Affaire des 520 millions de l’épouse de l’ex préfet de Mamou : Kaningbè Kaba et son fils condamnés

Hadja Fatoumata Oumou Kaba, épouse de l’ex préfet de Mamou, remporte le procès qu’elle a intenté contre son amie, Mme Kaningbè Kaba, et son fils, Almamy Fofana. Le tribunal de première instance de Kankan a condamné les deux prévenus, reconnus coupables notamment d’abus de confiance et complicité, rapporte le correspondant de Guineematin.com à Kankan.

Le tribunal de première instance de Kankan a rendu ce mercredi, 17 novembre 2021, sa décision dans le dossier opposant l’ex préfet de Mamou, Mory Diallo, à Mme Kaningbè Kaba et son fils, Almamy Fofana. Hadja Fatoumata Oumou Kaba poursuivait ces derniers pour le détournement d’un montant de 200 000 000 de francs guinéens qu’elle leur avait confié. Même s’ils ont nié les faits durant tout le procès, les deux prévenus ont été reconnus coupables.

« Le tribunal déclare dame Kaningbè Kaba, coupable et convaincue des faits d’abus de confiance, et Almamy Fofana (son fils), coupable et convaincu des faits de complicité d’abus de confiance, de chantage et de menace au préjudice de Hadja Fatoumata Oumou Kaba. Pour la répression, condamne dame Kaningbè Kaba à 12 mois d’emprisonnement dont 10 avec sursis et au paiement d’un million de francs d’amende. Condamne Almamy Fofana à 18 mois d’emprisonnement et au paiement d’un million de francs guinéens d’amende », a annoncé le juge, Ansoumane Kpoghomou.

En outre, le tribunal a condamné solidairement madame Kaningbè Kaba et Almamy Fofana au paiement du montant de 200 000 000 de francs guinéens réclamé par la plaignante et au paiement de 5 000 000 de francs guinéens en faveur de Hadja Fatoumata Oumou Kaba, à titre de dommages et intérêts. Une décision aussitôt rejetée par l’avocat de la défense. « On ne peut pas accepter cette décision, car aucune preuve n’a été présentée pour dire que la somme a été détournée. Nous n’allons pas en rester là », a déclaré Me Ibrahima Kalil Kanté.

Me Mamady Doumbouya, avocat de la partie civile

De son côté, la partie civile exprimé une joie mesurée. Me Mamady Doumbouya, l’avocat de la plaignante, n’est pas tout à fait satisfait de la décision du tribunal. « Nous avons d’abord un sentiment de joie d’avoir réussi à prouver devant la justice que la vérité est de notre côté. C’est sur les dommages et intérêts que nous allons nous concerter avec notre cliente. Parce qu’on ne peut pas comprendre qu’un montant de 200 000 000 GNF destiné à des activités commerciales, qui a été anéanti pendant des mois et qui a entraîné des procédures judiciaires couronnées d’une décision, puisse déboucher sur des dommages et intérêts à hauteur de 5 000 000 GNF. Nous allons nous entretenir avec notre cliente pour voir si elle accepte d’interjeter l’appel », a dit l’avocat.

Il faut rappeler que cette affaire remonte au 5 septembre 2021, jour du coup d’Etat militaire qui a renversé le président Alpha Condé. Ce jour-là, l’épouse de Mory Diallo, alors préfet de Mamou, décide d’aller une somme de 520 000 000 de francs guinéens qu’elle gardait à son domicile à son amie Kaningbè Kaba. Une façon pour elle de sécuriser cet argent pour ne pas le perdre au cas où la résidence du préfet serait attaquée à la suite du changement de régime intervenu.

Le lendemain, lorsqu’elle est partie récupérer son argent, elle a dit avoir constaté un manque de 200 000 000 francs guinéens. C’est alors qu’elle a porté plainte contre Mme Kaningbè Kaba et le fils de cette dernière. Le tribunal de première instance de Mamou s’est dessaisi du dossier au profit de celui de Kankan, puisque le mari de la prévenue, qui avait reçu les 320 000 000 de francs guinéens restants sur son compte bancaire, avait été interpellé dans cette ville.

Me Ibrahima Kalil Kanté, avocat de la défense

 De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

-Publicité-spot_img
-Publicité-spot_img

AVIS & COMMUNIQUÉS

PUBLIREPORTAGE

OFFRE D'EMPLOIS