Dans la perspective de trouver des réponses adéquates aux attentes en matière de sécurité alimentaire et nutritionnelle et de lutte contre la faim en Guinée, le gouvernement guinéen et ses partenaires du système des Nations Unies ont organisé (les 12 et 13 août dernier) à Kindia « les journées nationales de concertation sur les systèmes alimentaires en Guinée ». Cette rencontre de réflexion et de partage a réuni des acteurs des services publics, des organisations paysannes, des consommateurs et les entités impliquées dans la chaine alimentaire des régions administratives de Kindia et Boké. Et, elle s’inscrit dans l’esprit du rendez-vous de septembre 2021 des Nations Unies à New-York, dont le but est de mettre la planète en ordre de marche pour atteindre l’objectif  « Faim Zéro en 2030 » dans le monde que s’est fixée la communauté internationale.

Selon les résultats d’une enquête (food security analysis du PAM) menée en juillet 2021, plus de six millions de guinéens ont un score de consommation alimentaire pauvre et limité ; soit, environ 51% de la population. Au niveau national, il y a 30,7% des répondants à cette enquête qui ont rencontré des difficultés d’accès au marché en raison du manque d’argent, de l’éloignement de certains marchés, en plus des effets de la COVID19. Globalement, cette enquête du PAM (programme alimentaire mondiale) révèle que l’inflation alimentaire est de 16,7%. Et, les résultats du cadre harmonisé de mars 2021 indiquent que 418 453 personnes seraient en insécurité alimentaire ; soit 3,76% de la population guinéenne.

Ainsi, la rencontre régionale de Kindia sur « les journées nationales de concertation sur les systèmes alimentaires en Guinée » a été une occasion de se pencher sur les réponses à apporter à la problématique liée de l’alimentation et de la nutrition en améliorant les modes de production et de consommation dans le pays. Il  s’agit notamment d’échanger et d’évaluer avec exactitude et de façon participative toute la chaine de valeur alimentaire nationale pour répondre aux attentes de la sécurité alimentaire et nutritionnelle et de la lutte contre la faim en Guinée. Egalement, il a été question de présenter le processus de production, de transformation, de conservation et stockage, de transport et distribution des systèmes alimentaires du pays. L’objectif est d’apporter des mesures correctives pour éviter d’exposer les populations guinéennes (notamment les enfants, les femmes enceintes et allaitantes) à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle.

Dr Mohamed Hama Garba, représentant de FAO en Guinée

« Le défi qui nous incombe à travers ces concertations est de traduire cette vision en actions concrètes pour amener la Guinée à lever les obstacles qui continuent de persister, en impactant notamment les rendements des productions agricoles, les moyens de transformation, de conservation, de transport et de commercialisation dans une approche de chaine de valeur », a dit Dr Mohamed Hama Garba, représentant de FAO en Guinée.

Au cours de cette rencontre de deux jours de réflexion et d’échange, des recommandations appropriées ont été faite pour améliorer le système alimentaire national en tenant compte des crises sanitaires, économiques, climatiques au plan national et international. Des recommandations que les participants ne veulent voir dormir dans des tiroirs de bureau.

Fatoumata Cissoko, porte-parole des participants

« Nous prions les organisateurs de prendre en compte toutes les recommandations issues de ces présentes journées et sollicitons la pérennisation de ces initiatives », a dit Fatoumata Cissoko, porte-parole des participants.

Apparemment, ces journées de nationales sur les systèmes alimentaires en Guinée se tiennent en prélude à un sommet des nations unies sur les systèmes alimentaires. Et, selon Oumar Abdourahman, économiste au Bureau du Coordonnateur Résident Maison Commune des Nations Unies, la principale dynamique derrière ce sommet mondial (prévu en septembre prochain à New York) sur les systèmes alimentaires est le fait que nous sommes réellement en retard sur tous les objectifs de développement durable (ODD) qui ont trait aux systèmes alimentaires.

