Guéckédou : le quartier Farako inondé

29 août 2021 à 19 07 51 08518

Les habitants du quartier Farako, dans la commune urbaine de Guéckédou, se sont levé les pieds dans l’eau, suite à une forte pluie qui s’est abattue sur cette ville de la Guinée Forestière dans la nuit du samedi à ce dimanche, constate le correspondant local de Guineematin.com.

Cette inondation, visiblement causée par le rétrécissement des caniveaux de la route nationale qui traverse la ville de Guéckédou, a piégé les occupants de maisons et de garages  du quartier Farako, notamment des  secteurs Bambino et  Kabaddou 2.

Fodé Kourouma, chauffeur

Félix Bamba, l’une des victimes de ces intempéries témoigne : « Je suis venu ce matin trouver que l’eau a totalement occupé mon garage. Je suis peiné. Je ne peux pas travailler aujourd’hui. Et mon moteur et mon dynamo, tout est dans l’eau. Je ne sais pas à quelle heure l’eau va finir de passer pour que je puisse connaître les pertes. Je demande aux autorités et les personnes de bonne volonté de nous aider à agrandir le pont, sinon je pourrais plus travailler ici pendant ces grandes pluies là ».

Alpha Kourouma, une autre victime se lamente : « Je souffre. Depuis trois heures du matin l’eau nous a délogés. Ma femme et mes enfants ont fini la nuit chez les voisins. On a perdu beaucoup de choses : nos habits et autres objets que je ne peux pas tout connaître pour le moment. J’attends que l’eau baisse pour savoir l’ampleur des pertes. Je demande aux autorités d’agrandir le pont qui est entre les quartiers Farako et Mangala sur la route nationale. Vraiment nous souffrons ».

De Guéckédou, Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

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Les mots et les maux du ministre

29 août 2021 à 18 06 15 08158
Habib Yembering Diallo

Cher ami,

Je commencerai cette lettre par te dire que ce qui vient de passer chez nous confirme l’adage selon lequel le malheur des uns fait le bonheur des autres. Il aura fallu un évènement malheureux pour qu’on poignarde mon patron dans le cœur. Tu comprends à quoi je fais allusion. Nous, qui avons la chance d’assumer une responsabilité de haut niveau dans ce pays, sommes en permanence hantés par la perte de cet avantage.

Cette perte à elle seule est une épreuve difficile à surmonter. Mais, que cette épreuve intervienne à un moment où le responsable traverse une autre épreuve, c’est le comble de douleur. En réalité, si le pouvoir nous ouvre les portes du paradis, il arrive souvent qu’il nous mène droit dans l’enfer. Je veux dire qu’il te fait goûter le meilleur mais aussi te fait subir le pire. Comme ce qui vient d’arriver à mon patron. Lequel n’avait pas besoin d’être remplacé pendant qu’il traverse un moment des plus douloureux.

Tu me diras que c’est un choix. Celui qui ne veut pas se heurter à ce genre de situations n’assumera jamais une parcelle de responsabilité. Parce que celle-ci est inséparable de ses corolaires cruelles et implacables. Par définition, le pouvoir c’est celui qui vous élève jusqu’au ciel et vous laisse chuter dans un brasier de feu. C’est à prendre ou à laisser. Comme dit Henri Rochefort « Si haut qu’on monte, on finit toujours par des cendres ». Bien malgré tout, si la politique avait de l’humanisme du poids d’un atome, il aurait fallu attendre cette période pour trouver un remplaçant à mon patron. Fût-il un intérimaire.

Cher ami,

Laisse-moi te dire que je suis en train de m’apitoyer sur le sort d’un homme qui est tout sauf pitoyable. Même s’il traverse un moment pénible, c’est quelqu’un qui a un moral d’acier. En outre, il connait bien celui à qui il a affaire. Il est donc bien préparé à toute éventualité. Dont entre autres celle de la confirmation de son successeur.

Pour être franc avec toi, si mon patron est préparé à prendre ce coup, en revanche certains de ses collaborateurs dont moi le sont moins. Pour te planter le décor, les membres du gouvernement sont issus de catégories très différentes voire opposées. Il y a les militants de la première heure du parti. Parmi eux celui qui assume l’intérim de mon patron. Il y a les technocrates sans appartenance politique. Il y a enfin les transhumants dont mon patron et moi-même.

Il est inutile de te dire que le jour où mon patron partira il partira avec ceux que la première catégorie qualifie d’opportunistes. Dans maints départements, les secrétaires généraux et autres chefs de cabinet ont commencé à annoncer les couleurs. Chez moi, le lendemain de la nomination de l’intérimaire, le secrétaire général, en grimpant l’escalier du bâtiment, a lancé pour que je l’entende qu’avec la nomination du gardien du temple, le vent qui doit balayer les opportunistes a commencé à souffler. Depuis ma nomination cet homme n’a jamais toléré ma présence à la tête de ce département.

Bref, les jours à venir s’annoncent plutôt sombres pour ton ami. L’éventuel départ de mon patron implique de facto le mien. Pour le moment, certains amis minimisent la situation. Estimant qu’après son deuil, mon patron reprendra son poste. Personnellement je pense que la nomination d’un intérimaire est tout simplement le signe annonciateur du vent dont parlait le secrétaire général de mon département.

Je ne me fais donc aucune illusion. Je sais que ça va prendre fin bientôt. Pour te dire la vérité, cette perspective est plus qu’angoissante pour moi. Car je ne sais plus faire autre chose que ce que je fais depuis quelques années. Or, si je quitte le gouvernement, je n’ai pas un point de chute. Comme tu le sais, autant le patron du parti au pouvoir fait l’objet de pressions pour appliquer le RPG first, autant celui de l’opposition subit les mêmes pressions désormais afin de fermer la porte aux transhumants.

Le repli sur soi du pouvoir et de l’opposition n’est pas sans rappeler le vieil adage selon lequel le jour où l’orphelin aura grandi et l’idiot devenu intelligent, il n’y aura personne à tromper. Voilà la situation dans laquelle bon nombre d’entre nous vont se retrouver.

