulent les détruire. Le Président de la République a dédié ses mandats à la jeunesse et aux femmes. Mais, il a beaucoup de problèmes parce qu’il est mal entouré. Et, cet entourage fait défaut politiquement et administrativement », a indiqué Ibrahima Souré.

Ibrahima Souré, inspecteur régional de la jeunesse de Conakry

Enfin pour lutter contre le trafic des stupéfiants en Guinée, l’inspecteur de la jeunesse de Conakry demande au gouvernement de prendre ses responsabilités.

« La cigarette n’est pas bonne pour une personne, à plus forte raison les drogues et l’alcool qui détruisent l’esprit. Il faut que le gouvernement prenne ses responsabilités contre les trafiquants de drogues et les commerçants qui font rentrer l’alcool dans le pays », a lancé Ibrahima Souaré.

Mamadou Yaya Diallo pour Guineematin.com

Tel : 622 67 36 81

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Conakry : voici les maux dont souffrent les jeunes de Kaloum et de Matam

12 août 2021 à 22 10 22 08228

L’humanité a célébré ce jeudi, 12 août 2021, la journée internationale de la jeunesse. En Guinée, aucune cérémonie n’a été organisée aujourd’hui, en raison des restrictions prises dans le cadre de la lutte contre la pandémie de Covid-19. Mais la rédaction de Guineematin.com a mis l’occasion à profit pour parler des problèmes dont souffrent les jeunes avec certains responsables concernés. C’est le cas notamment des directeurs communaux de la jeunesse de Kaloum et Matam (deux communes de Conakry).

Adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies en 1999, la journée internationale de la jeunesse est commémorée chaque 12 août afin d’attirer l’attention de la communauté internationale sur les problèmes de la jeunesse et célébrer le potentiel des jeunes en tant que partenaires dans la société. A l’occasion de cette journée, qui sera célébrée cette année en différé en Guinée, le directeur communal de la jeunesse de Kaloum est revenu sur les difficultés auxquelles sont confrontés les jeunes de sa commune.

Mohamed Lamine Keita, directeur communal de la jeunesse de Kaloum

« Parmi les difficultés auxquelles font face de nombreux jeunes de Kaloum, il y a le manque de formation et pour certains, le manque de civisme. Et nous savons que dans n’importe quel domaine où on évolue, pour réussir, il faut la formation technique et pratique ainsi que le civisme. Pourquoi le civisme ? Parce que si tu n’as pas de civisme, il est difficile de réussir dans ce que tu fais. En plus, la jeunesse de Kaloum aime beaucoup le sport, mais la commune de Kaloum manque d’infrastructures sportives.

La commune de Kaloum est très petite, c’est pourquoi les jeunes n’ont pas suffisamment d’infrastructures sportives. Quand vous sortez vers 16 heures à Kaloum, vous verrez que les rues sont pleines de jeunes qui font du sport, parce qu’ils n’ont pas des endroits appropriés pour le faire. Voilà entre autres problèmes dont souffrent actuellement les jeunes de Kaloum », a déclaré Mohamed Lamine Keïta.

Face à cette situation, le directeur communal de la jeunesse souhaite que l’Etat mette en place « une politique d’éducation et d’accompagnement en ce qui concerne la lutte contre le chômage. Mais aussi, la mise en application de la politique générale de développement économique  et social ne peut être utile aux jeunes que si eux-mêmes et leurs parents sont impliqués. C’est pourquoi, je profite de cette occasion pour demander aux jeunes et à leurs parents de s’intéresser davantage à l’éducation et à la formation », a dit M. Keïta.

Dans la commune de Matam également, les problèmes ne manquent pas. Mais la première préoccupation de la direction communale de la jeunesse, c’est le manque de maisons de jeunes dans la plupart des quartiers. 

« Dès l’arrivée de madame la directrice à la commune ici, elle a d’abord pris contact avec tous les secrétaires généraux des différents quartiers qui ont échangé avec elle. Mais nous avons constaté que ce sont 20 à 30% des quartiers de Matam qui ont des maisons de jeunes. Tous les autres n’en ont pas.

Pourtant, ces maisons de jeunes ont un rôle important dans la vie des jeunes, parce qu’elles servent à beaucoup de choses. C’est notamment les rencontres pour des formations et de sensibilisations en faveur de la jeunesse. Ces maisons de jeunes sont les lieux où il faut réunir les jeunes, les encadrer, les former et les orienter. Donc, le principal problème ici, c’est le manque de maisons de jeunes dans beaucoup de quartiers », a indiqué Lamine Doumbouya, un cadre de la direction communale de la jeunesse de Matam.

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

Tél. : 6229192225

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Journée internationale de la jeunesse : ce que demande le DPJ de Dubréka, Mohamed Lamine Camara

12 août 2021 à 22 10 12 08128

A la faveur de la célébration de la journée internationale de la jeunesse ce jeudi, 12 août 2021, le directeur préfectoral de la jeunesse (DPJ) de Dubréka a jeté un regard critique sur la situation de la jeunesse de Dubréka. Mohamed Lamine Camara a pointé du doigt les problèmes d’emploi des jeunes, mais aussi leur faible niveau qui ne permet pas à satisfaire les besoins des entreprises. Ce cadre du ministère de la jeunesse a également déploré le manque de moyens financiers qui freine les initiatives de son service en faveur des jeunes.

Joint au téléphone par un reporter de Guineematin.com, le DPJ de Dubréka estime que l’employabilité est le principal défi de la jeunesse de sa préfecture. Et cela, malgré la promesse du président Alpha Condé de dédier ses trois mandats aux jeunes et aux femmes.

