VIH/SIDA à Kankan : 4864 personnes séropositives enregistrées à l’hôpital régional

A l’occasion de la célébration hier, mercredi 1er décembre 2021, de la journée internationale de lutte contre le VIH/SIDA, les autorités sanitaires de Kankan ont rendu public les statistiques sur le nombre de malades du SIDA enregistrées à l’hôpital régional. Et, les chiffres sont effroyables. Car, en moins d’une année, plus de 4 000 malades du SIDA (en majorité des femmes) ont été répertoriés au centre local de prise en charge des personnes atteintes du VIH/SIDA. Et, parmi ces malades, on dénombre 86 enfants, a appris Guineematin.com à travers son correspondant dans la préfecture de Kankan.

Selon Dr Mamy Sampou, médecin chargée de la prise en charge des personnes atteintes du SIDA à l’hôpital régional de Kankan, 4864 malades connues du SIDA ont été enregistrées entre Janvier et Novembre 2021 à Kankan. Mais, parmi ces malades, seules 2882 personnes (dont 86 enfants) viennent régulièrement prendre leurs médicaments (les antirétroviraux) au centre de prise en charge des malades du VIH/SIDA. Les autres malades refusent encore d’accepter leur statut et ils se baladent dans la nature avec la maladie.

Dr Mamy Sampou, médecin chargée de la prise en charge des personnes atteintes du SIDA à l’hôpital régional de Kankan

« Certains malades sont décédés et d’autres refusent catégoriquement de suivre le traitement. Et, ils continuent dans la nature à propager la maladie. Je leur demande de venir au centre ; car, le traitement est gratuit… La couche féminine est la plus infectée avec environ 3000 malades. Nous avons des femmes de 60 ans, 70 ans qui suivent des traitements chez nous » a dit Dr Mamy Sampou.

En plus du refus des malades d’accepter leur statut, la responsable de la prise en charge des malades du VIH/SIDA à Kankan dénonce le « faible taux de dépistage » au niveau des populations. Mais, Dr Mamy Sampou n’entend pas baisser les bras. D’ailleurs, elle demande l’implication et l’engagement de tous pour inverser la tendance.

« Il faut que tout le monde s’engage, et beaucoup plus, pour lutter contre le SIDA. Vous les hommes de médias, nous professionnels de santé et la communauté, nous devons nous lever pour dire que la maladie existe et qu’on peut la vaincre en venant se faire dépister tôt et suivre bien le traitement » a-t-elle indiqué.

A noter qu’au sens de l’article 887 du Code pénale guinéen, « toute personne infectée de VIH/SIDA qui connait son statut sérologique et qui, par l’usage de dol et/ou de la contrainte ou surprise entretient des rapports sexuels non protégés avec une personne non informée et non consentante dans le but avéré de la contaminer est punie de 3 à 5 ans d’emprisonnement et de 2.500.000 à5.000.000 de francs guinéens d’amende… Si la victime est mineure de moins de 18 ans ou toute autre personne vulnérable, la peine est portée de 5 à 8 ans d’emprisonnement et l’amende de5.000.000 à 10.000.000 de francs guinéens ou de l’une de ces deux peines seulement ».

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

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