Confronté à cet état mélancolique, j’ai tenu à partager ces quelques lignes avec quelqu’un. En l’occurrence toi dont la discrétion est insoupçonnable. Pour m’aider à traverser cette autre étape, je te prie de me répondre dans les plus brefs délais pour me donner ton point de vue sur la situation que j’ai décrite ci-haut.

Ton ami, le ministre.

Habib Yembering Diallo, joignable au 664 27 27 47.

Toute ressemblance entre cette histoire ministérielle et une autre n’est que pure coïncidence.

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Sénégal : Hissène Habré enterré en l’absence de représentants officiels

29 août 2021 à 15 03 33 08338

Lu pour vous (Jeune Afrique) ! L’ancien président tchadien a été inhumé le 26 août au cimetière musulman de Yoff, sans qu’aucun hommage officiel ne lui soit rendu, ni à Dakar ni à N’Djamena, mais en présence de ses proches et de nombreux sympathisants.

Sous le soleil de plomb de l’hivernage, ainsi que l’on nomme l’été sénégalais, Hissène Habré a été inhumé au cimetière musulman de Yoff, le 26 août. L’histoire retiendra que l’ancien président tchadien, mort le 24 août à l’hôpital principal de Dakar, y a rejoint la dépouille mortelle du premier chef de l’État camerounais, Ahmadou Ahidjo, décédé en terre sénégalaise en 1989, quelques mois seulement avant que Habré n’y pose en catastrophe ses valises d’exilé chassé par un putsch.

Aucun hommage officiel

À l’aéroport de Yoff, Habré était arrivé avec un avion vite restitué par le Sénégal au Tchad. Il a fini son périple en terre sénégalaise après quelques années judiciairement tumultueuses et sans jamais avoir reconnu la légitimité d’une justice qui l’avait reconnu coupable de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité et condamné à la prison à vie.

Habré a été accompagné en sa dernière demeure par ses proches parents et des sympathisants. Dans un cercueil en bois luisant, il a été mis en terre à 15 h 41 sans qu’aucun hommage officiel ne lui soit rendu, ni au Sénégal ni au Tchad.

La prière mortuaire avait auparavant été dirigée par l’imam Thierno Mountaga Amadou Bachir Tall à la mosquée omarienne (une branche de la Tijaniyya, confrérie soufie), qui fait face à la mer sur la corniche dakaroise, à hauteur du quartier de la Médina. En treillis noirs et brassards orange, la police a géré les nombreux journalistes et les quelque 200 personnes qui s’étaient réunies au sortir de la prière de Tisbaar pour rendre un dernier hommage à l’ancien président.

Maître de cérémonie

Parmi les VIP reconnus derrière leur masque anti-Covid, un ancien ministre de la Culture sous la présidence d’Abdoulaye Wade, Amadou Tidiane Wone. C’est lui qui a tenu le rôle de maître de cérémonie, donnant de la voix pour organiser le regroupement, demandant aux uns et aux autres le respect des mesures barrières imposées par cette pandémie qui aura eu raison de Hissène Habré – les premiers coups lui ayant été donnés par « notre acceptation de son arrestation, en 2013, dans son pays d’accueil, chez nous au Sénégal, pays de la Teranga », lâche, acerbe, l’une des personnes présentes.

HISSÈNE HABRÉ A ÉTÉ « VICTIME D’UNE GRANDE ESCROQUERIE », SYNONYME DE « MACHINATION »

L’on distingue également dans l’assemblée l’ancien Premier ministre de Macky Sall devenu opposant, Abdoul Mbaye. Dans une autre vie, il fut le banquier d’un Hissène Habré fraîchement débarqué au Sénégal avec plusieurs milliards de F CFA en espèces. Boubou, cape blanche à parements jaunes, lunettes noires et cane de cérémonie, le « Jaraaf » Youssou Ndoye, grand dignitaire des Lébous, est lui aussi présent. C’est dans leur quartier de Ouakam qu’Habré avait élu l’un de ses deux domiciles, devenant un « fils apprécié » de cette communauté.

Avocat emblématique d’Hissène Habré lors de son procès devant les Chambres africaines extraordinaires, le Sénégalais Amadou Ciré Clédor Ly, reconnaissable à sa haute coiffure en bataille et à sa barbe hirsute, qu’il a poivre et sel, a fait le déplacement. Dans une ultime plaidoirie, on l’entend dénoncer, dans cet espace de prière, le sort qui a été réservé à son client, dont le régime a été tenu pour responsable de la mort de près de 40 000 personnes entre 1982 et 1990. Hissène Habré a été, selon Amadou Ciré Clédor Ly, « victime d’une grande escroquerie », synonyme de « machination » et véritable « condamnation à mort ».

Ultime oraison

Aucun officiel sénégalais n’est en revanche présent, à moins de considérer comme un représentant de l’État le directeur général du quotidien gouvernemental Le Soleil. « Il y a vingt ans, j’avais été présenté à lui, raconte Yakham Mbaye. Depuis, nous échangions souvent. Je retiens de lui un grand patriote, un homme qui considérait l’Afrique comme un seul et unique pays. Et d’ailleurs, je pense que pour lui, un enterrement au Tchad ou au Sénégal ne faisait pas une grande différence ».

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Conakry : l’Association des journalistes de Guinée (AJG) chez le ministre Amara Somparé

29 août 2021 à 15 03 07 08078

Après la mise en place de son nouveau bureau exécutif, le 23 juillet dernier, l’Association des Journalistes de Guinée (AJG) a rencontré le ministre de l’information et de la communication, Amara Somparé. Au cours de cette rencontre, qui s’est déroulée jeudi passé, 26 Août 2021, dans la salle de réunion du Département, l’AJG a demandé le soutien et l’accompagnement du département de l’information afin d’établir un partenariat pour le bien-être du journalisme en Guinée, a constaté un reporter de Guineematin.com qui était sur place.

Devant le ministre Amara Somparé, le président de l’AJG a tout d’abord décliné l’objet de cette rencontre de prise de contact. Et, Yamoussa Sidibé a également mis profit ce tête-à-tête pour étayer de manière précise les attentes de l’AJG dans sa collaboration avec le département de l’information et de la communication.