Mohamed Lamine Camara, directeur préfectoral de la jeunesse de Dubréka

« Depuis que moi je suis venu il y a moins d’un an à la tête de la direction préfectorale de la jeunesse de Dubréka, nous sentons un certain dynamisme au sein de la jeunesse. Nous sommes en train de nous battre pour la reconnaissance et la validation des bureaux de jeunesse dans les quartiers, les districts, les sous-préfectures, le tout en commun accord avec les autorités préfectorales. Nous avons en perspective une série de formations à l’intention des jeunes dans plusieurs thématiques, notamment dans l’entrepreneuriat jeunes et dans l’agriculture, en collaboration avec les institutions basées dans la localité. Parce que les jeunes de Dubréka sont confrontés à d’énormes problèmes d’emploi, d’accompagnement et de structuration. Ils sont à l’image de la jeunesse guinéenne. Mais, vous avez parfois des jeunes à la recherche de l’emploi qui ne savent même pas rédiger une lettre de motivation. C’est un problème de formation. Mais, nous sommes en train de résoudre progressivement ce problème avec les appuis institutionnels des partenaires comme l’OIM et Plan Guinée », a indiqué Mohamed Lamine Camara.

Seulement, à l’image des autres structures en charge de l’encadrement de la jeunesse en Guinée, la direction préfectorale de la jeunesse de Dubréka est apparemment sevrée de budget de fonctionnement. Et, cela constitue un frein à la mise en œuvre des activités initiées par Mohamed Lamine Camara.

« L’appel que nous avons à l’endroit de l’État, c’est de nous appuyer à former ces jeunes dans les modules différents, aider les directions préfectorales de la jeunesse à avoir un budget de fonctionnement. Parce que sans moyens, il est difficile de se déplacer, d’initier des projets », a rappelé le DPJ de Dubréka.

Malick Diakité pour Guineematin.com

Tél. : 626-66-29-27

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Mamou : un conseiller communal choque dans le « choc des idées » de la radio Global Fm

12 août 2021 à 20 08 53 08538
Alpha Saliou Barry, conseiller communal et chargé de l’assainissement à la mairie de Mamou

C’est une scène surréaliste ! Aux environs de 11 heures ce jeudi, 12 août 2021, Alpha Saliou Barry, conseiller communal et chargé de l’assainissement à la mairie de Mamou, a fait un show en direct de la radio Global Fm. Il a proféré des injures et des menaces contre les animateurs de l’émission ‘’Choc des idées’’ qui parlaient de l’insalubrité de la ville carrefour. Cet élu local, apparemment très hostile aux critiques, aurait même cassé un téléphone dans le studio de la radio.

Selon des informations confiées à Guineematin.com Alpha Saliou Barry n’était pas invité dans ce média, encore moins à cette émission. Et, rien ne présageait qu’il allait y mettre pied. Mais, contre toute attente, ce conseiller communal a fait irruption dans les locaux de cette radio locale pour s’en prendre aux animateurs à coups d’injures et de menaces.

« C’est le fait qu’on a évoqué et réitéré que la ville de Mamou est actuellement sale que monsieur Barry (qui est chargé de l’assainissement de la ville à la commune) est venu de je ne sais d’où pour entrer à la radio. A la rédaction, il y a une porte à franchir avant d’entrer dans le studio. Et, là, il est écrit « accès interdit à toute personne étrangère ». Mais, il a franchi cette porte et est venu au studio. Il est entré et s’est mis à nous insulter et à nous menacer. On était en pleine émission avec notre invité (le directeur préfectoral de la jeunesse). Mais, Alpha Saliou Barry est entré pour nous insulter, en disant ce qu’il veut. Il a même gâté le téléphone d’un de nos collègue avant de sortir », a expliqué Foula Camara, un animateur qui étaient dans le studio.

Après ce comportement du conseiller Alpha Saliou Barry qui a choqué plus d’un dans le ‘’Choc des idées’’, la direction de la radio Global fm a saisi la police d’une plainte visant l’élu insolant qui se serait réveillé du pied gauche ce jeudi.

« Dès après l’émission, j’ai remonté l’information au niveau de ma hiérarchie qui m’a tout de suite instruit d’informer les autorités sur place. Nous avons saisi le commissariat central de police et la gendarmerie. Ces services ont dépêché des agents pour venir faire un état des lieux. Et, tout de suite, une convocation a été formulée à l’encontre de monsieur Alpha Saliou Barry. Cet acte ne doit pas se passer comme ça. Nous avons jugé nécessaire qu’on soit rétabli dans nos droits », a dit Aboubacar Bangoura, chef du bureau de la radio Global fm Mamou.

Elhadj Sidiki Camara, procureur de la République près le tribunal de première instance de Mamou

Aux dernières nouvelles, le conseiller Alpha Saliou Barry a été auditionné à la police et déféré devant le parquet du tribunal de première instance de Mamou. « Il a été libéré ; mais, il doit se présenter au tribunal demain », a précisé le procureur de la République près le tribunal de première instance de Mamou.

De Mamou, Boubacar Ramadan Barry pour Guineematin.com

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Fin de la récréation à Kankan : rassemblements interdits, lieux de loisir fermés

12 août 2021 à 19 07 26 08268

Les autorités de Kankan ont enfin sifflé la fin de la récréation. Elles ont décidé de faire respecter les mesures restrictives prises par le gouvernement dans le cadre de la lutte contre la pandémie de Covid-19 en Guinée. Il s’agit de l’interdiction des rassemblements de plus de 50 personnes et de la fermeture de tous les lieux de loisir. L’annonce a été faite au cours d’une rencontre d’information et de sensibilisation organisée ce jeudi, 12 août 2021, à la maison des jeunes de Kankan, a constaté le correspondant de Guineematin.com sur place.

Amara Lamine Soumah, préfet de Kankan

« En ce qui concerne la célébration des mariages dans la ville de Kankan, j’ai déjà parlé avec le maire et le directeur de la maison des jeunes, ceux qui veulent faire la réception de leur mariage, ils n’ont qu’à aller le faire dans leurs familles respectives. Maintenant, cela ne se fera plus à la maison des jeunes. Nous avons également interdit les cortèges dans la ville. Les boîtes de nuit, les motels et les bars aussi resteront fermés jusqu’à nouvel ordre. Et à partir d’aujourd’hui, le couvre-feu qui s’étend de 22h à 4h du matin rentre en vigueur », a annoncé le préfet de Kankan, Amara Lamine Soumah, ajoutant que tout contrevenant à ces mesures sera sanctionné.

