Lenteur dans la formation du gouvernement ? « Je ne sais pourquoi les gens s’inquiètent » (Dr Zoutomou)

15 octobre 2021 à 20 08 45 104510
Dr Edouard Zoutomou Kpogomou, président de l’UDRP (Union Démocratique pour le Renouveau et le Progrès)

Un peu plus d’une semaine après la nomination du Premier ministre de la transition, le gouvernement qu’il va diriger n’est pas encore connu. Face à cette situation, certains Guinéens commencent à s’impatienter, dénonçant une lenteur dans la formation du gouvernement de la transition. Mais, le président de l’Union démocratique pour renouveau et le progrès (UDRP) ne partage pas cet avis. Dr Edouard Zoutomou Kpoghomou ne trouve jusque-là aucune raison de s’inquiéter par rapport à la nomination du gouvernement de Mohamed Béavogui.

« Je ne sais pourquoi les gens s’inquiètent. Vous savez, la Guinée a des problèmes particuliers. Et quand on a des problèmes particuliers, il faut prendre toutes les dispositions pour pouvoir les résoudre de façon définitive. Moi, je considère la mission qui a été confiée au Premier ministre comme un projet. Alors, c’est comme si vous êtes un pilote, on vous donne Boeing et on vous dit de piloter. Vous allez rentrer là-dedans et puis partir, ou alors vous allez vous rassurer que tout est en ordre pour que si vous preniez votre envol vous n’ayez pas de couacs ? Moi, je crois que c’est ce que l’autre est en train de faire.

On lui a confié un problème et la profondeur du problème est telle qu’il faut qu’il rassure et qu’il s’entoure de toutes les garanties. Donc, pour moi, il ne prend pas de temps inutile. On lui a donné un délai et comme vous le savez, généralement, les ingénieurs quand ils travaillent, il y a des contraintes de coût, de qualité et de temps. On lui a dit qu’à la fin de ce mois, il faut qu’il présente un programme au président de la transition, il est en train de travailler. Et moi, je veux qu’il prenne ce temps pour essayer de décortiquer, connaître et évaluer les cadres avec lesquels il va travailler. Un retard d’une semaine, deux semaines, ça ne va pas porter un coup à l’atteinte de ses objectifs.

L’important, c’est d’avoir des cadres réels, compétents, intègres, patriotes. Sinon, on reviendra à la case départ. Comme vous le savez, on a habitué le Guinéen au laxisme. Sinon, si on ne voulait pas que les gens travaillent, on n’allait pas donner la latitude aux secrétaires généraux de conduire les départements ministériels, de conduire les affaires courantes. Quand quelqu’un vous dit aujourd’hui qu’il attend le nouveau gouvernement, c’est des gens qui ne sont pas en train de faire leur travail. L’Etat, c’est une continuité. Et la Guinée a tellement de problèmes qu’il faut les prioriser. Et c’est ce que le Premier ministre est en train de faire », a dit le président de l’UDRP.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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Siguiri : retour triomphal de Moussa Tatakourou Diawara dans son village

15 octobre 2021 à 20 08 30 103010

Pour la première fois depuis six ans, Moussa Tatakourou Diawara a foulé le sol de son village natal ce vendredi, 15 octobre 2021. Un retour triomphal pour l’ancien journaliste et farouche opposant au régime Alpha Condé, qui a été accueilli par une foule en liesse.

Une vive émotion a caractérisé le retour de Moussa Tatakourou Diawara dans le village qui l’a vu naître. Les habitants de Tatakourou, une sous-préfecture située à 40 kilomètres de la ville de Siguiri, se sont fortement mobilisés pour réserver un accueil chaleureux à un digne fils, qui a été contraint à l’exil à cause de ses convictions.

Journaliste dans une radio privée de Kankan, Moussa Tatakourou Diawara a dû quitter la Guinée en 2015, en raison de ses critiques à l’égard du pouvoir d’Alpha Condé. Il est parti d’abord au Sénégal, puis en France. Pendant ses années d’exil, il n’a cessé de critiquer le défunt régime sur les réseaux sociaux.

Comme beaucoup d’autres exilés politiques, cet influenceur sur les réseaux sociaux est rentré en Guinée après la prise du pouvoir par le CNRD, la junte militaire qui a renversé le président Alpha Condé.

Moussa Tatakourou Diawara

De Tatakourou, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com 

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Conakry : l’UGAM célèbre la journée internationale de la canne blanche

15 octobre 2021 à 19 07 42 104210

L’Union guinéenne des aveugles et malvoyants (UGAM) a célébré ce vendredi, 15 octobre 2021, la journée internationale de la canne blanche. La cérémonie a été organisée à la Bluezone de Kaloum, en présence des représentants du ministère en charge des personnes vulnérables, de l’ONG Sightsavers, du Lions club Conakry et du collectif des auto-écoles de Guinée, a constaté un reporter de Guineematin.com qui était sur place.

La célébration de cette journée a débuté avec la déambulation de la canne blanche par des personnes malvoyantes de la Bluezone au carrefour Cellcom et du carrefour Cellcom à la Bluezone. S’en est suivi une animation culturelle, avant les allocutions des différents intervenants. Dans son discours, le secrétaire général de l’Union guinéenne des aveugles et malvoyants a rappelé l’origine de la célébration de la journée internationale de la canne blanche.

Bakary Mansaré, SG de l’Union guinéenne des aveugles et malvoyants

« En 1930, la jeune parisienne, Iderdemond, constata que les piétons et les automobilistes ne portent pas attention aux aveugles et aux malvoyants. S’inspirant alors des bâtons blancs des agents de police, elle parvient alors à convaincre la préfecture de police d’autoriser la canne blanche aux aveugles et malvoyants. Cette initiative audacieuse et novatrice fut très rapidement connue et suivie en France et dans le monde », a rappelé Bakary Mansaré.

La journée internationale de la canne blanche est une occasion de sensibiliser le public à l’outil qui permet chaque jour d’aider les déficients visuels à se déplacer de manière autonome. En Guinée, l’Union guinéenne des aveugles et malvoyants a mis l’occasion à profit pour sensibiliser les transporteurs, les agents de sécurité, les usagers de la route et les responsables des auto-écoles, afin qu’ils comprennent tous la nécessité de promouvoir et de valoriser la canne blanche.

« Nous invitons le président de la coordination des auto-écoles, à déployer toute son énergie pour introduire dans les centres d’apprentissage automobile, l’enseignement des règles de conduite à suivre lorsque les automobilistes sont en face d’une personne handicapée visuelle. En effet, le non-voyant ou le malvoyant peut traverser la chaussée en toute sérénité sans être accompagné, si ces automobilistes prêtent attention à sa canne.

Il faut que la reconnaissance et le respect de la canne blanche soient acceptés dans notre société comme une culture à laquelle toutes les mentalités doivent pleinement adhérer. Aussi, l’État guinéen, à travers le ministère de l’action sociale et le ministère des transports, doit nécessairement nous accompagner, afin que la canne blanche soit connue dans tout le pays », a lancé Bakary Mansaré, secrétaire général de l’Union guinéenne des aveugles et malvoyants.

Fodé Condé, président du collectif des auto-écoles de Guinée

Présent à la cérémonie, Fodé Condé, président du collectif des auto-écoles de Guinée, a promis de prendre en compte cette doléance. « Au nom du collectif des auto-écoles, je passerai le message à toutes les auto-écoles de Guinée pour que l’événement-là soit vraiment restauré maintenant dans nos programmes de formation en code de route parce que nous sommes des agents vecteurs. Et surtout, tous les candidats désirant avoir des permis auront la connaissance de la canne blanche », a-t-il rassuré.

Mme Kourouma Sama Kaba, SG du ministère de la promotion féminine, de l’enfance et des personnes vulnérables

De son côté, la secrétaire générale du ministère de la promotion féminine, de l’enfance et des personnes vulnérables, s’est félicitée de la volonté exprimée du CNRD, de promouvoir les personnes handicapées. « Au regard des changements intervenus dans notre pays, nous nous réjouissons de la prise en compte de la dimension handicap par les nouvelles autorités. Pour avoir accepté de recevoir et écouter solennellement les organisations de protection des personnes handicapées d’une part, et d’autre part, pour les avoir prévus au sein du Conseil national de la transition », a dit Mme Sama Kaba.

Diarouga Aziz Baldé pour Guineematin.com 

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Séquestration et viol sur mineur à Pita : une ligne de défense qui pourrait faire libérer l’accusé au bénéfice du doute

15 octobre 2021 à 18 06 34 103410

Mamadou Yéro Bah, 21 ans poursuivi pour séquestration et viol sur une certaine Fatoumata Binta âgée, dit-on, de 13 ans a profité de la faiblesse de l’acte d’accusation pour utiliser une ligne de défense qui pourrait le faire libérer au bénéfice du doute, rapporte un correspondant de Guineematin.com en Moyenne Guinée.

L’acte d’accusation présente l’infraction comme si Mamadou Yéro Bah a enfermé la présumée victime Fatoumata Binta dans sa chambre à coucher et l’a violé pendant 16 jours. Mais, les débats organisés autour de cette affaire ont démontré au Tribunal de Première Instance (TPI) de Pita que la chambre dont il est question n’a pas de douche interne. Cela voudrait dire qu’on ne peut y interner une personne pendant 16 jours.

Dans sa version des faits, Mamadou Yéro Bah, conducteur de Taxi-Moto, a expliqué qu’il vit avec Fatoumata Binta depuis belle lurette.

« Chaque jour je dépose la fille chez sa copine qui nous a mis en relation, continuer mon boulot. Après la journée de travail, je passe la reprendre. Parfois, je rentre trouver qu’elle m’attend avec mes sœurs » a-t-il expliqué en substance.

L’absence de Fatoumata Binta a beaucoup joué en faveur de l’accusé : « Je voudrais être confronté avec Fatoumata Binta. Elle ne peut pas vous dire qu’elle a été forcée. Elle est consentante dans nos relations » a-t-il ajouté.