« Comme vous le savez, cette association est la seule qui regroupe véritablement tous les journalistes de Guinée (qu’ils soient du privé ou du public, de tous les supports audiovisuels, sites, papiers). Tout ce qui est journaliste relève de l’AJG. Dans ce sens, nous avons décidé de vous rencontrer pour bénéficier de votre soutien, pour établir un partenariat avec votre département qui, déjà, a montré sa volonté de rassembler les journalistes, de mettre les journalistes ensemble, de faire en sorte que nous conjuguions le même verbe et que nous assumions avec responsabilité ce noble métier qui est le journalisme. Donc, c’est dans ce sens que nous sommes là avec vous pour bénéficier de votre accompagnement », a, entre autres, dit Yamoussa Sidibé.

Prenant la parole, le ministre Amara Somparé s’est montré très ouvert  et rassuré l’AJG de sa disponibilité à l’accompagner dans la réalisations de ses activités.

« Je vois que vous avez appliqué avec beaucoup de zèle la parité. Ceux qui sont présents ici aujourd’hui, je vous en félicite et je me réjouis aussi que le bureau ait finalement été installé et que Monsieur Yamoussa Sidibé a eu l’immense privilège de présider cette grande association. En ce qui concerne l’appui du département à votre association, je pense que vous le savez, nous ne ménagerons aucun effort pour vous accompagner, pour vous assister dans vos différentes actions… LAJG est l’association fédératrice qui rassemble en son sein tous les professionnels des médias et nous avons pour vocation justement de fédérer la presse. Donc, nous avons quasiment le même objectif, peut-être pas les mêmes missions. Pour cela, nous allons vous accompagner et vous appuyer », a notamment rassuré Amara Somparé.

Mohamed Guéasso DORE pour Guineematin.com

Tél. : +224 622 07 93 59

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Mariame Bhoye Diallo, épouse d’un détenu politique : « je cotise avec mes 2 coépouses pour nourrir nos 12 enfants »

29 août 2021 à 13 01 57 08578

« Nous souffrons pour obtenir la dépense des enfants. La charge de tous ces enfants nous revient, alors que l’une d’entre nous est vendeuse de charbon, la seconde vend des galettes et moi je vends des arachides. On cotise pour préparer et nourrir nos douze enfants… Parmi nos douze enfants, dix étaient à l’école ; mais, avec l’arrestation de leur père, ils n’ont pas pu finir l’année scolaire. On se demandait comment les nourrir, à plus forte raison payer leur scolarité. Donc, ils n’ont pas pu finir l’année scolaire, parce qu’on n’avait aucun moyen pour payer ».

Marié à trois femmes et père de 12 enfants (tous vivants), Alpha Oumar Sidibé est séparé de sa famille depuis dix mois maintenant. Il a été arrêté et jeté en prison lors de la crise post-électorale qui a éclaté en Guinée au lendemain du scrutin présidentiel du 18 octobre 2020. Et, son absence a eu des conséquences terribles sur sa famille. Ses épouses peinent à joindre les deux bouts ; et, ses dix enfants qui étaient à l’école n’ont pas pu terminer l’année scolaire. Ils ont quitté l’école avant les dernières compositions à cause du manque de moyens, a appris un reporter que Guineematin.com a dépêché à son domicile.

Mariame Bhoye Diallo, épouse d’Alpha Oumar Sidibé détenu à la maison centrale de Conakry

Rencontrée mercredi dernier, 25 août 2021, à Sonfonia (dans la commune de Ratoma), Mariame Bhoye Diallo (l’une des trois épouses d’Alpha Oumar Sidibé a déploré l’emprisonnement de son mari. Elle est convaincue de son innocence et se lamente de la difficile situation dans laquelle sa famille a été plongée depuis dix mois déjà. Elle (vendeuse d’arachides) cotise avec ses deux coépouses (vendeuses de charbon de bois et de galettes) pour trouver à manger. Mais, elles arrivent à peine à trouver le minimum pour entretenir leurs douze enfants.

« Notre mari (Alpha Oumar Sidibé) a été arrêté après l’élection présidentielle du 18 octobre 2020 à Sonfonia-Gare. Il était conducteur de taxi-moto ; et, il était sorti pour travailler quand ils l’ont arrêté. Il est  marié à trois femmes et chacune d’entre nous a quatre enfants. Mais, depuis son arrestation, nous souffrons pour obtenir la dépense des enfants. La charge de tous ces enfants nous revient alors que l’une d’entre nous est vendeuse de charbon, la seconde vend des gâteaux et moi je vends des arachides. On cotise pour préparer et nourrir nos douze enfants », a indiqué Mariame Bhoye Diallo.

Mariame Bhoye Diallo, épouse d’Alpha Oumar Sidibé détenu à la maison centrale de Conakry

Cependant, en plus des problèmes existentiels qui accablent actuellement leur famille, Mariame Bhoye Diallo et ses coépouses sont éprouvées par la nostalgie du père de leurs enfants, d’autant plus qu’elles arrivent à peine à lui rendre visite à la maison centrale. Leurs enfants ont même abandonné l’école.

« Ces derniers temps nous ne partons pas à la maison centrale pour voir notre mari, parce que nous gagnons difficilement le transport. Et, quand on y aille, il nous demande de payer pour entrer. C’est pourquoi nous demandons aux autorités de libérer notre mari. Nous avons des enfants qu’on n’a du mal à entretenir. Parmi nos douze enfants, dix étaient à l’école ; mais, avec l’arrestation de leur père, ils n’ont pas pu finir l’année scolaire. On se demandait comment les nourrir, à plus forte raison payer leur scolarité. Donc, ils n’ont pas pu finir l’année scolaire, parce qu’on n’avait aucun moyen pour payer », a expliqué Mariame Bhoye Diallo.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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Sihaco 2021 : promoteurs immobiliers et services connexes, réservez votre stand

29 août 2021 à 12 12 18 08188

Du 9 au 13 novembre 2021 au Palais du Peuple, Promoteurs immobiliers et services connexes, vivez le Salon des Infrastructures, de l’Habitat et de la Construction (SIHACO) en rejoignant nos nombreux potentiels sponsors issus des géants de l’industrie immobilière guinéenne et d’ailleurs.

