Mise en place de la CRIEF : « la Cour doit sévir contre ceux qui ont pillé le pays », insiste un responsable de la PCUD

 

Comme on le sait, le gouvernement guinéen a installé, vendredi dernier, les 19 membres de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). Et quelques heures après, le Procureur de la République près la Cour d’Appel de Conakry a fait une sortie médiatique, annonçant avoir reçu des dossiers d’audit qui doivent être instruits par les tribunaux de son ressort.

Depuis la sortie de Charles Wright, les réactions se multiplient, surtout du côté de la société civile, où les acteurs continuent de saluer cette initiative du gouvernement. Pour Alsény Farinta Camara, le chargé des programmes de la Plate-forme citoyens unis pour le développement (PCUD), joint par un journaliste de Guineematin.com hier, samedi 22 janvier 2022, la Cour doit sévir contre ceux qui ont pillé le pays.

« Nous saluons l’installation des membres de la CRIEF. Pour nous, cette Cour doit sévir contre tous ceux qui ont pillé le pays et contribué à son appauvrissement. Vous avez suivi le Premier ministre hier lors de la cérémonie d’installation de la CRIEF. Il a lui-même dit que l’année dernière, la Guinée a exporté quatre milliards de dollars en ressources minières contre 2 milliards de recettes et au finish, le pays s’est retrouvé avec plus de 5 mille milliards d’arriérés. Je trouve cela très grave et cela devrait mobiliser tous les Guinéens. La corruption, le vol des deniers publics, le bradage des ressources de l’Etat et l’impunité ont atteint dans notre pays, un niveau jamais égalé. Les nouvelles autorités doivent savoir se démarquer de l’attitude des gouvernements précédents dans la gestion du pays. Elles doivent pouvoir démasquer tous ces bandits à col et la justice doit être en mesure de sanctionner tous les coupables à la hauteur de leur forfaiture », a expliqué cet activiste de la société civile.

Le chargé des programmes de la PCUD, regrette qu’avec toutes les recettes tirées de l’exploitation minière, que l’Etat ne soit pas capable de réduire la pauvreté dans les ménages.

Tout comme une frange importante de la population, M. Camara exhorte les magistrats à travailler de manière équitable, impartiale et professionnelle sur ces dossiers d’audit.

« Nous, nous soutenons la CRIEF. Beaucoup de ceux qui géraient nos biens publics, pensaient que s’ils volent, ils ne feraient jamais l’objet de poursuite judiciaire dans ce pays. Il appartient aux autorités actuelles de changer définitivement cette mentalité. Le Guinéen doit savoir que les biens publics sont sacrés ».

Cependant, Alsény Farinta Camara, met un accent sur la nécessité d’allier la moralisation des deniers publics à la nécessité d’œuvrer pour un retour à l’ordre constitutionnel dans un bref délai.

« Nous ne sommes pas opposés à la réouverture des dossiers d’audits antérieurs de 2010. Cela pourrait aider la nouvelle génération à savoir que la gestion pourrait toujours rattraper ses auteurs. Mais, on se demande si tout ce travail peut se faire en 2 ans, éventuellement. Nous pensons toutefois que pour éclairer la lanterne des citoyens, les autorités doivent faire l’effort de mener à terme ces dossiers, ou tout au moins poursuivre au mieux ce travail, en vue de sortir un résultat bien fait et loin de tout soupçon en organisant parallèlement le pays à un retour rapide à l’ordre constitutionnel », conclut-il.

Propos recueillis par Abdallah BALDE pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

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