Kamsar : « nous ne quitterons pas la route tant qu’on n’aura pas le courant », préviennent les manifestantes

Quelques jours après le début de la manifestation des femmes de Kamsar, qui réclament le retour du courant, les autorités locales tentent d’apaiser la situation. C’est dans ce cadre qu’une réunion d’information et de sensibilisation a été organisée ce mercredi, 17 novembre 2021, dans la ville industrielle. Mais, les manifestantes sont restées catégorique : elles ne veulent plus entendre de discours et comptent camper dans la rue jusqu’au retour de l’électricité, rapporte un envoyé spécial de Guineematin.com à Kamsar.

Présidée par le sous-préfet de Kamsar, la rencontre a connu la participation du maire de la commune rurale, de la Compagnie des bauxites de Guinée (CBG), dont l’usine se trouve dans cette ville, ainsi que des femmes leaders et de plusieurs jeunes de Kamsar. C’est d’abord le représentant de la CBG qui a pris la parole pour exhorter les manifestantes à libérer la route pour faciliter le travail qui va permettre le retour du courant.

« Aujourd’hui, le groupe est là. Mais nous vous demandons de libérer la route pour qu’on puisse travailler. Nous allons envoyer tout de suite un camion-citerne pour mettre le carburant et allumer le groupe. Le courant viendra d’ici 18 heures », a annoncé Habib Diallo. Une déclaration pas suffisante pour convaincre les femmes et les jeunes présents dans la salle. Ils ont aussitôt rejeté cette demande.

C’est ainsi que le sous-préfet de Kamsar est intervenu pour tenter de calmer les ardeurs. « Nous sommes vos fils, nous avons fait une erreur et nous vous demandons pardon. Vous êtes nos mamans, si vous nous maudissez, cette malédiction va nous anéantir tous. Nous voulons que vous quittiez la route pour qu’on puisse mieux faire le travail », a sollicité le colonel Nika.

En réponse, la porte-parole des manifestantes, Hawa Bangoura, a annoncé qu’elles vont laisser passer le camion-citerne transportant le carburant, mais elles ne quitteront la rue qu’après le retour du courant. « Depuis plusieurs années, nous ne parlons que du courant à Kamsar. Tout le monde est fatigué. Des gens sont morts ici à cause du courant. Nous pouvons juste accepter que le camion-citerne passe pour mettre le carburant dans le groupe. Mais nous ne quitterons pas la route tant qu’on n’aura pas le courant. Mais si le courant revient tout de suite, nous quitterons tout de suite la route », a-t-elle dit, sous les applaudissements de l’assistance.

Hawa Bangoura, porte parole des femmes de Kamsar

La manifestation contre les délestages électriques à Kamsar a débuté le samedi, 13 novembre dernier. Mais, c’est le lundi 15 novembre que le mouvement de protestation a pris de l’ampleur. Depuis ce jour, les activités sont complètement paralysées dans la ville industrielle.

De Boké, N’Diaré Diallo pour Guineematin.com 

Tel: 628-98-49-38

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