La Cour suprême a rendu ce mardi, 23 novembre 2021, sa décision dans le dossier du colonel Mamadou Alpha Barry. Elle a rejeté la demande des avocats de l’officier de la gendarmerie, relative à un sursis à l’exécution de l’arrêt rendu le 2 juin dernier par la Cour d’appel de Conakry. La plus haute institution judiciaire du pays approuve ainsi l’exécution de l’arrêt, condamnant l’ancien responsable de la communication du Haut-commandement de la gendarmerie nationale à quatre ans d’emprisonnement ferme et au paiement de 140 000 000 de francs guinéens à la partie civile. Une décision accueillie avec beaucoup de joie par le camp du plaignant.

Me Salifou Béavogui

« La partie civile est très satisfaite de la décision de rejet du sursis. Cela veut dire que l’arrêt qui a été rendu par la chambre spéciale militaire de la Cour d’appel de Conakry pourrait être exécuté présentement et à n’importe quel moment. C’est une très grande satisfaction pour la partie civile, puisque ça permet à la partie civile d’être rétablie dans ses droits, malgré le fait que la procédure de cassation suit son cours normal. Nous sommes certains d’ailleurs que cette procédure de cassation n’est que dilatoire. Pour la partie civile, l’essentiel est que nous sommes rétablis dans nos droits et que la partie civile peut aisément exécuter la décision de la Cour d’appel concernant la présente affaire », a réagi Me Mohamed Lamine Sylla, avocat de la partie civile.

De son côté, la défense sort déçue de cet autre procès. Me Salifou Béavogui, l’un des avocats du colonel Mamadou Alpha Barry, dénonce un mal jugé. « Nous prenons acte de cette décision de la Cour suprême qui rejette notre demande de sursis à exécution de l’arrêt rendu par la chambre spéciale militaire de la Cour d’appel de Conakry. Nous continuons toujours à croire comme du fer que c’est un mal jugé pour la bonne et simple raison que les juges devaient apprécier les faits avant de se prononcer sur le droit. Nous avons démontré au cours de l’audience que notre client devait beaucoup moins que le montant de 140 000 000 de francs qu’on lui réclame.

En raison du fait que 50 000 000 de francs avaient déjà été consignés au greffe et que les 10% (que l’officier a prélevés sur le montant qui était dans le véhicule) ne correspondent pas à ce montant de 140 000 000 de francs. Nous avons démontré tout au long de la procédure que notre client n’a pas commis l’infraction de vol, parce que c’est la victime elle-même qui lui avait remis son véhicule et son contenu, qu’il a sécurisés. Donc, l’infraction de vol n’existe pas et le numéraire sollicité et accordé par les juges de première instance et d’appel n’est pas constitué, les montants ne sont pas établis », a-t-il déclaré.

Même s’il est déçu, l’avocat dit ne pas être découragé. Car, il est convaincu que le combat n’est pas encore perdu. Il annonce que lui et ses collègues vont continuer à se battre pour laver l’honneur et la dignité de leur client. « Nous n’allons pas nous arrêter en si bon chemin. Nous allons continuer le combat jusqu’à blanchir l’honneur et la dignité de son client. Nous continuerons le combat jusqu’à ce qu’il soit rétabli dans ses droits. Nous continuerons le combat jusqu’à ce que les uns et les autres se rendent compte que les décisions judiciaires qui interviennent aujourd’hui ne reposent pas sur la loi, mais sur d’autres considérations irrationnelles », a dit Me Salifou Béavogui.

Le colonel Mamadou Alpha Barry a été arrêté et placé en détention préventive en mars 2020, à la suite d’une plainte pour vol aggravé déposée contre lui par le commerçant Ibrahima Diallo. Ce dernier accuse l’officier, alors en service à la Direction régionale de la gendarmerie de Conakry d’avoir soustrait frauduleusement un montant de 140 000 000 de francs dans sa voiture. Une voiture qu’il avait confiée au gendarme avec la clé pour qu’il puisse la sécuriser avec son contenu. Au terme du procès en première instance, le tribunal militaire de Conakry a condamné le colonel Mamadou Alpha Barry à cinq d’emprisonnement et au paiement des 140 000 000 francs à la partie civile.

Une peine qui a été légèrement modifiée par la chambre spéciale militaire de la Cour d’appel de Conakry. Celle-ci a condamné l’officier de la gendarmerie à cinq ans d’emprisonnement assorti d’une année de sursis et au paiement du montant de 140 000 000 francs réclamé par la partie civile. La décision rendue aujourd’hui par la Cour suprême permettra la saisie des biens du colonel Mamadou Alpha Barry pour permettre à la partie civile de rentrer en possession de son argent.

Mohamed Guéasso Doré pour Guineematin.com

Facebook Comments Box

Commentaires

Guineematin