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Taxes minières, budget communal… Le maire de Koumbia(Gaoual) à Guineematin

29 août 2021 à 11 11 58 08588
Elhadj Mamadou Saliou Kaltamba, maire de la commune rurale de Koumbia
Elhadj Mamadou Saliou Kaltamba, maire de la commune rurale de Koumbia

Accusé d’orienter les fonds issus de la taxe superficiaire de l’AMC et de la CBG ailleurs que dans les localités impactées, le maire de Koumbia, Elhadj Mamadou Saliou Kaltamba a reçu Guineematin.com le 9 août 2021, à sa résidence de Conakry, pour apporter un démenti catégorique. D’entrée, le maire a expliqué que le budget de la commune rurale de Koumbia, le premier cheptel du pays, s’élève à environ  un milliard cinq cent mille francs guinéens, hors ANAFIC (les fonds apportés par l’agence nationale pour le financement des collectivités, donc de l’Etat guinéen).

Pour le maire de la Commune rurale de Koumbia le budget de sa municipalité est composé d’un certain nombre de sources de recettes :

« En recettes, ce budget est composé des taxes minières dont les 600 millions de l’AMC,  le parc à bétail qui paie deux millions par mois, les compagnies de téléphonies (Areeba et Orange), le paiement des taxes au marché, les kiosques, les patentes des commerçants, la gare routière qui fait 800 000 par mois, et la boucherie qui fait entre 500 000 et 600 000 francs guinéens par mois », a souligné Elhadj Kaltamba.

Toutefois, il s’empresse de dire que : « pour le cas Areeba qui nous payait dix millions par an, nous avons décidé de signer un partenariat avec eux. Une de ses antennes accueille notre émetteur et la radio émet 24 h/24. Pour le paiement de la taxe du marché, nous n’avons pas pu recouvrer les montants par faute de personnel. Les kiosques aussi ne paient que 25 000 par mois, ce qui est minime à nos yeux. De toutes les compagnies minières, au nombre de huit je crois, il n’y a que AMC qui a payé cette année la taxe superficiaire. La CBG elle, nous demande chaque année de lui proposer un micro-projet. En 2019, c’est l’école de Kamélé, en 2020, c’est l’école de Saré Tara et en 2021 c’est le pont de Fossou ».

A la date du 9 août, la commune a mobilisé entre 60 et 70% du budget annuel, selon le maire.

De l’utilisation de la taxe superficiaire de l’AMC dans les localités impactées, le maire fait un rappel.

« Rien que Madina-guilédji, l’une des localités impactées, on a financé plus d’un milliard. A Fossou, en 2021, on a construit un pont, les buses, les radiés », selon Elhadj Kaltamba, qui reconnaît que l’argent de l’ANAFIC a servi à construire le pont de Madina-guilédji et à Fossou, la CBG a financé la construction du pont pour près de quatre cent millions de francs.

« Les buses et les radiés ont coûté trois cent millions de francs, financés à travers la taxe de l’AMC. Et entre les compagnies, l’argent de la CBG ne peut être utilisé dans une action de l’AMC. Pour cette année 2021, cent quatre-vingt-cinq millions de francs guinéens vont servir à la construction du pont de Kambala, sur la route de Foulamory. Vous avez les 10 kiosques au marché pour deux cent quinze millions de francs guinéens. Le District de Taguira est venu me voir pour me dire qu’il y a une association islamique qui leur a promis une mosquée et qu’ils souhaitent avoir à côté de cette maison de Dieu un forage. Nous avons pris l’engagement de le faire. Ce forage sera financé à travers ce fonds versé par l’AMC », a soutenu le patron de la municipalité de Koumbia.

Toutefois, nonobstant que les populations des localités impactées sont les plus mal servies dans la répartition de ces kiosques et autres places aménagées par la commune sur les fonds de l’AMC, Elhadj Kaltamba soutient que ces citoyens se reconnaissent dans la beauté et de l’embellissement du centre.

« J’ai oublié de vous le dire, le siège de la Sous-préfecture est entièrement rénové et c’est grâce aux taxes superficiaires de l’AMC. C’est une fierté pour tout Koumbia », s’est défendu le maire. Il reste à savoir si les populations impactées se contenteront de ces réalisations sur des fonds destinés au financement de leurs programmes de développement, comme l’ont rappelé le Président du Comité de concertation locale minière de Koumbia et certains élus locaux des zones impactées, dans une précédente dépêche de votre quotidien en ligne.

Abdallah Baldé pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

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Taxes payées par l’AMC à Koumbia (Gaoual) : « nos localités impactées sont oubliées », dénoncent des élus

29 août 2021 à 11 11 39 08398

Dans le cadre de la nouvelle politique minière du pays, traduite en 2011 par le Code minier, les compagnies minières versent chaque année aux communautés impactées des taxes superficiaires pour contribuer à leur développement socioéconomique.

A Gaoual, depuis 2010, l’Alliance Mining Commodities (AMC) verse aux communautés de Koumbia et de Wendou M’Bour, dans le cadre du Projet des Bauxites de Koumbia (PBK), une taxe superficiaire de plusieurs centaines de millions de francs. Pour le compte de l’année 2021, le montant était de 1 062 695 143 Francs guinéens. La cérémonie de remise du chèque a eu lieu à Koumbia, le 26 juillet en présence des autorités régionales, préfectorales et municipales ainsi que des représentants des localités impactées et devant les populations et de différentes structures concernées, a constaté Guineematin.com, à travers un de ses journalistes, présent à la rencontre.

Alors que tous les intervenants ont insisté sur la nécessité de privilégier le financement des projets de développement des communautés impactées, ces dernières ne semblent pas être la préoccupation de la Commune. Elles se sentent totalement oubliées, sinon lésées dans la répartition. C’est du moins le constat de Guineematin.com, tiré de la rencontre avec plusieurs acteurs sur le terrain.