Pour l’avocat de la défense, aucun extrait de naissance n’a été versé au dossier pour prouver la minorité de Fatoumata Binta. Et son absence à l’audience a semé le doute sur la notion de « séquestration » chez le représentant du Ministère Public : « le doute profite à l’accusé » s’exclame la défense de Mamadou Yéro Bah.

S’appuyant alors sur les dispositions de l’article 497 du code de procédure de pénale qui demande au juge de rendre la décision sur la base des pièces qui ont été discutées devant lui, Maître Lanciné Condé estime Mamadou Yéro Bah doit être libéré au bénéfice du doute.

Un autre dossier mis en délibéré pour décision être rendue ce vendredi. Au moment où nous mettions cette dépêche en ligne les débats se poursuivaient à huit clos au Tribunal de Première Instance (TPI) de Pita sur un second dossier de viol sur mineur. 

Depuis Pita, Idrissa Sampiring Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 622 269 551 & 657 269 551 & 660 901 334  

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Retard de la nomination du gouvernement : Faya Millimouno « trouve que c’est une bonne chose »

15 octobre 2021 à 18 06 31 103110
Dr Faya Millimouno, président du parti Bloc Libéral

Près d’un mois et demi après la prise du pouvoir par le CNRD (la junte militaire qui a renversé le président Alpha Condé), les Guinéens attendent toujours de connaître le gouvernement de la transition. Aujourd’hui, beaucoup commencent à s’agacer et dénoncer le retard de la nomination des membres de l’équipe gouvernementale que va diriger Mohamed Béavogui. Mais, Dr Faya Millimouno, lui, a une position contraire. Dans un entretien qu’il a accordé à Guineematin.com, ce vendredi 15 octobre 2021, le président du Bloc Libéral a déclaré que ce retard est une bonne chose.

« Aussi surprenant que cela puisse paraître, je trouve que c’est une bonne chose. Dans une de mes communications, j’ai dit que le gouvernement est un mal, mais qui est nécessaire ; mais, ça demeure un mal. Je veux au moins que les Guinéens comprennent que ça fait bientôt deux mois, on n’a pas de gouvernement, mais la Guinée fonctionne. Les hôpitaux peuvent fonctionner correctement, les écoles peuvent rentrer. En tout cas, le service public devait continuer sans souffrir d’aucune entorse, malgré l’absence du gouvernement. Si cela amène à faire une prise de conscience que les gouvernements pléthoriques deviennent pires pour nous, cela sera une excellente chose.

Il faut que nous travaillions tous pour avoir une administration publique professionnalisée, impersonnelle, composée d’hommes et de femmes qui savent ce pourquoi ils ont été embauchés. Si cela fonctionne correctement, on aura un jour un gouvernement à minima et le pays va fonctionner. Si les salaires des travailleurs sont payés à temps et que ceux-ci travaillent correctement, il n’y a pas à se plaindre. Cela donne l’argument aux Guinéens demain pour dire qu’un gouvernement de 30 personnes, c’est un gâchis », a-t-il laissé entendre.

Pour le président du BL, cette fois-ci, si la nomination du gouvernement retarde, « c’est parce qu’on est en train de chercher des bonnes personnes. Beaucoup de gouvernements qu’on a connus par le passé, c’était un recyclage. C’est les mêmes qui sont là et qui sont connus depuis 20 ou 30 ans. Il suffisait juste de rétablir leur liste et on publie. Cette fois-ci, il ne suffit pas que quelqu’un dise qu’il a un doctorat ou un master pour que tu croies à cela. Il faut qu’il y ait une enquête de moralité.

Chez nous, c’est des choses auxquelles on n’est pas habitué. Mais, si on veut des cadres intègres, aux commandes de notre pays, ça, c’est des choses classiques. Donc, pour moi, le Premier ministre a été nommé il y a un peu plus d’une semaine et pour trouver des gens compétents et intègres, il faut beaucoup de détails. Car ils n’ont pas droit à l’erreur, parce que l’image que va présenter ce gouvernement sera déjà un motif d’espoir ou de désespoir », a dit Dr Faya Millimouno. 

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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Dr Aliou Barry alerte : « je crains fort que cette transition soit une copie de celle de 2010 »

15 octobre 2021 à 15 03 06 100610

Un mois et dix jours après l’avènement du CNRD (la junte militaire qui a renversé le président Alpha Condé) au pouvoir, certains Guinéens commencent à avoir des inquiétudes quant à la réussite de la transition qui s’amorce dans le pays. C’est le cas notamment de Dr Aliou Barry, chercheur et directeur du Centre d’analyse et d’études stratégiques (CAES). 

Il s’inquiète notamment du flou qui existe jusque-là autour de la durée de la transition, de la volonté des autorités de la transition d’organiser séparément toutes les élections, de la base au sommet, ou encore du culte de la personnalité qui se crée autour du colonel Mamadi Doumbouya. Pour l’intellectuel guinéen, si ces problèmes ne sont pas rapidement résolus, cette transition risque d’échouer comme celle de 2010. Il l’a dit dans une interview qu’il a accordée à Guineematin.com hier, jeudi 14 octobre 2021.

Décryptage ! 

Guineeatin.com : pour commencer, parlez-nous du Centre d’analyse et d’études stratégiques (CAES) que vous dirigez.

Dr Aliou Barry, chercheur et directeur du Centre d’analyse et d’études stratégiques

Dr Aliou Barry : le Centre d’analyse et d’études stratégiques (CAES) est un centre privé de veille stratégique d’utilité publique, qui a été créé en février 2021 par des chercheurs guinéens de l’intérieur et de la diaspora, dont le but est d’informer les politiques publiques et pour répondre surtout aux attentes des décideurs politiques dans le cadre des problématiques liées aux questions stratégiques. En fait, notre objectif réel, c’est de conseiller tous ceux qui ont en charge la destinée de ce pays. 

Ce centre a été créé il y a moins d’un an et depuis, on a commencé à fonctionner et on a mis en place ce qu’on appelle les vendredis du CAES. Ce sont des conférences qui se tiennent un vendredi par mois, où on essaie de développer des thématiques liées à la situation géopolitique de la sous-région et notamment de la Guinée. Le CAES travaille sur quatre axes principaux. Le premier axe, c’est la transformation des institutions de défense et de sécurité pour répondre aux besoins de stabilité politique et sociale. Vous savez très bien que les institutions de défense ont une place importante dans la stabilité des États. 

Le deuxième axe tourne autour du renforcement de l’arbitrage institutionnel dans une perspective de crédibiliser le processus électoral. Tout le monde le sait, ici, les violences sont souvent consécutives à la mauvaise organisation des processus électoraux. Le troisième axe tourne autour de tous les mécanismes de justice distributive et d’égalité politique dans le souci d’une sécurité publique. Et enfin, le quatrième axe tourne autour de la coopération régionale et internationale en matière de renforcement des capacités de l’État guinéen. 

On a tenu une première conférence en début du mois d’octobre, qui tournait autour du militaire. Pourquoi les coups d’État en Afrique et comment en sortir ? La deuxième conférence aura lieu ce vendredi, 15 octobre et elle sera axée sur le thème : Penser et réussir la transition en Guinée. Et ces conférences que nous organisons dans le cadre des vendredis du CAES, on les a appelées les conférences Diallo Telli. 

Guineematin.com: pourquoi cette appellation ?

Dr Aliou Barry : parce que le centre d’analyse a voulu honorer ce monsieur qui dans son parcours, je suis plus que convaincu et beaucoup de Guinéens le savent, a été le Guinéen qui a le mieux symbolisé la Guinée à l’échelon international. C’est lui qui a participé à la reconnaissance de la Guinée aux Nations unies en 1958. C’est aussi ce monsieur qui a fait deux mandats à la tête de l’organisation de l’unité africaine, devenue aujourd’hui union africaine. Malheureusement, il a été victime de la purge de M. Sékou Touré. Donc, parce qu’on a cette démarche de veille politique et stratégique, nous avons voulu à travers ces conférences, honorer la mémoire de M. Diallo Telli.

Guineematin.com : avec quelles personnes ressources travaillez-vous dans la réalisation de vos activités ?

Dr Aliou Barry : on travaille avec beaucoup de chercheurs, notamment en Guinée, bien qu’on ait des difficultés à trouver des chercheurs, mais le centre est ouvert aussi aux chercheurs de la diaspora. On a des Guinéens qui sont anthropologues en France et aux États-Unis et nous comptons se saisir de cette période de transition pour ne pas tomber dans le débat public très rapide. C’est de participer vraiment à une analyse permettant à ceux qui sont censés diriger cette transition, d’ouvrir les yeux et de permettre que cette transition ne soit pas une pâle copie de la transition de 2010. 

Guineematin.com : comment se déroulent ces « conférences Diallo Telli » ?

Dr Aliou Barry : actuellement, compte tenu de la pandémie du Covid-19, les conférences se font en deux manières. La première, on l’a fait en présentiel au niveau de la salle de conférence du centre et via zoom, avec des chercheurs. Les intervenants étaient tous à l’étranger. Les présentiels, ce sont des chercheurs guinéens qui étaient en place. La deuxième conférence, qui se tient ce vendredi, on la fait entièrement via zoom. Elle connaître la participation de trois principaux chercheurs, dont deux qui sont en France et le Sénégalais Alioune Tine que tout le monde connaît.

Il a fait beaucoup de travaux sur les questions des droits de l’homme en Guinée, parce qu’il était le président de la RADDHO, et il a créé un think tank qui s’appelle Afrizoom. Il y aura aussi Mme Dominique Bangoura qu’on présentera au cours de la conférence, qui est Docteur d’Etat, spécialiste des questions de politiques. Elle travaille aujourd’hui à Abidjan au niveau de l’institut d’études stratégiques. Il y aura également M. Tété Mady Bangoura, qui a travaillé longtemps au niveau de la CEDEAO, il a participé même au règlement du litige de l’île de Bakassi, au Cameroun. Un litige qui opposait le Cameroun et le Nigeria. Ils ont beaucoup participé aux différentes transitions qui ont eu lieu en Afrique et ils vont livrer leur message et leur analyse sur la transition qui se déroule actuellement en Guinée.