Présent à la rencontre, le gouverneur de la région de Kankan a salué la démarche des autorités locales, qui ont tenu à informer et sensibiliser les citoyens par rapport au respect de ces mesures dans la ville.

Sadou Keïta, gouverneur de Kankan

« La rencontre est extrêmement importante, dans la mesure où dans une démarche logique, il faut d’abord informer et sensibiliser. Il a été question pour le préfet de Kankan d’appeler tous les représentants de tous les secteurs de la vie sociale et économique de sa juridiction pour que chacun soit essentiellement informé sur toutes les questions qui ont été rapportées par les têtes que nous avons. Et, ensuite, avertir toute personne qui ne respectera pas ces mesures sur la sanction qu’elle encourt. Donc, l’importance a été que tout le monde soit informé. Aujourd’hui, l’exécution des mesures commence à partir du moment où l’information est passée et les explications suffisantes ont été données à chaque citoyen », a dit Sadou Keïta.

Selon la direction régionale de la santé, huit patients sont pris en charge actuellement au centre de traitement de la Covid-19 de Kankan. Trois d’entre eux sont venus de Siguiri et les cinq autres de Kérouané.

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

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Lutte contre les crimes sexuels et les VBG : l’OGDH outille ses avocats et juristes

12 août 2021 à 17 05 16 08168

Plusieurs avocats et juristes membres de l’organisation guinéenne des droits de l’homme et du citoyen (OGDH) prennent part à un atelier de renforcement des capacités qui s’est ouvert ce jeudi, 12 août 2021, à Conakry. Cette rencontre est organisée par l’OGDH, grâce au soutien de l’Ambassade de France en Guinée et en partenariat avec le bureau du Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme (HCDH) en Guinée. Pendant trois jours, les participants seront outillés sur le traitement des crimes sexuels et des violences basées sur le genre, a appris Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

Cet atelier s’inscrit dans le combat de l’OGDG pour l’amélioration de l’accès à la justice et la consolidation de l’état de droit en Guinée. Un combat dans le cadre duquel, l’organisation de défense des droits de l’homme a mené plusieurs actions, dont la mise en place un pool d’avocats et de juristes en charge d’accueillir, d’écouter et d’apporter des conseils juridiques et judiciaires aux victimes. Mais malgré tout, le constat révèle que la problématique de l’accompagnement judiciaire des personnes vulnérables, notamment les victimes des violences basées sur le genre en général et de violences sexuelles en particulier, persiste toujours. Et cela pour plusieurs raisons, dont entre autres :

Elhadj Souleymane Bah, président de l’Organisation guinéenne des Droits de l’homme et du citoyen

« La faible connaissance de la législation pénale nationale et des traités internationaux et régionaux relatifs aux droits de l’homme auxquels la Guinée est partie, par les acteurs de la chaîne pénale (magistrats et avocats) ainsi que les ONG et associations travaillant dans le domaine des droits humains. La faible maîtrise par les acteurs de la chaîne pénale, du cadre légal et institutionnel qui gouvernent la promotion et la protection des droits des femmes en Guinée », a indiqué Elhadj Souleymane Bah, le président de l’Organisation guinéenne des Droits de l’homme et du citoyen.

C’est pour ces raisons que l’OGDH a organisé le présent atelier pour outiller les avocats et les juristes en matière des droits des femmes en République de Guinée, afin de leur permettre de lutter efficacement contre les violences basées sur le genre et les violences sexuelles en particulier. « Nous tous, nous sommes conscients d’un fait : depuis un certain temps, il y a énormément de violences à l’endroit des femmes, nous le vivons tous. Particulièrement à l’endroit des petites filles (…) Des hommes d’un certain âge qui se permettent de tomber sur des fillettes de rien du tout. Donc, c’est une préoccupation, il faudrait qu’on prenne les armes pour pouvoir combattre ce genre de comportements », a lancé Elhadj Souleymane Bah.

Cette initiative de l’organisation guinéenne des droits de l’homme et du citoyen est bien appréciée par le ministère des droits et de l’autonomisation des femmes. Fatoumata Diaraye Diaby, qui a représenté la ministre Hawa Béavogui à la cérémonie d’ouverture de cet atelier, espère que ces actions permettront de rendre efficace la lutte contre les violences basées sur le genre en Guinée. 

Mme Fatoumata Diaraye Diaby représentante du ministre des Droits et de l’Autonomisation des femmes

« Je voudrais saluer l’accompagnement des acteurs à tous les niveaux pendant cet atelier de discussion et d’échanges d’expériences et ose espérer que les résultats des actions initiées ici et là contribueront à réduire les violences à l’égard des femmes et filles. En louant la bienveillante attention que son Excellence monsieur le président de la République, Pr Alpha Condé, a toujours accordée aux questions de promotion et de protection des droits des femmes et filles dans notre pays, je voudrais saisir l’opportunité de cette cérémonie pour exprimer une fois de plus ma gratitude à tous nos partenaires au développement pour leur précieuse contribution à l’épanouissement de la femme et de la fille », a dit Fatoumata Diaraye Diaby.

En plus du traitement des crimes sexuels et des violences basées sur le genre, cette rencontre porte également sur la validation de l’étude du cadre juridique et institutionnel des droits de femmes en Guinée.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tel : 620589527/664413227

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Manifestation à Siguiri : les jeunes de Siguirikoura1 dans la rue contre les fausses promesses

12 août 2021 à 16 04 50 08508

« Il faut que pour une fois le président Alpha Condé honore ses promesses. Il n’a pas été enchaîné ni frappé pour nous faire des promesses. Maintenant, il (Alpha Condé) nous jette. Nous allons manifester jusqu’à nouvel ordre »

Les jeunes de Suiguirikoura1 (un quartier de la commune urbaine de Siguiri) sont en colère. Et, depuis 7 heures ce jeudi, 12 août 2021, ils sont dans la rue pour se faire entendre. Ils réclament la reprise du pavage des routes de leur quartier. Et, c’est à travers des barricades des principales voiries de la ville de Siguiri qu’ils ont tenu à attirer l’attention des autorités sur leur préoccupation, rapporte Guineematin.com à travers son correspondant à Siguiri.

