Conakry : les écoles franco-arabes interpellent les nouvelles autorités

11 octobre 2021 à 21 09 24 102410

L’Union des écoles franco-arabes de Guinée, en collaboration avec le Club de littérature arabe en Guinée et l’Association des élèves et étudiants arabophones de Guinée, a célébré en différé samedi dernier, 9 octobre 2021, les 63 ans d’indépendance de la Guinée. La cérémonie s’est déroulée au quartier Simabossia, dans la commune de Ratoma. Et, elle a été mise à profit pour évoquer les problèmes auxquels les cadres, enseignants, élèves et étudiants diplômés des écoles franco-arabes sont confrontés. L’union des écoles franco-arabes de Guinée a également profité de cette occasion pour dénoncer la « stigmatisation » dont les cadres arabophones sont victimes dans l’administration et dans les organes de prise de décision, rapporte un journaliste que Guineematin.com avait dépêché sur place.

En célébrant en différé la fête qui commémore l’accession de la Guinée à la souveraineté nationale (le 02 octobre 1958), l’Union des écoles franco-arabes de Guinée compte surtout s’affirmer et dénoncer « l’abandon » dont les cadres arabophones sont victimes dans notre pays. Car, selon Kalil Mohamed Koné, enseignant franco-arabe, la Guinée regorge plusieurs cadres qui ont étudié dans les plus grandes universités du monde. Mais, ces cadres ne sont pas mis en valeur dans notre pays ; alors qu’ils sont capables d’apporter une importante contribution à l’édification d’une Guinée émergente et épanouie.

Mohamed Kalil Koné

« On a vu que nous les arabophones avons besoin de beaucoup de choses. C’est pour cela qu’on s’est réuni entre nous pour discuter. Nous les arabophones, on doit participer au développement de la Guinée, en profitant des 63 ans d’indépendance. On veut montrer aux nouvelles autorités qu’on est capable de faire beaucoup de choses sur le plan politique, sur le plan économique et dans d’autres affaires courantes dans notre pays. Aujourd’hui, il y a beaucoup de jeunes talentueux sur le marché de l’emploi, ils ont étudié dans de grandes universités ailleurs comme en Arabie Saoudite, Turquie et dans les pays du Maghreb. Mais, ils ne sont pas approchés par les autorités pour discuter avec eux et leur demander leurs problèmes. On a beaucoup de propositions à montrer à ces autorités. Nos parents qui ont étudié au temps du régime Sékou Touré ont fait beaucoup de choses dans le sens du développement de notre pays. Mais, pourquoi aujourd’hui les arabophones sont oubliés ? On ne s’intéresse pas à eux. Nous voulons être associés. On n’a rien à envier à ceux qui ont étudié le français. On veut s’associer à eux pour travailler et collaborer. On ne peut pas se séparer d’eux, on ne veut pas de stigmatisation. On veut juste que l’idéologie qui se trouve aujourd’hui sur le terrain change. Il faut que les gens arrêtent de penser que ceux qui ont étudié l’arabe doivent aller dans les mosquées ou dans les écoles pour enseigner. Il y a bien de choses qu’on peut faire dans l’administration, dans tous les domaines. Au ministère des affaires étrangères, les consulats ainsi de suite », a indiqué Mohamed Kalil Koné. 

Dans le même sillage, Mohamed Sékou Keïta, le président de l’Union écoles franco-arabes de Guinée, a fustigé « l’interruption des bourses d’études » que l’État octroyait aux lauréats des écoles franco-arabes. Il a aussi dénoncé les préjugés dont les cadres arabophones sont encore victimes dans notre société.

Mohamed Sékou Keïta, président de l’Union écoles franco-arabes

« C’est suite au 63 ans d’indépendance de la Guinée que nous organisons cet événement. Nous avons étudié en Guinée et nous voulons aider notre pays. Nous voulons apporter quelque chose à la Guinée. Il y a très longtemps qu’on se plaint pour la cause des élèves des écoles franco-arabes. Depuis 2012, la bourse d’études que recevaient les lauréats est bloquée et interrompue. Il y a certaines écoles en Guinée qui enseignent 4000 élèves. Mais, le gouvernement guinéen n’a pas besoin d’eux. L’année dernière, 700 élèves sont entrés à l’université. Imaginez, durant 5 ans, 700 élèves entrent à l’université chaque année, il y aura combien de diplômés sur le marché ? Le gouvernement n’a pas besoin d’eux. Ce n’est pas bon. On en a assez parlé avec les anciennes autorités, mais rien n’a changé. Certains considèrent les arabophones comme des terroristes. Nous demandons aux nouvelles autorités de tenir compte de nos revendications. Parce que c’est nous tous qui allons construire la Guinée. On prie pour les nouvelles autorités pour que les choses aillent mieux », a dit Mohamed Sékou Keïta. 

Au-delà de la commémoration de l’an 63 de l’indépendance guinéenne, l’union écoles franco-arabes de Guinée a fait de cette fête une journée de sensibilisation et de concertation à travers trois thématiques. 

Ibrahima Mansaré

« L’historique et l’apprentissage de la langue arabe de l’indépendance à nos jours. Deuxièmement, on a connu de grandes écoles littéraires et scientifiques de langue arabe en Guinée. C’est de répertorier ces gens qui ont effectué ces travaux culturels et surtout scientifiques et littéraires, à travers leur plume, qui sont des poètes en langue arabe. Troisième thématique, aujourd’hui nous constatons et c’est un cas général par rapport à la baisse de niveau. Que ça soit au niveau des écoles françaises et franco-arabe. C’est de faire un diagnostic général par rapport à ce problème là et quelles sont les pistes de solution qu’on peut apporter afin de redorer l’image de l’école guinéenne », a laissé entendre Ibrahima Mansaré, porte parole de l’union des écoles franco-arabes de Guinée et consultant en finance islamique.

Mohamed Guéasso Doré pour Guineematin.com

Tel : 622 07 93 59

Lire

Diaspora et Transition en Guinée : Pottal Fii Bhantal dénonce le ministère des Affaires étrangères

11 octobre 2021 à 21 09 05 100510

Venu au pouvoir à la suite du coup d’Etat perpétré le 05 septembre dernier contre le régime d’Alpha Condé, le comité national du rassemblement pour le développement (CNRD) a promis une transition inclusive où toutes les composantes de la société guinéenne seront représentées. Mais, cette noble volonté d’inclusion prônée par les nouvelles autorités est en train de virer à l’exclusion au ministère des Affaires étrangères. Apparemment, certains hauts cadres de ce département s’arrangent à composer avec certaines associations de la diaspora pour exclure d’autres qui sont pourtant très représentatives.

Dans un entretien accordé à Guineematin.com, le chef de la délégation de Pottal Fii Bhantal USA aux récentes concertations nationales pour une transition apaisée et réussie, Abdoulaye Bhoye Baldé alias ‘’Diaka’’ a alerté sur des combines visant à s’accaparer des places réservées à la diaspora au niveau conseil national de transition (CNT). Des combines qui ont déjà servi à exclure d’autres associations de la diaspora lors des concertations avec le CNRD.

Abdoulaye Bhoye Baldé, alias ‘’Diaka’’, président de la délégation Pottal Fii Bhantal USA aux consultations nationales

« Alors, pour revenir sur le sujet, suite à l’appel du CNRD pour les consultations nationales, Pottal Fii Bhantal Guinée m’a désigné à travers Pottal Fii Bhantal USA comme représentant aux concertations. Après la rencontre, on s’est retrouvé dans des commissions de travail pour produire un mémorandum. Pottal Fii Bhantal était présente dans deux commissions à savoir : la rectification institutionnelle et la refondation de l’Etat. Nous avons essayé de définir ces deux valeurs du CNRD et donner le sens que nous attendons de ces valeurs. Ensuite, on a cité les problèmes de la diaspora et proposé des solutions. Enfin, on devait mentionner les noms des associations qui ont participé à ce travail. Mais, à notre grande surprise, on ne cite pas  notre ONG  Pottal Fii Bhantal USA et puis on omet volontairement tous les représentants des USA: GUICA NYNJCT,  MANDINGUE NEW YORK, CGA et la DIAPORA FORESTIERE. On a protesté puis ils ont promis de résoudre cela. Cela n’a toujours pas été fait et on ne sait pas pourquoi. C’est pourquoi, nous tenons informer l’opinion publique ; car, au lieu de choisir des gens venus de la vrai diaspora, on a l’impression que les guinéens déjà de retour au pays ont créé deux associations (coordination de la diaspora et le collectif de la diaspora) pour s’accaparer des places réservées à la vrai diaspora (CGA, Associations and ONG) », explique Abdoulaye Bhoye Baldé au téléphone.

