Des vaccinateurs contre la COVID-19 en grève depuis 3 semaines à Conakry : « nous sommes abandonnés… »

Dr Mohamed Sidibé, chef d’équipe au Stade Nongo

En grève depuis trois semaines pour réclamer le paiement de leurs primes par les autorités sanitaires, les agents vaccinateurs contre la COVID-19 dans la commune de Ratoma se sont retrouvés ce lundi, 29 novembre 2021, à la direction communale de la Santé (DCS) de ladite commune pour chercher à comprendre la situation de leur dossier. Sur place, les chefs d’équipes des agents grévistes ont conféré avec les responsables de la DCS. Mais, aucune suite favorable n’a découlé des échanges. Ils ont été contentés (comme toujours) par les autorités qui n’ont donné aucune information satisfaisante sur le paiement de leurs primes de deux (2) mois de travail, rapporte Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

Au sortir de cette rencontre avec les autorités communales de la santé de Ratoma, les grévistes affichaient une déception très perceptible. Apparemment, ils sont sortis bredouille de ce tête-à-tête qui n’a servi à rien. D’ailleurs, pour Dr Mohamed Sidibé, chef d’équipe au Stade de Nongo, cette rencontre d’aujourd’hui est une preuve de « l’abandon » dont les agents vaccinateurs de sont victimes de la part des autorités.

« Ça fait plus de trois semaines qu’on ne travaille pas, nous réclamons notre droit concernant la paie. On a fait 2 mois de travail sans recevoir nos salaires. Donc, nous sommes obligés maintenant d’arrêter pour savoir quand ils vont nous payer et si on doit continuer avec eux. Mais, pour le moment, nous n’avons aucun interlocuteur, nous sommes abandonnés à nous-mêmes. Nous assurons nos déplacements nous-mêmes, nous payons des frais pour venir sur les sites pour faire le travail chaque jour jusqu’à 15 heures. Et, même le manger c’est nous-mêmes qui payons. Nous avons fait 2 mois dans cette situation. Donc, nous ce que nous réclamons d’abord, c’est le paiement du travail qui a déjà été fait. Ils nous ont fait signer un engagement concernant la paie, mais ils n’ont pas honoré cet engagement. C’est ce qui a fait qu’on est allés en grève et on va continuer jusqu’à ce qu’on nous rétablisse dans nos droits. Parce qu’on ne peut pas continuer sans salaire. Aujourd’hui, nous avons vu la Directrice (DCS Ratoma), on a parlé avec elle et elle nous assure que c’est parce que les comptes sont gelés que nous n’avons pas nos salaires. Mais, à chaque fois c’est la même chose qu’on nous dit. On nous dit toujours d’attendre, de patienter. Mais, à quand le dégel des comptes ? Nos chefs, quand on les appelle, ils ne décrochent pas ou ils nous disent toujours : attendez. Donc, nous avons fait 3 semaines de grève sans issue. Nous envisageons autre chose, parce nous voulons organiser une marche pacifique. Nous continuerons à nous battre, nous n’allons pas lâcher, c’est pourquoi on s’est retrouvé ici pour qu’on trouve ensemble la solution. Nous avons déjà mis en place une plateforme revendicative », a indiqué Dr Sidibé.

Selon les informations, les agents vaccinateurs déployés sur les différents sites travaillent du lundi au samedi de 8 heures à 15 heures (voire plus). Et, chaque groupe d’agents est composé de 5 personnes. Mais, à en croire Abdourahamane Touré, gestionnaire de données au sein de la commune de Ratoma, même leurs primes journalières de transport ont été diminuées.

Abdourahmane Touré, gestionnaire de données Ratoma

« On ne peut pas calculer tout ce qu’ils nous doivent, mais nous réclamons 2 mois, plus nos 5 jours d’Astrazeneca. Nous voulons aussi qu’ils remettent nos primes de transport qu’ils ont diminuées, c’est-à-dire les 50 mille francs qu’ils ont relevé sur les 150 mille donnés par jour. Les 50 mille constituaient notre prime de transport, mais ils les ont coupés depuis longtemps. En plus, nous les gestionnaires et les enregistreurs, c’est-à-dire celui qui a la tablette et celui qui enregistre les noms sur les cartes, on avait des primes. Tout ça ils ont arrêté. On a demandé des explications, mais on n’a pas eu de suite favorable. Si on fait le calcul, ils nous doivent plus de 3 mois », a indiqué Abdourahmane Touré.

De son côté, Hamidou Diallo, membre de l’équipe de vaccination de la DCS de Ratoma, ne compte pas baisser les bras pour être rétabli dans ses droits. Et, il invite toutes les équipes de vaccination concernées par ces primes impayées de se mobiliser pour réclamer ensemble leur droit.

Hamidou Diallo, chef d’équipe Hamdallaye Mosquée

« Ce qui reste clair, tout travail mérite une rémunération, surtout en temps d’épidémie. Alors, on ne peut pas travailler sans avoir quelque chose en retour. Ce n’est pas possible. Donc, il faut qu’on se lève pour revendiquer notre droit, parce qu’on a traversé des moments difficiles ici sous la pluie. On se faisait insulter, blâmer, ridiculiser, agresser des fois par les populations, on a tout supporté et maintenant qu’il s’agit de nous retourner notre droit, on nous sort des arguments. Ça, ce n’est pas à négocier », a martelé Hamidou Diallo.

À noter que nos tentatives d’échanger avec les responsables de la Direction communale de Santé de Ratoma sur cette situation des agents vaccinateurs sont restées vaines.

Mamadou Yaya Petel Diallo pour Guineematin.com

Tel: 622 67 36 81

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