Insalubrité à Mamou : « nous n’avons qu’un camion dont la boîte de vitesses ne fonctionne presque pas », se lamente le maire

Comme annoncé dans l’une de nos précédentes publications, un journaliste de Guineematin.com en séjour à Mamou est allé à la rencontre du maire de la commune urbaine, Elhadj Amadou Tidiane Diallo. Au cours de l’entretien, plusieurs questions d’actualité ont été abordées. C’est notamment, la nature de collaboration entre les autorités, l’insalubrité, la gestion des ressources, l’insécurité et la cohabitation entre les citoyens.

Décryptage !

Guineematin.com : depuis le 05 septembre, le pouvoir a changé de main et ce sont  les militaires qui dirigent le pays. Comment se passe la collaboration entre vous et ces militaires ici, à Mamou ?

Elhadj Amadou Tidiane Diallo, maire de la commune urbaine de Mamou

Elhadj Amadou Tidiane Diallo : Il n’y a pas de problème pour le moment entre les autorités régionales et préfectorales d’une part et communales d’autre part. Tout se passe bien.

Guineematin.com : qui dit autorité communale parle de l’assainissement de la ville. Aujourd’hui les populations de Mamou se plaignent de l’insalubrité. Dites-nous qu’est-ce qui est en train d’être fait par la mairie pour rendre cette ville propre ?

 Elhadj Amadou Tidiane Diallo : vous savez, Mamou est réputée comme la ville la plus propre. Les gens le disent ainsi ; mais, pour nous, Mamou n’est pas la ville la plus propre. Nous nous efforçons à rendre la ville propre. L’insalubrité est un problème récurrent dans toutes les villes du monde. Ce n’est pas propre seulement à la Guinée, ni à Mamou. En ce qui concerne la ville de Mamou, nous avons tenté beaucoup de choses pour rendre la ville propre. La dernière tentative, on est sur ça. Nous avons signé un partenariat avec une société de la place, un cabinet d’expertise en environnement qui est basé à Mamou ici depuis fin 2019. Et, lorsque nous avons signé ce partenariat, le cabinet s’est mis à l’œuvre avec la commune. Nous avons rencontré l’UNCDF. A travers Enabel Integra, nous avons remonté ceci jusqu’au niveau du FENU (Fonds des Nations Unies pour l’Équipement) pour demander un partenariat. Nous avons posé les jalons de ce partenariat et avons mis tous les papiers qu’il faut pour obtenir un financement du FENU. Dieu merci, cette fois-ci, le financement est venu il y a à peine un mois.

Guineematin.com : c’est combien le montant ?

Elhadj Amadou Tidiane Diallo : c’est un financement de 100 mille dollars US.

Guineematin.com : ce montant est-il arrivé au niveau de la commune de Mamou ?

Elhadj Amadou Tidiane Diallo : pour la commune de Mamou. C’est le FENU qui a financé à travers l’UNCDF.

Guineematin.com : à quoi est destiné cet argent?

Elhadj Amadou Tidiane Diallo : ce montant est destiné à l’achat du matériel d’assainissement. Nous avons fait un appel d’offres pour l’acquisition de 2 camions bennes ordinaires de 8 mètres cube chacun, de 2 tricycles, de 900 poubelles dont 100 poubelles métalliques et 800 poubelles plastiques. Nous avions ici 2 camions IVECO qui avaient été  envoyés par le gouvernement au temps du feu général Lansana Conté comme dans toutes les capitales régionales. Vers la fin, on a eu assez de problèmes pour l’entretien de ces camions. Des pannes perpétuelles, des pneumatiques. Aujourd’hui, il y a un camion qui est presque cloué et l’autre fonctionne tant bien que mal, parce que la boîte de vitesses ne fonctionne presque pas. Il n’y avait que deux vitesses qui marchaient. Ainsi, nous avons inclus la réparation de ces camions dans ce matériel. On a donc commandé une boîte de vitesses et accessoires ainsi que 10 pneus neufs. Ce qui est acquis.

Guineematin.com : toutes ces dépenses, c’est dans ce montant de 100 mille dollars ?

Elhadj Amadou Tidiane Diallo : tout ça, c’est sur les 100 mille dollars. Le matériel est là ; et, la semaine passée, nous avons fait la remise à la présence du représentant de l’Union européenne. Actuellement, on est en train de répartir les poubelles en fonction de l’abonnement. Nous avons fait des sensibilisations pour que les gens s’abonnent. Ainsi, beaucoup se sont abonnés et nous allons procéder à la remise de ces poubelles aux abonnés. Les gens continuent à s’abonner. Dans le même lot d’équipement, nous avons aussi les accoutrements pour les travailleurs : les bottes, les gilets, les casques, les masques, les gants et tout ce qui accompagne la protection de l’individu contre la poussière, la boue et tout ce qui peut nuire à la santé de l’individu.