Pour notre interlocuteur, il faut bannir ces pratiques d’exclusion et promouvoir les compétences pour espérer changer positivement la Guinée.

« A notre avis, ces genres de pratiques doivent cesser en Guinée. Vu les réalisations de Pottal Fii Bhantal USA ces 10 dernières années, on peut dire sans se tromper qu’elle est l’une des associations qui a changé la vie des gens aux USA et à travers le monde. Même le Liberia a reçu un container médical. Et, la Sierra Leone a reçu des dons en nourritures et en argent pour les malades et les pauvres. Avec notre présence partout à travers le monde, nous ne comprenons pas comment est-ce qu’on peut nous remplacer par des résidents. Nous alertons le président de la transition, colonel Mamadi Doumbouya et les membres du CNRD sur ce qui se passe au niveau de la diaspora. Il faut que cela soit corrigé », a indiqué Abdoulaye Bhoye Baldé.

A noter que l’ONG Pottal Fii Bhantal USA a été créée en février 2007 aux USA. Elle a pour objectif de combattre l’injustice, la discrimination en Guinée, aux USA et partout à l’étranger, pour le développement des guinéens vivant aux USA et d’ailleurs. Elle a à son actif comme projets réalisés : la libération et la régularisation des centaines d’immigrés guinéens vivant aux USA, l’assistance financière des victimes de la violence politique en Guinée, l’envoi de huit conteneurs de matériel médical en Guinée, l’assistance financière aux victimes du déguerpissement de Kaporo-rails avec l’assignation en justice de l’Etat guinéen à la Cour de la CEDEAO, l’assistance aux personnes vulnérables pendant le COVID-19 et aux sinistrés de Dalaba, Pita et Mali, l’organisation annuelle d’une journée culturelle, d’un tournoi de football entre les différentes préfectures de la Guinée, aider les ressortissants guinéens à trouver un logement abordable aux USA, l’assistance des entrepreneurs guinéens à trouver des financements pour leurs entreprises, etc. Pottal Fii Bhantal USA est membre de la société civile aux Nations Unies et un interlocuteur privilégié du secrétariat d’Etat Américain sur les questions de droits de l’homme et de la démocratie en Guinée. Elle a plus 25.000 actifs et inactifs à travers le monde et possède des antennes en France, en Belgique, en Hollande, en Angleterre, en Italie, au Sénégal, en Gambie, en Israël et en Guinée.

Ambassadeur Fanta Cissé, Secrétaire Générale du ministère des Affaires étrangères

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

Lire

Assassinat d’Elhadj Doura : la défense du sous-lieutenant Naby Moussa au tribunal

11 octobre 2021 à 20 08 44 104410

Ancien membre de la garde présidentielle et chargé de ravitaillement au camp militaire de Koubia, le sous-lieutenant Naby Moussa Camara, alias ‘’Maick’’, fait partie des 21 personnes qui se trouvent actuellement sur le box des accusés dans l’affaire portant enlèvement et assassinat de l’opérateur économique Elhadj Abdourahamane Diallo (plus connu sous le nom de Elhadj Doura). Ce jeune militaire est poursuivi pour « associations de malfaiteurs,  enlèvement, assassinat, séquestration, complicité, recel, abstention délictueuse et blanchiment des capitaux ». Il a comparu ce lundi, 11 octobre 2021, devant le tribunal criminel de Dixinn. Mais, à la barre, il a réfuté les charges articulées à contre lui, rapporte Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

Naby Moussa Camara est le 15ème accusé à comparaitre, depuis 29 mars dernier (date de l’ouverture du procès), dans cette affaire de l’enlèvement et l’assassinat de Elhadj Doura Diallo. Et, à la barre ce lundi, il a clamé son innocence dans ce dossier.

« Dans ce groupe d’accusés, je ne connais que Oumar Barry (un autre militaire). Je l’ai connu à travers le service. Nous étions tous des agents à la présidence de 2005 à 2012. A l’arrivée d’Alpha Condé au pouvoir, on m’a envoyé au camp Alpha Yaya Diallo et après on m’a muté  à Koubia au ravitaillement. Et, Oumar Barry a été muté à Gaoual. Le policier Amadou Sacko, je l’ai connu à travers Oumar Barry en 2006 à la présidence. Il venait chez Oumar Barry. Ce sont les deux seulement que je connais dans le groupe. Le reste des accusés je ne connais personne. Par rapport à l’enlèvement de Elhadj Doura je ne connais rien », a-t-il indiqué. 

Poursuivant sa déposition devant cette juridiction de première instance, le sous-lieutenant Naby Moussa Camara a laissé entendre que l’arme de service qu’il détenait à la présidence lui a été retiré quand il a quitté la présidence en 2012.

« L’affaire de l’assassinat de Elhadj Doura je ne connais rien. La PMAK qu’on m’avait dotée à la présidence a été retirée. L’affaire de kidnapping dont vous parlez, je ne connais rien », a-t-il martelé devant le tribunal.

Cependant, pour Me Joseph Kamano, l’un des avocats de la partie civile, l’accusé Oumar Barry a, dans une déposition, désigné Naby Moussa Camara comme « l’une des personnes qui ont planifié  l’enlèvement de Elhadj Doura ». Mais, l’accusé est resté figé dans la négation.

« Oumar Barry est là,  demandez le si j’ai participé à cette affaire. Mon éducation familiale ne me permet pas de faire ça », a-t-il rétorqué.

Finalement, le tribunal a renvoyé le dossier au 1er novembre prochain pour la suite des débats.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tel : 620 589 527/664 413 227

Lire

Kindia : le GOHA en conclave pour une « relance économique » post Alpha Condé

11 octobre 2021 à 20 08 39 103910
Chérif Mohamed Abdallah, président du GOHA

Dans le cadre du soutien des opérateurs économiques au CNRD (la junte militaire actuellement au pouvoir en Guinée), le groupe organisé des hommes d’affaires (GOHA) a tenu hier, dimanche 10 octobre 2021, une conférence à Kindia. Cette conférence, axée sur la « relance économique » post Alpha Condé (le président déchu), s’est déroulée dans les locaux de la chambre préfectorale de commerce, en présence des autorités administratives de Kindia, des membres du secteur informel et des membres et sympathisants du GOHA, rapporte un des correspondants de Guineematin.com dans la cité des agrumes.

Cette conférence a été animée par Chérif Mohamed Abdallah Haïdara, le président du GOHA. Et, selon cet opérateur économique, l’objectif de cette rencontre avec la base consiste à recueillir des informations sur les problèmes des opérateurs économiques afin d’élaborer un rapport à soumettre aux autorités (le CNRD) dans le but de trouver les voies et moyens pour une baisse des prix sur le marché.

« Mon objectif ici c’est la relance économique après l’arrivée du CNRD avec à sa tête le colonel Doumbouya, président de la république. Donc, après la prise du pouvoir par l’armée, il est nécessaire que nous acteurs du terrain, qu’on se lève pour travailler sérieusement sur la relance réelle de l’économie guinéenne pour le bien-être des guinéens. Quand nous sommes contents, il faut prouver que nous sommes contents… Nous sommes sortis pour voir la situation réelle sur le terrain et pour comprendre qu’est ce qui ne va pas. Et, si on comprend ce qui ne va pas, on retourne à Conakry pour faire un rapport à soumettre aux autorités pour leur faire comprendre ce qu’il faut pour que les prix baissent. Et, j’en suis sûr que la situation va changer », a indiqué Cherif Abdallah.

Selon cet opérateur économique (par ailleurs coordinateur général de l’action pour réunir les guinéens), le GOHA est une puissante organisation implantée un peu partout à travers le monde. Et, il compte travailler avec le CNRD pendant cette transition.

« Le GOHA est une organisation non gouvernementale, nous sommes représentés dans le monde entier. Sinon, en tant que responsable, si c’était une autre structure de la Guinée, ça serait difficile d’être accueilli de cette façon en Gambie, en Sierra Leone, en Guinée Bissau, au Sénégal. Nous avons sillonné le Sénégal et nous avons reçu  le satisfecit de plus haut niveau. Le GOHA est une organisation crédible avec une capacité réelle partout. C’est ce qui fait que les ressortissants guinéens, les opérateurs économiques, veulent revenir dans ce pays pour investir et construire des unités de fabrique. Et, je vous le garanti, les ressortissants guinéens, les opérateurs économiques partout dans le monde sont prêts à travailler avec le CNRD ; parce qu’ils sont tous ou presque dans le  GOHA. Et, nous les avons invités tous de composer des délégations. Désormais, ils vont venir, on va rencontrer le CNRD ensemble. Car, ils ont la solution, la capacité et les moyens. Et, ce sont des citoyens guinéens qui travaillent ailleurs, qui ont investi ailleurs et qui ont envie de revenir travailler et investir dans notre pays », a expliqué Chérif Abdallah.

