Gouvernement, CNT, Constitution : ce que la CONAPAID propose au CNRD

Trois semaines après le coup d’Etat militaire qui a renversé le président Alpha Condé, de nombreux acteurs de la vie nationale font des propositions à la junte militaire au pouvoir pour une transition réussie. C’est le cas notamment de la Coalition nationale des acteurs pour la paix et le développement (CONAPAID), une organisation de la société civile. Celle-ci souhaite que la transition qui s’amorce permette de mettre en place les bases d’une véritable nation guinéenne. C’est son président, Ibrahima Aminata Diallo, qui l’a fait savoir dans un entretien qu’il a accordé à Guineematin.com, hier, samedi 25 septembre 2021.

« Aujourd’hui, il est important que les nouvelles autorités puissent mettre en place des organes de transition qui vont mettre les vraies bases de la nation guinéenne. Parce que souvent, on constate dans les discours des uns et des autres que nous voulons construire un Etat, alors que nous avons d’abord un problème de nation. Il faut maintenant quitter la configuration Etat-Nation pour aller vers la Nation-Etat. C’est-à-dire que c’est la nation qui doit construire l’Etat et non l’Etat qui doit construire la nation », a indiqué M. Diallo, qui, à l’image de beaucoup d’autres Guinéens, est rassuré par les discours et les actes posés par comité national de rassemblement et le développement (CNRD).

Pour atteindre l’objectif d’une transition réussie, il estime qu’il est impératif d’accorder une attention particulière au choix des hommes et des femmes qui vont diriger le CNT et le gouvernement de transition. Mais aussi et surtout, à l’orientation à donner à cette transition. A ce niveau, voici ce que son organisation propose : « le conseil national de transition (CNT) qui va jouer le rôle d’Assemblée nationale, devrait être un organe qui va résoudre les problèmes du bas peuple. Dans cet organe, on doit sélectionner des personnes qui connaissent bien le pays, qui font de belles analyses et de bonnes propositions. Que ceux-ci soient sélectionnés en fonction de leur compétence. Ensuite, le gouvernement de transition qu’on va mettre en place ne doit pas dépasser 25 membres. On va sortir du cadre du gouvernement d’union nationale. 

On a besoin d’un gouvernement plus ou moins technocrate, mais aussi politique à la fois. Parce qu’ils n’ont pas pour mission de venir développer la Guinée, mais de poser les bases pour le développement de la Guinée avant de bouger. Et le débat qui est important aujourd’hui, ce n’est pas la durée de la transition, mais plutôt l’orientation que nous voulons donner à la transition, qu’est-ce que nous voulons faire pendant cette période. Que cette période soit de 6 mois, un an, 18 mois ou 24 mois, cela n’est pas important. Ce qui est plus important et imminent, c’est qu’il faut définir pendant cette période les directives du gouvernement de transition qu’on mettra en place. Et pendant cette transition, on doit mettre en place un organe d’audit national », a dit l’activiste de la société civile.

En ce qui concerne la rédaction d’une nouvelle constitution, la CONAPAID appelle à éviter le copier-coller habituel. « Est-ce qu’il faut importer la constitution française comme on l’a toujours fait, alors que les réalités socio-politiques diffèrent de celles de notre pays ?  En le faisant, on n’aura pas appris des leçons du passé. Il ne faut pas importer les textes. Imaginez-vous, lorsqu’on vous dit qu’en Guinée, la polygamie ou la mendicité sont interdites. Ça, c’est incohérent. Il faut sortir de ça pour élaborer une constitution qui reflète nos cultures, nos coutumes, nos mœurs dans le respect de la laïcité. Donc, nous devons revoir tout cela pour permettre à la Guinée cette fois-ci, d’avoir une constitution dans laquelle les citoyens se reconnaitront. Et puis, avant de la soumettre à un référendum, il faut d’abord vulgariser cette constitution dans toutes les langues », a dit Ibrahima Aminata Diallo.

Par ailleurs, l’organisation de la société civile souhaite que la transition se penche sur la question des coordinations régionales. « Pour le cas des coordinations régionales, on peut même faire une innovation. Pour éviter que les coordinations régionales se cachent chaque fois derrière l’ethnie, on peut créer un organe qu’on peut appeler le haut conseil national pour la paix et la réconciliation. Les différentes coordinations régionales viendront se greffer autour de cet organe pour aller vers la nation », a indiqué le président de la Coalition nationale des acteurs pour la paix et le développement (CONAPAID).

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com 

Tel. 620 589 527/664 413 

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