Suppression du « ON-NET » par le Gouvernement : les réserves de Mamady Kaba

Comme indiqué dans nos précédentes dépêches, à l’occasion du conseil ordinaire des ministres du jeudi dernier, 27 janvier 2022, le gouvernement a annoncé la suppression de certaines taxes téléphoniques, notamment le ON-NET, taxée à 20 GNF la minute d’appel. Une mesure que n’apprécie pas Mamady Kaba, spécialiste des questions de télécommunications.

« Le ON-NET c’est le réseau de téléphonie d’un même opérateur. C’est lorsqu’un numéro Orange appelle un autre numéro Orange. Et en réalité, le ON-NET représente 90% du flux d’appel par rapport au OFF-NET (appel entre des opérateurs différents). Cette suppression va au-delà des questions techniques. Elle est d’ordre économique d’autant plus que nous sommes dans une situation d’exception où les finances publiques sont soumises à une rude épreuve et que les sources de financement extérieur sont pratiquement  asséchées. L’Etat a besoin de ressources et le moment est mal choisi pour ces genres de suppression », estime Mamady Kaba.

Pour lui, l’Etat devrait trouver d’autres solutions pour réduire le prix des tarifs d’appel.

« Pour moi, l’Etat devrait avoir une stratégie, une politique à mettre en place en concertation avec les opérateurs téléphoniques pour réduire les coûts téléphoniques. Ajouter des bonus au niveau des appels ne satisfait pas les consommateurs en réalité. L’Etat devrait travailler à faire des concessions au niveau du dédouanement du matériel téléphonique au port pour pouvoir réduire les tarifs d’appel et sans toucher la partie ON-NET. Ce qui m’étonne, ce que cette suppression a plus d’impact négatif sur le revenu que le secteur téléphonique fournit à l’Etat, qu’elle impacte la consommation des clients », a-t-il dit.

Mamady Kaba reconnaît par contre que cette mesure bénéficie aux clients et aux opérateurs de téléphonie.

« La taxe ON-NET s’élève à 20 GNF par appel. C’est elle qui est supprimée. Donc, c’est une enveloppe importante que l’Etat se permet de perdre dans une situation particulièrement difficile. N’oublions pas qu’après les mines, c’est le secteur de téléphonie qui vient en deuxième position en ce qui concerne les recettes de l’Etat. Il fallait plutôt supprimer les tarifs du OFF-NET qui ne représente que 10% du flux », a ajouté notre interlocuteur.

Pour lui, l’impact de cette décision du gouvernement sur le secteur sera ressenti dans le cadre de la mobilisation des recettes de l’Etat.

« L’impact sur le coût de l’appel n’est pas positif. Les bonus que les opérateurs octroient fait partie de leur stratégie de leur marketing. Ce n’est pas à cause des clients qu’ils font ces bonus. C’est dans l’intérêt des opérateurs téléphoniques et non de l’Etat ou de la population », a conclu Mamady Kaba.

Abdallah BALDE pour Guineematin.com

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