Par ailleurs, le président du GOHA a laissé entendre que d’anciens dignitaires du régime Alpha Condé font pieds et oncles pour s’agripper au CNRD. Chérif Abdallah soupçonne ces cadres du précédent régime de vouloir se refaire une santé au soleil en donnant des coups au GOHA.

« Les personnes qui ont fait la promotion du troisième mandat cherchent à courtiser le président du GOHA pour que le GOHA ne soit même pas dans le gouvernement ou dans le CNT. Alors que tout le monde sais que nous nous  avons lutté contre la dictature, l’injustice dans ce pays. Mais, les gens qui ont fait la promotion du troisième mandat cherchent à écarter le GOHA du CNT, alors que nous avons les cadres. Je ne dis pas moi, mais il y a des cadres qui peuvent nous représenter valablement au niveau du gouvernement. Et, cela est clair : s’il y a un gouvernement de transition, le GOHA doit être au cœur pour vraiment travailler sur l’environnement, parce qu’il n’y a pas de démagogie. Heureusement se sont les jeunes militaires bien averti qui ont pris le pouvoir dans ce pays et cela est salutaire » a indiqué Abdallah Chérif. 

De Kindia, Amadou Baïlo Batouala Diallo pour Guineematin.com

Tel : 628516796

Lire

Transition : MDT demande à la Guinée de ratifier le protocole facultatif visant à abolir la peine de mort

11 octobre 2021 à 20 08 13 101310
Me Foromo Fréderic Loua, président de l’ONG Les Mêmes Droits pour Tous

L’ONG « Mêmes droits pour tous » (MDT) souhaite la mise en place de garde fous pour éviter le rétablissement de la peine de mort en Guinée. C’est pourquoi, l’organisation de défense des droits de l’homme appelle à la ratification du protocole facultatif se rapportant au pacte international relatif aux droits civils et politiques, visant à abolir la peine de mort. Elle a lancé cet appel au cours d’une conférence de presse animée ce lundi, 11 octobre 2021, à Conakry, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était sur place.

C’est dans le cadre de la célébration en différé de la journée internationale contre la peine de mort (célébrée le 10 octobre de chaque année dans le monde), que l’ONG « Mêmes droits pour tous » (MDT) a fait cette sortie médiatique. Me Frédéric Foromo Loua, le directeur exécutif de cette organisation de défense des droits de l’homme, a rappelé que la Guinée a ratifié le pacte international relatif aux droits civils et politiques, mais pas le protocole facultatif visant à abolir la peine de mort. « La Guinée a ratifié le pacte international relatif aux droits civils et politiques en 1977. Et après, il y a eu des protocoles additionnels facultatifs qui avaient été adoptés. 

Le premier protocole, la Guinée l’a ratifié, il permet aux victimes de violation des droits de l’homme de saisir directement les mécanismes onusiens de protection des droits de l’homme. Le deuxième protocole, est celui facultatif se rapportant au pacte international relatif aux droits civils et politiques, visant à abolir la peine de mort. Aujourd’hui, la Guinée n’a pas ratifié ce texte-là, alors que dans son dispositif légal interne déjà, on a omis la question de la peine de mort, donc c’est un paradoxe. Nous sommes aujourd’hui devant une situation qui fait que la Guinée d’un côté, omet la peine de mort dans sa législation nationale, mais refuse également de ratifier le protocole facultatif visant à abolir la peine de mort », a-t-il souligné.

MDT souhaite que la transition qui vient de s’ouvrir en Guinée soit mise à profit pour régler définitivement ce problème. C’est pourquoi, elle fait un plaidoyer pour que la Guinée ratifie le protocole facultatif se rapportant au pacte international relatif aux droits civils et politiques, visant à abolir la peine de mort. « Nous devons conjuguer les efforts dans le cadre de cette nouvelle transition politique qui s’offre à la Guinée pour que la Guinée ratifie ce texte-là et que les textes qui vont être rapportés, parce que j’ai cru comprendre que nous allons rédiger une nouvelle constitution à défaut de ramener celle de 2010, quitte à ce qu’on y apporte des changements, mais fondamentalement, nous allons adopter un nouveau texte par référendum cette fois-ci.

Donc, il est important que ce plaidoyer soit conduit non seulement pour que la Guinée inscrive dans sa nouvelle constitution qui va être soumise à référendum, l’abolition de la peine de mort mais également, demander aux autorités de ratifier le protocole facultatif visant à abolir la peine de mort. Si la Guinée va dans ce sens-là, elle aura respecté ses engagements internationaux découlant de la ratification du pacte international relatif aux droits civils et politiques.

Je rappelle que pendant la dernière législature, il y avait des voix qui s’élevaient pour justement demander à ce qu’on revienne à la peine de mort, à ce qu’on réinscrive la peine de mort dans le dispositif pénal national. Il y avait un groupe de députés à l’Assemblée nationale qui était actif dans ce sens. C’est pourquoi, nous demandons justement que la Guinée ratifie ce protocole facultatif pour fermer désormais de façon définitive toute tendance à revenir à la question de la peine de mort en République de Guinée », a lancé Me Frédéric Foromo Loua.

À rappeler que la peine était fortement pratiquée pendant la première République. Le régime de Sékou Touré avait pendant et fusillé de nombreux plusieurs centaines de Guinéens, condamnés à tort ou à raison pour des faits graves. Cette peine a été abolie pendant la deuxième République, sous le règne du président Lansana Conté. Les dernières exécutions ont eu lieu en 1996, avec les personnes condamnées lors du très médiatisé procès des gangs.

Mamadou Yaya Diallo pour Guineematin.com 

Lire

Gestion de la Transition : Refonder l’État oui ! mais aussi, renforcer le Système National de Planification existant pour consolider les bases du développement

11 octobre 2021 à 18 06 51 105110
           Ibrahima Ahmed BARRY, Expert Senior, Journaliste/Consultant

Maintenant que le ciel se dégage de plus en plus autour de la période de transition … que le chemin à suivre est bien balisé avec l’annonce de la Charte de la transition à la suite des concertations avec les forces vives de la nation ; la clarification par la Charte de la mission essentielle assortie des principes et valeurs qui guideront l’action gouvernementale… Maintenant qu’un Premier Ministre est nommé et que l’ossature d’une structure gouvernementale est définie en attendant le choix des hommes et des femmes compétents et crédibles qui doivent l’animer … Il nous parait important et essentiel, d’apporter quelques idées maitresses dans l’unique but, d’aider à nourrir la réflexion devant déboucher sur l’élaboration du plan d’action de la feuille de route du Gouvernement de transition (tel que prévu par la Charte) ainsi que des lettres de mission des chefs des départements sectoriels.   

Urgences politiques et institutionnelles versus questions de développement 

Il est vrai que bon nombre de réflexions s’accordent de nos jours, sur le fait que dans une période de transition, la dimension politique et institutionnelle devrait prendre plus d’épaisseur dans les options stratégiques comparativement à la place que devrait occuper la composante développement dont la légitimité de choix devrait revenir au futur Gouvernement élu. Une tendance corroborée par les premières sorties du nouveau Premier Ministre affirmant « Mes priorités sont celles du CNRD. Elles sont clarifiées par la Charte et le discours du Président de la Transition, le 2 octobre 2021. Notre mission est simple et compliquée à la fois. Nous sommes en transition. Nous ne sommes pas en période de développement. Notre rôle est de délivrer les résultats attendus par la transition…Une administration publique juste et équitable au service de tous ».Mohamed Béavogui, technocrate aguerri, cadre compétent et diplomate averti, s’est donc d’emblée (contexte oblige), mis « dans l’esprit du CNRD au pouvoir », déterminé à construire des fondations solides d’une Guinée nouvelle plus unie, solidaire et prospère.