Guineematin.com : puisqu’on parle de la transition en Guinée, selon vous, que faut-il faire pour réussir cette transition ?

Dr Aliou Barry : c’est justement ce qui sera l’objet de la conférence. Nous vous remercions de relayer cette conférence via votre page Facebook. En fait, on est partis du postulat selon lequel, 2010 a été une transition qui n’a pas réussi. C’est pourquoi d’ailleurs, on a abouti à un régime autoritaire et autocratique comme celui qu’on a connu de 2010 à 2021. Je pense que si les bases réelles d’une vraie transition avaient été jetées en 2010, on n’aurait pas abouti à un régime de M. Alpha Condé qu’on a connu. C’est pourquoi, cette fois-ci, on essaie de faire une analyse vraiment poussée pour dire comment porter un regard lucide sur la transition. 

Vous savez très bien, depuis le 05 septembre, jusqu’à date, on n’a pas la composition des membres du CNRD. Et l’erreur que beaucoup de gens commettent, on se focalise sur les institutions. En fait, une transition pour qu’elle réussisse, il faut faire une analyse lucide pour savoir pourquoi l’État guinéen, de 1958 à nos jours, n’a pas fonctionné. Il n’appartient pas bien sûr à un pouvoir de transition de refonder l’État. Je pense que c’est une erreur que commettent même les autorités de la transition. Par contre, une équipe de transition peut jeter une base pour une refondation de l’État. 

Et quand on parle de refondation de l’État, je pense que c’est tellement global qu’il faut aller dans le détail. Il s’agit ici de restructurer l’administration guinéenne qui pose problème. Je suis de ceux qui ne sont pas d’accord quand on parle de réconciliation nationale. Contrairement aux pays comme la Sierra Leone, la Côte d’ivoire, le Mali, où il y a eu des conflits, et d’ailleurs au Mali, la crise continue, en Guinée, il n’y a pas eu de conflit interne, il n’y a pas eu de crise interne, il n’y a pas eu de guerre civile. Donc, on ne peut pas parler de réconciliation en Guinée. Par contre, il y a un véritable problème entre les citoyens et l’administration guinéenne. 

L’administration guinéenne, depuis 1958, et ça s’est confirmé avec Alpha Condé, est complètement politisée. Donc, si on arrive à faire une refondation de cette administration, naturellement, on aboutira facilement à une entente entre les citoyens et l’administration. La deuxième chose qui est, à mon avis, le plus important, c’est le phénomène de l’impunité. Je ne vais pas remonter aux années 58, je prends juste les 11 années du pouvoir de M. Alpha Condé. Tout le monde a vu les violences politiques qu’il y a eues en Guinée et il n’y a eu aucune sanction. Si on dépolitise l’administration, on la déclanise et on lutte contre l’impunité, on ne parlera plus du problème de réconciliation, parce que les Guinéens eux-mêmes s’entendent. C’est un problème entre l’administration et les citoyens. 

Guineematin.com : quelle lecture faites-vous des actes posés jusque-là par le CNRD, depuis que cette junte militaire s’est emparée pouvoir ?

Dr Aliou Barry : moi, je m’étais réservé de pouvoir porter un jugement depuis le 05 septembre, parce que le colonel Mamadi Doumbouya (le président du CNRD) n’avait pas posé d’actes, il avait fait des promesses. Le premier acte qu’il a posé et qui me dérange un peu en tant que citoyen, c’est les derniers privilèges qu’il vient d’accorder à tous les généraux mis à la retraite. Je n’ai aucun reproche sur le fait qu’on envoie les gens en deuxième section ou à la retraite ; mais, dans un contexte de crise économique, dans un contexte où les étudiants tirent le diable par la queue, où la société guinéenne vit dans un seuil de pauvreté inexplicable, je ne vois pas pourquoi on arriverait à doter autant d’avantages à des gens qui avaient déjà des privilèges garantis quand ils étaient en fonction. 

Je ne vois pas l’utilité de donner un passeport diplomatique à un conjoint d’un général pour faire quoi ? Ces passeports diplomatiques serviraient à quoi ? Deuxièmement, en quoi on peut donner des dotations de carburant à des généraux qui, eux-mêmes étaient à l’abri du besoin. Je ne suis pas contre qu’on donne un traitement décent à des gens qui ont servi la nation, mais ce traitement doit être proportionnel à la situation économique du pays. Et là, c’est ce qui me dérange. Je me dis que c’est l’un des premiers mauvais actes posés. Et je souhaite vivement que les prochains actes n’aillent pas dans le même sens. Le deuxième acte que j’attends, c’est la formation de l’équipe gouvernementale.

Quelle sera la vision de la transition que le CNRD va mettre en place ? Parce que je crains fort qu’ils ne mélangent tout. Vouloir refonder le pays, réorganiser l’administration, vouloir organiser des élections, je pense que s’ils s’attèlent à tout ça, on est parti pour un pouvoir long et ça ne sera plus une transition. Une transition est limitée dans le temps. Moi, je suis incapable aujourd’hui de donner un délai, parce que le délai sortira du chronogramme ou du plan d’actions qu’ils vont mettre en place. Mais, à partir du moment où on dépasse une certaine durée, on n’est plus dans une transition. 

Malheureusement, dans les pays francophones, on prend vite goût au pouvoir. Même si l’intéressé qui est pouvoir s’en défend ou s’y oppose, petit à petit, on va l’amener à jouir des privilèges du pouvoir et ça c’est humain. C’est d’ailleurs pourquoi, j’ai des craintes dans cette transition qui se déroule aujourd’hui, parce que petit à  petit, on commence à ressentir un culte de la personnalité. Et là d’ailleurs même la presse, une certaine presse guinéenne contribue à cela. 

Et si vous lisez la charte de la transition, colonel Mamadi Doumbouya s’arroge de tous les pouvoirs et si en plus on le pousse au culte de la personnalité comme on le voit déjà sur tous les frontons des édifices publics un grand poster où c’est écrit la Guinée d’abord, je voudrais bien. Mais, petit à petit, on va amener à fabriquer un autre autocrate. Donc, je crains fort que si la durée n’est pas fixée dans le temps, qu’on tombe dans la transition de 2010. Je crains fort que cette transition soit une copie de la transition de 2010.

Guineematin.com : si on vous demandait aujourd’hui de donner des conseils à cette junte militaire pour éviter les erreurs du passé, comme eux-mêmes le disent, que leur diriez-vous ?

Dr Aliou Barry : à mon avis, le chantier le plus important et qui est facile à faire, c’est qu’au-delà du processus électoral qui est l’action majeure d’une équipe de transition, c’est la dépolitisation de l’administration. Parce que je vois mal comment, même cette équipe de transition, peut réussir avec une équipe qui est en place depuis 2010 et qui a été complètement politisée. Vous avez vu comme moi, durant toutes les élections passées, tous les fonctionnaires étaient sur le terrain en train de faire campagne : les magistrats, les fonctionnaires des départements ministériels, tout le monde. L’administration guinéenne aujourd’hui, c’est l’administration la plus politisée. 

Si vous rajoutez à cela que les recrutements à la Fonction publique ont été faits sur des critères non objectifs, des critères familiaux ou claniques, je ne vois pas comment cette équipe peut réussir une transition, si on ne fait pas un toilettage de l’administration guinéenne. A mon avis, c’est une action fondamentale. La deuxième chose, il faudra que les objectifs soient clairs et fixés avec les forces vives. Je ne pense pas que le CNRD tout seul va décider. Quand ils disent par exemple, on va organiser toutes les élections, le président qui va arriver, il n’aura que des actions de développement, un président de la République, légitimement élu, je ne pense pas que son rôle c’est uniquement de faire des actions de développement. 

Il n’appartient pas au CNRD de décider de faire toutes les élections sans associer les principaux acteurs, notamment la classe politique. Je pense qu’il faudra s’inspirer de ce qui se passe dans la sous-région. Il y a des pays comme la Sierra Leone et le Bénin qui ont réussi à organiser toutes les élections en même temps. Si on séquence les élections, on dit qu’on commence par les locales, vous savez bien qu’il n’y a aucune élection qui se déroule dans le monde sans contentieux. Si vous commencez à élire les chefs des secteurs, des quartiers, ça va prendre admettons deux ou trois mois. 

Il y a des contentieux et on ne peut pas passer à une autre élection si on ne résout pas le contentieux né de cette élection passée. Si vous rajoutez les locales, les élections des maires et tout, il y aura des contentieux et il faudra les purger. Vous ajoutez à cela les élections législatives, je pense qu’on est parti pour 5 ans. Il est vraiment intéressant de s’inspirer de ce qui s’est passé ailleurs et qui a fonctionné. Je verrais bien qu’on commence par les élections locales pour tester le fichier, la solidité de l’organe chargé des élections ; mais, il faut absolument coupler les municipales, les législatives et la présidentielle. 

Guineematin.com : actuellement, ce sont les secrétaires généraux des ministères qui gèrent les départements ministériels. Il y a quelques jours, le Premier ministre de la transition, Mohamed Béavogui, les a rencontrés pour leur donner des instructions. Pour vous, faut-il maintenir ces cadres à leurs postes ou se débarrasser d’eux pour la réussite de cette transition ?

Dr Aliou Barry : moi, je présume qu’ils sont là pour la transition. Mais, une fois que la nouvelle équipe sera mise en place, il faudra absolument changer ces secrétaires généraux. On ne peut pas garder à un poste de secrétaire général quelqu’un qui a passé 10 ans à soutenir un régime autocratique et à battre même campagne. Ce n’est pas une question de chasse aux sorcières, mais c’est une question de réalité. On ne peut pas garder au sein d’un département, un secrétaire général qui s’est illustré dans la défense du tripatouillage constitutionnel. Ça, c’est une question de logique, sauf si l’équipe qui vient d’arriver ne veut pas que le pays change. 

