Sécurité maritime en saison pluvieuse : Fodé Idrissa Kallo interpelle les autorités

Chaque année, des cas de naufrages sont enregistrés pendant l’hivernage dans le secteur de la pêche artisanale. Le manque de matériels adéquat est pointé du doigt par les acteurs du secteur pour évoquer les raisons de ces naufrages souvent meurtriers. C’est ce qu’a laissé entendre Fodé Idrissa Kallo, secrétaire chargé des affaires extérieures et de la communication de la fédération nationale des pêcheurs artisans de Guinée. Il l’a dit hier, mardi 24 mai 2022, à Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Fodé Idrissa Kallo, secrétaire chargé de la communication de la fédération nationale des pêcheurs artisans guinéens

Pour Fodé Idrissa Kallo, l’Etat guinéen ne prend pas au sérieux la sécurité maritime pendant les saisons pluvieuses. Pourtant, les risques de naufrage sont énormes.  « L’Etat doit prendre en compte la sécurité maritime. Mais le problème est qu’il n’y pas de programme établi. La sécurité maritime est banalisée par les acteurs et l’administration publique. Parce que ceux qui vont en mer, leur vie est très souvent en danger. Et l’État qui doit encadrer tout cela ne le prend pas en compte, sauf s’il y a des accidents…. Parce que même pendant cette saison sèche, il y a eu des naufrages. Il y a eu des morts du côté de Forécariah. Donc, si la saison pluvieuse arrive avec la période des grandes pluies accompagnées de vents violents, il faudrait qu’il y ait des rénovations. Sinon, il faut s’attendre à des naufrages dans les jours à venir », prévient-il.

Selon monsieur Kallo, c’est le moment pour les autorités de prendre les mesures qui s’imposent pour parer à toute éventualité. « C’est le moment et le temps pour les autorités. Il ne faut pas qu’il commence à pleuvoir qu’on vienne par la suite donner des gilets. C’est maintenant qu’on doit veiller à l’état de ces embarcations. C’est maintenant qu’on doit déployer des équipes exigeantes au niveau des débarcadères. Pour que ceux qui vont en mer soient dotés d’équipements de sécurité maritime. En mer, il n’y a pas quelque chose à attraper pour se sauver en cas de naufrage. Même si vous savez des fois nager, vous pouvez nager à un certain niveau et vous serez fatigués. S’il n’y a pas de secours en ce moment-là, vous risquez de mourir et même de disparaître. Mais s’il y a des gilets de sauvetage, le corps peut être retrouvé ».

Pour ce qui est du cas spécifique des gilets distribués aux pêcheurs artisanaux, notre interlocuteur dénonce la méconnaissance de ce qui doit être fait. « Pour vous dire que l’État ne prend pas ses responsabilités, même les gilets qui viennent ne répondent pas aux normes. Il y a quelqu’un qui pèse 50 kilogrammes et l’autre à plus de 80 kilogrammes. Quand vous donnez les gilets de 30 kilogrammes à quelqu’un de 80 kilogrammes, en cas de naufrage, ça ne peut le retenir. C’est en fonction des poids qu’on doit distribuer les gilets. Mais, quand on amène juste un échantillon de gilets pour 25 kilogrammes, qui ne répondent pas aux normes, c’est d’autres problèmes ».

Par ailleurs, Fodé Idrissa Kallo pense que la vulgarisation des bonnes pratiques de sauvetage en cas d’incident en mer. « Il faudrait qu’on puisse avoir des barques de secours dans les grands débarcadères. Pour que dès qu’il y a détresse, l’équipe de secours qui est là soit informée qui peut aller directement sauver ces gens qui sont en détresse. Il y a plusieurs services qui sont là pour s’occuper de la sécurité maritime. Il faudrait qu’on puisse vulgariser les textes qui existent, qu’on puisse être aux côtés de ces personnes pour les sensibiliser. Mais le problème est que même l’administrateur qui est là ne connaît pas ces textes. Comment il peut apprendre aux acteurs de la pêche ? Donc, il y a manque de vulgarisation de ces différents textes, » » a-t-il fait remarquer.

En outre, monsieur Kallo préconise une large sensibilisation des pêcheurs artisanaux pour qu’ils puissent eux-mêmes éviter des désagréments. « Il y a souvent des mâts dans les différents débarcadères où les couleurs des drapeaux indiquent si la mer est calme ou agitée. Si c’est rouge, cela veut dire que la mer est agitée ; donc, n’allez pas en mer. Mais les gens ne sont pas mieux informés et sensibilisés pour suivre ces instructions. Le problème est qu’il y a un manque de communication. On doit faire travailler les médias, mettre à la disposition la RTG pour communiquer là-dessus pour que les gens sachent l’état de la mer. Il doit y avoir des centres de formation pour des techniques de formation pour que les gens soient sensibilisés et avoir une très grande force de communication. Si on avait les statistiques dans le monde du travail, c’est celles de la mer qui dépasse les autres activités. Mais nous n’avons pas de statistiques réelles. Quand vous partez dans les différents débarcadères, vous leur demandez le nombre de morts dans les accidents l’année passée, ils ne vous diront pas. Parce qu’il n’y a pas de statistiques. Sinon c’est des milliers de jeunes qui perdent la vie. Nous demandons vraiment aux autorités de s’exercer davantage », a-t-il lancé.

Mohamed Guéasso DORÉ pour Guineematin.com

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