Ce choix stratégique qui semble reléguer au second plan les questions du développement porté en échos par cette affirmation du Premier Ministre, Mohamed Béavogui est certes audible et légitime. Cependant, à notre humble avis, la Guinée sous la direction des nouvelles autorités devra tirer parti de ses multiples expériences « de transitions au goût d’inachevé » en opérant cette fois-ci, un savant dosage entre la volonté dictée par l’urgence de bâtir les fondamentaux d’une République démocratique stable, unie dans sa diversité et respectueuse des Droits de l’Homme et des libertés publiques, et la nécessité de renforcer et de promouvoir le développement, la prospérité partagée et inclusive des Guinéens. Il n’y a pas un temps pour l’urgence et un autre temps pour le développement !

Remarquez que le fonctionnement du système éducatif avec l’ouverture des classes, la gestion de la santé publique, la lutte contre la COVD 19, les programmes d’assainissement, la réhabilitation des infrastructures de proximité, le quotidien des guinéens, et qui plus est, le fonctionnement de l’Etat en termes de services à délivrer pour faire tourner la machine du développement économique… Cela ne saurait attendre la fin de la transition surtout dans un pays qui vit dans la pauvreté et la précarité aggravées par les effets de la pandémie de la Covid 19. 

Par ailleurs, la cohérence dans les actions de la transition est de mise ! Si l’on ne s’en tient qu’à la dénomination CNRD(Comité National du Rassemblement pour le Développement) l’on s’aperçoit que même les ambitions de l’instance suprême de gestion de la transition ont pour finalité le Développement. Mieux, l’un des axes prioritaires de la transition est la Refondation de l’Etat. Et refonder l’Etat n’équivaut-il pas à redonner à l’Etat tous ses attributs de puissance publique de sorte qu’il soit à même d’exercer à la fois ses fonctions régaliennes (défense sécurité, justice, diplomatie et administration publique) et ses fonctions économiques (allocation, stabilisation et redistribution). Or dans une perspective de refondation de l’Etat, l’exercice des fonctions économiques appelle à doter ce dernier de tous les instruments de planification, programmation, de budgétisation, de suivi et d’évaluation, tels qu’ils sont conçus et mis en œuvre par les réformes du Système National de Planification    

Capitaliser les acquis des réformes du Système National de Planification !

Le travail de refondation de l’État s’appuyant sur des réformes juridiques et institutionnelles et la refonte du système électoral projetées, n’aura de sens (en termes d’effets et d’impacts sur un futur proche du pays) que si parallèlement, l’on s’emploie méticuleusement à consolider les bases du développement en capitalisant notamment, les acquis des réformes du Système National de Planification (SNP) engagées depuis 2016. En clair, ne pas attendre la fin de la transition et l’avènement d’un Gouvernement issu des élections pour s’attaquer à la gestion du développement. 

Nonobstant les aspects institutionnels et constitutionnels de son agenda serré, il va falloir par conséquent, que le « Gouvernement Béavogui », dans le cadre du nouveau Département de l’Economie, des Finances et du Plan, travaille à capitaliser les acquis de ces réformes. Au nombre de ceux-ci, il convient de mentionner :

Sur le plan opérationnel, le PNDES est l’instrument de programmation à moyen terme des actions de l’État et des collectivités locales dans tous les domaines de la vie publique : politique et économie, social et environnemental, culturel et technologique. 

En effet, l’outil PNDES intègre les priorités en termes d’agendas régionaux et internationaux de développement notamment, la Vision 2063 de l’UA, la Vision 2050 de la CEDEAO, et les Objectifs de Développement Durable (ODD) à l’horizon 2030. Ce qui met le pays en adéquation avec les engagements internationaux en matière de developpement.

Il convient de souligner par ailleurs, que les stratégies d’assistance-pays de la Banque mondiale, de la BAD, de la BID, de la BADEA, de l’Union Européenne, des agences du Système des Nations Unies, ainsi que des partenaires bilatéraux (France, USA, Belgique…) sont alignés sur le PNDES. 

Rappelons de passage que le PNDES 2016-2020 avait fait l’objet d’une Table Ronde des bailleurs de fonds en novembre 2017 à Paris. Ce qui a permis au pays, de mobiliser plus de 14 milliards de dollars américains sur 21,7 milliards de dollars de promesses de financement. Des ressources investies dans des projets d’infrastructures économiques et sociales (mines, routes, énergie, eau, santé, éducation et inclusion sociale) inscrits au Programme d’Investissements Publics (PIP).

Finaliser le PNDES 2021-2025 en cours d’élaboration participe de la continuité de l’État 

L’avènement du CNRD au pouvoir le 5 septembre 2021 a trouvé que le pays travaillait d’arrache-pied avec le soutien financier et l’accompagnement technique des Partenaires au développement, à l’élaboration de la seconde génération du PNDES (2021-2025). Un gros chantier qui mérite d’être pris en charge au sein du nouveau Département de l’Economie, des Finances et du Plan au nom du sacro-saint principe de la continuité de l’Etat réaffirmé par les nouvelles autorités. Ce savant dosage s’impose « au Gouvernement Béavogui » pour mieux concilier les impératifs politiques et institutionnels de la transition avec les exigences d’une gestion efficace du développement. 

C’est une lapalissade de dire que même en période de transition, l’Etat a besoin d’un Budget de Développement adossé à une loi des finances. Ce budget doit être tiré d’un Programme d’Investissement Publics (PIP) dont l’élaboration requiert la sélection des projets porteurs. Cet exercice de programmation ne pouvant se faire sans référentiel stratégique, la question de l’existence d’un PNDES se posera forcément à un moment ou à un autre de la transition. De la réponse à y apporter dépendra l’utilisation que les autorités de la transition entendent faire de la chaîne de Planification-Programmation-Budgétisation-Suivi-Évaluation (PPBSE).   

En tout état de cause, il serait plus bénéfique dans cette période transitoire, d’éviter de « réinventer la roue » et d’opter pour la continuité dans les domaines qui ne nécessitent pas des remises en cause fondamentales. En l’occurrence, sur le chantier de la refondation de l’Etat, l’impératif en matière de gestion du développement doit être de renforcer l’existant. Ce qui équivaut à mettre en place un Système National de Planification, permanent qui survivrait aux avatars politiques et institutionnels futurs. Le risque d’une remise en cause du cadre programmatique Vision-PNDES-PIP-BND, et de voir le Gouvernement issu des élections, s’investir à nouveau dans le développement des instruments de PPBSE. 

C’est au regard de ce qui précède qu’il serait plus indiqué que les nouvelles autorités fassent l’option de la poursuite et de la finalisation d’ici à la fin du mois de décembre 2021, de l’élaboration du Plan National de Développement Economique et Social (PNDES) 2021-2025. Une telle option conforterait les partenaires au développement déjà engagés dans l’accompagnement du Gouvernement à travers l’assistance technique au processus ainsi que dans le financement des études sur les thématiques émergentes du développement, tout en assurant la permanence, au-delà des contingences politiques et institutionnelles, du Système National de Planification. 

D’ores et déjà, sur le front de la gouvernance et de la transparence, le ton est donnée dans la perspective de lutte contre la corruption et l’impunité avec l’annonce des actions urgentes à venir notamment l’audit des comptes publics, la mise en place d’organe de contrôle et de répression contre la corruption pour une gestion vertueuse et efficace des deniers publics. Ces gestes forts allant dans le bon sens rassurent les Guinéens et la communauté internationale quant à la volonté des nouvelles autorités de combattre la corruption, les crimes économiques et financiers pour mettre un terme à l’impunité. En somme, refonder l’Etat et remettre en même temps, le pays sur la trajectoire du développement. Ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain !


           Ibrahima Ahmed BARRY, Expert Senior, Journaliste/Consultant Guinée.

Lire

Colonel Mamadi Doumbouya, président de la Transition : évitez toute brimade à la presse

11 octobre 2021 à 18 06 43 104310
Colonel Mamadi Doumbouya, président de la transition

Par Oumar Kateb Yacine : À votre prise du pouvoir le 5 septembre 2021 vous avez exprimé la volonté de mettre un terme à l’injustice, l’impunité et vous avez pris l’engagement de prôner le rassemblement, la démocratie et le développement afin de bâtir une nouvelle Guinée unie et prospère. Ainsi, depuis lors vous êtes en train de poser des actes significatifs et appréciés par l’écrasante majorité des Guinéens qui vous ont adoubé dès les premières heures de l’avènement du CNRD (Conseil National du Rassemblement pour le Développement) et l’ensemble des  forces armées sous votre conduite. 

