Elhadj Abdoulaye Baldé, imam dans 3 mosquées de Conakry (à Wanindra, Dabondy et Madina). Il a été arrêté à son domicile à Wanindra le 28 octobre 2020 à 02 heures du matin à cause de ses opinions. Il est parmi les prisonniers qui sont toujours en détention à la Maison centrale de Conakry, sans jugement

Ce sont des épouses inquiètes, le cœur permanemment à la maison centrale de Conakry (comme pour tenir compagnie à leur mari) et les yeux pleins d’innocence qui vivent dans cette cour à Wanindara (dans la commune de Ratoma) avec le souhait de voir leur mari recouvrer la liberté. Depuis près de dix (10) mois déjà, mesdames Aïssatou Baldé et Rabiatou Diallo endurent l’emprisonnement de leur époux, l’imam Elhadj Abdoulaye Baldé. Actuellement, elles vivent seules et se débattent au mieux qu’elles peuvent pour subvenir aux nombreux besoins de leurs enfants. Et, dans leur pesante solitude (qui parait interminable), elles s’attachent au maigre espoir de voir libre le père de leurs enfants.

En effet, Elhadj Abdoulaye Baldé a été arrêté la nuit du 28 octobre 2020, chez lui, à Conakry, au lendemain de la réélection contestée du président Alpha Condé pour un troisième mandat, dix jours plutôt. Et depuis, ce guide religieux fait partie de la longue liste des détenus politiques qui croupissent à la maison centrale de Conakry sans jugement. Et, chaque jour de prison pour lui est vécu comme une éternité par sa famille. Il est actuellement malade. Et, c’est sa famille qui s’est occupée de son ordonnance pour lui permettre de prendre ses médicaments en prison.

A son domicile où un reporter de Guineematin.com s’est rendu vendredi dernier, 13 août 2021, ses épouses sont très inquiètes. Elles n’ont pas la chance de le voir souvent à la maison Centrale. Et, difficilement elles arrivent à lui faire parvenir le manger. Ce qui est très difficile puisque qu’elles préparent tous les jours le repas qu’elles envoient en prison.

« Mon mari (Elhadj Abdoulaye Baldé) a été arrêté le 28 octobre 2020 à 2 heures du matin. Depuis, il est détenu à la maison centrale de Conakry. On le voit rarement, parce qu’on ne nous laissent pas entrer à la maison centrale. Même si nous lui envoyons à manger, c’est difficile de faire entrer le plat. Et, sur le plan sanitaire, mon mari ne se porte pas bien. Il souffre de palpitation du cœur et d’une toux fréquente. Il ne dort presque pas la nuit. Nous sommes vraiment très inquiets pour lui », a indiqué madame Aïssatou Baldé.

En plus de la solitude, des peines et de l’inquiétude sans cesse grandissante, cette femme éprouve d’autres maux liés à l’emprisonnement de son mari. L’absence prolongée de son époux a bouleversé sa vie et celle de ses enfants.

Madame Aïssatou Baldé, épouse d’Elhadj Abdoulaye Baldé

« Depuis qu’il est parti, nous avons de sérieuses difficultés dans l’entretien de nos enfants. Plusieurs d’entre eux devaient aller à l’école. Il fallait payer, s’occuper de la nourriture, sans compter le transport pour envoyer le manger chaque jour à la maison centrale. C’est vraiment difficile de vivre ça. Nous demandons l’implication de toutes les bonnes volontés pour que mon mari soit libéré. Derrière lui, la famille a eu beaucoup de difficultés. Même son père, le Khalif Elhadj Mamadou Sadio Baldé, est décédé suite au choc qu’il a eu après l’arrestation et l’emprisonnement de mon mari. Malgré cela, on ne lui a toujours pas permis d’aller se recueillir sur la tombe de son cher papa. Pire, depuis son arrestation, il y a près de 10 mois, il (Elhadj Abdoulaye Baldé) n’a pas encore été jugé. Et, jusqu’à présent, nous n’avons aucune information sur son dossier », a ajouté madame Aïssatou Baldé.

Tout comme elle, madame Rabiatou Diallo (sa coépouse) s’inquiète de cette éprouvante situation. Elle sollicite la libération de leur époux pour leur permettre d’encadrer leurs enfants qui sont encore très jeunes, en majorité.

Madame Rabiatou Diallo, épouse d’Elhadj Abdoulaye Baldé

« Nous sommes très inquiets sur l’avenir de nos enfants parce que depuis l’arrestation de leur père, tous les enfants sont à la maison. Surtout qu’ils sont très jeunes et ne peuvent pas encore se prendre en charge. C’est pourquoi, nous sollicitons l’aide de toutes les bonnes volontés pour obtenir la libération de notre mari », dit-elle.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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