Lutte contre les crimes économiques et financiers : « C’est un fait dissuasif », se réjouit Oumar Kana Diallo (AGT)

Face à la presse hier, vendredi 21 janvier 2022, le procureur général de la Cour d’Appel de Conakry, Alphonse Charles Wright, a déclaré qu’il a été porté à la connaissance de son parquet des dossiers d’audits résultant des travaux du comité des audits et de surveillance de secteurs stratégiques de l’économie (CASSE).

Des « audits qui mettent en évidence des faisceaux d’indices concordants de faits de détournement de deniers publics, faux et usages de faux en écriture publique, recel, vol aggravé, enrichissement illicite, corruption, abus d’autorité, blanchiment d’argent et complicité ». Et, au regard de la situation, le procureur général a instruit à la CRIEF (Cours de répression des infractions économiques et financières) d’engager des poursuites judiciaires. Il a aussi requis la saisie des biens, le gel des avoirs et toutes autres mesures conservatoires à l’encontre des personnes physiques ou morales contre lesquelles l’information judiciaire sera ouverte.

Rencontré ce samedi, 22 janvier 2022, Oumar Kana Diallo, président de l’association guinéenne pour la transparence (AGT), a salué cette décision du parquet général. Il assure que c’est un moyen de dissuasion.

« C’est la suite d’une procédure qui a été enclenchée depuis l’arrivée de ces nouvelles autorités que nous sommes en train d’observer à l’AGT de très près et d’apprécier au fur et à mesure que les actions sont en train d’être posées. Pour cette fois-ci encore, nous allons dire que c’est la suite de cette procédure qui renforce davantage les promesses que les nouvelles autorités ont eu à faire à leur arrivée que nous apprécions à juste titre. Parce que ça y va dans leur crédibilité et ça y va dans la moralisation de la vie publique, ainsi que la crédibilisation de nos différentes institutions. Une chose qui est vraiment indispensable pour la bonne marche des activités de lutte contre la corruption et de la bonne gouvernance. Je n’occulte pas que si à un certain moment on voudrait faire des actes populistes, des discours populistes à dessein, nous allons le juger à temps opportun et nous dirons aussi que ce sont des discours populistes. Mais, jusqu’à maintenant, nous refusons de croire que ces nouvelles autorités n’ont pas la ferme conviction d’arranger les choses dans le bon sens. Nous leur accordons le bénéfice du doute et nous espérons qu’elles pourront arriver à éradiquer la corruption et ses corollaires en Guinée au niveau de toutes les institutions et structures », a indiqué Oumar Kana Diallo.

Mais, pour complètement rassurer l’opinion et sonner véritablement la fin de l’impunité, le président de l’AGT souhaite que les procédures enclenchées aillent jusqu’au bout.

« Ce qui va nous rassurer c’est lorsqu’on verra que les soupçons de corruption sont jugés et que ceux-là qui ont été soupçonnés de corruption sont libérés de tout acte. Parce que nous ne sommes pas là seulement pour incriminer les gens. Nous sommes là pour que quelqu’un qui est soupçonné de corruption et de ses corollaires que l’on puisse le blanchir pour qu’il se rende compte qu’il n’en est rien et que le citoyen aussi se rende compte qu’il n’est pas responsable des faits qui lui ont été reprochés. Mais, que celui-là qui est coupable d’un acte, qui qu’il soit, qu’il soit condamné et que la loi puisse s’appliquer sur lui. C’est un fait dissuasif. Quelque soit ce qu’on fait en amont dans le cadre de la lutte contre la corruption, si on ne va pas jusqu’à la fin de la procédure pour soit blanchir les soupçonnés ou condamner les coupables, on n’y arrivera pas. Parce que cet acte de dissuasion est celui qui permet de mettre un frein sur certains qui auront voulu pratiquer la corruption », a dit Oumar Kana Diallo.

Mamadou Yahya Petel Diallo pour Guineematin.com

Tél : 622 67 36 81

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