C’est pourquoi, je dis que la seule crainte que j’ai, c’est comment ils vont réussir une transition avec une administration qui est gangrénée. Vous avez en Guinée ce qu’on appelle le secrétariat d’État à la réforme administrative. J’ai discuté hier avec le monsieur qui gère ce département, tout est écrit. Ils ont fait un travail immense. Il faut dans ce pays qu’on comprenne que pour avoir un poste de responsabilité, il faut diffuser le profil, faire un appel à concours et que les gens soient recrutés selon des critères de compétences. On ne peut pas nommer un directeur national ou un secrétaire général sur la base de l’amitié ou de la politique. 

A mon avis, s’ils veulent réussir, la première des choses pour l’équipe gouvernementale, c’est de changer tous les secrétaires généraux. Sinon, je vois mal comment ils vont fonctionner. Je ne peux pas défendre M. Alpha Condé pendant 5 ans et me lever pour dire non, tout ce qui a été fait est mauvais, sauf  que tout le monde sait que le Guinéen est très sportif en retournement de veste. Mais, pour une équipe équilibrée, pour un Premier ministre qui a l’esprit ouvert et qui a la capacité d’analyse, il ne peut pas fonctionner avec une administration qui a participé lourdement au tripatouillage constitutionnel. 

Interview réalisée par Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41 

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Vol de 10 sacs de riz à Bourouwal Tappé (Pita) : 2 prévenus reconnaissent les faits à la barre

15 octobre 2021 à 14 02 58 105810

Comparaissant devant le Tribunal de Première Instance (TPI) de Pita, siégeant en audience criminelle, les prévenus Amadou Oury Bah, apprenti chauffeur et Amadou Diabaye, mécanicien, tous poursuivis pour « vol à mains armées et association de malfaiteurs » ont reconnu, dans l’après-midi du jeudi, 13 octobre 2021, devant le juge Alfred Camara, avoir dérobé 10 sacs de riz à Bourouwal Tappé, rapporte un correspondant de Guineematin.com en Moyenne Guinée.

Cette infraction à la loi pénale de la République de Guinée a été commise il y a juste 2 ans 6 mois dans la commune rurale de Bourouwal Tappé, relevant de la préfecture de Pita. Il était 3 heures du matin quand des jeunes délinquants qui étaient de passage au centre administratif de la localité ont constaté qu’un camion transportant du riz en provenance de Conakry était stationné au petit marché de la collectivité. A côté, un apprenti dormait. Ils ont décidé alors d’isoler l’apprenti pour voler des sacs de riz. Ils ont dérobé 10 sacs.

Malheureusement pour eux, pendant l’opération, un sac s’est percé et les graines de riz ont été éparpillées le long du trajet et la clef d’une maison a été retrouvé à côté des sacs de riz à bord du camion.

Le matin, le chauffeur du camion a demandé à son apprenti de suivre les graines de riz qu’ils ont vu jusque devant la porte d’une concession. Une fois à l’intérieur, ils ont utilisé la clef retrouvée à côté des sacs de riz pour ouvrir la porte. Ils ont retrouvé les sacs volés dans la maison.

Les enquêtes ont permis de mettre la main sur deux suspects : Amadou Oury Diallo et Amadou Diabaye. Un fusil de fabrication artisanale a été versé au dossier. 

Devant le Tribunal, les deux accusés reconnaissent leur participation au vol des 10 sacs de riz. Mais ils rejettent catégoriquement la paternité de l’arme. Or, pendant la phase d’instruction, chacun a accusé l’autre d’être propriétaire du fusil. Cependant le juge d’instruction n’a pas établi un procès-verbal de confrontation pour tirer l’affaire au clair.

La défense estime aussi qu’aucun procès-verbal d’huissier n’a été dressé sur les circonstances et le lieu où l’arme a été retrouvée. Il insiste sur le fait qu’aucun des prévenus à la barre n’a été arrêté avec le fusil. Et ils n’ont pas été arrêtés sur place.

Sur toute la procédure, le témoignage de l’apprenti chauffeur qui a été attaqué n’a pas été recueilli. C’est lui seul qui pouvait dire les accusés ont opéré avec l’arme ou pas. 

Au cours des débats, l’avocat de la défense, Me Lanciné Condé a également relevé des faiblesses dans le dossier. D’abord, sur les près de 7 personnes qui ont commis ensemble le vol, ce sont les deux prévenus seulement qui ont été renvoyés devant le Tribunal. Les noms des autres complices ne figurent pas dans le dossier, parce que n’ayant pas été renvoyés pour être jugé et condamné même par contumace.

A l’enquête préliminaire, c’est le chauffeur du camion qui n’était pas présent sur le lieu où le vol a été commis qui a fait une déposition. Il n’y a pas eu de procuration indiquant qu’il témoigne au nom de son apprenti.

Pendant la phase d’instruction aussi, le chauffeur n’a pas été entendu par le juge en charge du dossier. Ce dernier a d’ailleurs dressé un procès-verbal de carence, précisant que le chauffeur n’a pas suivi le dossier.

C’est pourquoi, l’avocat de la défense a demandé à ce qu’on requalifie le dossier en vol aggravé parce que ce sont plusieurs personnes qui se sont réunies pour commettre l’infraction. Mais, il rejette catégoriquement la notion de « mains armées ».

Malgré tout, le Ministère Public s’est montré très sévère en requérant la réclusion criminelle à perpétuité. Mais, la défense a demandé au juge d’accorder des circonstances atténuantes en prononçant le minimum de la peine prévue, 3 ans, à défaut de les libérer par rapport au temps qu’ils ont passé en prison : 2 ans 6 mois.

Il convient de signaler que si le juge requalifie le « vol à mains armées et association de malfaiteurs » en « vol aggravé » les prévenus risques jusqu’à 10 ans de prison ferme.

L’affaire a été mise en délibérée pour décision être rendue ce vendredi.

À suivre !  

Depuis Pita, Idrissa Sampiring Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 622 269 551 & 657 269 551 & 660 901 334  

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Colonel Sékou Kéita, préfet de N’zérékoré, aux commerçants : « à cause de Dieu, diminuez les prix »

15 octobre 2021 à 13 01 44 104410

A la faveur d’une rencontre de prise de contact hier, jeudi 14 octobre 2021, avec les opérateurs économiques de sa juridiction géopolitique, le préfet de N’zérékoré, colonel Sékou Keïta, a exprimé sa préoccupation face à la cherté des prix des denrées de première nécessité sur le marché. L’autorité préfectorale a supplié les commerçants de revoir les prix à la baisse pour soulager les populations qui croupissent dans la misère en cette période de crise économique due à la pandémie de COVID-19, rapporte le correspondant de Guineemain.com à Nézérékoré.

Devant les opérateurs économiques qui étaient venus lui souhaiter la bienvenue à la tête de la préfecture de N’zérékoré, le colonel Sékou Keïta a d’abord prêché la paix, la cohésion et la cohabitation pacifique. L’autorité préfectorale a ensuite évoqué la problématique liée à la hausse des prix des denrées sur le marché.

Colonel Sékou Kéita, préfet de N’zérékoré

« On a remarqué qu’en Guinée c’est nous-mêmes qui créons la cherté de la vie. Quand il y a une situation, on profite de ça pour faire souffrir les gens. Alors, peut être que tu vends de la tomate, de la farine, et du pain. Mais, est-ce que vous vendez le riz en même temps ? Donc, quand toi tu montes le prix de tes produits, les autres aussi sont obligés d’augmenter pour eux », dit Sékou Camara.

Par ailleurs, le préfet de N’zérékoré a demandé aux commerçants de revoir les prix des denrées à la baisse pour soulager les populations.

« Je vous prie, à cause de  Dieu, diminuez les prix, si possible. C’est vrai que chacun entre dans un métier pour en avoir le bénéfice ; mais, si le bénéfice est trop, ce n’est pas bon. Non seulement tu ne seras pas d’accord avec les hommes, mais tu ne seras pas aussi avec Dieu», a martelé le préfet Sékou Keïta.

A noter que les opérateurs économiques de la ville de N’zérékoré ont promis d’examiner cette préoccupation du préfet pour le bien-être des populations de N’zérékoré.

Colonel Sékou Kéita, préfet de N’zérékoré

De N’Zérékoré, Foromo Gbouo Lamah pour Guineematin.com

Tel : +224620166816/666890877

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Siguiri : des jeunes en tenue militaire et armés soutirent l’argent des orpailleurs

15 octobre 2021 à 13 01 28 102810

L’acte s’est passé dans la nuit d’hier, jeudi 14 octobre 2021, dans la mine d’or de ‘’Fididö’’, dans la sous-préfecture de Kintinian, préfecture de Siguiri. Et, ce sont deux jeunes, habillés en treillis militaire et armés de pistolets, qui y ont effectué une descente pour intimider les orpailleurs et leur soutirer de l’argent. Ils n’avaient aucun ordre de mission ; mais, avec des menaces, ils sont parvenus à retirer de l’argent des mains des occupants de la mine.

Selon les informations confiées à Guineematin.com, c’est peu avant 22 heures que ces jeunes armés sont arrivés dans la mine de ‘’Fididö’’ pour réclamer des taxes aux orpailleurs. Ces derniers ont voulu résister ; mais, face aux menaces de pistolets braqués sur eux, ils ont cédé et ont donné de l’argent aux agresseurs.

