Kaly Diallo : « toute agression, qu’elle soit contre un journaliste ou un policier est une violation des droits de l’homme »

Comme indiqué dans nos précédentes dépêches, le mardi dernier, 10 mai 2022, Mohamed Mbemba Condé, correspondant de Guineematin.com à Kindia et animateur de l’émission Nondy-Falla-Tandé à la radio Espace Kania du Groupe Adafo Médias, a été roué de coups par des gendarmes. Et, deux jours après, c’est le Capitaine Aboubacar Soumah qui a reçu une gifle du ministre de la sécurité et de la protection civile, le Général à la retraite Bachir Diallo.

Des actes qui ont été vigoureusement dénoncés par Mamadou Kaly Diallo, activiste des droits de l’Homme et responsables de l’ONG Démocratie sans violence/ Baïonnette intelligente. 

Dans un entretien accordé à Guineematin.com ce samedi, 14 mai 2022, monsieur Diallo a déploré la récurrence de la violence en Guinée et proposé ses services comme solution.

« J’ai été informé de cette paire de gifle administrée par le ministre de la sécurité, le Général Bachir Diallo, à un de ses subordonnés, le Capitaine Aboubacar Soumah, le jeudi 12 mai 2022. C’est un acte très déplorable. Bien entendu que ce n’est pas nouveau dans notre pays. Vous vous rappelez de cette bagarre entre les ministres d’alors Aboubacar Titi Camara des sports et Sanoussy Bantama Sow de la jeunesse. Ils avaient même échangé des coups de poing. Egalement et dans un passé récent, l’ancien ministre de l’Unité nationale, Dr Taran Diallo avait été giflé par une de ses collaboratrices. Il vous souviendra aussi de ce policier qui avait fait d’une femme son bouclier lors des manifestations pacifiques dans notre pays. Plus loin à Kouroussa, ce sont des présumés coupeurs de route qui avaient été arrêtés et mis en prison qui ont été extraits par la population pour être battus à mort avant d’être brûlés vifs. En 2015, en plein mois de ramadan, le regretté Adama Traoré a été brûlé vif au niveau du carrefour canadien à Conakry. De même que l’agression de votre collègue journaliste Mohamed Mbemba Condé, attaqué physiquement par des gendarmes alors qu’il était dans l’exercice de sa profession. C’est très regrettable. A ces violences, il faut ajouter les violences conjugales. Et tout cela prouve que la violence perdure en Guinée. Elle est récurrente et c’est grave pour un Etat de droit ».

Pour remédier à ces actes de violence en Guinée, cet activiste des droits de l’homme fait des offres efficaces au gouvernement guinéen.

« Dans le cadre du programme « Démocratie sans violence/la baïonnette intelligente  » qui œuvre dans le cadre de la non-violence et qui vulgarise les stratégies de lutte non violente auprès des citoyens Guinéens. J’offre les offices de ce programme-là qui a une expertise en ces domaines sur les stratégies utilisées par des icônes mondiales de lutte non violente, en l’occurrence Martin Luter King, le Dallai Lama, Mahatma Gandhi, Nelson Mandela et autres; pour former et informer les membres du gouvernement et toutes les structures étatiques, de la base au sommet. Nous sommes outillés, expérimentés et disponibles à mettre le programme à la disposition du gouvernement pour contribuer à améliorer le respect des droits de l’homme dans notre pays pour le grand bien de tous », a souligné Kaly Diallo.

Revenant sur l’agression contre le journaliste de Guineematin.com, l’activiste des droits de l’homme, après avoir fermement condamné l’acte, averti que cet celui-ci pourra avoir des conséquences sur le classement de la Guinée en matière de liberté de presse par Reporters sans frontières.

« L’exercice de la liberté d’expression est très précieuse et est même notée par la Déclaration universelle des droits de l’homme…L’exercice des droits fondamentaux et des libertés publiques est indispensable à la paix, à la cohésion sociale et au progrès d’un pays. Donc, agresser un journaliste dans l’exercice de sa mission constitue une violation grave des droits de l’homme. Les auteurs devraient être identifiés et traduits en justice…Pour éviter de tels actes, nous réitérons notre appel aux autorités à privilégier l’information et la formation des agents de l’Etat et la vulgarisation des outils liés aux droits de l’homme. Kofi Annan, l’ancien Secrétaire général des Nations Unies avait lâché une citation devenue très célèbre en Assemblée générale de l’ONU. Il avait dit qu’il n’y a pas de développement sans la paix, il n’y a pas de paix sans la sécurité et par contre, il n’y a ni paix, ni sécurité, ni développement sans le respect des droits de l’homme’’. Cette citation reste valable pour tous les pays et la Guinée en l’occurrence », a rappelé M. Diallo.

Selon ce responsable de la Baïonnette intelligente, les droits de l’homme évoluent en dent de scie dans notre pays. Avant le 5 septembre et après cette date, c’est comme un véhicule qui était à l’arrêt et qui vient de redémarrer.

« Avant le 5 septembre, beaucoup de militants de l’opposition ont été arrêtés, emprisonnés et certains ont perdu même la vie. Le CNRD est venu libérer les gens, autoriser les activités politiques… Mais, actuellement, il est à craindre des conséquences de l’impasse politique entre les dirigeants et la classe politique », a conclu ce responsable du programme « Démocratie sans violence/ baïonnette intelligente », non sans dire son soutien au programme de récupération des biens de l’Etat et la poursuite des présumés auteurs de crimes économiques et de sang.

Entretien réalisé par Abdallah BALDE pour Guineematin.com

Tél. : 628 08 98 45

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