Transition en Guinée : le procureur Charles Wright s’attaque aux réseaux sociaux

En conférence de presse ce mardi, 22 février 2022, Alphonse Charles Wright, le procureur général près la cour d’appel de Conakry, a tenu à prévenir ceux qui font des injures sur les réseaux sociaux leur sport favori qu’il sera sans état d’âme dans les poursuites. Selon lui, les réseaux sociaux sont devenus « l’espace criminel » de beaucoup de Guinéens (surtout ceux qui vivent à l’étranger). Mais, le parquet général est en train de recenser (à travers la direction de la police judiciaire et la direction des investigations judiciaires) tous les propos ethnocentriques et régionalistes qui y sont diffusés pour engager des poursuites.

Charles Wright jure qu’il ne fait pas de chasse aux sorcières, « mais si le sorcier est celui qui tient des propos régionalistes, il sera  chassé » quel que soient les critiques auxquelles les magistrats de son parquet feront face.

« Depuis ma prise de fonction, je visite les réseaux sociaux que les gens ont considéré comme un espace à part entière. L’espace criminel au niveau de la Guinée aujourd’hui, beaucoup pensent que parce qu’ils sont à l’étranger, ils peuvent se permettre de tenir beaucoup de propos. Il n’y a plus de limite maintenant. Un beau matin, quelqu’un peut se lever, il t’insulte comme il veut. Et, vous verrez que celui qui fait ça n’est pas un asiatique, il est Guinéen, il appartient à une famille guinéenne. Quelles que soient les motivations politiques, régionalistes, ethniques et autres, tout citoyen guinéen a le devoir de contribuer à la cohésion sociale… Toute reproduction de quelque manière que ce soit des propos de nature infractionnelle, celui qui a divulgué et celui qui a partagé, vos responsabilités sont communes. C’est pourquoi, j’ai dit à la direction de la police judiciaire et à la direction des investigations judiciaires de recenser tous les propos ethnocentriques. On ne fait pas la chasse aux sorcières, mais si le sorcier est celui qui tient des propos régionalistes, ethnocentriques, il sera  chassé. On peut tout dire, c’est ça la beauté de la liberté ; mais, on ne doit pas tout dire, parce qu’il y a des limites… Est-ce que la liberté d’expression donne droit de porter atteinte à la dignité d’autrui même si on n’est pas d’accord ? Est-ce  que cette liberté vous donne l’autorisation de saper la paix publique ?  Et, quand vous les touchez, ils s’abritent derrière les considérations politiques… Les magistrats n’ont pas de parti politique, nous, on est la société. Nous avons obligation et l’éthique déontologique qu’on obéit et respecte en toute circonstance. Je dis, tous ceux qui ont tenu des propos sur les réseaux sociaux, nous sommes en train de travailler. Et, je vous dis : celui qui va être interpellé, vous pouvez dire n’importe quoi, moi, en tant que procureur général, j’assume. Parce qu’après cette transition, on va se regarder, on saura qui a menti à ce peuple. Je ne suis pas ce procureur qui fait des chasses aux sorcières. Quelqu’un qui a lutté pour la défense de la liberté ne peut  pas être un monstre ou une machine. Non ! Si je ne peux pas protéger les libertés, je ne peux pas entraver les libertés », a indiqué Alphonse Charles Wright.

Fatoumata Diouldé Diallo pour Guineematin.com

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