Le procès d’Abdoulaye Diallo, un jeune homme accusé d’avoir tué Sory Binta Diallo, la jeune fille qu’il voulait épouser, s’est poursuivi ce vendredi, 23 octobre 2021, à la Cour d’appel Conakry. L’avocat général a requis 10 ans de réclusion criminelle contre l’accusé, tandis que les conseils du jeune ont sollicité son acquittement, a constaté un reporter de Guineematin.com qui était sur place.

Les faits pour lesquels Abdoulaye Diallo est jugé se sont produits il y a un peu plus de dix ans, dans la sous-préfecture de Doghol Touma, à Pita. Il est accusé d’avoir mortellement poignardé Sory Binta Diallo, une jeune fille qu’il avait tenté d’épouser, sans succès. Les parents de la fille s’étaient opposés au mariage, disant avoir appris que les deux entretenaient déjà une relation amoureuse. Le 26 mars 2011, la jeune fille est sortie de sa chambre dans un état critique. Elle avait une grave blessure, causée par un couteau, au ventre. Elle est décédée peu de temps après à l’hôpital. Abdoulaye Diallo a été aussitôt mis aux arrêts et placé en détention.

En 2016, il a été condamné à 15 ans de réclusion criminelle pour meurtre par la cour d’assises de Labé, en audiences foraines. Ses avocats ont protesté, sans succès, contre cette décision devant la Cour d’appel de Conakry. Ils ont finalement saisi la Cour suprême, qui a cassé la décision condamnant Abdoulaye Diallo, invoquant le fait que le présumé auteur n’était pas poursuivi pour meurtre, mais plutôt pour des faits de coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans en avoir l’intention. La plus haute institution judiciaire du pays a renvoyé le dossier devant la Cour d’appel de Conakry pour un nouveau jugement.

A l’ouverture de ce procès, 30 juillet 2021, l’accusé avait plaidé non coupable. Abdoulaye Diallo avait laissé entendre que la victime s’est suicidée, en se donnant un coup de couteau dans l’abdomen. « Le 26 mars 2011, elle est venue chez moi, à 11 heures. Je l’ai reçue dans ma chambre. Après, sa sœur est venue frapper à la porte, j’ai refusé d’ouvrir parce qu’elle (Sory Binta) m’a dit de ne pas ouvrir. Ensuite, sa mère aussi est venue frapper à la porte. Finalement, j’ai ouvert la porte. Elle m’a demandé si Sory Binta était dedans, j’ai dit oui.

C’est ainsi que Sory Binta est sortie de la chambre avec un couteau. Elle m’a trouvé arrêté à la porte, elle m’a poignardé au ventre. Elle a continué avec le couteau jusqu’au niveau du forage qui est à quelques mètres de chez moi, elle s’est aussi poignardée. On l’a emmenée à l’hôpital, mais elle a succombé à ses blessures trois jours après. Donc, c’est elle qui s’est poignardée et elle m’a poignardé devant sa mère », a assuré le jeune homme.

Mais, cette version n’a pas convaincu l’avocat général. Dans ses réquisitions présentées lors de l’audience de ce vendredi 22 octobre, Dian Bora Diallo a soutenu que l’accusé a raconté des contre-vérités qui ne se reposent sur aucune logique. « Il a donné volontairement la mort à cette victime, parce qu’on a refusé de la lui donner en mariage. Sa version ne repose sur aucune logique. Même la mère de la victime a dit, que lorsque sa fille sortait de la chambre, elle était ensanglantée et elle a dit : Abdoulaye m’a poignardée (…). Cet accusé a commis un crime. Mais, ce crime doit être rangé dans les crimes passionnels », a dit le représentant du parquet général, tout en demandant à la Cour de condamner l’accusé à la réclusion criminelle à temps de 10 ans pour homicide involontaire.

De son côté, la défense, par la voix de maître David Béavogui, a sollicité l’acquittement de l’accusé pour crime non imputable. « L’accusé lui-même a été victime d’un coup à l’abdomen et les séquelles sont toujours là. Personne parmi nous n’était présent, il n’y a aucune preuve, aucun indice, aucun témoin. Il y a des doutes dans cette procédure et le doute profite à l’accusé. Donc, nous vous demandons de renvoyer Abdoulaye Diallo des fins de la poursuite pour non imputabilité du crime à lui reproché », a plaidé l’avocat de la défense.

La Cour a mis l’affaire en délibéré pour décision être rendue le 12 novembre prochain.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com 

Tel : 620 589 527/664 413 227

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