Saran Traoré après sa nomination au CNT : « je suis animée d’une grande fierté »

Comme annoncé précédemment, la liste des 81 personnes qui doivent siéger au conseil national de la Transition (CNT) a été publiée samedi dernier par le chef de l’Etat. Et, parmi ceux qui ont été choisis pour cet organe législatif, figure la journaliste et présidente nationale du Réseau des Organisations de Jeunesse Africaines Leaders des Nations Unies pour les Objectifs du Développement Durable (ROJALNU-ODD GUINÉE), Saran Traoré. Elle a été nommée sous la bannière des organisations féminines. Et, dans un entretien accordé à Guinéematin.com hier, lundi 24 janvier 2022, Saran Traoré a exprimé sa joie et s’est engagée à défendre la cause des femmes au sein du CNT.

« J’étais en joie. Parce que selon ce qu’on a reçu comme information, il y avait plus de 700 dossiers de candidatures. Et, si parmi les 700 je suis choisie, je me suis sentie comme une personne privilégiée parmi tant d’autres. Ce n’est pas parce que ceux qui n’ont pas été sélectionnés ne le méritaient pas, mais quelque part je me suis dit que quelque chose a marqué au niveau de mon CV qui a dû peser par rapport à certains. Du coup, je me suis sentie surprise et heureuse à la fois. C’est vrai qu’on n’est pas encore installé, mais ce qui est sûr et certain, en tant que jeune femme, y a beaucoup de choses à faire au sein de cet organe de la transition. On dit que nous sommes à 52% de la population, mais nous ne sommes pas représentées dans les instances décisionnelles. Donc, à ce niveau, il faut que certaines choses changent. Il faut que la capacité des femmes soit connue et reconnue et que les femmes aient des promotions selon leurs mérites. Donc, il faut que cela change tant chez les femmes que chez les hommes. De l’autre côté aussi, aujourd’hui on a tendance que le devise a chuté, mais ça ne se ressent pas au niveau du panier de la ménagère. Mais, qu’est-ce qui ne va pas ? Et, c’est la femme qui en pâtit, parce que quand vous donnez la dépense c’est la femme qui est en face du commerçant pour faire des achats. Donc, il faut qu’on mette en place une politique dans ce sens là ; et, cela ne peut se faire s’il n’y a pas de contrôle de prix et de qualité de ces produits qui sont vendus aux femmes et aux mères de famille sur le marché. Pour le moment, à chaud, c’est ce que je peux dire comme chantier. Ça va être difficile, mais j’espère qu’on va y arriver », a dit Saran Traoré.

En plus de sa nomination, la présidente nationale du ROJALNU-ODD GUINÉE se réjoui du choix porté sur d’autres jeunes pour meubler le CNT.

« Aujourd’hui, nous sommes en face d’un CNT très jeune. Il y a beaucoup de jeunes qui y sont, malgré qu’ils viennent de corporation différentes et qui ne sont pas forcément des corporations de jeunes. Les anciens ont certes compris que les jeunes ont forcément leur place. Donc, ils doivent dire leur mot. À ce niveau, je pense que nous avons été entendus lors des concertations au palais du peuple. Parce que nous avions dit qu’on ne peut pas avoir de l’expérience si on n’a pas commencé quelque part. Je pense que c’est quelque chose que le président a pris en compte et je suis particulièrement satisfaite de ça. Parce que je le lui ai dit dans le discours de mon organisation qu’on ne veut plus entendre telle année d’expérience. On peut avoir ces années d’expérience si on aura exercé. Même nous, le CNT va être une école pour nous, parce que ça va être la première fois pour moi d’intégrer une telle institution. Nous serons non seulement à l’école de l’apprentissage avec bien sûr les aînés qui sont déjà là-bas », a-t-elle indiqué.

Parlant des fléaux qui assaillent aujourd’hui la junte féminine, Saran Traoré compte s’engager pour le respect de la dignité des femmes et l’application des dispositions relatives aux droits des femmes.

« Il faut que la justice joue son rôle dans ce sens. Il faut des sanctions exemplaires pour que ça cesse. Il y a également l’excision. Dans les temps, on en avait parlé, c’était prescrit dans les textes de loi pour dire quiconque sera pris en train de faire l’excision sera trimballé en justice. Mais, ça ne s’est jamais fait. Donc, il va falloir qu’on mette de la pression pour que les textes qui existent puissent être appliqués, surtout quand il s’agit de l’intégrité de la femme. On va examiner les dispositions existantes, ce qui est bon on garde, et ce qui n’est pas bon, on enlève ça ou on améliore. Pour cette fois-ci, il va falloir qu’on impose l’exécution des sanctions prises contre X ou Y personne pour les cas de viol, d’excision et les cas de violences conjugales. On a vu les hommes battre leurs femmes jusqu’à ce que mort s’en suit. Que sont-ils devenus ces hommes ? Donc, c’est un volet sur lequel je vais vraiment m’engager. En plus, c’est surtout l’unité nationale. Le plus souvent, quand ça ne va pas, ce sont les femmes et les enfants qui subissent. Et, donc, sur l’unité nationale, je m’engagerai à fond pour que nous arrêtions en république de Guinée de dire tel est malinké, Soussou, peulh ou de telle région. C’est-à-dire que cela soit banni dans notre vocabulaire. Et pour ça, il faut qu’on prenne des lois contre tous ces propos haineux, régionalistes, ethnocentrique pour que cela cesse », a dit Saran Traoré.

Malick Diakité pour Guineematin.com

Tel : 626-66-29-27

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