Selon nos informations, les travaux de pavage des voiries du quartier Siguirikoura1 sont arrêtés depuis 3 ans. Et, les multiples alertes des habitants dudit quartier (notamment les jeunes) n’ont rien changé à la situation. C’est pourquoi, en dépit des doléances faites par les autorités, les jeunes du quartier ont envahi les principales altères de la ville de Siguiri pour manifester leur ras-le-bol. Ils ont érigé des barricades sur la chaussée pour empêcher des engins (véhicules, motos,…) d’y circuler.

Pour l’heure (14 heures 30’), il n’y a eu aucune intervention des forces l’ordre pour rétablir la circulation. Et, les jeunes ne comptent pas démordre avant d’obtenir gain de cause. Ils règnent en maitre sur la route qui mène à Bouré-gare (en provenance de la Colline). Egalement, la route qui quitte la centrale électrique au quartier énergie jusqu’au siège de la radio rurale et la route qui mène à la gare routière Pombada (via le quartier Siguirikoura1) sont toutes barricadées.

« A chaque fois qu’on demande de sortir, c’est l’une des autorités qui nous s’appelle pour nous plaider pour surseoir à la manifestation. Ils nous disent qu’ils sont en train de travailler pour la reprise. Tout dernièrement, c’est le Sotikémö (le patriarche) qui nous a dit qu’il va à Conakry pour voir le président. Aujourd’hui, nous avons compris qu’ils nous mentent et c’est ça la vérité. Nous avons sorti ce matin pour manifester. Et, l’heure  n’est plus à la négociation, mais au travail. Il faut que pour une seule fois le président honneur ses promesses. Il n’a pas été enchaîné ni frappé. Il est venu creuser des trous partout qu’il appelle caniveau, comme il voulait sa réélection. Maintenant, il (Alpha Condé) nous jette. Et, nous allons manifester jusqu’à nouvel ordre », a martelé Mamadi Keïta, un des manifestants.

A noter que contrairement à la circulation (qui est fortement paralysée), les commerces fonctionnent comme d’habitude de la ville.

De Siguiri, Bérété Lancéï Condé pour Guineematin.com

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Kindia : 2 corps sans vie retrouvés dans les quartiers Abattoir3 et Koliady1

12 août 2021 à 13 01 51 08518

Dans la journée d’aujourd’hui, mercredi 11 août 2021, deux découvertes macabres ont été enregistrées dans deux quartiers de la commune urbaine de Kindia. Le premier corps a été retrouvé à Abattoir 3 et le second a été découvert à Koliady 1.

Selon les informations confiées à Guineematin.com, le corps découvert à Abattoir3 a été identifié comme étant celui de Mariam Ciré Sylla, une femme âgée d’une vingtaine d’années et mère d’un enfant dont le corps a été trouvé suspendu à un arbre dans la cour de leur logement aux environs de 2 heures du matin. C’est en tout cas la version de son mari, Mohamed Keïta.

Mohamed Kéita, mari de la défunte

« Je suis venu aux environs de 23 heures. Mon petit m’a aidé a faire rentrer la moto, elle (Mariam Ciré) s’est levée, j’ai échangé avec elle. Et puis, elle est rentrée dans la chambre des enfants où se trouve le congélateur, elle a pris la canette d’eau et elle a bu a vive allure. Je lui ai demandé aujourd’hui comment elle boit, comme ce n’est pas son habitude. Elle ne m’a pas répondu ; elle a alors déposé la canette et a pris la bouilloire pour la douche… C’est quand je me suis levé dans mon sommeil vers 2 heures que j’ai remarqué son absence. Je suis donc sorti au niveau des escaliers, à la descente, je l’ai aperçue suspendue sur un arbre dans notre cour. J’ai crié au secours, les cohabitants sont sortis », a expliqué Mohamed Keïta, époux de la victime.

Seulement, à en croire le père de la défunte, ce sont les interminables querelles avec Mohamed Keïta qui ont poussé sa fille, Mariam Ciré Sylla à se pendre.

« Monsieur Keïta a épousé ma fille en 2019. Mais, depuis lors, ils ne s’attendent pas en amoureux. Selon ma fille (Mariam Ciré Sylla), son mari sort avec une maîtresse. Et, chaque fois, la maîtresse de son mari l’attaque au marché. Une fois même, je me souviens, elle a pris la dame en question dernière la moto de son mari ; et, ce jour-là, son mari l’a maltraitée à cause de sa copine. L’enfant même a été blessé dans cette altercation. Mais, pour ce problème, le commissariat et la gendarmerie ont tranché plusieurs fois ; mais, l’homme est toujours resté avec sa copine. Je sais que monsieur Keïta n’aimait pas ma fille ; mais, je ne pensais pas qu’elle allait se pendre pour ça », a dit Aboubacar Demba Sylla.

Le deuxième corps a été découvert à Koliady1. Celui-ci a été identifié comme celui de Abdourahamane Bah, un jeune commerçant âgé de 23 ans. Il a été retrouvé couché derrière une cour.

« C’est lorsque je suis rentré, je me suis lavé, que j’ai été informé qu’Abdourahime est mort à Koliady1. Je me suis habillé directement pour être sur les lieux et nous avons trouvé le corps là où il a été tué, ils sont venus le déposé  ici. C’est un résident au quartier Cacia2. Mais, il est mort à Koliady1. C’est un cas de meurtre, je sais qui sont les commendataires, mais c’est un crime. Le jeune est célibataire sans enfant, il a 23 ans. Les services de sécurité doivent bien enquêtés sur le cas. Et nous contons sur la justice pour traquer ses tueurs», Karamoko Alpha Bah parent de la victime.

De son côté, Dr Mory Kaba, médecin légiste à l’hôpital régional de Kindia, parle d’une « mort violente » pour ce qui est du décès de ce jeune.