« Il  était presque 22 heures, deux jeunes, tous habillés en tenue militaire et armés de pistolets, sont venus nous réclamer des taxes. Ce qui est bizarre. Car, les taxes sont réclamées d’habitude pendant la journée. Mais, la nuit, c’est la première fois. Ils effrayaient les gens avec de leurs armes. Je leur ai demandé leur ordre de mission, ils m’ont répondu qu’ils n’ont pas besoin d’un ordre de mission. On était obligé de payer l’argent. Quand ils ont vu qu’ils étaient encerclés par des jeunes en colère, ils ont pris la fuite. L’un d’entre eux a même perdu son pistolet. L’arme est tombée pendant leur fuite », a indiqué Ousmane Diallo, une des victimes.

Pour Frigui Camara, tomboloma (commissaire de mine en langue maninka), cette descente armée de ces jeunes en tenue militaire est une « exaction » contre les orpailleurs. Et, c’est pourquoi il demande aux autorités de veiller sur ces genres de pratique.

« C’est la première fois qu’un tel acte se produit ici. Le recouvrement des taxes se fait la journée. Et, ils viennent avec des billets. Mais, la nuit, c’est la première fois. Nous demandons aux autorités de mettre fin à ces exactions. Nous avons déposé le pistolet à la brigade, le commandant de la brigade nous a promis d’ouvrir une enquête », a dit Frigui Camara.

De Siguiri, Bérété Lancei Condé pour Guineematin.com

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Durée de la transition en Guinée : le FONAJEP réclame un chronogramme à la junte militaire

15 octobre 2021 à 13 01 25 102510

Dans une déclaration rendue public ce vendredi 15 octobre 2021, le Forum National des Jeunes des Partis Politiques (FONAJEP) a demandé à la junte militaire qui a pris le pouvoir en Guinée, le 05 septembre dernier, de définir de ‘’manière consensuelle et dans un meilleur délai’’ la feuille de route et le chronogramme de la transition, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était sur place. 

La feuille de route et le chronogramme de la transition constituent une préoccupation du Forum National des Jeunes des Partis Politiques (FONAJEP). Au cours de sa déclaration de ce vendredi, le président du FONAJEP, Alseny Sékou Bangoura, a énuméré plusieurs recommandations à l’endroit du colonel Mamadi Doumbouya et son équipe. Ces jeunes issus d’une trentaine de partis politiques de Guinée demandent à la junte de réserver le même quota à la jeunesse au sein du CNT et dans le gouvernement qui sera mis en place. Et, au-delà, traduire dans les normes qui seront adoptées au cours de cette transition, surtout la constitution, la participation des jeunes dans les organes de prise de décisions publiques à caractère électif et nominatif. Ils invitent également la junte à définir dans un meilleur délai la feuille de route et le chronogramme de la transition.

Ci-dessous, Guineematin.com vous propose l’intégralité de la déclaration :

Déclaration du Forum National des Jeunes des Partis Politiques (FONAJEP)

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Guinée : un prisonnier évacué à l’hôpital régional de N’zérékoré succombe

15 octobre 2021 à 12 12 24 102410
Bouba Camara, régisseur général de la maison centrale de N’zérékoré

Arrêté en marge des affrontements interethniques de décembre dernier à Macenta, Fassou Théoro était jusque-là détenu à la maison centrale de N’zérékoré sans jugement. Malheureusement, son état de santé s’est fortement dégradé en prison. Et, il est décédé dans la nuit du mardi au mercredi, 13 octobre 2021, à l’hôpital régional de N’zérékoré où il était admis pour des soins, a appris Guineematin.com à travers un de ses correspondants dans la région forestière.

Selon le régisseur général de la maison centrale de N’zérékoré, le prisonnier Fassou Théoro souffrait d’une maladie qui l’a d’abord paralysé. Et, cette maladie qui a finalement eu raison de lui ce jeudi à l’hôpital régional de N’zérékoré où il a été évacué.

« Ce monsieur (Fassou Théoro) était tombé malade ici (à la maison centrale de N’zérékoré). Une nuit, il est tombé, il est paralysé du côté gauche. Donc, j’ai directement informé le procureur de Macenta et on a pris des dispositions pour l’envoyer à l’hôpital. En plus de ça, on l’a mis à la disposition de sa communauté. C’est ainsi qu’il (Fassou) a été hospitalisé à l’hôpital de N’zérékoré. Et, avant-hier nuit, il a trouvé la mort. J’ai informé le procureur et il m’a dit de mettre le corps à la disposition de la communauté. C’est ce qui fut fait hier (mercredi) », a indiqué le régisseur Bouba Camara dans un entretien ce jeudi.

Profitant du micro de Guineematin.com, le patron de la maison centrale de N’zérékoré a déploré l’état de l’infirmerie de sa prison.

« On a deux personnes que la DPS (direction préfectorale de la santé) nous a dépêché : un médecin et un ATS. Mais, on a des petites difficultés. Parce que l’infirmerie qui est là ne répond pas aux normes. On a aussi des difficultés de transports pour les détenus de la maison centrale à l’hôpital. Il faut qu’on appelle l’ambulance de l’hôpital pour venir les chercher. Donc, je demande aux nouvelles autorités  de nous aider dans ce sens », a dit Bouba Camara.

De Nzérékoré, Foromo Gbouo Lamah pour Guineematin.com

Tel : +224620166816/666890877

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Constitutionnelle en période transitoire : Et si le Benin des années 90 inspirait la Guinée d’aujourd’hui

15 octobre 2021 à 11 11 16 101610
Dr Thierno Souleymane Barry

Par Dr Thierno Souleymane Barry : La qualité d’une transition réussie se mesure à l’aune de l’efficacité de l’ordonnancement des institutions constitutionnelles et l’efficience de leur interaction qu’elle aura mise en place. Ces actions sont sans aucun doute le fruit du travail de l’organe législatif installé pour écrire la constitution qui enchâsse tout cet enchevêtrement normatif et institutionnel en vue d’un retour à l’ordre constitutionnel. Comme le Benin hier lors des transitions démocratiques des années 90, la Guinée d’aujourd’hui vit sa deuxième transition démocratique de sa jeune histoire. Si la démocratie béninoise apaisée fut longtemps citée en exemple, c’est surtout en bonne partie grâce à sa constitution ; une telle œuvre est bien possible en Guinée.

Un organe et son œuvre phare : la Commission constitutionnelle de rédaction et la Constitution béninoise du 11 décembre 1990

Connu pour son instabilité chronique, le Benin a inauguré l’ère des transitions démocratiques dans les années 1990 dont le modèle a été repris ailleurs avec diverses fortunes. En effet, la Conférence Nationale des Forces Vives de la Nation (CNFVN) tenue au Bénin du 19 au 28 février 1990, proclamée souveraine et regroupant tout le peuple béninois s’est attelée à la mise en place d’organes transitoires notamment un Premier ministre de la transition, un Haut Conseil de la République et surtout une commission chargée de rédiger une constitution pour le pays. Le travail fut mené de mains de maître par des experts constitutionnalistes patriotes béninois sous la direction du Pr Maurice Ahanhanzo-Glèlè et comprenant entre autres Maître Robert Dossou, Pr Théodore Holo et autres. Toutes ces personnalités étaient déjà connues pour leur lutte contre la dictature et leur attachement aux valeurs démocratiques et des droits de l’homme. 

Leur travail minutieux fut conclu par l’adoption de la Constitution béninoise du 11 décembre 1990 par voie référendaire par le peuple béninois à hauteur de 96,9%. Ce fut, jusqu’à tout récemment, une des constitutions les plus avancées en termes de démocratie sur le continent africain, avec pour élément clé de son équilibre, la Cour constitutionnelle. La Cour constitutionnel béninoise avec son abondance jurisprudence est « juge de la constitutionnalité de la loi et elle garantit les droits fondamentaux de la personne humaine et les libertés publiques. Elle est l’organe régulateur du fonctionnement des institutions et de l’activité des pouvoirs publics ». En somme, c’est cette constitution de 1990 qui fut la carte de visite du modèle béninois.

Le Conseil National de la Transition (CNT) guinéen et la future constitution guinéenne 

En Guinée, la Charte de la Transition du 27 septembre 2021, en ses articles 56 et suivant, opte pour un organe législatif de transition, le Conseil National de la Transition (CNT) dont l’une des missions essentielles est « d’élaborer et soumettre pour adoption, par referendum le projet de Constitution » (art.57). La composition diversifiée de l’organe législatif transitoire guinéen lui confère plus de légitimité car représentatif de toutes les couches de la population. Plus loin, l’article 57 de la même charte dispose en son alinéa 2 que : « Le règlement intérieur détermine notamment : […] la composition et la compétence des commissions […] ». On peut supposer ici que parmi les commissions à mettre en place, figurera une commission de rédaction de la future constitution guinéenne. C’est à ce niveau qu’une attention particulière doit être portée sur les membres devant composer une telle commission. A l’instar de l’exemple béninois avec les personnalités citées ci-haut, outre le critère de compétences nécessaires à la mission, les personnes choisies pour meubler la commission devraient être connus pour leur intégrité, leur patriotisme et leur attachement aux valeurs démocratiques et des droits de l’homme.  L’engouement soudain et populaire pour l’organe législatif transitoire par divers acteurs de la vie publique, certes légitime, mérite que l’on insiste sur le point évoqué ci-dessus. 

A l’œuvre, on connaît l’ouvrier, dit l’adage. C’est à la qualité de la future constitution guinéenne que l’on reconnaîtra le travail effectué par les organes de la transition lors de la présente période transitoire. Nous formulons l’espoir de l’avènement d’une constitution fondée sur des valeurs et principes démocratiques, le respect des droits de l’homme et de l’Etat de droit et adoptée par le peuple pour un renouveau démocratique en Guinée. 

-Juris Guineensis No 15. 

