Déguerpies au mois de mars dernier par le gouvernement du régime Alpha Condé, les emprises de la route sont de nouveau réinvesties à Conakry par certains citoyens à la quête du quotidien. Mais, cette réinstallation n’est pas du goût des nouvelles autorités (le CNRD) de la Guinée. D’ailleurs, en début de weekend dernier, le comité national du rassemblement pour le développement a, dans un communiqué, exprimé son « regret » face à ces « occupations anarchiques qui causent des dommages aux usagers de la route, augmentent les risques d’insécurité et ternissent l’image de la ville » de Conakry.

Et, le président de la transition, Colonel Mamadi Doumbouya, a ordonné le « déguerpissement immédiat » de tous ceux qui ont réoccupé les emprises des voiries de la capitale. Une décision que les autorités communales de Conakry se sont hâtées à faire respecter dans les marchés, rapporte Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

Au grand marché de Madina (dans la commune de Matam), aucun étale n’est visible sur le pont Niger où des femmes ont l’habitude d’exposer de petits bijoux et des articles divers. Seuls quelques vendeurs ambulants s’y trouvent. Les autorités ont fait déguerpir de cet endroit tous les encombrants physiques. Et, la police communale veille au respect de la mesure. Les agents sont prêts à embarquer la marchandise de quiconque vient occuper les lieux.

Mamadou Diallo

« Les gens semblent respecter les décisions. Même le samedi, ils étaient beaucoup à venir assainir tout le long de ce pont. Vous voyez qu’actuellement personne n’est ici ; car, s’ils (les autorités) te trouvent ici avec ton bagage, ils vont le confisquer. C’est ce que les gens craignent le plus. C’est la police communale de Matam qui s’en charge souvent. Néanmoins, les vendeurs ambulants viennent ici vers 13 heures pour occuper les lieux, mais pas pour longtemps », a expliqué Mamadou Diallo, vendeur sur le pont Niger.

Au marché Enco5 (dans la commune de Ratoma) les vendeuses qui occupaient quasiment la moitié de la route se sont retranchées derrière les murets. Egalement, les jeunes vendeurs de friperie ont rejoint l’intérieur du marché pour éviter des problèmes avec la police communale.

Le constat est le même au marché Sonfonia où certains vendeurs ambulants et la police communale jouent au chat et à la souris sur le trottoir.

Fally Soummah

« La décision est bonne. Parce qu’avant nous vendions ici et cela créait beaucoup d’embouteillages. Les voitures ne pouvaient passer de manière fluide et cela entraînait un retard net pour les usagers de cette route… Rien n’a changé concernant mon marché, je me dis que c’est Dieu qui envoie les clients. En plus, ce n’est pas la route qui va te donner de l’argent, c’est plutôt les gens. Donc, j’ai vraiment aimé cette décision. Beaucoup de vendeurs sont furieux, mais je crois que c’est la meilleure décision que les autorités ont prise », a indiqué Fally Soummah, vendeur au marché de Sonfonia.

Rencontré au marché de Sonfonia, Alpha Conté, garde communal de Ratoma, a salué la bonne collaboration des vendeurs dudit marché. Mais, il a également déploré l’entêtement des vendeurs ambulants qui envahissent la chaussée à tout bout de champ.

Alpha Conté

« Les gens coopèrent ici, on est venu trouver qu’ils sont même entrés dans le marché. Ils sont derrière les murets. Le problème que nous rencontrons, c’est avec les vendeurs ambulants qui ne respectent pas la mesure. On est souvent obligé de confisquer leur marchandise. Et, pour les personnes qui refusent de respecter les règles, nous prenons tout juste leurs biens pour les emmener au commissariat jusqu’à 18 heures », a précisé Alpha Conté.

Diarouga Aziz Balde pour Guineematin.com

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