Oumar Abdourahman, économiste au Bureau du Coordonnateur Résident Maison Commune des Nations Unies

« Les systèmes alimentaires d’aujourd’hui ne répondent pas à ce dont nous avons besoin en tant que personnes. La cause du décès d’une personne sur trois dans le monde est liée à ce qu’elle mange. Deux milliards de personnes sont obèses. Et, l’obésité, il y a encore 20 ans inconnue sur notre continent, gagne du terrain en Afrique. 1.000 milliards de dollars de nourriture sont gaspillés chaque année ; et pourtant, des millions de personnes ont encore faim… Le sommet des Nations Unies sur les systèmes alimentaires sera donc l’occasion d’adopter de nouvelles mesures, solutions et stratégies audacieuses pour progresser vers la réalisation de l’ensemble des 17 objectifs de développement durable, qui dépendent chacun de systèmes alimentaires plus sains, plus viables et plus équitables. L’approche proposée est de réfléchir ensemble, d’échanger au niveau régional, national et mondial pour améliorer les modes de production et de consommation. Ceci implique de repenser toutes les étapes qui font que les aliments se retrouvent dans nos assiettes, y compris la façon dont ils sont produits, transportés, transformés et vendus », indiqué Oumar Abdourahman.

Pour le ministre d’Etat guinéen, conseiller à la présidence chargée des questions des communautés à la base et coordinateur du système alimentaire, Ansoumane Condé, le sommet des nations unies sur les systèmes alimentaires permettra de créer une dynamique collective pour éradiquer la faim dans le monde.

Ansoumane Condé, ministre d’Etat, conseiller à la présidence chargée des questions des communautés à la base

« Cher participants vous comprendrez dès lors que le but du rendez-vous de septembre 2021 à New-York, est de mettre la planète en ordre de marche pour atteindre l’objectif « Faim Zéro » en 2030 que s’est fixée communauté internationale, alors qu’une frange importante de la population mondiale est sous-alimentée, que l’obésité et le diabète gagnent du terrain et que le réchauffement climatique menace le cadre environnemental global et ricochet la pérennité des récoltes… La méthode utilisée a permis à chacun dans son propre langage et vocabulaire, d’exprimer clairement et librement ses propres idées dans un cadre de concertation d’harmonisation qu’est le groupe de travail », a indiqué Ansoumane Condé.

Présent à la clôture de ces journées de concertations à Kindia, le ministre de l’élevage et de l’agriculture, Roger Patrice Millimono, a rappelé l’ambition du président Alpha Condé dans le cadre de la lutte contre la faim en Guinée.

Roger Patrice Millimono, ministre de l’élevage et de l’agriculture

« Je me réjouis de prendre la parole à cette cérémonie de clôture des journées de consultations organisées à Kindia au nom du chef de l’État, professeur Alpha Condé. C’est le moment de saluer aussi les efforts considérables déployés par le gouvernement guinéen, à travers le Comité National Technique dont le leadership éclairé est assuré par Ansoumane Condé, Ministre d’Etat à la Présidence, Coordonnateur national ainsi que le système des Nations-Unie. L’ambition du président de la république de Guinée est claire. Il s’agit d’amener les populations guinéennes à produire ce qu’elles consomment et à consommer ce qu’elles produisent. Donc, avec ces concertations régionales j’en suis convaincu que ces concertations seront positifs pour le système alimentaire Guinéen », a dit Roger Patrice Millimono.

A noter que Kindia est la quatrième région (après N’zérékoré, Kankan et Labé) a abrité ces journées nationales de concertation sur les systèmes alimentaires en Guinée. et, cette méthodologie de débat et d’animation sur les systèmes alimentaires sera très prochainement mise en œuvre dans la zone spéciale de Conakry. 

De Kindia, Mohamed M’bemba Condé pour Guineematin.com

Tel: 628516951

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