Conakry, le 15 octobre 2021 

Dr Thierno Souleymane BARRY, 

Docteur en droit, Université Laval/Université de Sherbrooke (Canada) 

Professeur de droit, Consultant et Avocat à la Cour

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Nanfo Ismaël Diaby révèle : « 28 personnes ont adhéré au Djèdèkolobaaya » en prison

15 octobre 2021 à 10 10 39 103910

Condamné en première instance à 12 mois de prison (dont 6 assortis de sursis) pour « trouble à l’ordre public et violation d’une interdiction », le très controversé Imam Nanfo Ismaël Diaby a été acquitté mardi dernier, 12 octobre 2021, par la Cour d’Appel de Kankan. Le guide des adeptes de ‘’Djèdèkolobaaya’’ a ainsi recouvré sa liberté après cinq (5) mois de prison à la maison centrale de Kankan. Et, visiblement, son incarcération n’a ébranlé en rien sa foi et sa détermination à prier en maninkakan. D’ailleurs, il aurait même mis à profit son séjour en prison pour enseigner le ‘’N’KO’’ à certains détenus et faire adhérer d’autres à sa secte (Djèdèkolobaaya), a appris Guineematin.com à travers son correspondant à Kankan.

Devant une cohorte de journalistes hier, jeudi 14 octobre 2021, Nanfo Ismaël Diaby est revenu sur sa vie de prisonnier. Il assure que « la prison est un endroit de souffrance » qui donne des leçons. Egalement, il déclare avoir appris en 5 mois ce qu’il n’a pas pu apprendre dans 47 ans d’existence.

« J’ai vu qu’il y a certains détenus qui sont accusés à tort, il y a d’autres aussi qui mérite d’être là-bas. C’est Dieu qui envoie quelqu’un en prison, sinon ce n’est pas un bon endroit, c’est un endroit de souffrance. Mais, avec tout ça, c’est aussi un endroit qui donne une leçon. C’est pratiquement une école. J’ai fait 5 mois en prison et ce que j’ai appris dans ces 5 mois, je ne l’ai pas appris en 47 ans d’existence… Il y a des détenus qui sont en prison pour vol, viol, abus de confiance et autres. J’ai compris que tout cela est dû à l’analphabétisme. Donc, je les ai approché pour les enseigner le N’ko. Ils ont compris que c’était bon et très facile à comprendre. Je les ai aussi enseigné les Djèdèkolobaaya, la branche de l’islam dont je suis le guide. Ils étaient au nombre de 43 détenus dont 9 femmes à apprendre le N’ko avec moi. Et, 28 personnes parmi eux ont adhéré au Djèdèkolobaaya, on priait en Maninkakan », a indiqué Nanfo Ismaël Diaby.

En plus d’enseigner le ‘’N’KO’’ et recruter des disciples pour grossir les rangs de sa secte, Nanfo Ismaël Diaby s’est plongé dans l’écriture en prison. Il assure que son livre, intitulé ‘’Les caractéristiques de la prison’’, sera bientôt publié.

« J’ai fait un constat, puis je me suis mis à écrire. Le livre que je vais publier bientôt s’intitulera : les caractéristiques de la prison. Je l’ai donné à mes disciples, ils vont le saisir dans un ordinateur pour que chacun puisse le lire. J’ai beaucoup parlé sur la prison, les gens auront la chance de le lire bientôt », a dit Nanfo Ismaël Diaby.

A rappeler que quelques heures après sa libération, le guide spirituel de Djèdèkolobaaya, Nanfo Diaby, a dirigé une prière en maninkakan chez lui, en compagnie de ses adeptes. La vidéo de cette prière, publiée sur les réseaux sociaux, était devenue virale sur la toile.

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

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Durée de la transition : pourquoi des personnes malintentionnées s’agitent-elles ?

15 octobre 2021 à 10 10 35 103510
Mandian Sidibé, ancien DG de la radio Planète FM

Le Colonel Mamadi Doumbouya va lentement ; mais, sûrement : N’en déplaisent aux ennemis du peuple ! 

La transition ne sera pas bâclée

Par Mandian Sidibé : Au lendemain de la prise du pouvoir par le Comité National du Rassemblement pour le Développement, une seule question était sur toutes les lèvres : la transition durera combien de temps ?

Certains experts en calcul du temps se sont même évertués, de façon fantaisiste, à énoncer des délais allant de 12 à 24 mois. Mais le chantier est tellement immense, urgent et important que le premier réflexe du Colonel Mamadi Doumbouya ne consiste guère à prendre des décisions hâtives, unilatérales et autocratiques, d’autant plus que le vaillant libérateur du Peuple de Guinée est et sera toujours à l’écoute des forces vives de la Nation Guinéenne. 

Si la Guinée rêve de mettre en place des institutions fortes à la place d’hommes forts, il faut être minutieux et exigeant sur chaque étape, chaque secteur et chacun des actes à poser durant cette transition. Le CNRD aurait pu, s’il le voulait, céder le pouvoir aussi rapidement qu’il l’a pris, en organisant une nouvelle présidentielle. Mais, il aurait été complice d’une chose : la mise en place d’un nouvel homme fort qui taillerait toutes les Lois sur mesure pour asseoir une nouvelle dictature. Et c’est pour éviter de retomber dans les erreurs du passé que les choses se feront méthodiquement. La mise en place d’un gouvernement et d’un CNT consensuel répondra à cette exigence de bien faire les choses. 

Ensuite, il reviendra à ces structures de travailler en synergie d’actions avec l’ensemble des forces vives de la Nation pour fixer la durée de la transition. Il faut éviter de mettre la charrue avant les bœufs et prendre le temps de faire un travail sérieux et fiable en amont. 

La présidentielle, dans l’ordre établi des choses, doit être la dernière échéance du calendrier électoral global, après les communales et les législatives. Mais avant, le Conseil National de la Transition qui va être mis en place dans les prochains jours, doit d’abord travailler sur le toilettage de la Constitution et proposer un texte qui coupe court à toute nouvelle dictature. 

Le temps est important, certes. Mais prenons soin de bien faire les choses sans pression ni précipitation. Ceux qui, à présent, s’agitent pour la fixation de la durée de la Transition n’étaient-ils pas résignés à accepter les six ans du fameux troisième mandat d’Alpha avant de se remettre en scelle ? La transition ne sera pas bâclée ! Qu’on se le tienne pour dit. 

Ceux qui tiennent des réunions secrètes à l’hôtel Millenium sont démasqués. 

Nous y reviendrons…

Mandian SIDIBE 

Journaliste, Ancien Directeur Général de « Planète FM »

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Aly Kaba sur la rencontre du RPG et alliés : « d’importantes décisions sont attendues dans les jours à venir »

15 octobre 2021 à 10 10 10 101010
Aly Kaba, président du groupe parlementaire RPG arc-en-ciel

Le RPG Arc-en-ciel et ses alliés, renversés du pouvoir par la troupe du colonel Mamadi Doumbouya, le 5 septembre dernier, se sont retrouvés dans l’après-midi d’hier, jeudi 14 octobre 2021, pour tabler pour la première fois sur la libération du président déchu, Alpha Condé, la remobilisation de la troupe et l’élaboration d’une stratégie de reconquête du pouvoir.

Au micro de Guineematin.com, Aly Kaba, ancien président du Groupe parlementaire de la majorité parlementaire va plus loin et annonce d’importantes décisions à venir dans les prochains jours.

« Nous avons eu une importante rencontre ce jeudi , dans l’après-midi, au siège national du RPG Arc-en-ciel à Gbessia, des membres de la Direction Nationale du Parti, élargie au Comité central pour élaborer des stratégies pour la libération du président Pr Alpha CONDÉ et la remobilisation du parti. Dans les jours à venir d’importantes décisions allant dans ce sens seront prises », a indiqué ce membre du Bureau politique du RPG Arc-en-ciel.

Ont pris part à cette rencontre, plusieurs figures emblématiques du parti et de ses alliés. Il s’agit autres de l’ancien Président de l’Assemblée nationale, Amadou Damaro CAMARA, de l’ancien Premier ministre Chef du gouvernement, Dr Ibrahima Kassory Fofana, de l’ancien Ministre de la défense nationale et des affaires présidentielles, Dr Mohamed Diané, du Secrétaire général du RPG AEC, Honorable Saloum Cissé, des anciens ministres Bantama Sow, Ibrahima Kourouma, Lansana Komara, Hadja Nantou Cherif, Elhadj Ousmane Bah, Alhousseiny Makanera Kaké, Papa Koly Kourouma. Une tâche qui s’annonce difficile.

Abdallah Baldé pour Guineematin.com

Tél. : 628 08 98 45 

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TPI de Pita : débats autour de l’attentat à la pudeur organisés à huis clos, à cause de la minorité des acteurs

15 octobre 2021 à 9 09 22 102210

Hier, jeudi, 14 octobre 2021, dans la matinée, le Tribunal de Première Instance (TPI) de Pita a décidé d’organiser à huit clos son audience criminelle sur l’affaire Ministère Public contre ABD, âgé de 17 ans, poursuivi pour un cas d’attentat à la pudeur sur la personne DLM, âgé de 10 ans, rapporte un correspondant de Guineematin.com en Moyenne Guinée.

Après avoir rendu sa décision dans l’affaire de viol suivi de meurtre de la fillette de 4 ans, le Tribunal de Première Instance (TPI) de Pita a poursuivi ses audiences criminelles ce jeudi, 14 octobre 2021, par l’examen du dossier Ministère Public contre ABD. Un garçon âgé de 17 ans poursuivi pour ce qui est convenu d’appeler aujourd’hui attentat à la pudeur commis contre le petit DLM, 10 ans révolu.

Cet acte criminel a été enregistré quelque part dans la préfecture de Pita. Mais, en raison de la minorité des enfants concerné par ce procès, le Tribunal de Première Instance (TPI) de Pita a jugé utile d’organiser les débats contradictoires à huit clos.

Après plusieurs heures d’échanges houleux, le Tribunal a déclaré ABD coupable des faits d’attentat à la pudeur à lui reproché prévus et punis par les articles 830, 650, 546, et 114 du code pénal. Pour la répression, il a été condamné à 3 ans de prison, avec une période de sûreté de 2 ans 6 mois.

