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C’est une grave accusation qui pesait contre lui, mais Lansana Camara s’en sort finalement bien. Le tribunal de première instance de Mafanco a déclaré le jeune homme non coupable des faits de viol sur mineur pour lesquels il était poursuivi. L’accusé a été libéré ce mardi, 23 novembre 2021, après avoir passé une année en prison, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.

 

Lansana Camara a été arrêté le 12 novembre 2020, au quartier Bonfi, dans la commune de Matam. Accusé d’avoir violé une fillette de 6 ans, le jeune homme a été inculpé et placé en détention préventive à la Maison centrale de Conakry. Une année et quelques jours après son arrestation, son procès s’est ouvert ce mardi, 23 novembre 2021, devant le tribunal de première instance de Mafanco. A la barre, l’accusé a rejeté en bloc les faits mis à sa charge, assurant n’avoir pas commis le crime dont il est accusé.

 

« Je jure par Dieu que je n’ai pas violé la fille. Je loge dans la même cour que cette fille et ses parents, mais pas dans le même bâtiment. Un jeudi, vers 16 heures, après avoir fini de faire mon sport dans la cour, je suis entré dans ma maison pour enlever mes vêtements de sport et aller prendre un bain. Entretemps, Mme Aminata (la mère de la petite fille) est venue frapper plusieurs fois à ma porte, avant de l’ouvrir de force. Lorsqu’elle a ouvert la porte, j’étais en train de me changer pour aller me laver.

 

Et automatiquement, elle s’est mise à m’insulter. Pendant ce temps, il y avait mon neveu au salon. Je lui ai dit de ne pas m’insulter, mais elle a continué de le faire. C’est ainsi que j’ai répliqué, en l’insultant aussi. Quelque temps après ça, des gendarmes sont venus m’arrêter et m’envoyer à la gendarmerie pour me dire que j’ai violé sa fille. Ce n’est pas vrai. Je jure que je ne l’ai pas violée. C’est parce qu’il y avait des antécédents entre son mari et moi qu’elle me poursuit devant la justice », a déclaré Lansana Camara.

 

Une version aussitôt démentie par la mère de la fille, qui est la plaignante dans cette affaire. « Ce jour-là, quand je suis rentrée du marché, j’ai trouvé que tous les enfants étaient en train de jouer à la terrasse, mais je n’ai pas vu ma fille. Je l’ai appelé plusieurs fois, elle n’a pas répondu. Quand j’ai insisté, elle est sortie de la chambre de Lansana Camara. Dès qu’elle est sortie, je l’ai frappée et l’ai fait entrer dans notre chambre. Ensuite, je suis allée frapper à la porte de Lansana Camara, qui n’a pas répondu. Et puisqu’il n’a pas répondu, j’ai forcé pour ouvrir la porte et j’ai trouvé qu’il était en train de porter son caleçon.

 

Je lui ai dit sur place que ce que j’ai vu ici, je n’aime pas ça entre nous. Automatiquement, il s’est mis à crier contre moi. J’ai répondu que s’il insiste, je vais révéler ce que j’ai vu et tout ce qui en sortira après, il va assumer les conséquences. Finalement, et lui, et sa mère, se sont mis à m’insulter. C’est ainsi que j’ai expliqué à mon mari qui était au boulot. Après ça, on a envoyé la fille à l’hôpital Donka pour faire un examen médico-légal. A l’issue de cet examen, les médecins nous ont dit que la fille a été touchée. C’est ainsi qu’on a décidé de porter plainte contre Lansana Camara », a dit expliqué la plaignante. 

 

Mais, les explications de la partie civile n’ont pas convaincu le ministère public, représenté par Joséphine Loly Tenkiano. La procureure a estimé que rien ne prouve la culpabilité de Lansana Camara dans cette affaire. C’est pourquoi, elle a demandé au tribunal de le renvoyer des fins de poursuite. « Les faits reprochés à Lansana Camara se sont déroulés le 12 novembre 2020 et l’examen médico-légal a été fait le lendemain. Le médecin légiste a indiqué que la fille en question est victime de défloraison sexuelle, mais que cette défloraison est ancienne et que les parties intimes de la fille étaient propres.

 

Mieux, la partie civile n’a fourni aucune preuve qui justifie la culpabilité de l’accusé. Elle s’est basée sur le doute qu’elle a eu entre Lansana Camara et sa fille pour porter plainte contre lui. Elle-même a dit devant vous ici qu’elle n’a pas vu Lansana Camara en train de violer sa fille. Et vous savez que le doute profite à l’accusé. C’est pourquoi, monsieur le président, le ministère public, qui requiert à charge ou à décharge, a l’obligation de requérir qu’il vous plaise d’ordonner le renvoi de Lansana Camara des fins de poursuite pour des faits de viol non constitués », a demandé Joséphine Loly Tenkiano.

 

Abondant dans le même sens, l’avocat de la défense a déclaré que même si la fille en question a été violée, la partie civile n’a pas porté contre son violeur mais contre un innocent. Il a également sollicité le renvoi de son client des fins de poursuite pour infraction de viol non constituée à son encontre. Finalement, le tribunal a déclaré Lansana Camara non coupable des faits mis à charge et ordonné sa libération.

Mamadou Laafa Sow pour Guineematin.com 

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