Il faut noter que des 21 districts de Koumbia, 9 sont impactés par les compagnies minières, notamment l’AMC et la CBG. Il s’agit des districts de Madina-guilédji, Kembéra, Madina-Bowé, Péti, Bhouli, Guidali, Nétéré, Taguira et Béssilé. A ces neuf localités, il faut ajouter le district de Hounsiré, nouvellement créé.

Le Président du Comité de concertation locale minière de Koumbia, également Conseiller communal, Ibrahima Sambégou Camara, dit Doss, dans un entretien accordé à Guineematin.com, le 1er août 2021, confie que depuis 2010, il n’y a eu que trois postes de santé et deux écoles de trois classes construits dans ces localités impactées pour un montant estimé à plus de cinq milliards de francs guinéens.

Egalement, interrogé par votre quotidien en ligne, Séné Mansa Dounghou Bouda, le Président du District de Hounsiré, soutient que les populations de cette localité ne connaissent rien de l’utilisation de la taxe superficiaire de l’AMC.

Séné Mansa Dounghou Bouda, Président du District de Hounsiré

« Nous apprenons à la radio ce que l’AMC donne à la population de Koumbia. Nous avons besoin d’école, de poste de santé et d’ouvrage de franchissement, notamment sur la rivière Lengourouwol. Nous voyons des gens de la CBG chez nous et nous pensons que les taxes versées par ces sociétés devraient bénéficier à nos populations. C’est notre souhait le plus ardent », a exprimé cet élu local.

De son côté, Mamadou Dian Diallo, président du District de Bhouli, se range dans la même catégorie.

Mamadou Dian Diallo, Président du district de Bhouli

« Depuis 11 ans, on nous appelle de venir au centre de Koumbia ici pour participer à la remise du chèque de la taxe superficiaire. Soit c’est avec l’AMC ou avec la CBG. Mais réellement, nous ne voyons rien du tout chez nous. Peut-être que les montants sont tous utilisés par-là, au centre, en tous les cas, nous, on ne voit rien. Partout chez nous, l’AMC et la CBG travaillent, on ne voit rien », explique ce président de district. Il ajoute que son District est à 50 km du chef-lieu de Koumbia et les populations manquent pratiquement de tout, de postes de santé, d’écoles et de pistes rurales, notamment.

« C’est vrai, grâce à l’UNICEF, le district de Bhouli a une belle école de trois classes. Mais nous n’avons pas de centre de santé, les trois classes construites sont minimes par rapport aux besoins, je veux dire au nombre d’enfants à scolariser. Nous n’avons pas de pistes rurales praticables. Cela nous préoccupe lorsque nous apprenons qu’on envoie de l’argent pour nous aider, et que cela ne se traduit pas dans les faits », regrette-t-il.

Péti également, les populations vivent les mêmes réalités. Mamadou Yéro Camara, fonctionnaire à la retraite et agent environnemental dit ne rien savoir des réalisations de l’AMC dans cette localité.

Mamadou Yéro Camara, fonctionnaire à la retraite, Péti

« Pour le District de Péti, nous avons une école de trois classes, un poste de santé. Jusqu’ici, je ne connais aucune réalisation de l’AMC dans notre localité. Actuellement, notre plus grande préoccupation, c’est comment avoir des enseignants titulaires, des agents de santé et des médicaments disponibles, une piste rurale praticable et terminer les travaux de la mosquée en construction », sont entre autres les préoccupations de cette localité selon notable de Péti.

Mamadou Samba Sané, dit Kensan, notable de Kembéra ne se souvient d’aucune réalisation issue des taxes minières versées par l’AMC ou d’autres compagnies minières.

Mamadou Samba Sané, dit Kensan, notable de Kembéra

« Depuis longtemps, nous apprenons que cette société verse chaque année de l’argent pour aider les communautés impactées. Mais cela s’arrête à ce niveau. Pourtant, les autorités précisent que cet argent est destiné au développement des communautés impactées. Mais apparemment, il y en a qui le méritent plus que nous. Ici à Kembéra, le gouvernement nous a aidés à avoir une école et un poste de santé. Mais nous n’avons pas de route et nous manquons d’enseignants pour nos enfants. Donc, cet argent versé pour nos communautés devrait nous servir à surmonter ces problèmes. Premièrement, arranger notre route, dégager les ponts d’infortune, nous affecter des enseignants pour former nos enfants, et surtout nous aider à protéger notre environnement. Actuellement, nous sommes victimes de la dégradation de notre environnement. Avant, sur les 25 km de piste qui nous séparent du chef de Koumbia, au mois de juillet, partout l’eau coulait et les rivières étaient débordées. Ce qui n’est plus le cas actuellement. Nous, nous sommes des cultivateurs, nous ne connaissons que cela. Nous demandons à ce que les autorités s’impliquent pour arrêter la coupe abusive du bois et à encourager réellement le reboisement dans nos localités. Voilà nos priorités aujourd’hui », souligne ce membre du conseil de District de Kembéra.

Du côté du District de Madina-guilédji, c’est la même réalité. Boubacar Baldé se dit également préoccupé par cette situation et souhaite que la déclaration des autorités et des responsables de l’AMC soit appliquée à la lettre.

Monsieur Boubacar Baldé, président du district de Madina-Guilédji

« Madina-guilédji est une zone impactée par plusieurs sociétés minières, notamment par l’AMC et la CBG. C’est vrai, que le district bénéficie de certaines réalisations comme le pont à Fossou en cours de réalisation, financé par la CBG. Mais comme les fonds versés par les sociétés reviennent en priorité aux communautés impactées, nous demandons à ce que nos projets de développement soient pris en compte par la Commune et que ces fonds nous reviennent proportionnellement. Même les réalisations faites au centre, les hangars au marché, les kiosques et autres, vous ne verrez pas des gens de notre District bénéficier de quoi que ce soit. Ce n’est pas bon. Mieux, à Madina-guilédji, nous avons des secteurs éloignés des uns des autres qui ont besoin d’école, de poste de santé et de piste rurale. Nous avons également besoin d’un véritable soutien pour notre programme de reboisement. Nous sommes menacés par la sécheresse. C’est très sérieux. Depuis 10 ans, je ne me souviens d’une seule réalisation financée par l’AMC dans ce District. Alors que c’est mon District qui est la porte d’entrée du Bowé. C’est d’ailleurs l’ancienne capitale du canton de Bowé. Nous demandons à la commune que des corrections soient désormais apportées dans ce sens. Voyez-vous, il y a combien de collectivités à Gaoual ? Il y en a huit. Mais c’est Wendou M’Bour et Koumbia seules qui bénéficient de cette taxe. Pourquoi ? C’est parce que ce sont les deux Communes qui sont impactées. Dans ces Communes impactées, les communautés se trouvant dans les localités impactées devraient sentir cela. Mais pour le moment, ce n’est pas le cas », déplore le premier responsable du District de Madina-guilédji.