 Vous vous êtes assigné  comme mission de rétablir l’Etat de droits en Guinée au sens noble du terme ?  Il m’échoit en tant que citoyen le devoir d’attirer votre attention sur certains agissements contre la presse privée. Des agissements inquiétants et susceptibles d’écorner la belle image que reflètent vos paroles et actions depuis le 5 septembre 2021 surtout lorsqu’ils  émanent du pouvoir que vous incarnez. Car pour l’instant la majorité de vos compatriotes restent convaincus de votre sincérité et de votre esprit patriotique ainsi que par l’humanisme et le respect de la dignité humaine que reflètent vos discours et actes posés. Quant à la presse, le quatrième pouvoir dans tout Etat de droit, elle constitue le baromètre de la démocratie dans un pays. Or ces derniers temps, cette presse rencontre des ennuis sous votre magistère.

Quelques illustrations. La presse privée, autrement dit la presse indépendante, se trouve exclue des  activités du CNRD, notamment lors des concertations que vous avez eues avec les forces vives de la Nation au Palais du Peuple du 14 au 23 septembre 2021, l’installation du Premier Ministre, Mohamed Béavogui le 7 octobre au Palais de la Colombe où des journalistes dépêchés sur les lieux par leurs organes respectifs pour couvrir l’évènement ont été congédiés par les forces armées. En fin, la visite des hommes armés, encagoulés, à des heures indues au siège du Groupe Djoma Média, le samedi 9 octobre sous prétexte qu’ils étaient à la recherche de véhicules appartenant à l’Etat, dit-on, et d’après les informations qui nous sont parvenues, ils ne portaient pas un mandat de perquisition.  Le hiatus dans cette démarche est de confondre le média et son propriétaire, Kabinet Sylla l’intendant du président déchu.

Monsieur le Président,

Votre arrivée au pouvoir a été vivement saluée par les Guinéens qui avaient beaucoup subi les dérives dictatoriales du Régime Alpha Condé. Aujourd’hui, elle suscite l’espoir pour ceux qui sont épris de paix, de démocratie et de liberté. Mais vous ne pouvez pas accomplir votre noble ambition sans la presse dans son ensemble, et singulièrement la presse privée. Aux yeux de l’opinion, malgré les insuffisances qu’on pourrait leur reprocher, les médias privés ont toujours fait contrepoids du pouvoir autoritaire en Guinée car non seulement les informations qu’ils divulguent sont voluptueusement dégustées par les populations mais aussi, ils servent des canaux de libre expression aux citoyens.

Le président Lansana Conté qui a restitué la libre expression aux Guinéens, n’a pas attendu la conférence de Baule (août 1990) pour ouvrir le pays à la libre opinion. Dès le début des années 1990, la libéralisation de la presse écrite est devenue effective. En 2006, celle de la presse audiovisuelle va suivre pendant que la presse en ligne exerçait déjà librement sur le terrain avant d’être dotée d’un cadre juridique (LOI ORGANIQUE L/2010 / 02 / CNT DU 22 JUIN 2010. Portant sur la Liberté de la Presse). C’était sous l’ère CNDD (Conseil National pour la Démocratie et le Développement). Cette loi, comparativement à plusieurs pays avait accordé à la Guinée des acquis juridiques considérables en matière d’application de liberté de presse: la dépénalisation de délits de presse et la légalisation des médias en ligne. Sans oublier la subvention accordée aux médias privés depuis octobre 2001.

Monsieur le Président, 

 Vous avez averti dès votre avènement au pouvoir que « nous n’avons pas droit à l’erreur ». Permettez-moi donc de préciser que le Capitaine Moussa Dadis Camara, président du CNDD, avait accordé un intérêt particulier aux médias privés. Sous son magistère, la presse (dotée de plusieurs avantages, en dépit du régime d’exception) a pu exercer librement ses activités.

Mais, le pouvoir du Pr Alpha Condé, issu des urnes, n’a pas suivi la voie de ses prédécesseurs pour accorder à la presse des conditions idoines de prospérer. Au contraire, il s’est évertué durant sa décennie du pouvoir à bâillonner la presse. Des journalistes ont été molestés et emprisonnés. La subvention, soit réduite ou ajournée. Pire, la Loiorganique no L/2010/003/CNT du 23 juin 2010 portant attributions, composition, organisation et fonctionnement de la Haute Autorité de la Communication (HAC) a été escamotée dans le but de phagocyter cette institution de régulation, pourtant qui était un modèle dans la sous-région. Tandis que la loi sur l’accès à l’information n’a jamais été appliquée.

Monsieur le Président

Veuillez rester sur votre volonté d’être la sentinelle de la liberté en Guinée durant cette période de transition.  « …une demi-liberté nous ramène nécessairement au despotisme » disait Robespierre.  Lansana Conté clamait souvent « Je n’ai pas peur des critiques !» lorsqu’il s’agissait pour lui d’exhorter les journalistes à jouer leur rôle. Et il n’a pas eu peur des critiques !

Veuillez au respect de la liberté de la presse – évidement les acteurs des médias doivent impérativement  se conformer au respect de la loi,  à l’éthique et la déontologie de leur profession- mais, n’acceptez jamais que des éléments nocifs et partisans d’un système répressif et révolu ne vous déroutent du chemin que vous avez entamé par amour de votre Patrie. Vous avez eu la chance d’avoir fait l’essentiel de vos formations académiques et militaires dans le pays (la France) qui a engendré la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. Ce passage enrichissant de votre carrière est précédé de l’éducation que vous avez connue dans votre Guinée natale avec ses valeurs culturelles et la hargne de son peuple qui s’est toujours battu pour sa liberté. Au prix de son sang.

Qu’on ne vous amène pas à traiter différemment la presse (publique et privée), cela serait un recule démocratique qui vous porterait préjudice et renverrait  un mauvais reflet de l’image du pouvoir de la Transition dont vous avez la lourde charge de conduire. 

La nomenclature du gouvernement de la Transition que vous venez de projeter mettant la Justice et les droits de l’homme au premier rang de différents ministères nous amène à espérer et à vous faire confiance que cette fois-ci sera la bonne. D’où l’urgence de mettre en place ce gouvernement.

Veuillez agréer, Monsieur le Président de la Transition, Chef de l’Etat, l’expression de ma plus haute distinction.

Que Dieu bénisse la Guinée

Oumar Kateb Yacine

Consultant-Analyste

Président de l’Institut Afrique Emergente

[email protected]

Lire

Guinée Bissau : échange sur la transition Guinéenne entre le FNDC et le président Umaro Sissoco Embaló

11 octobre 2021 à 18 06 28 102810

Une délégation de la coordination nationale du FNDC composée de Oumar Sylla (Foniké Mengué), Ibrahima Diallo et Sékou Koundouno, en mission dans la sous-région a été reçue ce matin, lundi 11 octobre 2021, à Bissau à la présidence de la république par le président Umaro Sissoco Embaló.

Au menu des échanges : 

-La situation sociopolitique actuelle de la Guinée marquée par la prise du pouvoir par l’armée guinéenne;

– Le point de vue de la société civile guinéenne sur le processus de transition en Guinée;

– L’implication du Président de la République de Guinée Bissau pour la réussite de la transition en Guinée. 

La rencontre s’est déroulée dans un climat de convivialité. Le président de la république sœur de Guinée Bissau, son excellence Umaro Sissoco Embaló a exprimé son soutien au peuple frère de Guinée et sa disponibilité à accompagner le peuple de Guinée en cette période exceptionnelle pour le rétablissement de l’ordre constitutionnel.


La coordination nationale du FNDC

Lire

Enlèvement et assassinat d’Elhadj Doura : « je ne connais rien », se défend Sao N’danema

11 octobre 2021 à 15 03 19 101910
Elhadj Abdourahmane Diallo

Citoyen léonais se faisant passer pour un vendeur en ligne de véhicules, Sao N’danema, fait partie des auteurs présumés de l’enlèvement et l’assassinat de Elhadj Abdourahamane Diallo (plus connu sous le nom de Elhadj Doura). Il était ce lundi, 11 octobre 2021, devant le tribunal criminel de Dixinn pour répondre des charges qui pèsent à son encontre. Il est poursuivi pour « associations de malfaiteurs,  enlèvement, assassinat, séquestration, complicité, recel, abstention délictueuse et blanchiment des capitaux ». Mais, à la barre, Sao N’danema a plaidé non coupable et a clamé son innocence dans cette affaire, rapporte Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

Devant cette juridiction de première instance, Sao Ndanema a nié avoir joué un quelconque rôle dans l’affaire Elhadj Doura Diallo. Il s’est ensuite présenté comme un vendeur de véhicules, tout en admettant qu’il a collaboré avec Ibrahima Diallo alias ‘’Ibro’’ (un des présumés cerveaux de l’assassinat de Elhadj Doura) dans le cadre de la vente d’un véhicule à 12 mille dollars.

