Dr Faya Millimouno, président du parti Bloc Libéral

Comme annoncé précédemment, en réunion hier, lundi 22 novembre 2021, certaines coalitions politiques se sont accordées sur la répartition des 15 places réservées à la classe politique au conseil national de la transition (CNT). Mais, cet accord de partage qui donne plus de la moitié des places à l’ANAD et au RPG arc-en-ciel n’est pas du goût d’autres coalitions politiques. C’est le cas de la Coalition des partis pour la rupture (CPR) qui a claqué la porte avant la fin des travaux pour protester contre la « clé de répartition basée sur des critères de copinage ».

Joint au téléphone ce mardi par la rédaction de Guineematin.com, Dr Faya Millimouno, le président du Bloc Libéral et président de la coalition des partis pour la rupture, a assimilé cet accord de partage à un « deal » de partage de soupe ou de gâteau. Pour lui, la classe politique est passée à côté de sa mission en établissant la clé de répartition sur la base du poids des entités politiques.

« Ce n’est pas un accord, c’est un deal. Mais, la chose la plus importante à dire par rapport à ça, c’est qu’on passe à côté quand on raisonne en termes de clé de répartition. Parce que c’est de cela qu’il a toujours été question. La Guinée est devenue la soupe, le gâteau qu’on se répartie. La classe politique avait 15 places à pourvoir et il y avait une méthode simple pour le faire. Dès le début, des propositions ont été faites pour qu’on trouve un organe qui peut analyser les CV des gens, voire même faire des interviews pour identifier quelles personnes ont de la compétence et l’intégrité. Ces 15 personnes qui auraient été choisies, sans les étiqueter d’un quelconque parti, iraient au CNT pour représenter la classe politique. Ça aurait été une preuve de maturité. En tout cas, ça ne serait pas vu comme un petit gâteau sur lequel il faut bondir. Malheureusement, au lieu de voir le profil des gens, on envoie le problème sur le profil des entités à représenter. Ce qui nous amène à la subjectivité, parce qu’on parle du poids, de la grosseur, de la couleur des entités… Alors, en retournant à la grosseur des partis, c’est qu’à priori on considère que toutes les élections qui ont été organisées (sous Alpha Condé) étaient valides… On n’est pas en train d’élire des députés ou le président de la république. Nous sommes en train de choisir des conseillers pour accomplir une mission. Le poids d’un parti ne peut être déterminé qu’aux urnes. Et, l’histoire nous a montré que ce n’est pas parce qu’on a été premier hier qu’on le sera aujourd’hui. Alors, dès lors qu’on n’a pas accepté qu’on se focalise sur le profil des gens, il faut considérer toutes les entités comme égales les unes des autres », a indiqué Dr Faya Millimouno.

Selon le président du CPR, sur la base de l’égalité des entités, chaque coalition aurait pu avoir 2 places sans aucun problème. Mais, ce sont les « grands boubous » qui ont guidé la main du partage de ce lundi.

« Il y a sept (7) coalitions qui sont enregistrées au ministère de l’administration du territoire et de la décentralisation. Donc, chaque entité devait avoir deux (2) représentants. Mais, c’est sur quelle base qu’on a accepté les choses (le partage qui vient d’être fait) ? Est-ce que c’est parce que les uns ont des grands boubous ou parce que certains sont plus gros ? Donc, encore une fois, on est en train de passer à côté ; parce que le CNT n’est pas un organe clivant », a dit Dr Faya Millimouno avec une dose de déception.

Face à cette situation, le leader du BL promet qu’il a déposé une liste de sa coalition au ministère de l’administration du territoire et de la décentralisation. Car, il n’entend pas se plier au nombre (1) qu’on lui a attribué lors du « deal » de ce lundi.

« Nous nous reconnaissons le même droit de présenter le même nombre de candidats que d’autres. Ainsi, nous déposerons la liste de deux candidats et de deux suppléants », a déclaré Dr Faya Millimouno.

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

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