Dr Mory Kaba, médecin légiste à l’hôpital régional de Kindia

« Le procureur a ordonné la levée du corps afin que l’expertise soit effectuée à l’hôpital régional au niveau de la morgue. Après nos examens, nous avons trouvé que c’était un corps sans vie qui était couvert du drap. Il portait un pantalon gris, une chemise noire et une culotte noire. Nous avons enlevé les trois. Nous avons examiné physiquement le corps, nous avons trouvé multiples plaies superficielles. Au niveau de la bouche, il y avait des traces de sang. Au niveau des membres supérieurs de l’avant bras gauche, nous avons trouvé qu’il y avait des plaies contiguës. Et, au niveau de l’épaule gauche, il y avait aussi des égratignures… Au niveau du cou on a vu qu’il y avait des plaies superficielles. Les examens des autres appareils n’ont pas montré de particularités visibles. Donc, ce qui nous a amené à poser un diagnostic. C’est probablement une mort par violente », a conclu Dr Mory Kaba.

De Kindia, Mohammed M’bemba Condé et Amadou Baïlo Diallo

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Destruction de l’environnement à Siguiri : de hauts commis de l’État accusés

12 août 2021 à 12 12 58 08588

C’est un secret de polichinelle ! L’environnement est fortement agressé ces dernières années dans la préfecture de Siguiri. L’exploitation sauvage de l’or dans la localité décime le couvert végétal. Et, l’exploitation semi-industrielle des mines avec de la cyanure a contribué à polluer les cours d’eau dont certain sont en train de tarir aujourd’hui.

Selon des informations recueillies par le correspondant de Guineematin.com à Siguiri, cette agression de l’environnement est aujourd’hui plus visible dans les sous-préfectures de Doko et Kintinian où l’exploitation semi-industrielle des mines par des poclains est en pleine expansion. Et, la plupart de ces poclains appartiendraient à des hauts commis de l’Etat (des ministres de la République). Ce qui rend difficile les efforts des cadres locaux dans la lutte contre la dégradation de l’environnement à Siguiri.

« Comment pourrais-tu trouver l’aiguille que tu cherches, si ton ami la piétine ? L’administration guinéenne est très difficile. Nous avons des textes qui protègent l’environnement ; mais, on ne peut pas les appliquer puisque les personnes qui sont responsables de la dégradation de notre environnement sont nos responsables, capables de nous écraser. Aujourd’hui, quand tu fais un tour à Doko ou à Kintinian, tu pleures. Partout, ce sont des poclains. Mais, la plupart de ces machines appartiennent aux ministres ou à leurs protégés. Tu vois comment nous sommes faibles sur le terrain aujourd’hui. Nous accusons les Burkinabés à tort, les véritables destructeurs, ce sont les poclains et les ministres », a confié un cadre de la préfecture qui a requis l’anonymat pour protéger son travail…

De Siguiri, Bérété Lancéï Condé pour Guinnematin.com

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Démantèlement du réseau de trafic du bois à Farenta (Mamou) : un des informateurs menacé de mort

12 août 2021 à 12 12 25 08258
Mohamed Soumah, président de la jeunesse de Farenta

Originaire du district de Farenta, dans la sous-préfecture de Soyah, préfecture de Mamou, Mohamed Soumah est l’un des informateurs qui ont permis aux autorités guinéennes de démanteler des réseaux de coupe abusive et du transport illicite du bois de Mamou vers la Sierra Léone entre les mois de mai et juin. Mais, pour avoir joué les balances (informateurs) dans cette affaire, ce jeune homme est aujourd’hui constamment sous menaces à Farenta. Apparemment, tous ceux qui avaient des intérêts dans ce trafic de bois lui en veulent ; et, certains (comme le commandant du PA et le président du district de Farenta) ne souhaitent que lui faire la peau. Menacé de mort, Mohamed Soumah a fui de son village pour s’assurer un minimum de sécurité. Mais, sa petite famille (sa femme et ses trois enfants) restée à Farenta est constamment victime d’attaque et d’humiliation.

Selon des informations confiées à Guineematin.com, Mohamed Soumah vit actuellement à Kindia où il s’est réfugié depuis plus d’un mois après les menaces de mort que le commandant du PA de Farenta, Sékou Condé et son adjoint auraient proféré à son encontre. « C’est toi qui es à la base du démantèlement de notre réseau ; mais, on va te tuer », lui aurait dit le commandant adjoint du PA de Farenta lors d’une petite altercation.

Pourtant, le seul « crime » de Mohamed Soumah n’a été que d’alerter les autorités guinéennes sur la décimation des forêts de Farenta par des individus peu soucieuses du bien-être environnementale des populations de son district. Il n’a pas été le seul à combattre cette coupe abusive du bois à Farenta ; mais, il est considéré par les acteurs de ce trafic comme le fer de lance de ce combat qui a conduit à de nombreuses arrestations et des emprisonnements. Et, à ce titre, il est constamment harcelé et menacé.

« Cela fait plus de 4 ans que les bois de vène sortent de chez nous pour la Sierra Léone. Mais, le gouvernement n’était au courant de rien. C’est cette année qu’il l’a su à travers la détermination de certains fils de Ouré-Kaba et de Farenta qui ont décidé de mettre fin à la coupe effrénée du bois dans leurs localités. Donc, tous les bois qui ont été saisis à Farenta, notamment à khökhouya entre mai et juin dernier venaient de moi. C’est moi qui remontais les infos aux autorités. Mais, depuis lors, je ne suis pas tranquille au village. Si ce ne sont pas des réactions hostiles à mon égard, ce sont des menaces de mort venant du président du district, Amadou Bangoura, du commandant du PA et son adjoint. Ils ont menacé de me tuer plusieurs fois. Les autres citoyens qui sont dans le trafic comme Amadou Sylla, alias Fadougou, Alpha Bangoura, dit Fondongorein et Abdoul Bangoura, alias Allah-Gogne, disaient clairement que Fanta Modou (Mohamed Soumah) va récolter ce qu’il a semé. C’est ainsi qu’ils ont monté un piège pour aller dire au procureur que c’est moi qui vends maintenant les bois aux chinois. Donc, que le procureur doit m’emprisonner comme étant le numéro 1 de la vente illicite du bois à Mamou, précisément à Farenta. Alors, quand mes amis ont eu écho que je suis visé par une plainte (puisque je suis le chef de la jeunesse et je ne suis pas seul dans la lutte), mes amis m’ont dit de quitter d’abord  pour connaître réellement ce qui se passe avec les vrais trafiquants du bois. J’ai immédiatement décidé de laisser tout derrière moi en prenant la brousse la nuit. Je suis venu à pied de Farenta jusqu’ici (Kindia), en sortant vers Tamisso (Madina-Oula). Cela m’a pris trois jours et demi de marche », a expliqué Mohamed Soumah lors d’un entretien accordé à Guineematin.com ce weekend.