« Moi je fais le commerce de véhicules en ligne.  Ibrahima m’a aidé à vendre un véhicule à un agent qui travaille au 2ème bureau à 11 mille dollars.  On a conclu le prix à 12 mille dollars. Mais, il (l’acheteur) m’a remis 11 mille dollars. Lorsqu’il m’a remis l’argent à la Banque, Ibrahima m’a dit qu’il va m’accompagner chez moi à Lambanyi pour déposer l’argent. C’était plus de 100 millions de francs guinéens. Quand nous sommes venus jusqu’au niveau caisse nationale de la sécurité sociale quelqu’un est venu nous cogner. Ibrahima est descendu du véhicule, il a parlé avec le gars qui nous a cognés. J’ai eu peur, parce que j’avais l’argent dans ma voiture. Et, lorsqu’il est remonté dans ma voiture, il m’a dit que c’est un kidnappeur qui nous a cognés. Mais, comme j’ai eu peur, je suis allé directement à l’agence de MoneyGrame qui est à Tombo pour expédier l’argent directement aux USA.  Moi je n’ai jamais connu Ibrahima Diallo kidnappeur. Seulement, Ibrahima m’a montré sa puissance, tous ses amis sont des colonels et des généraux », a indiqué Sao N’danema.

Pour ce qui est de l’assassinat d’Elhadj Doura Diallo, ce jeune léonais a réfuté toutes les accusations articulées contre lui.

« Je ne connais rien. Elhadj Mamadou Diallo qui est là, c’est une seule fois que je l’ai vu à Lambanyi dans un véhicule avec Ibrahima Diallo. J’étais à Pamalap (frontière Guinée-Sierra Léone) quand El Kaba m’a appelé pour me dire de ne pas aller à Freetown ; parce que Mohamed Dady Bah a été arrêté dans l’affaire de l’assassinat de Elhadj Doura. Il est à la gendarmerie. El Kaba m’a dit que même moi on me cherche, parce que Dady a dit aux agents qu’ils m’ont vu avec Ibrahima Diallo et Elhadj Mamadou Diallo. Mais, comme je sais que je n’ai rien fait, je suis rentré à Freetown. Et, le matin, les agents sont venus m’interpeller. Si j’étais impliqué dans cette affaire de Elhadj Doura, j’allais fuir parce que j’étais à la frontière. Moi je ne peux pas faire ça. J’ai fini l’université, même si c’est enseigner au lycée, je peux gagner 3 millions par mois. Donc, le kidnapping n’est pas mon affaire », s’est défendu Sao N’danema.

Au terme de cette déposition de Sao Ndanema, le tribunal a appelé Elhadj Mamadou Diallo (le cerveau présumé de cet assassinat) pour une confrontation à la barre. Et, sans grande surprise, Elhadj Mamadou a confirmé que c’est une seule fois qu’ils se sont vus à Lambanyi dans la commune de Ratoma.

« Il n’y a rien entre Sao Ndanema et moi.  Je ne le connaissais pas. C’est une seule fois que je l’ai vu à Lambanyi. Ce jour, j’étais avec Ibro. Il ne connait rien dans cette affaire de Elhadj Doura », a-t-il déclaré.

A Suivre !

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 620 589 527/664 413 217

Lire

Conakry : fin de la visite du président sierra-léonais, Julius Maada Bio

11 octobre 2021 à 15 03 15 101510

La visite d’Etat du président sierra-léonais en Guinée n’a duré que quelques heures. Arrivé dans la matinée de ce lundi, 11 octobre 2021, à Conakry, Julius Maada Bio a été accueilli à l’aéroport par le président de la transition guinéenne, le colonel Mamadi Doumbouya.

Les deux chefs d’Etat se sont dirigés à l’hôtel Sheraton de Conakry, où ils se sont entretenus pendant une heure environ. Au sortir de leur tête-à-tête, ils ont accordé un petit temps aux journalistes présents sur les lieux pour prendre leurs images, mais ils n’ont fait aucune déclaration publique.

Les présidents guinéen et sierra-léonais sont aussitôt repartis à l’aéroport de Conakry, où Julius Maada Bio s’est embarqué pour rentrer. Rien n’a filtré sur l’objectif de sa visite à Conakry et son entretien avec le colonel Mamadi Doumbouya, le chef de la junte militaire qui dirige la Guinée.

Mohamed Guéasso DORÉ pour Guineematin.com 

Lire

Conakry : la plateforme Jeunes Solidaires lance le « Prix Jeune entrepreneur-e solidaire 2021 »

11 octobre 2021 à 14 02 46 104610

Après la réussite des deux précédentes éditions, la plateforme Jeunes Solidaires organise cette année la troisième édition du« Prix Jeune entrepreneur-e solidaire 2021 ». Ce concours national a été officiellement lancé au cours d’une conférence de presse que les organisateurs ont animée le samedi dernier, 09 octobre 2021, à Conakry. Il va récompenser quatre projets de création et de gestion d’entreprise dans deux catégories, a appris Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

Salifou Sissoko, secrétaire exécutif de l’ONG Jeunes solidaires

« Le cadre qui nous réunit ici est le lancement officiel de la 3ème édition du Prix Jeune entrepreneur-e solidaire. Il s’agit d’une initiative de la plateforme Jeunes solidaires, qui s’inscrit dans le cadre de ses efforts de contribution à l’autonomisation des jeunes », a déclaré Salif Sissoko, secrétaire exécutif adjoint de la plateforme Jeunes solidaires. Il a jouté que cette conférence de presse est la première étape d’une série d’activités qui se poursuivra tout au long des mois d’octobre et de novembre, et qui sera clôturée par une cérémonie de remise des prix aux lauréats en fin décembre prochain dans deux catégories : création et gestion d’entreprise.

« Les lauréats dans les deux catégories pourront ainsi bénéficier d’une aide financière substantielle et d’un accompagnement personnalisé par nos partenaires évoluant dans le secteur. Je note avec satisfaction que ce projet est aujourd’hui à ce stade de réalisation, grâce à un accompagnement technique et financier de notre partenaire Trias Guinée. Grâce à ce partenariat stratégique avec Trias, mon organisation se félicite du résultat déjà accompli en faveur de nos pairs jeunes », a dit le secrétaire exécutif adjoint de la plateforme Jeunes solidaires.

Ce concours vise à récompenser les efforts des jeunes entrepreneurs et potentiels entrepreneurs de Conakry et l’intérieur du pays. Car pour la plateforme Jeunes solidaires, l’entrepreneuriat est la solution aux problèmes que rencontre la jeunesse guinéenne. « En plus de pouvoir faciliter l’insertion professionnelle des jeunes, l’entrepreneuriat est la voie royale pouvant permettre aux jeunes de participer à la création de la richesse, donc de participer au développement économique de notre cher pays, la Guinée.

Ce concours, c’est avant tout un moyen d’émulation mais aussi une manière de placer le jeune au centre de son propre développement. Notre ambition est d’accompagner nos pairs jeunes, afin de devenir de véritables entrepreneurs sociaux, capables de trouver des solutions innovantes et respectueuses de l’environnement, à des problèmes spécifiques dans une perspective de création de richesse, d’auto-emploi et de participation au développement de la Guinée », a laissé entendre Salif Sissoko 

A noter que Jeunes solidaires est présente dans les cinq communes de Conakry, plusieurs préfectures et dans quatre pays étrangers. Elle intervient principalement dans les axes qui sont : l’entrepreneuriat jeune, le leadership jeune et l’engagement civique et environnemental.

Mamadou Yaya Diallo pour Guineematin.com 

Lire

Reprise du train Conakry Express : un grand soulagement pour les citoyens

11 octobre 2021 à 13 01 52 105210

A l’arrêt depuis près d’une année, le train Conakry Express a repris ses activités ce lundi, 11 octobre 2021. Le convoi a bougé très tôt de la gare de Kagbélen pour le centre-ville de Kaloum, avec plusieurs passagers à son bord. Un grand soulagement pour de nombreux habitants de la haute banlieue de Conakry, heureux de la remise en circulation de l’unique train qui assure le transport de personnes en Guinée. Un journaliste de Guineematin.com a interrogé certains d’entre eux, qui ont exprimé leur joie.

