« La grève continue jusqu’à satisfaction de nos revendications… Ils sont en train de faire sortir des bus un à un en prenant les conducteurs des camions poubelles… en remplacement des conducteurs titulaires qui sont en grève… on ne va pas suspendre le mot d’ordre de grève tant que nos revendications ne sont pas satisfaites ».

C’est un premier jour de grève très difficile pour les travailleurs de la société Albayrak transport à Conakry. Les employés de cette société turque ont entamé ce lundi, 16 août 2021, un mouvement de débrayage pour exiger une augmentation de salaire (100%), l’immatriculation de l’ensemble des travailleurs à la caisse nationale de sécurité sociale, la signature du contrat de tous les travailleurs et le départ de la directrice de communication de la société. Mais déjà, plusieurs de ces grévistes ont été arrêtés très tôt dans la matinée par la gendarmerie. Et, plusieurs d’entre eux (dont le secrétaire général du syndicat desdits travailleurs) sont activement recherchés.

Selon des informations confiées à un reporter de Guineematin.com, c’est l’Eco-4 de la gendarmerie qui est intervenue à coups de matraques et de gaz lacrymogènes pour disperser les grévistes qui étaient massés dans la cour de la société. Et, les agents ont procédé à quelques interpellations sur place.

Aboubacar Mariame Fofana, secrétaire général du syndicat des travailleurs de Albayrak transport

« Ce matin, c’est notre première journée de grève. Depuis 4 heures, nous sommes au dépôt pour observer notre mot d’ordre de grève. Quand nous sommes venus, le colonel de la gendarmerie Eco-4 de Matoto est venu avec ses hommes dans la cour. Il s’est entretenu avec moi. Il a demandé de monter dans le bus. J’ai dit : ‘’non Colonel, ce n’est pas votre rôle. C’est à la direction de nous demander de monter dans le bus’’. Je lui ai dit que nous avons dit à la direction que nous sommes en grève. Donc, il a demandé qu’on sorte carrément de la cour. Nous avons dit, non. Nous sommes munis de badges et nous avons nos tenus avec nous. Nous sommes des travailleurs, nous restons ici, mais nous ne voulons pas travailler. Il s’est replié, il est revenu par la force pour disperser les gens. Ils ont lancé des gaz lacrymogènes sur  les travailleurs, avec des matraques en mains. On a maltraité des travailleurs comme si c’étaient des badauds qui étaient là. Quand les gens ont été dispersés, beaucoup ont été arrêtés (une quinzaine de travailleurs). Parmi ces travailleurs, il y a des syndicalistes, des conducteurs, des contrôleurs et des receveurs qui sont à l’Eco-4 en ce moment même à la gendarmerie de Matoto. Heureusement que moi je ne suis pas pris encore. Je suis dans un lieu sûr. C’est moi qu’ils recherchent. Depuis 5 heures ils sont en train de me chercher. Je ne suis pas en sécurité, quand je me présente seulement, ils vont me prendre », a indiqué Aboubacar Mariame Fofana, secrétaire général du syndicat des travailleurs de Albayrak transport.

En dépit de la répression dont ils sont victimes, les travailleurs grévistes ne comptent pas baisser les bras. Ils promettent d’observer ce débrayage jusqu’à la satisfaction de leurs revendications.

« La grève continue jusqu’à satisfaction de nos revendications… Maintenant, ils sont en train de faire sortir des bus un à un en prenant les conducteurs des camions poubelles pour venir monter dans des bus en remplacement des conducteurs titulaires qui sont en grève. Peut-être que le secrétaire général et l’ensemble des travailleurs qui sont en grève seront réglés définitivement pour qu’ils quittent cette entreprise. En tout cas, on ne va pas suspendre le mot d’ordre de grève tant que nos revendications ne sont pas satisfaites », a martelé Aboubacar Mariame Fofana.

A suivre !

Mohamed Guéasso Doré pour Guineematin.com

Tél. : +224 622 07 93 59

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