Idrissa Kallo au colonel Mamadi Doumbouya : « donnez la pêche aux acteurs de la pêche »

26 septembre 2021 à 12 12 45 09459
Fodé Idrissa Kallo, Secrétaire chargé des affaires extérieures, communication et information de la fédération nationale des pêcheurs artisanaux de Guinée

La fédération nationale des pêcheurs artisanaux de Guinée n’est pas satisfaite des concertations nationales menées ces deux dernières semaines par le comité national du rassemblement pour le développement (CNRD). C’est le secrétaire chargé des affaires extérieures, de l’information et de la communication de cette organisation, qui l’a fait savoir dans un entretien qu’il a accordé à Guineematin.com, ce samedi 25 septembre 2021. Selon Fodé Idrissa Kallo, la junte militaire au pouvoir a négligé un secteur très important, qui devait être au premier plan de ces échanges entre les nouvelles autorités et les forces vives du pays.

« La pêche s’est effectivement fait représenter à cette concertation nationale au niveau du secteur informel. Mais, on a voulu que les nouvelles autorités s’intéressent plus particulièrement à la chambre nationale d’agriculture qui est la maison mère de la pêche. C’est là-bas où il y a l’agriculture, l’élevage, la pêche et la foresterie. Donc, cette maison constitue le monde rural. Elle représente 80% de la population guinéenne, ce sont là les forces vives de la nation. On ne peut pas prendre en compte la chambre nationale des mines, prendre en compte la chambre du commerce et laisser de côté la chambre nationale d’agriculture. On devait plutôt mettre l’accent sur cette structure, qui ne doit pas être banalisée », a-t-il indiqué.

Selon lui, une rencontre entre le colonel Mamadi Doumbouya et la chambre nationale d’agriculture aurait permis de discuter en profondeur des problèmes qui assaillent les secteurs qu’elle englobe. « En ce qui concerne la pêche par exemple, nous sommes confrontés à d’énormes problèmes,  à savoir : le manque d’infrastructures adéquates dans les différents débarcadères et d’intrants de pêche, la mauvaise organisation, l’insalubrité au niveau des débarcadères (c’est à cause de cela que l’Union européenne a interdit nos produits sur le marché européen, la mauvaise gestion, nous n’avons pas aussi de port de pêche. Tout ceci fait partie des problèmes essentiels qui assaillent ce secteur. 

Et ça cause d’énormes pertes à l’économie guinéenne. Quand un secteur n’est pas bien organisé, n’est pas bien structuré au niveau du cabinet et au niveau de la profession, ça ne peut pas marcher. S’il n’y a pas d’infrastructures dans les débarcadères, on aura toujours des problèmes. Donc, il faudrait que les nouvelles autorités pensent à tout cela pour que le secteur de la pêche soit très bien organisé, parce que la pêche est un domaine professionnel. Il ne faudrait pas qu’on prenne seulement en compte les économistes pour dire que ce sont eux qui peuvent développer le secteur de la pêche. Il faut utiliser ces professionnels, ces spécialistes de ce domaine. 

C’est un domaine créateur d’emplois. La pêche emploie directement 60.000 personnes, 200.000 personnes indirectement, et 9000 familles vivent de la pêche. Ces statistiques viennent du recensement qui a été fait par le service des statistiques au niveau du ministère du plan. Aujourd’hui, au niveau de la pêche artisanale, nous sommes à 8.000 pirogues de pêche artisanale, chaque pirogue a 5 employés. Il y a des femmes qui prennent les poissons pour les différents marchés, d’autres les prennent pour aller faire le fumage. Il y a des chauffeurs, il y a des usines de traitement de poissons », a souligné Fodé Idrissa Kallo.

Ce responsable de la fédération nationale des pêcheurs artisanaux de Guinée exhorte les nouvelles autorités guinéennes à réorganiser ce secteur pour lui permettre de jouer pleinement son rôle dans le développement du pays. Ce qui implique notamment un changement au niveau institutionnel et l’implication des professionnels dans la gestion de leur secteur. « Il y a quatre directions nationales au niveau de la pêche. Pourquoi créer toutes ces directions ? Au niveau de l’agriculture, il y a une seule direction nationale qui englobe tout ce qui concerne ce secteur. Mais pourquoi au niveau de la pêche il y en a quatre ? Il faudrait qu’on diminue ces directions, qu’on crée des divisions dignes de nom et qu’on mette les moyens nécessaires à leur disposition pour le bon fonctionnement. 

