Sanctions de la CEDEAO contre le Mali : Dr Zoutomou Kpoghomou pense que la Guinée pourrait subir le même sort

Comme annoncé précédemment, en sommet extraordinaire à Accra (Ghana) hier, dimanche 09 janvier 2021, la CEDEAO a infligé des sanctions d’énormes sanctions contre le Mali (actuellement dirigé par une junte militaire). Il s’agit notamment du « gel des avoirs du Mali, la fermeture des frontières entre le Mali et les autres pays de la sous-région, le retrait des ambassadeurs, la suspension des transactions commerciales (à l’exception des produits médicaux et de première nécessité). 

L’objectif est de mettre la pression sur les militaires au pouvoir dans ce pays ouest africain afin d’obtenir l’organisation rapide d’élection présidentielle en vue d’un retour à l’ordre constitutionnel. Mais, ces sanctions de l’organisation sous-régionale sont aussi perçues comme un message à l’endroit de la Guinée où une junte militaire est au pouvoir depuis le 05 septembre dernier.

Dans un entretien accordé à Guineematin.com ce lundi, l’homme politique guinéen et président de l’UDRP (Union démocratique pour le renouveau et le progrès), Dr Edouard Zoutomou Kpoghomou, a laissé entendre que la Guinée pourrait subir le même sort si la situation de la Transition ne change pas rapidement.

« Ce sont des pressions supplémentaires qu’on est en train de mettre sur la junte pour ne pas qu’elle en tienne des habitudes qui puissent compromettre le déroulement normal de la transition. Alors, il y a des mesures draconiennes qui vont impacter la vie des populations maliennes. C’est notamment la fermeture des frontières. Mais, il faut que la junte elle-même comprenne que les régimes de transition ou les transitions militaires ne produisent pas de biens pécuniaires. Et, on ne peut diriger un pays dans un isolement complet. Ce n’est pas possible parce qu’il y a une sorte d’interdépendance, que ce soit des économies et même des politiques. Alors, il faut faire en sorte que cette interdépendance serve quand-même à quelque chose et que la transition puisse rester dans le cadre qui est défini. La transition ne peut pas prendre à bras le corps tous les aspects du développement. Aujourd’hui on parle du Mali, demain on parlera de la Guinée », a dit Dr Edouard Kpoghomou.

Justement, par rapport au cas guinéen, ce leader de l’UDRP rassure qu’il y a des risques d’effets de contagion à cause du manque de lisibilité de la Transition menée par le comité national du rassemblement pour le développement (CNRD).

« D’abord en Guinée, soyons honnête pour comprendre que quand on parle du CNRD, personne n’en connaît la composition. On peut dire et essayer de voiler un certain nombre de choses pour dire que toutes les forces de défense et de sécurité sont du CNRD. Mais, c’est tout un monde. On a besoin d’une certaine structure ; parce qu’on ne peut pas mettre tout le monde sous le même chapeau, étant donné qu’il y en a d’autres qui ne se reconnaissent pas dedans, même s’ils ne le disent pas. Aujourd’hui, le risque est que nous voulons copier le Mali. Or, ce pays a ses problèmes et ses particularités. Et, nous (la Guinée), nous avons nos problèmes et nos particularités. C’est pourquoi nous avions dit dès le départ qu’il faut impliquer les politiques dans la recherche de solution. Aujourd’hui, c’est comme si on est avide dans les démarches pour le CNT. Parce qu’on ne sait plus qui du CNT ou de la junte va définir la vie de l’autre. Et, puisqu’il n’y a pas de clarté, les organisations internationales seront obligées d’intervenir d’une manière ou d’une autre, qu’on le veuille ou pas. Nous avions voulu que ça soit de façon consensuelle en se disant qu’il faut supporter le CNRD afin qu’on évite les dérapages du passé. Mais, je crois que les choses sont en train de glisser et c’est maintenant qu’il faut prendre des dispositions pour ne pas qu’on soit incapable de redresser le navire », a indiqué Dr Zoutomou.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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