En cette saison pluvieuse, plusieurs routes de Conakry et environs sont quasiment impraticables. A cause de la dégradation des chaussées, les propriétaires d’engins et autres usagers y souffrent le martyr. C’est un calvaire quotidien auquel il faut pourtant faire face tous les jours. C’est le cas notamment sur le tronçon Cimenterie-Fôfômèrè, dans la préfecture de Dubréka. Certains usagers décrivent cette bretelle comme la « route de pénitence », pour ainsi exprimer toutes les difficultés et les souffrances qu’ils y rencontrent.

C’est une route qui traverse six secteurs et qui, en fonction des saisons, dégage de la poussière ou est recouverte de grande boue. Cette situation dure depuis plusieurs années et cause d’énormes difficultés aux populations riveraines et à toutes les personnes qui la pratiquent. Mais, le supplice, c’est surtout pendant la saison des pluies. Les véhicules ont de la peine à y circuler. Et, certains transporteurs refusent carrément de s’y aventurer pour ainsi éviter les pannes ou d’être embourbés.

Mohamadou Maladho Diallo, riverain sur la route Fôfômèrè

« Ici, ça fait presque trois ans que nous vivons dans un calvaire total. Par exemple, pendant la saison sèche, la poussière nous fatigue beaucoup. Et, c’est dangereux, parce qu’il y a des petites maladies qui ne finissent pas. Mais, actuellement, pour nous qui vivons en bordure de cette route, c’est vraiment la souffrance. Parce que les chauffeurs de taxi et les motards laissent la route principale pour venir passer à quelques centimètres de ma boutique. Ce qui représente un réel danger pour nous. Même hier, mes petits frères ont failli se faire renverser par un motard qui passait à quelques microns de ma boutique. Autres choses, lorsque les camions transportent nos marchandises, quand ils arrivent sur la route Fôfômèrè ici, certaines marchandises se gâtent à cause des balancements. Parfois même, les chauffeurs refusent de transporter nos marchandises jusqu’ici. On est obligé de les payer très cher ; sinon, ils ne le font pas. Si l’Etat peut nous aider, ils n’ont qu’à faire vite », a indiqué Mohamadou Maladho Diallo, riverain sur la route Fôfômèrè.

Sur cette route de l’impossible, ce sont les taximotos qui sont les prisés pendant cette saison des pluies. Mais, même ces engins à deux roues ne s’en sortent pas sans peine. Ils y tombent souvent (à cause des glissades) et y sont souvent victimes d’attaques de bandits la nuit.

Mamadou Saliou Keïta, taxi-motard de la ligne Fôfômèrè

« Sur la route Fôfômèrè ici, la circulation est très difficile, il y a trop d’accidents. Chaque jour, les taxi-motards tombent ici et les passagers se blessent. Quand les routes ne sont pas bonnes, les motos ne seront pas en bon état. Alors qu’on les achète très cher. On prie le gouvernement guinéen de nous aider à réparer cette route. Une situation s’est passée à Fôfômèrè ici, à côté des rails il y a quelques jours. Un motard qui a été attaqué là-bas à 22 heures par des bandits. Il a été torturé là-bas, tout cela parce que la route n’est pas bonne. On est obligé de circuler doucement dans les cailloux et la boue. Et puis, il y a l’obscurité au bord de la route. Les bandits aiment beaucoup ça », a dit Mamadou Saliou Keïta, conducteur de taximoto sur cette route.

Diplômé sans emploi, Adama Barry fait du taximoto sur cette route pour joindre les deux bouts. Mais, pour lui, ce tronçon est « une route de pénitence » qu’on ne pratique que par nécessité.

Adama Dama Barry, taxi-motard sur la ligne Fôfômèrè

« La route est presque impraticable. Elle est dans un très mauvais état. Il est très difficile de rouler ici. Mais, on se débrouille avec, parce qu’on n’a pas le choix. La majeure partie de ceux qui sont sur la ligne ici sont des universitaires qui n’ont pas d’emploi. Il y a même des enseignements parmi nous les taxi-motards. Pour avoir la recette du jour, on est obligé de faire la surcharge des passagers sur cette mauvaise route. Je peux dire que cette route traverse plusieurs secteurs très peuplés. Donc, nous demandons au gouvernement de venir terminer la route-là. Parce qu’ils ont trop duré sur les travaux. Aujourd’hui, c’est devenu une route de pénitence pour nous », a déploré Adama Barry.

Mohamed Guéasso DORE pour Guineematin.com

Tel : +224 622 07 93 59

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