Sinon aujourd’hui, quand il y a un problème au niveau de la pêche, vous ne savez même pas à quelle direction vous adresser. Il y a un conflit de compétence entre ces différentes directions. Je demande vraiment au colonel Mamadi Doumbouya, président de la République, de donner la pêche aux acteurs de la pêche, aux spécialistes de la pêche pour qu’elle puisse être bénéfique à la population guinéenne. Il faudrait que les résultats des états généraux de la pêche  soient appliqués à la lettre. Je lui demande de mettre fin à la politisation de la pêche. Parce que c’est un secteur stratégique qui ne doit pas être politisé. Je lui demande de freiner l’ingérence des officiers ou des hauts cadres d’hier dans le domaine de la pêche », sollicite Idrissa Kallo.

Mohamed Guéasso DORÉ pour Guineematin.com

Tel +224 622 07 93 59

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Gouvernement, CNT, Constitution : ce que la CONAPAID propose au CNRD

26 septembre 2021 à 12 12 37 09379

Trois semaines après le coup d’Etat militaire qui a renversé le président Alpha Condé, de nombreux acteurs de la vie nationale font des propositions à la junte militaire au pouvoir pour une transition réussie. C’est le cas notamment de la Coalition nationale des acteurs pour la paix et le développement (CONAPAID), une organisation de la société civile. Celle-ci souhaite que la transition qui s’amorce permette de mettre en place les bases d’une véritable nation guinéenne. C’est son président, Ibrahima Aminata Diallo, qui l’a fait savoir dans un entretien qu’il a accordé à Guineematin.com, hier, samedi 25 septembre 2021.

« Aujourd’hui, il est important que les nouvelles autorités puissent mettre en place des organes de transition qui vont mettre les vraies bases de la nation guinéenne. Parce que souvent, on constate dans les discours des uns et des autres que nous voulons construire un Etat, alors que nous avons d’abord un problème de nation. Il faut maintenant quitter la configuration Etat-Nation pour aller vers la Nation-Etat. C’est-à-dire que c’est la nation qui doit construire l’Etat et non l’Etat qui doit construire la nation », a indiqué M. Diallo, qui, à l’image de beaucoup d’autres Guinéens, est rassuré par les discours et les actes posés par comité national de rassemblement et le développement (CNRD).

Pour atteindre l’objectif d’une transition réussie, il estime qu’il est impératif d’accorder une attention particulière au choix des hommes et des femmes qui vont diriger le CNT et le gouvernement de transition. Mais aussi et surtout, à l’orientation à donner à cette transition. A ce niveau, voici ce que son organisation propose : « le conseil national de transition (CNT) qui va jouer le rôle d’Assemblée nationale, devrait être un organe qui va résoudre les problèmes du bas peuple. Dans cet organe, on doit sélectionner des personnes qui connaissent bien le pays, qui font de belles analyses et de bonnes propositions. Que ceux-ci soient sélectionnés en fonction de leur compétence. Ensuite, le gouvernement de transition qu’on va mettre en place ne doit pas dépasser 25 membres. On va sortir du cadre du gouvernement d’union nationale. 

On a besoin d’un gouvernement plus ou moins technocrate, mais aussi politique à la fois. Parce qu’ils n’ont pas pour mission de venir développer la Guinée, mais de poser les bases pour le développement de la Guinée avant de bouger. Et le débat qui est important aujourd’hui, ce n’est pas la durée de la transition, mais plutôt l’orientation que nous voulons donner à la transition, qu’est-ce que nous voulons faire pendant cette période. Que cette période soit de 6 mois, un an, 18 mois ou 24 mois, cela n’est pas important. Ce qui est plus important et imminent, c’est qu’il faut définir pendant cette période les directives du gouvernement de transition qu’on mettra en place. Et pendant cette transition, on doit mettre en place un organe d’audit national », a dit l’activiste de la société civile.

