Manque de délai pour la durée de la transition : la colère de Fodé Mohamed Soumah

Lors de l’ouverture du cadre inclusif de concertation, le ministre de l’Administration du territoire, Mory Condé, a décliné les 10 étapes à franchir avant le retour à l’ordre constitutionnel sans les inscrire dans la durée. Cette situation provoque l’ire de l’ancien député et président du parti Génération Citoyenne (GéCi), Fodé Mohamed Soumah, interrogé par un reporter de Guineematin.com ce samedi 16 avril 2022.

L’absence d’une date pour la mise en œuvre des activités prévues pour sortir de la transition n’est pas du goût des acteurs politiques. L’ancien député et président de la GéCi, Fodé Mohamed Soumah, a décrit un leurre orchestré par les autorités de la transition.

« En principe, lorsque vous déroulez des activités à faire, vous y accolez un calendrier. Mais, lorsque vous déclinez des opérations dont on ne connaît même pas la durée de vie, dont on ne sait pas si on va commencer par A pour aller à B et non pas sauter à F, on se leurre. En fait, c’est quelque chose qui est fait dans la précipitation qui va encore une fois nous détourner de l’essentiel. On va être là à discuter, à imaginer, à tergiverser, à épiloguer, etc. Pendant ce temps, il y a le délai qui court, pendant ce temps, on est au mois de jeûne. Après, ça sera la saison des pluies et c’est la rentrée. Au finish, on se rendra compte que ça fait un an qu’on n’a pas vu l’once du début de la transition. La CEDEAO va venir toquer à la porte dans quelques jours, il y aura des sanctions et c’est le peuple qui va payer. On est en train de naviguer à vue, de tanguer de gauche à droite et ça n’ira nulle part », explique-t-il.

Pour cet ancien député, la durée de la transition doit être précisée si l’on veut être réaliste. « Le problème aujourd’hui, c’est la durée de la transition et cette durée est accolée à des activités à faire. Dans le torchon qu’ils nous ont donné, on ne voit pas les activités. On ne connaît même pas leur déclinaison. Quand vous parlez de recensement intégral, c’est au moins deux ans alors que nous, nous disons de réviser la constitution de 2010. On n’a même pas parlé de couplage des élections. Sept mois après, rien de concret », insiste monsieur Soumah.

En outre, le président de la GéCi n’apprécie pas la manière dont les assises nationales se tiennent depuis quelques jours. Pour lui, c’est du simple cinéma destiné à « amuser la galerie » et « distraire » les Guinéens. « Il faut qu’on puisse éviter les problèmes clivant pour dire que tel a été ou tel n’a pas été. Tout ça, c’est pour nous divertir parce que la classe politique guinéenne, quoi que tu fasses, elle ne sera jamais homogène. Elle ne s’entendra jamais. Il y a toujours des vendeurs d’illusions, des prostitués politiques, des positionnements et tous les pouvoirs viennent surfer là-dedans. C’est pourquoi nous, on avait demandé que contrairement à ce que le MATD est en train de faire en demandant aux partis de fournir des informations dont ils détiennent eux-mêmes, c’est de nous aider à nettoyer dans cette classe politique les partis dormant. Comment on peut imaginer un parti qui existe depuis 10 ans et qui n’a jamais participé à une élection, on va l’appeler parti et le mettre au même niveau que les autres parce qu’ils ont le même agrément ? C’est à ce jeu que le pouvoir est en train de jouer. Par exemple, nous on savait qu’on avait six coalitions, ils nous en ont sorti vingt. D’où sont sorties les autres coalitions ? C’est pour dire que la situation se complique pour le pays », prévient-il.

Mamadou Alpha Baldé pour Guineematin.com 

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