Par la même occasion, le Tribunal a reçu le petit DLM dans sa constitution de partie civile et a condamné ABD au payement de 10 millions 587 mille 500 francs guinéens à la victime, à titre de dommages et intérêts. 

En raison du caractère confidentiel de ce procès, Guineematin.com ne peut pas donner des informations supplémentaires.

A préciser que dans ce dossier la victime avait comme conseil un pool de deux avocats dont Maître Mamadou Alpha Mariama Diallo, recrutés par l’Unicef, tandis que l’accusé avait comme avocat Maître Lanciné Condé de la clinique juridique de l’OGDH.

Depuis Pita, Idrissa Sampiring Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 622 269 551 & 657 269 551 & 660 901 334  

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Condamnation d’Alseyni Diallo par le TPI de Pita : la défense relève appel

15 octobre 2021 à 9 09 18 101810

L’avocat de la défense, Me Lanciné Condé, qui ne voit aucune preuve accablante contre le jeune Alseyni Diallo n’est pas satisfait de la condamnation de son client par le Tribunal de Première Instance (TPI) de Pita à la réclusion criminelle à perpétuité, avec une période de sûreté de 30 ans et a donc relevé appel de cette décision rendue en premier ressort, a appris un correspondant de Guineematin.com en Moyenne Guinée. 

Cette option de Maître Lanciné Condé, commis par l’Organisation pour la Défense des Droits de l’Homme et du Citoyen (OGDH) pour défendre la cause d’Alseyni Diallo se dessinait lors de son plaidoyer au cours duquel il a demandé la relaxe pure et simple de l’accusé, en raison, disait-il, de l’absence de preuve pour accabler le prévenu de viol suivi de meurtre sur la petite Aïssatou. 

Maître Lanciné Condé, avocat

« Jusqu’à preuve du contraire l’ensemble des éléments qui nous a été présenté par le procureur sont postérieurs aux faits criminels. En tout cas, la photo brandie par le procureur confirme que la fille a été violée et assassinée. Mais, elle n’apporte aucune preuve de l’identité de l’auteur. On nous a montré la photo de l’enfant qui est décédé. Il n’y a aucune photo qui montre l’accusé entrain de violer ou qui venait juste de commettre l’infraction. La photo a été présentée pour justifier qu’il y a eu viol. Mais, l’image ne dit rien sur l’auteur du crime. Personne n’a vu Alseyni entrain de commettre l’infraction qui lui est reprochée. Aucun témoignage concordant écrit ou verbal, proche ou lointain sur lequel le Tribunal peut se fonder pour entrer en condamnation. Même si c’est lui qui aurait commis cette infraction, il a eu la chance de prendre des précautions pour ne pas qu’on puisse le découvrir entrain de le faire. Toutefois, le corps a été retrouvé dans la chambre où il habite. Mais, il a persisté et signé que la case ne l’appartient pas et qu’il n’est pas le seul à habiter cette case. Pourquoi le Tribunal n’a pas vérifié cette déclaration et chercher à savoir quels sont les gens qui habitent cette case et pourquoi un corps a été retrouvé là-bas avant de braquer les radars sur lui seul ? C’est pourquoi il a dit que c’est parce qu’il étranger là-bas qu’on n’a pas cherché à inculper les autres, sauf lui seul », a expliqué l’avocat de la défense.

Un autre aspect qui aurait motivé Maître Lanciné Condé à relever appel de ce jugement rendu est la déclaration d’un des avocats de la partie civile qui a dit qu’il a des forts soupçons sur l’accusé.

« Or, en matière criminel, les soupçons profitent à l’accusé et l’article 497 du code de procédure pénale  précise que pour qu’une justice entre en condamnation il faut que les débats contradictoires doivent être sur les éléments de preuve qui doivent assoir sa conviction avant la condamnation. Tel n’a pas été le cas » précise-t-il.   

Depuis Pita, Idrissa Sampiring Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 622 269 551 & 657 269 551 & 660 901 334 

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Transition en Guinée : mémorandum de certains partis politiques

15 octobre 2021 à 9 09 00 100010
Colonel Mamadi Doumbouya, président de la transition

A Monsieur le Président de la Transition, Chef de l’Etat, Colonel Mamady DOUMBOUYA

MEMORENDUM

Le samedi 09 octobre 2021 au siège de la CORED-Guinée sis à Dixinn Bora cinq (5) coalitions de partis politiques (BOC, CORED, CPA, CPR, AD) se sont retrouvées pour échanger sur les nouvelles perspectives de gestion de la transition dans le cadre d’un processus démocratique réussi en Guinée. A l’issue de travaux francs, fraternels et chaleureux, il a été convenu de vous faire part de ce qui suit :

Au soutien à la transition politique 

Les différentes coalitions signataires de ce présent document ont eu à faire des déclarations saluant le nouvel élan de la conduite des pouvoirs publics dont l’amorce fut faite, le 14 septembre dernier, par les concertations nationales avec les forces vives du pays. Nous réitérons notre engagement collectif d’apporter notre appui pour une transition concertée, apaisée et réussie. A cet égard, nous avons positivement apprécié les premiers pas de votre action publique.

De la feuille de route de la transition

La publication de la charte de la transition et la cérémonie officielle de votre investiture comme Président de la Transition constituent des actes majeurs créant la confiance entre les forces armées guinéennes et les acteurs politiques et sociaux. Par ailleurs, il faut signaler que la charte, quoique bien faite et soutenue par toutes les couches socioprofessionnelles du pays, laisse tout de même un important vide qu’il convient de combler à l’effet de réguler l’ensemble des actes à poser dans un espace de temps préalablement convenu. En outre, nous avons noté avec satisfaction votre détermination à conduire cette transition dans une dynamique de concertation et d’inclusion qui permettra à chaque citoyen de se sentir impliqué à travers sa corporation D’ores et déjà nous sommes conscients que le régime de transition politique est des plus inconfortables puisque s’entrechoquent concomitamment le désir « de changer profondément le pays » et les limites objectives inhérentes à sa mission de restauration d’un nouvel ordre constitutionnel dans un « délai raisonnable ». La rectification institutionnelle, le rassemblement, le redressement et le repositionnement sont quatre des cinq valeurs du CNRD correspondant parfaitement à la nécessité de la mise en place d’une transition politique institutionnelle dont la Guinée a besoin. Pour ce faire il est impérieux de privilégier dans l’action publique les dimensions suivantes de la transition : 

  • La restauration des fondements juridiques de l’Etat de droit doit être clairement stipulée dans la future Constitution qui sera rédigée, adoptée, publiée et légitimée par voie de référendum après parfaite appropriation de celle-ci par l’ensemble des citoyens guinéens. Il ne s’agit point de procéder par « copier-coller » des textes préexistants mais surtout de tirer les leçons de nos expériences antérieures pour la mise en place d’une gouvernance stable, responsable, équilibrée, participative et démocratique. La Guinée désormais devra s’inscrire dans l’émergence d’une gouvernance vertueuse affirmant la primauté de la Loi.
  • La refonte totale du système électorale de la Guinée : un fichier électoral corrompu génère toujours l’instabilité accompagnée de violences avec un risque d’instabilité très élevé L’opportunité nouvelle est l’ultime possibilité de bâtir un nouveau système électoral fiable et sécurisé. Pour ce faire, il est nécessaire de procéder au recensement général de la population guinéenne tant celle de l’intérieur que celle qui vit à l’étranger. Dans un second temps une extraction du fichier électoral pourra être faite sans altérer sa sincérité et sa fiabilité. L’opportunité de maintenir ou non la CENI, le mode de choix des membres de la CENI (s’il est avéré qu’elle existe), la digitalisation du système électoral doivent être intégré dans les réflexions de réformes. La refondation de l’Etat, la cinquième valeur prônée par le CNRD y trouvera un début de réalisation. En effet comment gouverner avec équité et efficacité si nous ne possédons pas de données fiables sur la population, sa répartition spatiale, la pyramide des âges, le niveau d’instruction etc… La promotion de la bonne gouvernance nécessite l’existence d’instruments qui, en réalité, sont les véhicules de la gestion ciblée, efficace et traçable. L’alpha et l’Omega de la refondation de l’Etat passent par la disponibilité de données statistiques réelles, fiables et exhaustives de données humaines, économiques et sociales du pays. La refonte de notre système électorale nous permettra à la fois de doter notre pays des moyens de sa gouvernance post-transition.    
  • Le changement de la manière de faire la politique : La transition institutionnelle actuelle est un point de départ d’une transition démocratique de vaste envergure de l’Etat et de la société guinéenne qui durera dans le temps. Le respect des droits de l’homme et du citoyen, l’élimination des pratiques ethno-stratégiques qui ont opposé les guinéens, le renforcement de la cohésion nationale et du vivre-ensemble, l’éradication de la corruption et des détournements des deniers publics sont des défis et des objectifs pour permettre l’édification d’un Etat émergent disposant d’institutions fortes. Pour réussir dans cette voie la classe politique guinéenne doit aussi accepter de se réformer pour répondre aux exigences des temps nouveaux. La transition institutionnelle engagée par le CNRD est un pas dans la bonne direction. Les autres pas seront l’œuvre de la société pour assurer son enracinement dans la démocratie et la bonne gouvernance. Dans la même logique deux dossiers lourds méritent un traitement approprié : la lutte contre l’impunité d’une part et celle relative aux délits économiques d’autre part. Une commission vérité- justice- réconciliation et réparations mérite d’être créée afin de prendre en charge cette épineuse problématique afin de situer les responsabilités sur les causes des multiples tragédies qui ont jalonné l’histoire postcoloniale de notre pays. Les réflexions doivent être engagées pour définir sa structuration, la méthodologie de son action, ses objectifs et ses finalités. En effet les mécanismes de la justice transitionnelle doivent être exploités dans un premier temps. La justice pénale interviendra en dernier ressort pour les cas pour lesquels la commission retiendra devant être pénalement jugés. Les délits graves de corruption et de détournements de deniers publics doivent également être examinés par une commission spécialement créée à cet effet. Celle-ci devra jouir de compétences pour mener un travail d’inventaire, d’investigations, d’enquêtes, d’auditions et de poursuites judiciaires dans un climat empreint de professionnalisme et rigueur pour éviter les règlements de comptes et la chasses aux sorcières. Les durées de vie des deux commissions devront aller au-delà de la période dévolue à la transition institutionnelle.

