Après la confirmation de ses doutes sur le cas d’Ebola déclaré récemment en Côte d’Ivoire et qui s’est révélé finalement faux, la Guinée met la balle à terre. Les autorités guinéennes évitent de célébrer cela comme une victoire pour préserver les bonnes relations entre Conakry et Abidjan. Pour Dr Sakoba Keïta, le directeur général de l’Agence nationale de sécurité sanitaire, c’est plutôt la science qui a gagné dans cette affaire. Il l’a dit au cours d’une conférence de presse animée ce mercredi, 1er septembre 2021, à Conakry, a constaté un journaliste de Guineematin.com qui était sur place.

« Pour nous, c’est la science qui a gagné, parce que ça nous a permis d’apprendre. On va tirer des leçons pour que ce genre d’incident ou d’erreur ne se réduise plus au niveau le plus petit possible. Nous sommes ensemble, on est dans le même univers. Aujourd’hui, c’est entre nous et la Côte d’Ivoire. Demain, ça peut être entre nous et d’autres pays et on règle le problème dans la fraternité et dans la coopération pour éviter de culpabiliser tel ou tel. Donc, c’est cet esprit qui m’anime. Techniciens, hommes de sciences, nos collègues de la Côte d’Ivoire sont des collaborateurs à moi. Ça fait plus de 20 ans que je connais certains. Donc, ce n’est pas à partir d’une seule divergence d’idées que nous pourrons briser tout ce lien séculaire qu’on a eu à bâtir à travers le temps », a-t-il déclaré.

Dr Sakoba Keita, Directeur Général de l’ANSS

Tout en rappelant que « l’erreur est humaine », cet épidémiologiste indique que les autorités guinéennes comprennent parfaitement leurs homologues de Côte d’Ivoire. « Nous, nous comprenons les autorités ivoiriennes. Il y a eu de l’émotion qui ne nous a pas permis d’avoir des relations très rationnelles pour une meilleure gestion. Donc, nous pensons que ce n’est pas le moment de dire qui a gagné ou qui a perdu. On n’est pas dans un match de football. En matière de santé, il n’y a pas de match. On se complète et on apprend ensemble », a dit le directeur général de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSS).

Le 14 août 2021, le gouvernement ivoirien a annoncé qu’une jeune femme venue de la ville guinéenne de Labé (qui est arrivée le 11 août à Abidjan) a été testée positive à Ebola. Quelques jours plus tard, la Guinée a émis des doutes quant à la fiabilité du diagnostic effectué par l’Institut Pasteur d’Abidjan, demandant une analyse de reconfirmation dans un autre laboratoire. Même si le ministère ivoirien de la santé avait déclaré qu’il était sûr du diagnostic fait par ses techniciens, la Côte d’Ivoire a finalement accepté d’envoyer les échantillons à l’Institut Pasteur de Lyon, en France. Et ce dernier test a révélé que la jeune Guinéenne n’avait pas la maladie à virus Ebola.

Mohamed Guéasso DORÉ pour Guineematin.com 

Tel: +224 622 07 93 59

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