Amara Camara, cityen à Kagbelen

Amara Camara, un habitant de Kagbélen, est l’un des tout premiers à embarquer à bord du train Conakry-Express, ce lundi matin. Une grande satisfaction pour le jeune homme, qui a longtemps attendu ce moment. « C’est une satisfaction pour nous. Ça fait assez longtemps que nous attendions cela. Aujourd’hui, Dieu merci, le train a repris son service. C’est un réconfort moral pour nous. Moi, je préfère le train par rapport au véhicule compte tenu de l’embouteillage que nous rencontrons sur la route en longueur de journée. Mais, avec le train, on arrive à destination à temps et à un coût abordable », a déclaré ce citoyen.

Balla Oularé

Balla Oularé, un habitant de Lansanaya Barrage, se dit aussi très content de cette reprise. « On ne peut qu’être content. Quand le train s’arrête, ça joue beaucoup sur nous. Quelqu’un qui a des moyens très limités et qui habite en haute banlieue, il va beaucoup souffrir si ce train de circule pas. Non seulement c’est difficile d’avoir un taxi pour aller au travail mais aussi, il y a les embouteillages en route et le coût du transport est très lourd. A cause des embouteillages, on peut passer 3 à 4 heures entre Madina et Lansanaya.

C’est ce qui fait que pendant le mois de ramadan, on faisait souvent la rupture du jeûne en route parce que le train était à l’arrêt. Mais, avec le train, on peut sortir paisiblement de chez toi et rentrer faire la prière de Fitr avec sa famille. Donc, nous demandons à l’État de veiller sur ce trafic-là. Les autorités doivent prévenir tout ce qui pourrait désormais empêcher le train de circuler normalement. Parce que c’est bénéfique pour les pauvres citoyens », a-t-il lancé.

Madame Aminata Souaré, habitante de Sanoyah, est vendeuse au marché de Madina. « Je suis très content aujourd’hui. Tout ce que je peux faire aujourd’hui, c’est de prier pour que ce train ne s’arrête plus, parce qu’il est d’une très grande importance, surtout pour nous les femmes. C’est compliqué après le ménage à la maison que tu viennes mener encore une bataille pour avoir un taxi pour rallier ton lieu de travail. A part ça, moi je préfère le train parce qu’il n’y a pas de chaleur dedans, il n’y a pas de bousculade, on est confortablement installés », s’est-elle réjouie.

Sankoumba Mara, usager

Même son de cloche chez Sankoumba Mara. Il salue la remise en circulation du train Conakry Express. « Cette reprise est une très bonne chose. Je crois que ça soulage la population quand on sait les difficultés auxquelles on est confrontés pour avoir un taxi aux heures de pointe. Donc, on ne peut que saluer cette relance. Je n’avais pas l’habitude d’emprunter le train parce que je logeais tout près de la ville. Mais, en raison de mes activités, je suis actuellement à Coyah. Donc, quand j’ai appris hier à la télévision que le train devait reprendre aujourd’hui, j’ai préféré être là pour éviter les embouteillages sur la route », a dit M. Mara.

Il faut rappeler que cette remise en circulation du train Conakry Express fait suite à des négociations menées entre les nouvelles autorités guinéennes et la société Rusal CBK.

Malick Diakité pour Guineematin.com

Tel : 626-66-29-27

Lire

UBA Guinée célèbre la semaine du service à la clientèle

11 octobre 2021 à 11 11 42 104210

A l’instar des autres filiales du groupe UBA, la banque UBA Guinée a célébré du 4 au 10 octobre 2021, la semaine du service à la clientèle. 

Dédiée à la satisfaction clientèle, la semaine du service client est un évènement international durant lequel, le client est mis au centre de toutes les actions entreprises afin de lui montrer son importance et le remercier pour sa fidélité. 

UBA Guinée n’est pas restée en marge de cette célébration. Avec son slogan « Je sers avec passion et le sourire », la banque a mené différentes actions pour marquer cette semaine consacrée à sa clientèle. 

Ainsi, dans les 6 agences représentant son réseau, UBA Guinée a procédé à une distribution de repas et de boissons aux clients venus effectuer des transactions. 

La semaine a été clôturée le vendredi par une coupure de gâteau avec les clients et l’ensemble des employés. 

United Bank for Africa (UBA) est une institution financière panafricaine de premier plan, offrant des services bancaires à plus de vingt et un millions de clients, répartis dans plus de 1000 bureaux commerciaux et points de contact client, sur 20 pays africains. Présente aux États-Unis d’Amérique, au Royaume-Uni et en France, UBA relie les personnes et les entreprises à travers l’Afrique grâce à la banque commerciale, d’entreprise et aux particuliers ; les paiements et envois de fonds transfrontaliers innovants ; le financement du commerce et les services bancaires auxiliaires.

Transmis par le service de communication de UBA

Lire

Visite d’Etat : le président Sierra-léonais, Julius Maada Bio, est à Conakry

11 octobre 2021 à 11 11 36 103610

Le président sierra-léonais, Julius Maada Bio, a entamé ce lundi, 11 octobre 2021, une visite d’État en Guinée. Son avion a atterri à 9h30, à l’aéroport international de Conakry-Gbessia.

Il a été accueilli par le président de la transition guinéenne, le colonel Mamadi Doumbouya, en présence des présidents des institutions républicaines, des responsables des forces de défense et de sécurité et des corps diplomatique et consulaire accrédité en Guinée.

Après le cérémonial d’accueil, le colonel Mamadi Doumbouya a conduit son hôte au salon d’honneur de l’aéroport, où les deux chefs d’État se sont entretenus brièvement, avant de rallier l’hôtel où le président sierra-léonais va résider pendant son séjour.

Pour l’heure, on ne connaît pas la durée de cette visite d’Etat de Julius Maado Bio, la première du genre Guinée depuis le coup d’État du 05 septembre 2021, qui a renversé le président Alpha Condé.

À suivre !

Mohamed Guéasso DORÉ pour Guineematin.com

Tel. +224 622 07 93 59 

Lire

Les mots et les maux du ministre

11 octobre 2021 à 9 09 16 101610

Monsieur le Premier ministre,

Ayant exercé de très hautes responsabilités dans ce pays, je sais que vous êtes très sollicité en ce moment. Ce qui fait que cette lettre a peu de chance d’être reçue, lue et examinée comme je le souhaite. Qu’à cela ne tienne, je vous l’adresse malgré tout dans l’espoir que mon nom à lui seul suffira pour vous inciter à la lire. 

Tout d’abord, permettez-moi de vous adresser mes vives et sincères félicitations suite à votre nomination au poste de Premier ministre. Je vous souhaite tout le succès pour mener à bout votre noble mais exaltante mission. Par ces lignes, je puis vous assurer de tout mon soutien et de toutes mes bénédictions. Et ce indépendamment de la satisfaction ou non de ma sollicitation. 

Monsieur le Premier ministre,

C’est après avoir pesé le pour et le contre, les avantages et les inconvénients, la réussite et l’échec de ma sollicitation que j’ai enfin décidé de vous adresser cette lettre. L’objectif est de vous expliquer un certain nombre de choses et solliciter votre soutien pendant cette période de traversée du désert à laquelle je suis confronté. En contrepartie, je vous ferai une proposition plus loin qui nous permette à chacun de tirer profit d’une collaboration secrète. 

Comme vous le savez, les anciens membres du gouvernement traversent une période qui est tout sauf enviable. Je n’échappe pas à cette règle. Hués souvent en public, stigmatisés par les voisins, nous faisons la risée de nos familles. A cela s’ajoute la pression exercée sur les nouvelles autorités afin de nous exclure de la vie politique. Et c’est ce dernier point qui est le véritable objet de ma lettre. 

Monsieur le Premier ministre, 

En homme d’expérience, je ne vous apprends rien en vous disant que tous les membres de l’ancien gouvernement ne sont pas coupables de tout ce qu’on nous reproche. Si tous sont responsables c’est peut-être du point de vue moral. A cause notamment de la solidarité gouvernementale. Sinon il y avait parmi nous des gens qui étaient totalement marginalisés pour certaines décisions. Je fais partie de ces gens-là. Je n’ai jamais pris part à une réunion au cours de laquelle une décision contraire à l’intérêt national a été prise. Si j’ai eu la malchance de ne pas me désolidariser de cette histoire de troisième mandat, je n’ai pas non plus joué un rôle de premier plan. Bref, j’’étais au service de la nation et non à celui d’un homme.

Je voudrais vous prier donc de faire le tri entre les bons et les mauvais. Je dirai entre les mauvais et les pires. Mais la sanction collective n’est pas une solution. Connaissant votre humanisme et votre sens de persuasion, je vous prie d’essayer de convaincre votre parton afin que lui-même fasse ce tri nécessaire. Il ne s’agit pas de nous réhabiliter immédiatement. Mais il s’agirait d’éviter de diaboliser tous les anciens. 

