Fatoumata Binta Diallo, épouse de Mamadou Lamarana Diallo, détenu du 3ème mandat d’Alpha Condé

« Depuis l’arrestation de mon mari, nous menons une vie difficile. Nos enfants sont sortis de l’école avant la fin de l’année scolaire. Ma coépouse est rentrée chez ses parents au village. Sa famille l’a même donnée en mariage à un autre homme. Aujourd’hui, c’est quand je fais la mendicité que je trouve à manger. J’ai liquidé tous mes biens pour trouver à manger ».

Originaire de la sous-préfecture de Kankalabé (dans la préfecture de Dalaba) et mère de trois enfants, Fatoumata Binta Diallo est aujourd’hui une femme dévastée. Son mari, Mamadou Lamarana Diallo, est détenu à la maison centrale de Conakry depuis dix mois déjà. Il fait partie de la longue liste des personnes arrêtées dans le Grand Conakry au lendemain de la réélection contestée du président Alpha Condé pour un troisième mandat à la tête de la Guinée. Et, ses enfants ont abandonné les études à cause du manque de moyens. Ils sont rentrés au village (à Kankalabé), tout comme sa coépouse. Cette dernière s’est d’ailleurs remariée à un autre homme. Et, celle (Fatoumata Binta Diallo) qui est restée pour soutenir son mari en prison vit actuellement de la mendicité, a appris un journaliste de Guineematin.com qui est allé à sa rencontre, à Baïlobaya.

C’est une femme affligée, aux conditions de vie extrêmement pénibles, que nous avons rencontrée lundi dernier, 23 août 2021. L’emprisonnement de son mari a eu un effet dévastateur pour sa paisible famille. Celui-ci est littéralement passé de son lit à Baïlobaya (dans la préfecture de Dubréka) à une cellule de prison à la maison centrale de Conakry. Et, Fatoumata Binta Diallo vit l’absence de son mari avec assez de peines. Elle observe impuissante sa famille voler aux éclats.

« Mon mari (Mamadou Lamarana Diallo) a été arrêté pendant la crise postélectorale. Les agents sont venus chez nous à Baïlobaya et ont défoncé la porte de la maison pour l’arrêter. Depuis ça, à cause de nos difficiles conditions de vie, mes trois enfants (Mamadou Oury Diallo, Mamadou Baïlo Diallo et Mamadou Diouldé Diallo, âgés respectivement de 20 ans, 8 ans et 6 ans) sont allés au village auprès de ma grande sœur. Je ne pouvais plus les nourrir ici ; alors qu’ils étaient tous à l’école. Mais, je les ai fait sortir pour les envoyer au village », a-t-elle expliqué les yeux scintillants de larmes.

Réduite aujourd’hui à la mendicité pour vivre, Fatoumata Binta Diallo arrive parfois à rendre visite à son mari. Mais, il lui arrive très souvent de ne pas le voir quand elle manque d’argent à donner aux gardes pénitentiaires.

« Parfois, je pars rendre visite à mon mari en prison. Mais, très souvent, les gardes pénitentiaires me refusent l’accès. Les agents qui sont là-bas me réclament à chaque fois 50 000 francs, alors que parfois il se trouve que le peu d’argent que je détiens ne suffit même pas pour mon transport aller-retour. Dans ce cas, je suis obligée de revenir sans le voir. Depuis l’arrestation de mon mari, nous menons une vie difficile. Ce sont les bonnes volontés qui nous viennent au secours. C’est sa tante qui m’a dit de venir auprès d’elle pour le moment. Nos enfants sont sortis de l’école avant la fin de l’année scolaire à cause de la détention de leur père. Ma coépouse a aussi deux fillettes ; mais, elle-même est rentrée chez ses parents au village. Sa famille l’a même donnée en mariage à un autre homme à cause de l’emprisonnement de notre mari. Nous demandons aux autorités de libérer nos maris. Aujourd’hui, c’est quand je fais la mendicité que je trouve à manger. J’ai liquidé tous mes biens pour trouver à manger », a ajouté Fatoumata Binta Diallo.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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