Face aux menaces et à l’insécurité auxquelles lui et sa famille sont victimes, Mohamed Soumah a informé le parquet de Mamou et écrit au président de la République et au ministre de la justice. Mais, pour le moment, rien n’a été fait pour garantir la sécurité de sa petite famille. Et, c’est à peine s’il ne regrette pas avoir filé des informations aux autorités dans cette affaire de trafic illicite du bois à Farenta.

« Aujourd’hui, le vrai problème dans cette affaire, c’est que quand le gouvernement a démantelé le réseau, il a réussi à mettre les chefs des secteurs en prison, révoqué plusieurs cadres de l’environnement. Mais, les chefs des districts comme celui de Farenta, Amadou Bangoura, ne sont toujours pas inquiétés. Pourtant, quand les étrangers viennent pour couper les bois de vène, c’est avec le président du district qu’ils négocient ; et, lui aussi il les envoie aux chefs des secteurs avant de commencer à décimer la forêt. Et, dans tout ça, Farenta n’a ni maison de jeunes, ni forage, ni courant. C’est pourquoi, je me suis porté volontaire pour dénoncer ce mal. Mais, je suis aujourd’hui une cible à abattre. Même à l’heure où je vous parle, il y a un dépôt de bois que les autorités n’ont pas vu. J’ai même attiré l’attention du colonel Layali Camara sur ledit dépôt ; mais, il m’a dit qu’il est actuellement en congé… Pendant mon séjour ici (à Kindia), je suis parti à Conakry avec mes frères le 06 juillet dernier. J’ai écrit à monsieur le président de la République et au ministre de la justice pour me tirer de cette affaire. Je suis sorti de chez moi (à Farenta) pour que j’ai la paix du cœur, pour qu’on me laisse tranquille. Mais, même ici, je pleure, parce que ma maison est la cible d’attaque. Ma femme m’a dit que les gens sont allés gâter la porte de notre maison à Farenta-Centre et ils ont tout pris, notamment le riz, les pagnes et ustensiles de madame. Tout récemment, les mêmes personnes sont revenues défoncer notre maison pendant que madame était concentrée au village où on fait l’agriculture. Ils ont volé les tôles que j’ai achetées pour une nouvelle maison et l’argent de madame… Je n’ai pas filé l’info aux autorités pour que je sois victime de toutes ces choses. Je l’ai fait pour mettre fin au trafic illicite du bois à la frontière entre la Guinée et la Sierra Léone et pour le bien de ma communauté. Mais, vraiment, je suis dans le pétrin aujourd’hui », s’est plaint Mohamed Soumah.

Rencontré par un reporter de Guineematin.com, le commandant du PA de Farenta, Sékou Condé, a nié avoir proféré des menaces de mort à l’encontre de Mohamed Soumah. Mais, l’officier reconnait tout de même avoir eu des altercations avec ce jeune homme dans le cadre de cette sordide affaire de trafic du bois.

« Il y a eu une altercation entre le jeune (Mohamed Soumah) et moi sur une affaire de bois. Mais, je n’ai jamais menacé de le tuer. Cependant, je ne peux rien dire sur mon adjoint », a dit le commandant Sékou Condé.

A noter que Mohamed Soumah est le président de la jeunesse de Farenta.

De Kindia, Mohamed M’bemba Condé pour Guineematin.com

Tel : 628 516951

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Chanson incitant à la pédophilie et à la dépravation des mœurs : des ONG interpellent les autorités guinéennes

12 août 2021 à 11 11 30 08308

Un artiste nommé « N’Boma » a sorti une chanson intitulée « KO TOUBA & OUNDOUGAL ». Un collectif d’ONG a publié une déclaration commune pour dénoncer ce « condensé d’insanités qui portent un regard misogyne sur la femme » et qui est également « une incitation flagrante au viol et à la pédophilie ». Djeinabou Diallo SYLLA de « Mon enfant, ma vie », Moussa Yéro Bah de « F2DHG », Asmaou Barry de « APAC-Guinée » et Me Halimatou CAMARA de l’OGDH interpellent et sollicitent des autorités culturelles et judiciaires « de prendre les dispositions pour que cet artiste ne puisse continuer à diffuser ce message ignoble qui contribue à la dépravation des mœurs ».

Guineematin.com vous propose, ci-dessous, l’intégralité de cette déclaration :

Des enfants kidnappés sur le chemin de l’école et retrouvés violés quelques jours plus tard, des adultes et des vieux d’un âge avancé qui n’hésitent plus à s’en prendre à des enfants de moins de 10 ans, des maitres d’écoles coraniques qui abusent de leurs élèves, sans occulter les cas d’inceste. Quasi quotidiennement, les médias rapportent des récits insoutenables de viols, notamment sur des mineurs (res). Le phénomène a pris une telle ampleur qu’en lisant ces récits glaçants, on se rend compte que le viol a tendance à devenir une banalité en République de Guinée.

Selon les statistiques de l’OPROGEM, en 2019, entre janvier et septembre, près de 300 cas de viols ont été répertoriés dont les 90% portaient sur des mineurs (res). En 2020, la situation s’est plutôt aggravée avec 367 cas de viols dont 107 sur des mineurs. A la lecture de ces statistiques, le viol est un véritable fléau qui gangrène la société guinéenne. Malheureusement, malgré les efforts consentis tant par les autorités que les ONG, le phénomène progresse et l’impunité semble galvaniser les violeurs.