En prenant en compte à la fois les missions essentielles de la transition institutionnelle et l’indispensable nécessité de ne pas retarder dans la durée les réformes structurelles pour le développement de la Guinée, 24 à 30 mois sont suffisants pour la période transitoire dite transition institutionnelle.

La coopération avec la communauté internationale est nécessaire

La communauté internationale se range en général sur les positions de la CEDEAO et de l’Union Africaine. Or la fixation par l’organisation régionale de la durée de la transition de 6 mois à 1an est irréaliste. Ainsi le CNRD doit être proactif pour être en conformité avec sa cinquième valeur relative au repositionnement sur le plan international. Pour ce faire deux actions sont indispensables :

  • La création du Groupe International de Contact sur la Guinée qui sera composé des acteurs majeurs de la communauté internationale (la CEDEAO, l’UA, l’ONU, l’UE, l’OIF, les USA, la France, la Russie, l’Allemagne, la Chine, les représentations diplomatiques accréditées en Guinée, la Banque Mondiale, le FMI, la BAD, la BID, la BEI etc.). En effet la transition institutionnelle devra être soutenue politiquement et financièrement par la communauté internationale pour être en capacité d’assumer ses missions essentielles. La situation calamiteuse des finances publiques du fait de la crise de la pandémie du COVID19 et surtout de la mauvaise gouvernance est désastreuse. D’où notre intérêt d’avoir un accompagnement efficace afin de donner toutes les chances à la réussite de la transition institutionnelle en Guinée. Les autorités de la transition guinéenne doivent être proactives pour montrer leur disponibilité de coopérer avec la CEDEAO et l’UA en conformité avec les intérêts souverains du peuple guinéen. L’intérêt national de notre pays y gagnera fortement.
  • La désignation d’un médiateur international pour conduire le groupe international de contact sur la Guinée d’une part et pour servir d’interlocuteur privilégié à tous les acteurs de la transition d’autre part est urgente. Cette personnalité devra jouir d’un respect et d’un prestige sur la scène politique africaine pour affirmer la crédibilité et l’engagement de son action pour une transition apaisée, transparente, efficace et réussie. La disponibilité du médiateur international pour veiller sur le bon déroulement de la feuille de route de la transition est un atout pour éviter des impasses éventuelles. La Communauté internationale et le CNRD doivent prendre avec gravité la nécessité d’obtenir une sortie de crises durables pour sauver la Guinée du désastre. La crise sécuritaire au Sahel voisin, la persistance de contradictions identitaires agressives du fait de la pratique de l’ethno-stratégie, la pauvreté endémique et les frustrations longtemps accumulées sont des facteurs d’implosion si les efforts ne concourent pas suffisamment à la prévention des conflits en Guinée. La personnalité du médiateur international qui sera désignée pourrait servir de déclic afin d’avoir l’accompagnement souhaitable pour la Guinée. 

Les organes de la transition

Excellence, Monsieur le Président de la Transition

Dans différentes allocutions publiques, vous avez insisté sur le rassemblement et sur la participation active et intelligente des forces vives nationales pour baliser le chemin de la transition. Nous vous encourageons au maintien et à la consolidation de ce cap que vous avez fixé. A cet égard nous nous permettons de vous signaler que la fixation à seulement 81, les membres du CNT est insuffisante pour refléter la formidable diversité des sensibilités de la société civile et des partis politiques qui traversent la société guinéenne. Comme vous le savez 15 places pour l’ensemble des partis politiques de la Guinée qui ont été sevrés pendant plus de 10 ans d’une réelle implication dans le débat national doivent être revues pour une participation large au niveau du CNT. Dans la précédente transition le CNT était composé de 159 membres dont 35 issus des partis. Le contexte actuel milite en faveur du maintien, au moins, de ce quota pour renforcer la représentativité au sein du CNT.

Excellence, Monsieur le Président de la transition

Nous sommes solidaires pour travailler ensemble pour faire réussir la transition politique que vous dirigez dans l’intérêt de notre pays, la Guinée. Dans l’espoir que nos suggestions et nos propositions vous agréent, veuillez recevoir l’expression de notre très haute considération.

Conakry, le 13 Octobre 2021 

Ont signé :

Pour l’Alliance Démocratique (AD) composée de 10 partis 

M. Mohamed Lamine KABA 

Pour le Bloc de l’Opposition Constructive (BOC) composée de 19 partis 

Dr Ibrahima Sory DIALLO

Pour le Collectif des Partis pour l’Alternance (CPA) composé de 19 partis 

M. Lah Robert BAMBA

Pour la Convergence pour la Renaissance de la Démocratie en Guinée (CORED) composée de 35 partis

M. BAH Oury  

Président par Intérim

Copie : M. Mohamed BEAVOGUI, Premier Ministre de la Transition

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Ghana : des missionnaires du FNDC reçus par le président du Ghana, président en exercice de la CEDEAO

15 octobre 2021 à 8 08 47 104710

En mission dans les pays de la sous-région, une délégation de la Coordination Nationale du FNDC composée de Oumar Sylla (Foniké Mengué), Ibrahima Diallo et Sekou Koundouno a été reçue, ce jeudi 14 octobre 2021, par le Président en exercice de la CEDEAO, Son Excellence Nana Akufo-Addo, Président de la République du Ghana.

Au menu des échanges : 

– La situation sociopolitique actuelle de la Guinée marquée par la prise du pouvoir par l’armée guinéenne ;

– Le point de vue de la société civile guinéenne sur la Transition en cours en Guinée ;

– L’implication du Président en exercice de la CEDEAO et des amis de la Guinée pour la réussite de la Transition. 

Son Excellence Nana Akufo-Addo a exprimé son soutien au peuple frère de Guinée et sa disponibilité à maintenir le contact avec le FNDC jusqu’au retour de l’ordre constitutionnel.

La Coordination Nationale du FNDC

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5 choses à savoir sur le Cap-Vert

15 octobre 2021 à 6 06 02 100210

Le Cap-Vert, qui élit son président dimanche, est un archipel lusophone considéré comme un modèle de démocratie en Afrique, dont l’économie, très axée sur le tourisme, a pâti du coronavirus.

– Archipel volcanique

Pays d’Afrique de l’Ouest d’une superficie de 4.030 km2, le Cap-Vert est un archipel volcanique tropical de dix îles dont neuf habitées dans l’océan Atlantique, à 500 km à l’ouest des côtes sénégalaises. Sa population s’élève à 550.000 habitants.

La ville de Praia, capitale et centre administratif et commercial, est située sur l’île de Santiago, la plus grande île habitée de l’archipel.

Seulement 10% du territoire est constitué de terres arables. 

– Modèle de démocratie

Cette ancienne colonie portugaise est devenue indépendante en juillet 1975, après onze années de « guerre de libération » menée par le Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert. 

L’archipel a d’abord connu un régime de parti unique, jusqu’en 1990, avant l’instauration du multipartisme et les premières élections démocratiques.

Le Cap-Vert est doté d’un régime semi-présidentiel dans lequel l’exécutif est dominé par le Premier ministre. Le chef de l’Etat fait davantage office d’arbitre: il désigne le Premier ministre en fonction du résultat des législatives et représente le pays à l’étranger.

L’actuel président Jorge Carlos Fonseca, au pouvoir depuis 2011, ne peut pas se représenter après avoir effectué deux mandats. Les législatives ont été remportées en avril par le Mouvement pour la démocratie (MpD, centre droit). 

Le Cap-Vert est classé 2e selon l’indice de bonne gouvernance en Afrique de la fondation Mo Ibrahim.  

– Le tourisme plombé par le coronavirus

Reputé pour ses eaux turquoise, son sable blanc et ses montagnes d’origine volcanique, le Cap-Vert est très dépendant du tourisme qui représentait 25% de son PIB avant la pandémie de coronavirus.

En 2019, l’archipel avait ainsi accueilli près de 800.000 touristes, dont 80.000 sur l’île de Santiago.

Après des années de croissance (5,7% en 2019 et 4,5% en 2018), le pays a accusé en 2020 une récession historique de 14,8%. La majorité des hôtels a fermé et les touristes ont disparu. Beaucoup de Cap-Verdiens ont perdu leur travail.

Le pays, sujet à des sécheresses à répétition, importe 90% de ce qu’il consomme.

L’envoi d’argent depuis l’étranger par la diaspora capverdienne (supérieure en nombre à la population résidant dans le pays) représentait en 2020 plus de 14% du PIB (Banque mondiale).

– Route de la drogue

Le Cap-Vert fait partie des pays ouest-africains utilisés par les trafiquants comme points de transit de la drogue en provenance d’Amérique du Sud destinée à l’Europe, notamment pour la cocaïne. 

En 2019, les saisies de cocaïne au Cap-vert ont dépassé 11 tonnes, selon l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime.

 – « Diva aux pieds nus » et patrimoine mondial

La chanteuse Cesaria Evora, surnomée « la diva aux pieds nus » car elle n’hésitait pas à se produire sur scène sans chaussures, a fait connaître au monde entier la morna, la musique du Cap-Vert.

L’interprète de « Sodade » et « Miss Perfumado » est décédée en 2011. L’aéroport international de son île natale, Sao Vicente, porte son nom. 

Le site historique de Cidade Velha (île de Santiago), première ville coloniale construite par les Européens sous les tropiques et ancienne cité stratégique sur la route de l’esclavage, est classée au patrimoine mondial de l’Unesco.

AFP

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