Ce samedi, 23 octobre 2021, le Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD) à travers le ministre Secrétaire générale à la présidence de la République et les membres du pouls économique et financier, a animé un point de presse, au Palais Mohamed V, sur la Loi de finances rectificative de l’année, a suivi Guineematin.com, à travers un de ses journalistes.

Le Colonel Amara Camara était entouré du Gouverneur de la Banque centrale de Guinée, Dr Louncény Nabé, du Directeur national du Budget, Richard Kamano, du Secrétaire général du ministère du budget, Mamadouba Sylla, de la Secrétaire générale du département de l’économie et des finances, Emelie Bernadette Léno et de plusieurs hauts cadres de l’Etat.

C’est le gouverneur de la Banque centrale, Dr Louncény Nabé qui a ouvert le bal des intervenants en expliquant le constat fait par les nouvelles autorités du pays sur la Loi de finances rectificative de l’année. De cette analyse, il est ressorti un constat très peu reluisant, à en croire le patron de la BCRG.

Colonel Amara Camara, ministre Secrétaire générale à la présidence de la République

« Après analyse, il ressort une hausse globale des dépenses qui suscite des interrogations. Au regard de cette situation, le CNRD constate ce qui suit:  l’inexistence de mécanisme fiable de contrôle sur les dépenses effectivement réalisables; l’absence de support expliquant certaines hausses de dépenses dans les institutions et départements ministériels concernés; le manque de rigueur dans la répartition des dépenses publiques; l’insuffisance d’outils de planification des recettes mobilisables; l’insuffisance de mécanisme de contrôle de la mobilisation et de la sécurisation des recettes; la mauvaise répartition des dépenses budgétaires sans la prise en compte de l’orthodoxie financière », mais ce n’est pas tout.

A cela s’ajoutent des prévisions de dépenses pour des structures quasi inexistantes ou non actives à savoir la CENI, le Haut conseil des collectivités, la Haute Cour de Justice, a relevé Dr Louceny Nabé.

Soucieux de la bonne marche du pays, le CNRD a promulgué la loi de finances rectificative adoptée par l’ancienne Assemblée Nationale en vue de maintenir la légalité budgétaire, a ajouté le conférencier avant de mentionner l’exigence des nouvelles autorités au respect des dispositions de la Loi organique des finances.

 « Toutefois, le CNRD a exigé le respect scrupuleux des dispositions de la loi organique relative aux lois de finances notamment, en ses articles 25 et 28; les dépenses de personnels pour toutes les institutions républicaines et les départements ministériels qui sont renvoyés aux crédits correspondants et figurant dans la loi des finances initiale, exercice 2021; la soumission des demandes de décaissement à une analyse et validation; la production de rapports de l’ensemble des opérations effectuées de façon mensuelle; l’exécution de la loi des finances 2021 de façon intégrale dans son volet recettes ».

Prenant la parole à la suite des débats et répondant aux questions des journalistes portant sur les entretiens entre le CNRD et les responsables des régies financières de l’Etat (les DAF et les établissements publics à caractère industriel et commercial et ceux à caractère autonome), le Ministre Secrétaire général de la présidence de la République, Le Colonel Amara Camara s’est montré ferme. Avant de promettre que des enquêtes et de mesures appropriées sont en train d’être prises par rapport à ces justificatifs déposés par les différents DAF et responsables d’EPIC et EPA.

« Le rôle de l’État, c’est de planifier, d’ordonner et de contrôler. Dans le mécanisme de contrôle qui a été mis en place, il a été constaté que des décaissements ont été effectués à une proposition qui méritait des explications sur des cas particuliers. Les personnes qui étaient responsables de cela ont été rappelées pour des séances de travail. Il leur a été demandé d’apporter des justificatifs des dépenses qui ont été effectuées. À l’heure actuelle, nous disposons de ces justificatifs. Des enquêtes et des mesures appropriées sont en train d’être prises par rapport à ces justificatifs. Là-dessus, on tient à le dire et on est très formel et très catégorique, s’il s’avère que des sorties d’argent n’ont pas été dans l’intérêt public, nous prendrons toutes les mesures. Là-dessus, on sera très regardant et il n’y aura aucun état d’âme. Il est important aujourd’hui en Guinée, qu’on comprenne et accepte que nous devions plutôt servir le pays que de se servir du pays. Moraliser la gestion de la chose publique est la seule chose qui nous permettra de sortir du gouffre dans lequel nous sommes plongés depuis plusieurs années. C’est le combat que le président est prêt à mener », a promis ce haut responsable du Comité national du rassemblement pour le développement.

Selon le Directeur national du Budget, Richard Kamano, les dépenses ont été exécutées à la date du 15 octobre à hauteur de 70%, de même que les recettes. Ce technicien des questions budgétaire s’est toutefois, gardé de donner de chiffres, sans préciser duquel des deux budgets (LFI ou LFR), ce pourcentage est appliqué.

D’autres questions liées au comportement de certains militaires incontrôlés ont été abordées. Sans passer par deux chemins, le Ministre Secrétaire général de la présidence de la République est très clair là-dessus. Tout agent en uniforme qui se présente devant les populations pour demander quoi que ce soit au nom du CNRD, doit être arrêté et remis aux autorités. 

Abdallah BALDE pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

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