En ce qui concerne la rédaction d’une nouvelle constitution, la CONAPAID appelle à éviter le copier-coller habituel. « Est-ce qu’il faut importer la constitution française comme on l’a toujours fait, alors que les réalités socio-politiques diffèrent de celles de notre pays ?  En le faisant, on n’aura pas appris des leçons du passé. Il ne faut pas importer les textes. Imaginez-vous, lorsqu’on vous dit qu’en Guinée, la polygamie ou la mendicité sont interdites. Ça, c’est incohérent. Il faut sortir de ça pour élaborer une constitution qui reflète nos cultures, nos coutumes, nos mœurs dans le respect de la laïcité. Donc, nous devons revoir tout cela pour permettre à la Guinée cette fois-ci, d’avoir une constitution dans laquelle les citoyens se reconnaitront. Et puis, avant de la soumettre à un référendum, il faut d’abord vulgariser cette constitution dans toutes les langues », a dit Ibrahima Aminata Diallo.

Par ailleurs, l’organisation de la société civile souhaite que la transition se penche sur la question des coordinations régionales. « Pour le cas des coordinations régionales, on peut même faire une innovation. Pour éviter que les coordinations régionales se cachent chaque fois derrière l’ethnie, on peut créer un organe qu’on peut appeler le haut conseil national pour la paix et la réconciliation. Les différentes coordinations régionales viendront se greffer autour de cet organe pour aller vers la nation », a indiqué le président de la Coalition nationale des acteurs pour la paix et le développement (CONAPAID).

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com 

Tel. 620 589 527/664 413 

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Aboubacar Soumah : « après le départ du régime corrupteur, nous allons réunifier le SLECG »

26 septembre 2021 à 12 12 33 09339

Les effets du vent de changement qui souffle en Guinée après la chute du régime Alpha Condé (renversé par un coup d’Etat militaire le 5 septembre dernier) se font ressentir au sein du mouvement syndical guinéen. Les factions rivales du syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (SLECG), qui se regardaient en ennemis jurés, ont décidé d’enterrer la hache de guerre. C’est Aboubacar Soumah, le secrétaire général de l’une des versions du SLECG, qui l’a annoncé au terme d’une réunion regroupant l’ensemble des organisations syndicales de l’éducation, hier, samedi 25 septembre 2021, a constaté un journaliste de Guineematin.com qui était sur place.

« Comme vous l’avez constaté, nous nous sommes tous retrouvés ici aujourd’hui pour faire un travail collégial. Et vous savez bien qu’avant, il n’y avait pas cette entente-là. C’est pourquoi, nous avons tous salué le départ de ce régime corrupteur qui a tenté de nous diviser, qui a fait en sorte qu’on ne pouvait pas conjuguer le même verbe. Donc, aujourd’hui, les nouvelles autorités qui nous ont fait appel montrent vraiment une face d’égalité et de sincérité. Et nous aussi, nous ne ferons qu’obéir à ce changement-là. 

Nouvelles autorités, nouvelles mesures et nouvelle face chez les syndicalistes. C’est pourquoi, aujourd’hui, toutes les structures syndicales de l’éducation sont ici présentes pour qu’ensemble nous puissions conjuguer le même verbe au même temps dans l’intérêt des travailleurs de l’éducation. Nous allons nous acheminer vers l’unification du SLECG. Puisque nous en avons l’opportunité aujourd’hui, nous allons nous réunir pour mettre en place une structure digne de nom du SLECG », a indiqué le bouillant syndicaliste, qui a eu des relations très tendues avec le régime du président Alpha Condé.

Malick Diakité pour Guineematin.com

Tel : 626-66-29-27

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Suicide à Télimélé : un homme se donne la mort par pendaison

26 septembre 2021 à 12 12 27 09279

Un homme s’est donné la mort par pendaison dans la nuit du vendredi au samedi, 25 septembre 2021, à Télimélé. Ce suicide a eu lieu à Dow-Balla, un secteur relevant du quartier Baguiré, dans la commune urbaine. Selon ses proches, le défunt ne jouissait pas de toutes ses facultés mentales, rapporte le correspondant de Guineematin.com dans la préfecture.

Chauffeur de profession, Saliou Dian Baldé, plus connu sous le nom de Kindy Baïlo, avait une dépression mentale. Selon sa femme, Fatoumata Binta Diallo, qu’il a récemment épousée, il était porté disparu depuis vendredi soir. Après plusieurs recherches, les membres de sa famille ont retrouvé ce samedi matin, son corps sans vie pendu à un arbre, dans une forêt située à environ 200 mètres de son domicile.