C’est dans ce contexte de lutte perpétuelle qu’un certain artiste, nommé « N’Boma », sort une chanson intitulée « KO TOUBA & OUNDOUGAL » ! Outre le fait que cette chanson soit un condensé d’insanités qui portent un regard misogyne sur la femme, ce qui nous interpelle et fait l’objet de cette dénonciation, c’est le fait qu’elle soit une incitation flagrante au viol et à la pédophilie.

En effet, dans un de ses passages, l’auteur recommande explicitement aux hommes de privilégier les relations sexuelles avec les petites filles de 10 à 15 ans ; car, selon lui, c’est l’âge idéale pour qu’un homme prenne du plaisir avec une femme. D’ailleurs, il rajoute qu’à partir de 20 ans, la femme devient « un trou sans fond dans lequel l’homme risque de se noyer ». Toujours dans la même lancée, cet artiste promet que les hommes ont pris la décision de s’en prendre à toutes les filles qui porteraient des habits « courts et indécents ».

Un artiste aussi peu célèbre soit-il, draine des mélomanes, des fans dont certains ne peuvent faire la différence entre image et réalité. Certains d’entre eux sont bien capables de reproduire à la lettre tout ce que leur dit leur idole, sans se soucier si cela est préjudiciable à autrui ou pas.

Nous dénonçons cette chanson dont le message compromet davantage la lutte contre le phénomène de viol dans notre pays.

Nous interpellons et sollicitons des autorités compétentes (culturelles et judiciaires) de prendre les dispositions pour que cet artiste ne puisse continuer à diffuser ce message ignoble qui contribue à la dépravation des mœurs.

Qu’un adulte prenne du plaisir à écouter et à se trémousser au rythme de chassons obscènes, cela peut se discuter ; mais, aucun artiste ne devrait à travers ses œuvres appeler à la dégradation de la vie d’autrui, encore moins celle d’une couche aussi vulnérable que celle des enfants.

Nous invitons l’ensemble des mélomanes à faire preuve de discernement en ce qui concerne les agissements et messages véhiculés par des chanteurs sans vergogne.

Pour Mon enfant, ma vie                                                      Pour F2DHG

Djeinabou Diallo SYLLA                                                       Moussa Yéro BAH

Pour APAC-Guinée                                                           Pour l’OGDH          

Asmaou BARRY                                                               Me Halimatou CAMARA

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Barkhane, MINISMA… Et si le Mali et l’Afrique tiraient la leçon afghane

12 août 2021 à 9 09 18 08188

Un pays protégé par une puissance étrangère est à l’image d’un homme dont la vie ne dépend que d’une assistance respiratoire. Ce qui se passe actuellement en Afghanistan devrait inspirer les Africains en général et les Maliens en particulier. Ces derniers ne devraient pas attendre que ce qui arrive aujourd’hui aux Afghans leur arrive demain.

Les Etats-Unis ont réalisé qu’ils ne peuvent pas rester éternellement en Afghanistan. Aussi longtemps qu’ils resteraient, il va falloir partir un jour. Ce qui veut dire que leur présence n’est rien d’autre qu’une fuite en avant. Comme dit un proverbe de chez nous, un chien perché sur les épaules de son maître ne peut jamais ramener un gibier. Tôt ou tard, il faut quitter ce pays et laisser ses habitants régler leurs différends.

Depuis l’annonce par le nouveau président américain de son intention de quitter ce pays, le régime de Kaboul savait que ses jours sont comptés. Chaque mètre carré abandonné par un soldat américain est occupé par un agent taliban. Plus leur nombre est réduit, plus les soldats Yankee savent que la vie de ceux qui restent est menacée. Ce qui va accélérer le rythme de départ. A la fin ça risque d’être une véritable débandade.

Cet aveu d’impuissance de la première puissance du monde ne manquera pas de faire tache d’huile dans d’autres régions du monde. Et plus particulièrement dans le Sahel. La France, qui a du mal à impliquer l’Europe dans le bourbier sahélien, va sans doute s’inspirer du cas américain. Ce qui augure des lendemains qui déchantent pour certains pays du Sahel comme le Mali. Lequel Mali ne doit sa survie en tant qu’Etat qu’à l’intervention et la présence française.

Malheureusement pour ce vaste pays, au lieu de construire un Etat et une armée forts, il s’enfonce dans sa fragilité et sa frilosité au point de ramer le Mali aux années 60 et 70 avec leurs corolaires de coup d’Etat militaire. Ce qui fait que ce pays a aujourd’hui deux défis majeurs à relever. Le tout premier étant celui de bâtir des institutions fortes et capables de maintenir ce pays comme un Etat stable. Le deuxième c’est justement comment éviter l’embrasement général et la disparition de ce pays en tant qu’Etat indépendant et souverain.

En effet, si, en Afghanistan, les talibans, en dépit de leur radicalisation, sont capables de diriger un pays, en revanche au Mali les groupes armés ne sont pas organisés pour assumer une telle responsabilité. Leur éventuelle invasion de Bamako créerait un véritable chaos dans ce pays et chez tous ses voisins immédiats dont la Guinée.

C’est en raison de ce danger qui nous guette que les Africains et plus particulièrement la CEDEAO ne doivent pas croiser les bras et attendre que la France gère toute seule le dossier malien. Si le feu s’allume demain au Mali c’est toute la sous-région qui risque de s’embraser. D’où l’impérieuse nécessité de prendre les devants afin d’aider ce pays, confronté à ses pires difficultés avec une junte miliaire dont l’obsession de rester au pouvoir est un secret de polichinelle, pour que le Mali sorte la tête de l’eau. Il y va de son avenir mais aussi de celui de ses voisins.