Selon le Président du Comité de concertation locale minière et conseiller à la Commune de Koumbia, depuis 2010, les réalisations de l’AMC à Koumbia se résument à trois postes de santé et de deux écoles pour plus de cinq milliards de francs guinéens.

Ibrahima Sambégou Camara, président du Comité de concertation locale minière de Koumbia

« Depuis 2010, les réalisations issues de la taxe de l’AMC, se résument à un poste de santé à Péti, un à Sinta pont et un troisième à Kembéra, soit en tout trois postes de santé pour les 9 districts), une école de trois classes à Taguira et une autre à Sinta Pont (dans le district de Guidali) », selon Ibrahima Sambégou Camara, dit Doss.

Pourtant, Fodé Diallo, un des responsables de l’AMC, a bel et bien insisté sur l’utilisation de la taxe superficiare, dont la remise du chèque pour cette année, a eu lieu le 26 juillet dernier :

Fodé Diallo, responsable des relations communautaires à l’AMC

« Le paiement de ces taxes est un moyen de participer au développement des communautés impactées de la préfecture de Gaoual en particulier et de la Guinée en général. Nous souhaitons que ces taxes soient une contribution au financement des plans de développement locaux des communautés impactées par notre projet, et qu’elles soient gérées dans une parfaite transparence et dans l’intérêt des communautés impactées ».

Pour cette année, la taxe superficiaire versée par l’AMC s’élevait à 1 062 695 143 Francs guinéens (un milliard, soixante-deux millions, six cent quatre-vingt-quinze mille, cent quarante-trois Francs guinéens).

Un montant a été réparti ainsi qu’il suit :

Commune rurale de Koumbia : 637 909 035  GNF (Six cent trente-sept  millions, neuf cent neuf mille, trente-cinq Francs guinéens) et 424 786 108 GNF (quatre cent vingt-quatre  millions, sept cent quatre-vingt-six mille, cent huit Francs guinéens) pour la Commune rurale de Wendou M’Bour.

De retour de Koumbia (Gaoual), Abdallah Baldé pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

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« Nous ne pouvons pas abandonner les femmes, les enfants et les adolescents afghans maintenant »

29 août 2021 à 10 10 34 08348
Hon. Helen Clark, Présidente du Conseil d’Administration du PMNCH, Ancien Premier Ministre de la Nouvelle-Zélande

Dans une maternité publique de la province méridionale de Kandahar, en Afghanistan, une femme a peur de perdre son futur bébé. Wati, enceinte pour la cinquième fois en quatre ans, a déjà fait deux fausses couches.

« J’ai peur de perdre à nouveau un bébé », confie-t-elle à un journaliste de l’AFP. « Je n’ai la permission de sortir de chez moi que pour aller chez le médecin ».

Ses paroles en disent long sur la « nouvelle norme » en Afghanistan – un pays où les femmes ont désormais besoin de la permission des Taliban pour quitter la maison. Alors que le pays plonge dans le chaos, des milliers de femmes comme Wati espère une issue qui ne fait que s’empirer. Même la relative libre circulation et un accès aux soins de santé limités qui se sont améliorés lentement au cours des 20 dernières années, ne sont plus acquis.

Les femmes et les filles, les enfants et les adolescents paient déjà un prix terrible dans la peur et l’oppression des Taliban. À moins que la communauté internationale ne prenne immédiatement des mesures décisives, ce n’est que le début d’une crise humanitaire qui durera des années.

La situation s’empire de jour en jour. La vie de millions de femmes, d’enfants et d’adolescents est en jeu – 20 ans de progrès durement gagnés vers la liberté ont été annulés d’un seul coup par la résurgence des Taliban.

La crise humanitaire en cours est épouvantable. La moitié de la population (plus de 18 millions de personnes, dont 10 millions d’enfants) a besoin d’une aide humanitaire d’urgence, et des centaines de milliers de personnes ont été contraintes de fuir leurs foyers. Le nombre de personnes déplacées à l’intérieur du pays a plus que doublé depuis mai.

Pourtant, la souffrance n’est pas un fait nouveau en Afghanistan qui fut pendant longtemps l’un des endroits les plus dangereux au monde pour les femmes et les filles. Même avant la pandémie et les troubles récents, plus d’un tiers des femmes afghanes étaient victimes de violence conjugale. Les systèmes de santé faibles étaient déjà en sous-effectif et sous-qualifiés, avec peu de fournitures et d’équipements sur lesquels compter. La vaccination des enfants (une mesure de force sociale) reste particulièrement faible dans les provinces les plus touchées par les conflits. Le budget de la santé de l’Afghanistan est presque entièrement financé par les donateurs.

Les 20 dernières années ont vu des progrès significatifs dans certains domaines pour les femmes, les enfants et les adolescents, notamment la réduction de moitié du taux de mortalité maternelle de 1 390 pour 100 000 naissances vivantes en 2001 à 638 pour 100 000 naissances vivantes en 2017, et la réduction de moitié du taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans de 88 pour 1 000 naissances vivantes en 2001 à 47 pour 1 000 naissances vivantes en 2019.

Le système éducatif afghan a été durement touché par des décennies de conflit et de pauvreté. Alors que davantage de filles sont allées à l’école depuis 2001, beaucoup d’autres se voient toujours refuser l’éducation. Cela augmente considérablement le risque de violence à leur encontre et le fardeau des soins et du travail domestique non rémunérés. À moins que les Taliban n’aient complètement changé, ce qui semble hautement improbable, leur retour au pouvoir condamne les femmes et les filles du pays à une vie de violence, d’oppression, de servitude et d’opportunités perdues.

