Il y a des réalités qui sont très tristes et des moments difficiles à vivre. Surtout pour une mère démunie et ayant pour seule source de revenu la vente du charbon de bois qu’elle achète à crédit. Cette mère, c’est Fatoumata Diaraye Diallo, originaire de la sous-préfecture de Gongorè, dans la préfecture de Pita.  Elle a vu son enfant, Alpha Oumar Diallo, arrêté il y a plusieurs mois et placé en détention à la maison centrale de Conakry.

Cela fait bientôt dix mois que Mme Fatoumata Diaraye Diallo vit la plus grosse peine de sa vie. Il s’agit de l’absence de son enfant, Alpha Oumar Diallo, 20 ans, arrêté lors des violences qui ont suivi la présidentielle du 18 octobre 2020 et incarcéré à la maison centrale de Conakry. « Mon fils a été arrêté quelques jours après les élections (la présidentielle du 18 octobre 2020, ndlr). Il a été arrêté dans sa chambre avec 3 de ses amis, à minuit. Les agents qui les ont arrêtés ont emporté aussi deux motos qui étaient sur place. Deux d’entre eux ont été libérés et il reste mon enfant, Alpha Oumar Diallo, et le fils de ma voisine », a expliqué cette mère de famille, assise dans sa baraque de vente de charbon, située à Tangan, un secteur du quartier Cimenterie.

Ce commerce, c’est son unique source de revenu. C’est sur ça qu’elle compte pour aider son fils qui est en prison. « Comme vous m’avez vue, je suis vendeuse de charbon que je prends à crédit, parce que je n’ai aucun fonds de roulement et mon mari aussi est quelqu’un qui se débrouille, il ne gagne pas grand-chose. Quand je revends mes charbons, j’envoie un peu d’argent à mon enfant en prison. Même si cet argent ne m’appartient pas, mais je suis obligé d’envoyer parce que nous ne savons pas aussi dans quelles conditions vit notre enfant à la maison centrale. Je ne peux même pas décrire la situation dans laquelle nous vivons, parce que je ne pourrai pas retenir mes larmes. Je n’ai même plus le goût de la nourriture, mais je prie Dieu pour que mon fils soit libre », a dit Fatoumata Diaraye Diallo.

Faute de moyens, cette pauvre dame dit avoir arrêté d’aller voir son fils à la maison centrale. « Pendant les six premiers mois, je partais le voir en prison, mais comme je gagne difficilement à manger à plus forte raison les frais de transport, lui-même (Alpha Oumar Diallo, ndlr) m’a demandé de rester et de lui envoyer l’argent que j’utilise comme prix du transport. Depuis, c’est ce que nous faisons. Par exemple, si j’envoie aujourd’hui, après-demain aussi, il faut envoyer. C’est comme ça que nous vivons depuis tout ce temps », explique cette mère de famille, en essuyant ses larmes.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

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