Le parquet du tribunal de première instance de Mafanco a requis, ce mercredi, 1er septembre 2021, six mois de prison et un million de francs guinéens d’amende contre quatre jeunes poursuivis pour « attroupement interdit sur la voie publique ». Ces jeunes ont été arrêtés à ENTAG (dans la commune de Matoto) lors d’une manifestation contre la hausse du prix du carburant à la pompe.

Dans cette affaire, ce sont six prévenus qui étaient à la barre. Et, à l’audience du 30 août dernier, ils ont tous réfuté les charges articulées contre eux devant ce tribunal de première instance. Ils ont nié avoir pris part à une quelconque manifestation sur la voie publique.

« Moi, je me lève à 5 heures du matin pour aller au marché d’ENTAG pour aider les femmes à transporter leurs bagages au marché. Maintenant, le jour où on m’a arrêté, j’avais déjà fini d’envoyer les bagages au marché, je suis allé à la rivière pour me laver et laver mes vêtements. A mon retour, je suis venu jusqu’à la routière d’ENTAG, j’ai croisé les policiers. Immédiatement, ils ne m’ont même pas demandé, ils m’ont embarqué dans leur pick-up. J’ai commencé à leur expliquer d’où je revenais ; mais, ils m’ont dit qu’ils ne me demandent rien. Là où ils m’ont arrêté, il n’y avait même pas de mouvement. Moi, je ne savais même pas qu’il y avait une manifestation. Ils m’ont embarqué seulement », a expliqué Thierno Iliassa Bah, un des prévenus.

Tout comme ce prévenu, Aboubacar Soumah s’est inscrit en faux contre les accusations portées à son encontre. « Les policiers sont descendus dans notre quartier et m’ont arrêté dans notre concession », a-t-il dit.

De son côté, Naby Laye Moussa CAMARA a dit avoir été interpellé dans le garage où il travaille. « Pendant que je faisais tranquillement mon travail, les policiers ont débarqué de leur pick-up et ils m’ont ramassé sans rien me demander », a dit Naby Laye.

Egalement, Fodé Sylla, Alya Kaba et Abdoulaye Camara ont clamé leur innocence dans cette affaire.

Cependant, toutes ces dépositions des prévenus n’ont pas convaincu le ministère public. Car, à l’audience de ce mercredi, 1er septembre 2021, la procureure Josephine Loly Tenkiano a requis six mois de prison et un million de francs guinéens d’amende contre Fodé Sylla, Alya Kaba, Abdoulaye Camara  et Thierno Ilissa BAH. Par contre, la parquetière a demandé la relaxe pure et simple de Naby Laye Moussa Camara et Aboubacar Soumah.

Finalement, le tribunal a mis l’affaire en délibéré pour décision être rendue lundi prochain, 6 septembre 2021.

À préciser que la manifestation est un droit constitutionnel en République de Guinée, même si les autorités interdisent l’exercice de ce droit aux citoyens ces dernières années, et particulièrement depuis la réélection du président Alpha Condé pour un troisième mandat, le 18 octobre 2020.

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

Tel: 622919225

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