En 2019, le conflit a provoqué la fermeture d’environ 722 écoles, affectant 330 000 enfants et adolescents. Les attaques contre les écoles se sont poursuivies pendant la pandémie de COVID-19, avec neuf attaques entre avril et juin 2020 seulement. Au cours de l’intensification du conflit alors que les Talibans avançaient à travers le pays, de nombreuses familles ont perdu leurs moyens de subsistance, exposant ainsi les filles à un risque accru de mariage précoces forcés, tandis que d’autres se sont vu obligées de s’occuper de leur famille.

Les événements horribles de ces dernières semaines ne sont donc que les derniers d’un cycle intergénérationnel afghan d’inégalité des sexes, de crise, de pauvreté et de conflit.

La communauté internationale ne doit pas abandonner le pays maintenant. Les dirigeants mondiaux de l’aide humanitaire ont appelé à la fin de la violence et à ce que toutes les parties  « permettent et facilitent un accès sûr, rapide et sans entrave aux travailleurs humanitaires (hommes et femmes) afin qu’ils puissent fournir de l’aide aux civils dans le besoin où qu’ils soient. »

Les dirigeants mondiaux peuvent voir sur leurs écrans de télévision que les femmes, les enfants et les adolescents en Afghanistan ont désespérément besoin de leur aide. En réponse, ils doivent augmenter rapidement les investissements dans l’aide humanitaire, rétablir immédiatement les plans de réponse et de relance COVID-19, et créer et financer des coalitions mondiales pour aider le peuple afghan. Ils doivent fournir une protection et des ressources aux professionnels de la santé et aux travailleurs humanitaires, y compris l’accès aux produits, équipements et fournitures médicales essentiels dont ils ont besoin. Toutes les approches et tous les programmes doivent s’attaquer explicitement aux obstacles sexospécifiques aux soins de santé et autres services.

Une réponse multipartite forte et décisive est nécessaire. Les agences des Nations Unies, les ONG, les donateurs, les universitaires, le secteur privé et toute autre personne possédant des compétences utiles et pertinentes devraient collaborer sans réserve pour soutenir ces efforts avec des conseils, des ressources, une expertise et un financement. Les fonds communs d’urgence, par exemple en Somalie, ont été essentiels pour contourner les mécanismes de financement insensibles, l’ingérence politique dans la prestation de soins et de services, la concurrence pour le financement et les retards dans le déblocage des fonds.

Les voix, les visages et les histoires du peuple afghan doivent nous inciter à prendre des mesures immédiates et décisives pour le soutenir en cette période d’aggravation de la crise. Les femmes, les enfants et les adolescents ont le droit de vivre à l’abri de la persécution et d’avoir accès à la santé et à l’éducation et à tous leurs droits économiques, sociaux et politiques si l’Afghanistan lui-même veut se relever et prospérer.

NB : le PMNCH est la plus grande alliance mondiale pour la santé et le bien-être des femmes, des enfants et des adolescents.

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Conakry : vendeuses et ordures se côtoient et se tutoient au marché de Yimbaya (Matoto)

29 août 2021 à 10 10 07 08078

Situé dans la commune de Matoto (dans la haute banlieue de Conakry), le marché de Yimbaya est l’un des plus sales de la capitale guinéenne. On y rencontre fréquemment des tas d’immondices qui dégagent des odeurs nauséabondes. Les occupants dudit marché (notamment les étalagistes) et les ordures se côtoient à longueur de journée. Ce qui, naturellement, n’empêche pas le déroulement normal des opérations de vente et d’achat sur place.

Dans ce marché où Guineematin.com a dépêché un de ses reporters hier, samedi 28 août 2021, le constat est désolant. Les tas d’ordures s’enchevêtrent et se disputent le territoire avec les eaux stagnantes et les légumes et fruits pourris. Les odeurs nauséabondes présentent le ‘’Bonjour’’ aux passants et aux très nombreuses personnes qui y viennent faire des achats.

Assise devant sa boutique, Massaran Camara, vendeuse, respire à pleins poumons les mauvaises ordures qui proviennent des immondices qui jonchent de part et d’autre ce marché. Et, elle assure que ceux qui sont chargés de ramasser les ordures dans ce marché ont déjà fait cinq jours sans y mettre le pied.

« Tout le monde sait que les ordures ne sont pas bonnes pour la santé. Mais, nous sommes là avec. Habituellement, on venait ramasser les ordures ici. Mais, cette fois, ça fait 5 jours que les gens qui ramassent les ordures ne sont pas venus. Je ne sais pas pourquoi. Vous voyez, on a toutes les difficultés pour respirer ici. Il y a toutes sortes d’ordures ici et vous même vous voyez l’eau de ruissellement vient aggraver la situation », a indiqué Massaran Camara.

Selon les informations recueillies sur place par le reporter de Guineematin.com, une PME de ramassage d’ordures est recrutée pour évacuer les ordures de ce marché. Et, pour cette opération coup de balai, chaque propriétaire de boutiques, chaque vendeuse de condiments met la main à la poche à la fin de chaque mois pour payer ce service. D’ailleurs, ce samedi, un jeune muni d’un cahier comportant la liste des abonnés de cette PME, était en train de faire le tour dans le marché pour récupérer les frais d’abonnement.

 « Il y a une structure chargée de la gestion des ordures qui est mise en place ici. Moi, je suis chargé de collecter les frais de la gestion des ordures. Les gens paient entre 50 000 et 150 000 francs guinéens par mois », a-t-il confié sous anonymat.

Cependant, en plus des vendeuses trouvées sur place, les conducteurs de taximoto et les chauffeurs des camions qui transportent des légumes, des fruits et autres produits agricoles dans ce marché lient d’amitié avec les immondices qui s’y trouvent. Apparemment, on est obligé de faire avec si on veut que ses affaires marchent. Et, pourtant, en cette saison des pluies, patauger dans ces saletés pourrait être source de maladie. Car, comme on aime à le dire, « l’insalubrité et la santé ne font pas souvent bon ménage ».

