Affaire CNT : le candidat de la jeunesse de la Haute Guinée dénonce « une magouille »

Depuis la publication par les autorités guinéennes de la liste des 81 personnes qui doivent siéger au Conseil National de la Transition (CNT), les critiques fusent de partout. Beaucoup d’acteurs sociopolitiques s’indignent et s’interrogent sur les critères de choix qui ont permis de composer cette liste. Certains partent jusqu’à « une magouille » dans le processus. C’est le cas de Mohamed Chérif, président de l’antenne régionale de l’association guinéenne pour le bien-être familial (AGBF-Kankan). Il avait été choisi par la jeunesse de la Haute Guinée pour siéger au CNT en leur nom ; mais, il a finalement été écarté de la liste par les autorités en dépit de la légitimité dont il jouit au sein de la jeunesse de sa région. Mohamed Chérif dit être déçu et dénonce du deux poids deux mesures sur cette attitude des autorités.

« Le samedi passé, on a vu le décret nommant les conseillers au CNT. Mais, malheureusement, nous qui avions franchi toutes les étapes, on s’est vu écarté. C’est vraiment décevant. On ne peut pas comprendre que le MATD et le ministère de la jeunesse qui sont représentés à la base, et vu l’implication de toutes ces autorités à la base (gouverneurs de région, inspecteur et directeurs préfectoraux de la jeunesse) qu’on se voit écarter. C’est seulement le candidat de la forêt qui a été retenu. Et, celui-ci étant issu du même processus que nous, nos dossiers ont été déposés par le ministère de la jeunesse le même jour, il est incompréhensible que le candidat choisi à Conakry, en Basse Guinée, en Moyenne Guinée et en Haute-Guinée ne soit pas retenu. C’est deux poids deux mesures. Sinon, s’ils étaient constants dans leurs démarches, ils devraient aussi annuler la candidature du jeune de la forêt », a dit Mohamed Chérif.

Pour ce jeune de la Haute Guinée, c’est au sortir d’une compétition entre tous les jeunes candidats de sa région qu’il a été choisi pour aller au CNT. Et, ses dossiers ne souffraient d’aucune anomalie, d’autant plus qu’il faisait partie du « choix transmis » par le ministre de la jeunesse au MATD.

« C’est suite à un communiqué du ministère de l’administration du territoire et de la décentralisation relatif à la mise en place du conseil national de la transition, donnant ainsi l’opportunité à toute la jeunesse du pays, pour contribuer efficacement aux débats à l’hémicycle que le ministère de la jeunesse a émis le souhait qu’il y est des  représentants de la jeunesse de l’intérieur au CNT. C’est ainsi que nous avions procédé au dépôt des candidatures. Après le dépôt, il y a eu le dépouillement en présence des cadres du gouvernorat de la région, des directeurs préfectoraux et régionaux de la jeunesse. Toutes ces personnalités étaient réunies dans le but de choisir celui qui doit représenter les jeunes de la Haute Guinée. Il y avait un comité de jury qui était présidé par le vice-président de la société civile régionale de Kankan. En tout, il y a eu treize candidatures qui ont été reçues. Et, parmi ces 13 candidatures, 3 dossiers ont été retenus après dépouillement. Après certaines vérifications, il s’est avéré qu’il y a un des 3 candidats qui n’avait pas les dossiers au complet. Il a été éliminé. Il est resté deux candidats dont moi. Après toutes les vérifications de documentations, des évaluations orales, on nous a soumis à un test écrit. C’est au terme de tout cela, sous la supervision du gouverneur de région et tous les cadres que je viens de citer ci-haut, que j’ai été officiellement choisi. Mais, à notre fort étonnement, après tout ce scénario, on a vu un autre communiqué du ministère de l’administration du territoire et de la décentralisation demandant le dépôt de candidature de toutes les organisations et de tous les jeunes qui veulent postuler pour le CNT. Dans la foulée, nous on a encore réuni toutes les documentations, on est allé avec les résultats de la sélection et l’ordre de mission du gouverneur de la région. Arrivé à Conakry, on est allé au ministère de la jeunesse qui avait organisé préalablement la sélection précédente. Quand nous sommes arrivés au ministère, c’est-à-dire les 5 candidats des 4 régions naturelles plus le représentant de la région spéciale de Conakry, nous avons été reçus par les cadres du département, notamment le directeur national de la jeunesse. On a réuni tous nos documents et le ministre Béa a fait un choix transmis. C’est le ministère de la jeunesse même qui est allé faire le dépôt à notre nom au MATD et nous-mêmes nous avions suivi le processus », a expliqué Mohamed Chérif.

Compte tenu de la tournure des évènements, Mohamed Chérif soupçonne « une main noire » de certains cadres du ministère de l’administration du territoire et de la décentralisation derrière ce dossier. Ce jeune leader de la capitale de la savane guinéenne assure que son échec a été savamment orchestré par des gens qui ne voulaient pas le voir dépasser leurs protégés. Et, il demande au président de la Transition de rétablir la vérité dans cette affaire.

« Le cas personnel de Kankan, je peux vous dire que c’est certains cadres du ministère de l’administration du territoire et de la décentralisation qui avaient des protégés au niveau de Kankan. Et, vu que leurs protégés ne sont pas passés, il fallait mordicus écarter le candidat officiel de Kankan qui est ma personne. C’est du genre : si mon petit ne passe pas, tu ne passeras pas aussi. C’est pourquoi nous lançons un appel au président de la république qui a dit que la justice sera la boussole qui orientera chaque action de la Transition. Nous demandons qu’on soit rétabli dans nos droits. Car, il est notre dernier recours. Sûrement il n’a pas eu toutes les informations sur le choix fait dans les différentes régions. Sinon, on ne peut pas éliminer carrément les jeunes choisis de façon légale sous la coordination de l’autorité préfectorale et régionale. Je pense que c’est une injustice qu’il doit réparer », a dit Mohamed Chérif.

Malick Diakité pour Guineematin.com

Tel : 626-66-29-27

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