Guineematin.com : parlez-nous maintenant des autres sources de revenus de la commune, notamment les taxes. Comment ça se passe ?

Elhadj Amadou Tidiane Diallo : les taxes se limitent à ceux des gares routières, les taxes de stationnement, les taxes en ce qui concerne les kiosques et les conteneurs plus les taxes d’abattage.

Guineematin.com : à combien s’élève ces montants ?

Elhadj Amadou Tidiane Diallo : non, on ne peut pas dire le montant.

Guineematin.com : mais, vous ne nous avez pas parlé des taxes qui sont versées par les sociétés de téléphonie mobile ?

Elhadj Amadou Tidiane Diallo : là, il y a des problèmes. Parce que les opérateurs de téléphonie mobile sont en train de nous rouler.

Guineematin.com : comment ?

Elhadj Amadou Tidiane Diallo : à tout moment, si on va vers eux, ils disent qu’ils ont payé à Conakry alors que nous, nous leur avons dit qu’on ne fait pas ces opérations à Conakry. C’est ici à Mamou qu’ils doivent payer. Et, ils ont promis qu’à partir de ce mois de janvier, ils vont payer l’année. Vous savez, c’est par année qu’ils payent pour ce qui est des pylônes. Partout où un pylône existe, ils payent 15% aux ayants droit de l’installation, donc à la commune.

Guineematin.com : l’autre sujet c’est cette insécurité à Mamou. Ce dernier temps, on a enregistré beaucoup de cas de viol, des attaques à main armée, etc. Qu’est-ce que la commune envisage pour endiguer ce phénomène ?

Elhadj Amadou Tidiane Diallo : sur cette question, nous allons souvent vers les services de sécurité qui sont habilités à contrer ce phénomène. Nous sensibilisons à travers les radios, nous sensibilisons au niveau des gares routières, des marchés, partout où cela s’avère nécessaire. Les viols étaient récurrents ; mais, maintenant ça a commencé à diminuer, parce que la justice est en train d’appliquer la loi dans toute sa rigueur sur les présumés violeurs. Et, il y a des condamnations. A la prison ici il y en a assez.

Pour ce qui est des coupeurs de route, Mamou était réputé un centre névralgique de ce genre. Lorsque les services de sécurité et nous autorités locales avons fait des réunions de prise de contact et de position de part et d’autre, alors, il y a eu beaucoup d’arrestations au niveau de ces coupeurs de route et le phénomène s’est beaucoup atténué. Parce qu’il y a des mois qu’on n’entend pas parler. Le dernier cas, c’est entre Mamou et Kindia et dans la zone de Kindia. Mais, comme c’est des véhicules qui circulent entre Mamou et Kindia, alors ça concerne aussi la préfecture de Mamou et donc la commune.

Guineematin.com : que répondez-vous à ceux qui disent aussi que les responsables communaux de Mamou manquent d’efficacité dans leur gestion ?

Elhadj Amadou Tidiane Diallo : c’est eux qui savent pourquoi ils le disent. Vous savez, c’est toujours comme ça. Il y a des gens qui ne sont toujours pas contents que cette équipe soit là. Ils sont permis de tout et on ne peut pas arrêter le dénigrement. Tout chef est astreint à être critiqué. Ils n’ont qu’à critiquer, nous faisons notre travail. Pour nous, tout va pour le mieux et les populations en parlent. Si quelques ramassis disent autrement, ils n’ont qu’à dire ce qu’ils veulent. Nous, on fait notre travail.

Guineematin.com : le CNRD prône le rassemblement et on sait qu’à Mamou, jusqu’à un passé récent, les populations étaient très divisées. Quel effort faites-vous pour rassembler cette population cosmopolite ?

Elhadj Amadou Tidiane Diallo : Mamou était rassemblé avant même l’avènement du CNRD et continue de se rassembler.

Guineematin.com : mais, on a vu des troubles politiques ici aussi ?

Elhadj Amadou Tidiane Diallo : les troubles étaient inhérents au 3ème mandat, à la violation de la constitution. Là, personne ne pouvait arrêter cette vague de violence en ce moment parce qu’il y a eu assez de frustrations. Des gens qui sont assassinés à cause de leur opinion, des jeunes qui ont été froidement assassinés ici. Pourquoi ? Parce qu’ils refusent d’accepter le fait accompli d’un 3ème mandat. Et, l’homme a ses sentiments et ses pressentiments. Il aime qu’on respecte sa dignité. Une constitution était là, l’une des meilleures de la Guinée et un beau matin, on se lève et on dit qu’on va violer cela pour avoir un 3ème mandat et pour s’éterniser au pouvoir. Ce que le peuple de Guinée n’a pas accepté et n’acceptera pas.

Interview réalisée à Mamou par Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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