Quand Alpha Condé accède au pouvoir, il annonce très tôt les couleurs en déclarant qu’aux Etats-Unis on parle d’administration Obama ou en France d’administration Sarkozy. C’était pour préparer les Guinéens à l’administration Condé. Aussitôt installé au palais, son parti fait le tri. L’administration guinéenne devait devenir RPG. A la chute du fondateur de ce parti, la réalité crevait les yeux. Ceux qui ont mis fin à son règne ont déploré à juste titre de politisation à outrance de l’administration guinéenne.

Le ministère de l’information et de la communication n’a pas échappé à la règle. J’allais dire à la purge organisée après 2010. Tous les médias de service public ont fait les frais de l’avènement au pouvoir de celui qui les accusait de soutenir son éternel adversaire. Particulièrement la radio et la télévision nationale. Des journalistes de talent, qui ont fait la fierté de ce pays et ont influencé beaucoup de jeunes dans leur choix de ce métier, ont été écartés au profit de militants.

C’est toute une génération qui a été marginalisée. Le seul tort de ces journalistes fut d’avoir servi le pays pendant le règne du président Lansana Conté. Et seul Dieu sait que si certains s’étaient illustrés dans leur soutien du régime, majoritairement ces journalistes ne faisaient que leur travail : celui d’informer. A sa prise du pouvoir, rien n’empêchait Alpha Condé de s’offrir le service de ces talents. Lesquels auront connu une véritable traversée du désert durant tout son règne.

Visiblement, les nouvelles autorités voudraient changer la donne. Pour rendre à César ce qui appartient à César. C’est ainsi que les téléspectateurs ont redécouvert ces jours-ci une voix à laquelle les auditeurs de la radio nationale étaient familiers : celle d’Ibrahima Kalil Diakité. Cette voix, comme beaucoup d’autres, a manqué aux auditeurs ces dernières années.

Après la disparition de la révolution, les partenaires de la Guinée s’étaient fortement impliqués dans la formation de journalistes de ce pays. Des talents ont été identifiés et formés. Parmi eux, on peut citer Yamoussa Sidibé, Alpha Kabiné Doumbouya, Ibrahima Kalil Diakité, Amadou Diallo, Ibrahima Ahmed Barry, Ben Daouda Sylla, Aboubacar Cissé… La liste n’est pas exhaustive. Les deux derniers ne sont malheureusement plus de ce monde.

Tous ces talents ont été marginalisés ces dix dernières années. Dans le meilleur des cas certains ont été affectés à des postes peu enviables. D’autres carrément oubliés. Le changement qui a changé l’autre changement le 5 septembre dernier doit tenir compte de cette réalité. Il doit réhabiliter ces patriotes qui ont servi non pas un homme, comme on voulait nous le faire croire, mais leur pays. Au lieu d’écarter ces techniciens au profit de ses militants, l’ancien parti au pouvoir devait plutôt mettre ces compétences à son service.

Le fameux renouvèlement générationnel auquel certains appellent de tous leurs vœux depuis quelques jours, ne se fera pas en marginalisant les anciens. Bien au contraire. Dans le domaine de l’information et de la communication la Guinée a encore besoin de ces valeureux journalistes qui ont toute leur place dans l’espace médiatique guinéen.  

Habib Yembering Diallo pour Guineematin.com

Téléphone : 664 27 27 47

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