Monsieur le Premier ministre, 

Vous conviendrez avec moi que si vous faites table rage sur le passé en excluant tous ceux qui ont géré une parcelle de responsabilité hier vous vous priverez des expériences et des compétences non négligeables. D’où, encore une fois, la nécessité de faire le tri. Personnellement, je pourrai vous être utile directement ou indirectement, officiellement ou officieusement. 

Voilà donc ce que je vous propose : essayer de persuader votre patron de ne pas loger tous les anciens dans la même enseigne. Plus tard, faire appel à certains d’entre nous dont moi bien évidemment pour vous aider à conduire le navire à bon port. 

En contrepartie, je vais vous rendre un service précieux. Comme vous pouvez l’imaginer, dans pareil cas, il y a une certaine solidarité que les anciens membres du gouvernement, devenus les nouveaux parias de la société, entretiennent. De cette union de survie que nous allons former, germera infailliblement l’idée de mettre des bâtons dans les roues des nouvelles autorités. Eh bien, je vais être cet agent double qui vous rapportera tout ce qui se trame. 

Comme vous le savez Monsieur le Premier ministre, l’armée la plus puissante au monde ne peut rien face à l’ennemi si elle n’est pas bien informée. De même, un gouvernement ne peut réussir que s’il est bien informé. Et comme dit l’adage, la vie est un prix qui n’est pas toujours convenu à l’avance. Je veux que vous travailliez à mon intégration future. De mon côté, je vais vous fournir les informations les plus précieuses. 

Espérant que je vous ai pas vexé dans mon exposé, et si tel était le cas vous m’en pardonnez, je vous prie de garder strictement confidentielle cette correspondance. Si vous voulez me répondre, je vous prie de passer par la même personne qui vous a apportera cette lettre qui, je l’espère ne sera pas la dernière. 

Le ministre, Habib Yembering Diallo, joignable au 664 27 27 47

Toute ressemblance entre cette histoire ministérielle et une autre n’est que pure coïncidence.

Lire

Julius Maada Bio à Conakry : la Guinée s’ouvre à la communauté internationale

11 octobre 2021 à 8 08 51 105110
Le général Julius Maada Bio, Président de la République de Sierra Léone

Par Mandian Sidibé : Ce lundi, 11 Octobre 2021, dès 8h30, Conakry accueillera son tout premier illustre hôte version CNRD, pour une visite d’amitié et de travail. Un président dont le pays entretient d’excellentes relations d’amitié avec la Guinée. La visite du président Julius Maada Bio de la Sierra-Leone revêt deux objectifs majeurs, qui permettent de trouver de nouveaux axes de coopération entre Conakry et Freetown. 

Tout d’abord, cette visite officielle symbolise la reconnaissance, par un voisin  immédiat de la Guinée, de la prise du pouvoir par le Comité National du Rassemblement pour le Développement. Elle marque,

ensuite, l’ouverture de la Guinée à la Communauté Internationale et caractérise une véritable lueur d’espoir pour le meilleur qui est à venir sous la clairvoyante direction de Son Excellence Monsieur le Président de la République, le Colonel Mamadi Doumbouya. 

L’ouverture de la Guinée au monde, oui. En bonne et due forme, d’autant plus que dès son avènement au pouvoir, le CNRD, soucieux du rétablissement des relations de bon voisinage, a progressivement ouvert les frontières injustement et unilatéralement fermées par l’ancien régime guinéen. Avec le CNRD, la Guinée est redevenue un pays fréquentable. Et qui d’autres, mieux que les voisins immédiats, pour le prouver? Personne…..

L’espoir, pas des moindres, est désormais permis, en ce sens que la visite du Président Maada Bio est un signal envoyé au monde entier, quant à la légitimité populaire du CNRD et de Son Excellence le Colonel Mamadi Doumbouya. La visite supra-mentionnée devrait ouvrir la voie à d’autres Chefs d’Etat et de gouvernement à fouler le sol africain de Guinée.

Lentement, mais sûrement, le jeune intrépide Colonel Mamadi Doumbouya est en train de poser les jalons d’une Démocratie vraie en Guinée. Il n’y a pas meilleure aide et/ou assistance de la Communauté Internationale que celle d’accompagner, avec sérieux et sincérité, le CNRD et son Champion.

Nous y reviendrons…

Mandian SIDIBE, Journaliste, Ancien Directeur Général de la radio « Planète FM « 

Lire

Attaque du groupe Djoma média ! Déclaration du syndicat de la presse privée

11 octobre 2021 à 6 06 31 103110

Réuni en séance extraordinaire ce samedi 9 octobre 2021 à Conakry, le bureau exécutif du syndicat des professionnels de la presse de Guinée (SPPG) a entre-autres examiné les plaintes des journalistes évoquant des difficultés d’accès à l’information publique pendant la couverture des événements du CNRD comme les consultations nationales tenues courant septembre au palais du peuple ou encore, la cérémonie d’investiture du président de la République le 1er octobre 2021, au palais des nations. Le dernier cas en date est lié à la prise de fonction du premier ministre installé le 8 octobre 2021, à la Primature où les journalistes de la presse privée ont été chassés de la cour par des bérets rouges.

Vu le prix que le SPPG attache à la sécurité des journalistes comme le témoigne le point 3 de son mémo du 20 septembre adressé au président du CNRD, et foncièrement jaloux du principe non négociable de la liberté de la presse, le bureau a mandaté le Secrétaire Général du SPPG à l’effet d’échanger d’abord avec le service communication de la Primature. Ensuite, avec le service presse de la présidence de la République sous CNRD ce, pour écouter leurs versions des faits mais aussi, rappeler la nécessité de respecter le droit pour les journalistes, d’accéder librement aux informations d’intérêt national. Après avoir réalisé ces échanges comme prévu, le bureau exécutif a adressé des notes écrites aux nouvelles autorités par le biais des services sus-mentionnés. 

Si nos interlocuteurs disent n’avoir été témoins de quelconque traitement dégradant à l’encontre des reporters puisque n’étant pas présents dans la cour de la Primature au moment des faits, chacun d’eux affiche la volonté d’oeuvrer pour garantir aux journalistes, le droit d’accès à l’information publique; répondant ainsi à la préoccupation numéro 4 exprimée dans notre mémo du 20 septembre. 

  En tout état de cause, le SPPG rassure les journalistes qu’il reste encore déterminé plus qu’hier à défendre leurs droits et la liberté de la presse. Il les invite donc à poursuivre sereinement la noble mission d’informer le public tout en veillant au respect des règles d’éthique et de déontologie.

Conakry, le 10 octobre 2021

Le SPPG

Lire

Déclaration de l’Urtelgui suite à l’agression armée contre le Groupe Djoma Médias

11 octobre 2021 à 5 05 43 104310
Aboubacar Camara, président de l’URTELGUI

L’Union dés Radiodiffusions et Télévisions Libres de Guinée (Urtelgui), a été édifiée, au cours d’une réunion tenue dans les locaux du Groupe Djoma Médias, sur les circonstances de l’agression armée, dont ce membre de notre Union a été victime dans la nuit de samedi à dimanche 10 octobre 2021.

Le Bureau exécutif de l’Urtelgui, a ainsi pu faire le constat de la situation et visualiser les images de la scène filmée par les caméras de sécurité du Groupe Djoma Médias. 

Des témoignages recueillis sur les lieux par les membres de l’Urtelgui, ils résultent que cette descente inopinée et illégale a été effectuée par des hommes armés se revendiquant du Groupe des forces spéciales.

Au cours de cette agression nocturne menée par les deux individus armés, des coups de feu ont été tirés, faisant deux blessés.

L’Urtelgui condamne énergiquement cette agression armée et ciblée de la part d’éléments présumés issus de l’Unité d’élite anciennement commandée par le Président de la transition, le Colonel Mamady Doumbouya.

L’Union des Radiodiffusions et Télévisions Libres de Guinée exige des explications rapides sur les circonstances de cette agression armée, suivies de sanctions appropriées contre ses auteurs et commanditaires conformément au communiqué du CNRD afférent à de tels agissements de la part des forces de défense et de sécurité guinéennes.

Enfin, l’Utergui, indépendamment desdites sanctions, se réserve le droit de poursuivre en justice les auteurs de cette agression.

Le Bureau Exécutif de l’Ultergui

Lire