Conakry : 2 Françaises et un Guinéen d’Expertise France jugés pour harcèlement et diffamation

Trois employés de l’Agence Expertise France ont comparu hier, mardi 16 novembre 2021, devant le tribunal de première instance de Dixinn, à Conakry. Lorène Florentin, Annick Jeantet-Quentin (deux Françaises résidant à Paris) et Gnakoye Félémou (un Guinéen résidant à Conakry), sont poursuivis par leur ancienne collaboratrice, Maria Gabriela Cabrera Serra, pour harcèlement moral et diffamation. Les prévenus ont tous plaidé non coupables des faits mis à leur charge, a constaté un reporter de Guineematin.com qui a suivi l’audience.

C’est à la suite de la rupture de son contrat, survenue en octobre 2020, que Maria Gabriela Cabrera Serra a décidé de porter plainte contre ses trois anciens collaborateurs. Elle les accuse de harcèlement moral et de diffamation, qui auraient occasionné son licenciement. Des accusations rejetées en bloc par Annick Jeantet-Quentin, responsable du département santé d’Expertise France.

« Maria Gabriela Cabrera Serra était responsable d’un de nos projets en Guinée. Courant octobre 2020, pendant qu’elle était malade de Covid-19, elle et moi avons eu des échanges, mais dans le cadre professionnel. Elle n’a jamais été harcelée par moi dans nos échanges, je ne lui ai jamais adressé un message visant à dégrader sa condition de travail ou à atteindre son intégrité morale. Quand elle a été testée positive au Covid-19 et a été rapatriée sur Conakry, elle m’a écrit par email pour me dire qu’elle est asymptotique et qu’elle était isolée à son domicile où elle suivait son traitement.

Ensuite, on a eu des échanges au cours desquels, elle m’a informé que son état était stable et qu’elle voulait travailler depuis son domicile où elle était confinée. J’ai dit d’accord, parce qu’à l’époque d’ailleurs, nous faisions tous le télétravail, en raison de la pandémie du Covid-19. Entretemps, ses collaborateurs se plaignaient d’elle de mauvais management. Tout le temps, moi qui suis leur patron, depuis Paris, je recevais des mails dans lesquels les gens expliquaient de façon détaillée sa gestion vis-à-vis de son équipe.

Le 20 octobre 2020, moi-même, j’ai pris le soin de lui écrire pour lui dire de changer. Mais vu que le phénomène persistait, en tant que responsable, je suis allée voir ma hiérarchie pour leur parler du problème. C’est ainsi qu’il a été décidé de rompre avec elle à l’amiable avec les indemnités à l’appui », a expliqué cette Française résidant à Paris.

Même son de cloche chez les deux autres prévenus. Gnakoye Félémou, ancien point focal du département santé d’Expertise France, reconnaît s’être plaint du comportement de la plaignante devant ses responsables, mais assure qu’il ne s’agit nullement d’une diffamation. « Ce qu’elle appelle diffamation s’est passée devant elle, au cours d’une réunion en visioconférence avec nos responsables en France. Je me suis plaint de son comportement pendant qu’elle était assise. Donc, je ne l’ai jamais diffamée, ni harcelée », a déclaré le prévenu.

Des explications qui ont visiblement convaincu le représentant du ministère public. Dans ses réquisitions, le procureur a demandé au tribunal de déclarer les trois prévenus non coupables des faits de harcèlement moral et de diffamation qui leur sont reprochés, conformément à l’article 544 alinéa 1 du Code de procédure pénale. Une demande appuyée par l’avocat de la défense, qui a assuré que les faits pour lesquels ses clients sont poursuivis ne sont pas constitués, plaidant pour qu’ils soient renvoyés des fins de poursuite.

Par contre, l’avocat de la partie a demandé au tribunal de retenir les trois prévenus dans les liens de prévention de harcèlement moral et diffamation et de les condamner au paiement d’un montant de cinq cent millions (500 000 000) de francs guinéens, à titre de dommages et intérêts au profit de sa cliente. Il a aussi sollicité la condamnation des prévenus à présenter des excuses à la plaignante, Maria Gabriela Cabrera Serra.

Au terme des plaidoiries et réquisitions, le tribunal a mis l’affaire en délibéré pour décision être rendue le 30 novembre prochain.

Malick Diakité pour Guineematin.com

Tel : 626-66-29-27

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