Pourtant, les scientifiques relèvent les ordures entraînent de graves risques sanitaires. Par exemple, les déchets peuvent répandre des contaminants chimiques et microbiologiques par infiltration de lixiviats (par exemple un liquide chargé bactériologiquement et chimiquement issu de la circulation des eaux dans les déchets) ou par formation de biogaz (par exemple un gaz issu de la dégradation microbiologique des déchets). Et, l’exposition des populations riveraines par inhalation ou par ingestion d’eau contaminée ou de produits consommables irrigués par cet environnement contaminé peut être à la base de plusieurs pathologies.

Malheureusement, les gouvernants de la Guinée ne se préoccupent pas de ces situations et éviter ainsi aux citoyens ces genres de contamination. 

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

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Échec de la Gouvernance : Alpha Condé sait-il réellement ce qui se passe en Guinée ?

29 août 2021 à 8 08 08 08088

Après la fin de l’insurrection populaire de 2007, qui a abouti à la nomination de Lansana Kouyaté au poste de Premier ministre, ce dernier avait parlé de déliquescence de l’Etat guinéen. Quand l’actuel président accède au pouvoir, il déclare aussi avoir trouvé un pays sans Etat. La lutte politique qu’il a menée pendant de longues années étaient censée lui permettre de poser les jalons d’un d’Etat fort mais respectueux des droits et de la dignité du citoyen.

Malheureusement, chaque jour qui passe, la gouvernance actuelle devient de plus en plus chaotique. Multipliant les dérives les plus inimaginables dans un pays normal. On a l’impression que le chef n’est pas au courant de certains faits et méfaits de ceux qui parlent et agissent à son nom. En effet, le bon sens ne nous permet pas de penser un seul instant qu’un homme, ayant lutté pendant plusieurs décennies au nom de la liberté, de la justice, de la démocratie et de l’Etat de droit, puisse rester sans réagir face aux dérives auxquelles certains commis de l’Etat se livrent aujourd’hui.

Voyons plutôt quelques faits. Certaines personnes présumées coupables de crimes contre l’humanité, après les crimes perpétrés le 28 septembre 2009 au stade du même nom sont toujours libres. D’autres assument même des responsabilités au plus haut niveau. En outre, depuis la « première élection libre » censée instaurer la démocratie, l’opposition déplore plus de cent militants tués lors des manifestations. Jusqu’à présent, aucune enquête sérieuse n’a été menée pour identifier et sanctionner les coupables.

Pendant ce temps, plusieurs personnes sont arrêtées et conduites à la Maison centrale au motif qu’elles ont violé le couvre-feu consécutif à l’Etat d’urgence sanitaire. Parmi les infortunés, certains, comme un étudiant guinéen en Espagne, n’ont pour seul tort que d’avoir été au mauvais endroit au mauvais moment. Dans n’importe quel pays au monde, une telle infraction n’aurait donné au pire des cas qu’à une simple amende.

Autres faits et méfaits de la gouvernance actuelle, il est devenu peu enviable d’avoir une voiture aujourd’hui à Conakry. Tant les propriétaires sont victimes de tracasseries et d’injustice. Non pas seulement de la part de la police (qui semble privilégier désormais une nouvelle cible que sont les conducteurs d’engins à deux roues). Mais, de la part d’un groupe à la mission floue. Ces individus sillonnent la route pour tracter toute voiture garée le long de la route. Si l’objectif officiel est de libérer les emprises de la route, il y a souvent des abus.

C’est le cas de cet homme dont l’enfant est malade. Ordonnance médicale à la main, le monsieur s’arrête devant une pharmacie pour acheter des médicaments. Entre temps, la fameuse grue arrive et remorque sa voiture. Alerté par les gens, le monsieur court et supplie ceux qui veulent envoyer sa voiture de ne pas le faire. Leur expliquant que son enfant est malade. Peine perdue. La voiture sera remorquée et envoyée par les agents.

Enfin, le troisième cas s’est passé à Kagbelen. Endroit où, actuellement la circulation est fortement perturbée à cause de la construction d’un échangeur. Un gros camion vient garer au milieu de la bretelle pour débarquer sa marchandise. Alors que c’est l’unique voie partagée par les automobilistes, les motocyclistes et les piétons. Malgré la protestation des usagers, le chauffeur et le propriétaire de la marchandise restent inflexibles.

Un des automobilistes, empêché de passer, se dirige tout droit vers l’endroit où sont regroupés tous les policiers. Il demande à ces derniers d’intervenir auprès du chauffeur du camion afin qu’il cède le passage. Le plus gradé des policiers répond qu’il ne peut pas intervenir, arguant qu’actuellement tout le monde a un proche haut gradé et que dès qu’il essaie de faire appliquer la loi il reçoit un appel d’un supérieur pour lui demander d’arrêter. Indigné, le citoyen, qui n’a désormais que les yeux pour pleurer, interroge le policier en ces termes « vous démissionnez donc ? », ce dernier répond par l’affirmative.

Il noter qu’une pagaille indescriptible règne actuellement à Kagbelen. Malgré les difficultés que les usagers éprouvent pour se frayer un passage, les policiers sont regroupés devant l’agence de la banque UBA. Leur cible principale, les motocyclistes. Lesquels doivent obligatoirement mettre la main à la poche avant de passer. Parfois, on assiste à des scènes de désolation sur les lieux : un motard violenté par un policier. Un autre qui va droit dans le caniveau. La régulation de la circulation routière devient le cadet des soucis des policiers.

Voilà des exemples parmi beaucoup d’autres qui interpellent les pouvoirs publics. Et, en premier lieu, le président Alpha Condé qui, forcément, n’est pas au courant de tout ce qui se passe dans le pays. Le laisser-aller qui règne actuellement n’est pas sans rappeler un autre. Or, les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets. D’où la nécessité pour le premier magistrat du pays de reprendre l’initiative et de montrer aux anarchistes que le pays n’est pas abandonné.

Habib Yembering Diallo pour Guineematin.com

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