« Pendant toute la journée d’hier, mon mari se promenait dans notre secteur. À la tombée de la nuit, comme il n’est pas revenu à la maison, je suis allée à sa recherche. C’est ainsi que j’ai rencontré son oncle paternel, qui m’a dit que ce n’était pas la peine de le chercher, parce qu’ils venaient juste de se séparer. Alors, je suis rentrée me coucher sans fermer la porte, car il avait l’habitude de rentrer tard la nuit. 

Mais comme il n’est pas revenu la nuit, ce matin, à mon réveil, je me suis rendue chez sa mère pour voir s’il était là-bas, mais j’ai trouvé qu’il n’y était pas non plus. Et comme on ne le retrouvait pas, on a consulté un marabout qui nous a dit qu’il fallait chercher dans les parages. Il nous a aussi recommandé un sacrifice que nous avons aussitôt fait. Et on a retrouvé son corps juste après », raconte Fatoumata Binta Diallo.

Après son constat, l’agent de santé qui est venu examiner le corps, a confirmé la thèse du suicide par pendaison. « On a retrouvé le corps suspendu à 1m50 de la terre. Nous avons trouvé à son cou, une corde avec déboitement cervical, sur un terrain de dépression mentale. En conclusion, la victime est morte par pendaison », a déclaré Dr Louamou Marcel, chirurgien assistant à l’hôpital préfectoral de Télimélé.

Après les constats des services de sécurité et de santé, le corps de Saliou Dian Baldé a été mis à la disposition de sa famille pour son inhumation.

De Télimélé, Mamadou Saliou Bah pour Guineematin.com

Tél. : 628 88 04 73

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Retour des exilés en Guinée : le journaliste Mandian Sidibé reçu par le président Mamadi Doumbouya

26 septembre 2021 à 12 12 17 09179
Mandian Sidibé

Si les Guinéens ont manifesté leur joie de voir la fin du régime Alpha Condé, ceux qui devaient être les plus heureux sont d’abord les prisonniers politiques (qui hument désormais l’air libre), ensuite les exilés politiques (qui retrouvent leurs familles et la terre de leurs ancêtres). Et, parmi ces derniers, le journaliste Mandian Sidibé est parmi ceux qui étaient les plus attendus à Conakry. Peut après son arrivée, notre confrère a été reçu avec une délégation de sa famille par celui qui tient les rênes de la république de Guinée depuis le 5 septembre 2021.

Guineematin.com vous propose, ci-dessous, le récit de l’ancien exilé du régime Alpha Condé :

PRÉSIDENCE DE LA RÉPUBLIQUE DE GUINÉE : L’INDESCRIPTIBLE HUMILITÉ DE SON EXCELLENCE LE PRÉSIDENT-COLONEL DOUMBOUYA ENVERS MA FAMILLE ET MOI-MÊME…..

Je ne sais par où commencer, ni terminer, tellement l’honneur dont ma famille et moi avons été auréolés par Son Excellence Monsieur le Président de la République, le Colonel Doumbouya, fut surprenant, grandissime, voire indescriptible, ce samedi 25 septembre 2021, aux alentours de 19h GMT dans son bureau, sis au Palais des Nations.

Sans prétendre dévoiler le moindre détail du contenu de l’audience accordée à ma famille et moi-même par Son Excellence Monsieur le Président de la République, je tiens, mordicus, à préciser, tout de même, un fait rarissime et remarquable qui a retenu l’attention de l’entièreté de l’assistance.

Tenez! La délégation familiale qui m’accompagna au Palais des Nations était composée de neuf personnes. Le salon privé d’accueil de Son Excellence Monsieur le Président de la République est garni de six places assises. À la surprise générale de tous et de chacun, le Premier Magistrat de la République de Guinée s’est levé de son fauteuil pour le céder à mes accompagnateurs.

Ce n’est pas tout. Le nouveau locataire du Palais Sèkhoutouréya est resté debout pendant près de trois minutes, le temps que ses gardes-du-corps apportent d’autres fauteuils. Et, c’est après que tous ses visiteurs aient trouvé des places assises que le libérateur du Peuple de Guinée, l’espoir de la Guinée et des Guinéens, s’est rassis dans une ambiance empreinte d’humilité et de convivialité. Les mots manquent, en toute sincérité, la main sur le palpitant, pour décrire ma joie et mon émotion. Je dis tout simplement : « Merci mon Colonel ». Que Dieu vous bénisse, vous protège et guide vos pas. Amen !

Mandian SIDIBE
Journaliste, Ancien Directeur Général de « Planète FM »

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