Menace de fermeture de la société UMS à Boké : des citoyens expriment leur inquiétude

L’inquiétude est grande à Boké suite à la menace de fermeture de la société United Mining Supply (UMS) dans cette préfecture. Les habitants de la sous-préfecture de Kolaboui, l’une des localités impactées par les activités de l’entreprise, ont organisé une réunion ce lundi, 17 janvier 2022, autour de cette situation. Ils ont proposé à la société une solution lui permettant de poursuivre ses activités sans problème, rapporte le correspondant de Guineematin.com à Boké.

Le 15 janvier dernier, les responsables de la société UMS, qui évolue dans le transport et la logistique en collaboration avec les sociétés minières, ont pris une décision radicale. Ils ont vidé les travailleurs qui occupaient les deux bases vie de la société, situées à Katougouma et à Port 2 (dans la préfecture de Boké), et fermé les lieux jusqu’à nouvel ordre.

Une décision qui fait suite à un mouvement de colère des chauffeurs de l’entreprise, qui réclament le paiement d’un treizième mois de salaire. Cette situation préoccupe les habitants de certaines localités impactées par les activités du groupe UMS. C’est le cas notamment de ceux de la sous-préfecture de Kolaboui, qui redoutent une fermeture définitive de la société, leader de la logistique intégrée en Guinée et en Afrique de l’ouest.

« Nous avons entendu que la société UMS veut fermer à Boké, mais nous ne voulons pas de ça. Les sages de Boké ne veulent pas de ça, parce que grâce à cette société, nos enfants peuvent se débrouiller ici. Nous ne voulons pas que nos enfants se mettent dans l’océan pour tenter d’aller en Europe. Donc, nous voulons vraiment que cette société continue ses activités. Aujourd’hui, toutes nos activités sont au ralenti, même nos champs d’acajou ne produisent plus. Nous n’avons que ces sociétés minières », a dit Elhadj Youssouf Djikiné, le porte-parole des sages de Kolaboui.

Initiée par les jeunes du mouvement « Action pour le développement communautaire », cette rencontre s’est tenue sur l’esplanade de la base vie de l’UMS à Kolaboui. Une façon pour les habitants de la sous-préfecture d’exprimer leur opposition à la fermeture de la société à Boké. Et pour résoudre le problème lié au débrayage des travailleurs, les jeunes de Kolaboui proposent à l’entreprise de recruter une main d’œuvre locale.

Tibou Diaby, membre du mouvement« Action pour le développement communautaire »

« Si la société UMS ferme, nous les jeunes, nous deviendrons des délinquants. On a vu le cas de Fria et le cas de Zogota. Nous ne voulons pas de cette situation à Boké. Selon nos enquêtes, les travailleurs d’ici perçoivent entre 4 200 000 GNF et 5 300 000 GNF comme salaire mensuel. Mais, ils ne veulent pas travailler. Alors, nous les jeunes d’ici, si nous avons cet argent, nous allons travailler. Donc, nous demandons à la société de rouvrir et de recommencer le travail. Mais surtout, nous leur demandons de consulter les locaux avant de recruter qui que ce soit », a lancé Tibou Diaby, membre du mouvement« Action pour le développement communautaire ».

Taibou Bah, membre du mouvement ADC

Abondant dans le même sens, Taïbou Bah, un autre jeune de Kolaboui, indique que les sociétés évoluant dans la localité peuvent trouver sur place une main d’œuvre qualifiée et prête à travailler. « Nous lançons un appel à l’endroit des sociétés minières évoluant à Boké. Nous leur disons que si elles veulent avoir une main d’œuvre qualifiée pour faire fonctionner leur entreprise, nous en avons suffisamment. Nous voulons seulement une collaboration franche, parce que si la majorité des travailleurs étaient de cette communauté, ces sociétés n’allaient pas fermer.

Si ce sont des locaux qui y travaillaient, ils allaient écouter ces sages, ces jeunes et ces femmes ici présents », a-t-il dit, avant de solliciter une rencontre entre le président de la transition, Colonel Mamadi Doumbouya, et les habitants des localités impactées par l’exploitation minière. « Le président a reçu tout le monde, sauf les populations des zones impactées par l’exploitation minière. Il doit nous recevoir aussi, parce que nous avons un message très important à lui transmettre », a fait savoir Taïbou Bah.

De Boké, N’Diaré Diallo pour Guineematin.com

Tel: 628-98-49-38

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