Habib Yembering Diallo pour Guineematin.com

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Vaccination contre la COVID-19 : de longues files d’attente devant les centres

12 août 2021 à 7 07 34 08348

Apparemment, la troisième vague de la COVID-19 qui sévit actuellement en Guinée et les derniers bulletins de l’ANSS (agence nationale de sécurité sanitaire) sur les nombreux cas de malades et de décès a poussé les indécis à Conakry à opter pour la vaccination. En tout cas, depuis quelques jours, les centres de vaccination installés dans la capitale guinéenne sont pris d’assaut par de nombreux citoyens, en majorité en quête de la première dose de vaccin contre la COVID-19. Parfois,, les candidats à la vaccination sont nombreux au point que les agents vaccinateurs se retrouvent en manque de carnet.

Au centre de vaccination installé au stade de Nongo où un reporter de Guineematin.com s’est rendu hier, mercredi 11 août 2021, de longues files d’attente sont formées par les citoyens. Certains se bousculent par moment pour s’inscrire sur une liste d’appel pour le vaccin. Mais, globalement, tout se passe bien sur place.

Dr Mohamed Sidibé, chef d’équipe de vaccination n°26 au stade de Nongo

« La vaccination se passe bien chez nous ici. Il y a l’engouement, les gens viennent massivement. Hier, on était en manque de carnet ; mais, aujourd’hui, tout est en place, et tout se passe bien. Il n’y a pas eu de pénurie de vaccins ici depuis qu’on a commencé », a notamment expliqué Dr Mohamed Sidibé, le chef de l’équipe n°26 qui est basée au stade de Nongo.

Interrogé sur les éventuels effets secondaires, le médecin dit n’avoir pas enregistré trop de patients. « Avec les vaccins qu’on a actuellement sur le terrain, on a moins d’effets secondaires. En tout cas, avec moi ici, il n’y a pas eu d’effets secondaires graves. Les effets secondaires signalés souvent sur nos fiches c’est la fièvre et les frissons ; et, ça, c’est normal. Et quand ça arrive, on dit aux gens de prendre les dolipranes, les dérivés du paracétamol et puis ça passe. S’il y a d’autres cas plus graves, on les réfère dans un de nos centres pour une meilleure prise en charge. Parce qu’il y a une équipe dans les CTPi qui s’occupent de la prise en charge des effets secondaires », a ajouté Dr Mohamed Sidibé.

Dans la foule de candidats au vaccin, chacun à ses raisons sur sa présence sur les lieux. Mais, pour la dentiste Mariame Barry, sa quête de vaccin se résume à se protéger et à protéger ses proches.

Mariame Barry, dentiste, candidate au vaccin

« Je suis venue parce que pendant la saison pluvieuse, il est facile de chopper le coronavirus sans s’en rendre compte. Donc, pour me protéger, protéger ma famille et les amis, j’ai décidé de venir volontairement me faire vacciner. Hier, j’étais venue à 14 heures, à 16 heures déjà ils ont tout arrêté pour faute de carte. Ce matin, je suis revenue à 7 heures 40’. On nous a dit que le chef est allé chercher les cartes et les vaccins. J’ai inscrit mon nom sur la liste et j’attends d’être appelée », a-t-elle indiqué.

Rencontré au sortir de la salle de vaccination, Mohamed Lamine Diallo, agent de sécurité, est très content d’avoir reçu sa première dose.

Mohamed Lamine Diallo, agent de sécurité

« Je suis venu me faire vacciner contre la COVID-19. Je viens de recevoir ma première dose, ça ne me fait pas mal. Pour le moment, je ne ressens rien comme effet. C’est bien organisé ici, parce que quand tu viens très tôt le matin, tu écris ton nom sur la liste et puis on vous appelle par ordre d’arrivée. Moi, je suis arrivé depuis 7 heures, c’est à 11 heures que j’ai finalement pris mon vaccin », a-t-il confié. 

Malick Diakikité pour Guineematin.com

Tél. : 626-66-29-27

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Pass sanitaire obligatoire pour accéder aux ministères : « c’est une décision hâtive » (Kaly Diallo)

12 août 2021 à 0 12 10 08108
Mamadou Kaly Diallo, activiste des Droits de l’Homme

Au cours du conseil des ministres exceptionnel tenu hier, mardi 10 août 2021, le président Alpha Condé a donné de nouvelles instructions par rapport à la lutte contre la pandémie de Covid-19 en Guinée. Le chef de l’Etat a demandé notamment à ce que le pass sanitaire soit rendu obligatoire pour toute personne qui souhaite entrer dans les locaux d’un département ministériel. Et cette mesure préoccupe certains défenseurs des droits de l’homme, dont Mamadou Kaly Diallo. Ce dernier estime qu’il y avait d’abord des préalables à mettre en place avant de prendre une telle décision.

« En tant que activiste des droits de l’homme, je trouve que cette décision pose une préoccupation, parce que la question majeure est comment allier les droits de l’homme et le respect des gestes barrières, d’autant plus que vous avez vu qu’il y a eu beaucoup de restrictions de libertés depuis l’apparition de cette pandémie qui fait des ravages à travers le monde. Rendre le pass sanitaire obligatoire pour avoir accès aux départements ministériels actuellement, moi je trouve que la décision est hâtive », a déclaré l’activiste des droits de l’homme dans un entretien qu’il a accordé à Guineematin.com ce mercredi, 11 août 2021.

Pour lui, les autorités guinéennes ont manqué de pédagogie dans leur volonté d’amener les citoyens à se faire vacciner. « Le gouvernement aurait pu mettre d’abord l’accent sur la sensibilisation par rapport à la couverture vaccinale sur l’ensemble du territoire national. Parce qu’il fallait voir quel est le taux de Guinéens qui ont pris le vaccin, est-ce qu’on a suffisamment de doses pour avoir une grande couverture vaccinale, avant de prendre une telle décision.

Sinon elle risque d’atteindre gravement aux libertés des uns et des autres d’avoir accès aux différents départements ministériels, d’avoir l’information et ainsi de suite. Je pense qu’il y a une volonté politique d’amener les gens à aller se faire vacciner, mais je pense que la pédagogie a manqué », a dit Mamadou Kaly Diallo.

Mamadou Yaya et Mariama Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 622 67 36 81

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