Manque de moyen de transport à Conakry : la galère des citoyens

Dans la capitale guinéenne, trouver un taxi pendant les heures de pointe (dans la matinée et en début de soirée) peut s’avérer extrêmement éprouvant. Dans les différents carrefours de la ville et aux abords des voiries principales, c’est toujours de la bousculade avant de s’engouffrer dans un véhicule où on s’entasse à quatre sur le siège arrière. Les sociétés de transport public (SOGUITRANS, SOTRAGUI,…) n’ont pas survécu au temps. Et, l’Etat n’offre aucune alternative aux citoyens en matière de transport. Les exploitants de taxis privés font la loi dans le domaine du transport urbain où ils ne rencontrent aucune concurrence.

Pour de nombreux habitants de Conakry, se déplacer est un véritable tourment. Les taxis en circulation dans la ville sont largement inférieurs aux besoins des citoyens. Et, pour le Guinéen lambda, trouver un véhicule le matin a tout d’une capricieuse migraine. Pour un habitant de la haute banlieue, il est impératif de se lever à 6 heures (au plus tard) pour être à l’heure à un rendez-vous de 8 heures au centre-ville de Kaloum (le centre administratif de Conakry). Car, arrêter un taxi et y trouver de la place est une véritable misère. Et, beaucoup de citoyens ratent des programmes à cause de cette situation capricieuse. C’est le cas de Mabinty Camara, rencontrée hier, mercredi 25 mai 2022, au bord de l’autoroute Fidel Castro à Madina. Elle a passé plus d’une heure à la recherche d’un taxi pour la Tannerie où elle compte aller pour exercer son commerce, en vain.

Mabinty Camara, commerçante, passagère

« Ça fait environ 2 heures que je suis arrêtée ici, je veux partir à la Tannerie, mais impossible de trouver une voiture (un taxi). A l’heure-là, nous les passagers nous souffrons énormément en cherchant de véhicules. Là où je suis arrêtée, cette difficulté de trouver m’a causé d’énormes retards dans mes activités. Parce que je dois aller à la Tannerie pour revendre, voilà qu’il est 12 heures et la journée ne fait que s’écouler. Franchement c’est un véritable casse-tête de trouver un taxi, surtout en cette période d’hivernage. D’ailleurs, j’ai décidé de retourner à la maison ; car, je suis fatiguée de m’arrêter et il se fait tard déjà pour mes activités. Je demande aux autorités de nous aider à avoir des bus dans la circulation. Car, les élèves et les commerçants, en bref tous les citoyens qui ne sont pas dans leurs propres voitures souffrent énormément à la quête de taxis dans leurs déplacements. Même les bus de l’Etat qu’on avait l’habitude de voir circuler, on ne les voit plus dans la circulation », Mabinty Camara.

Tout comme cette jeune femme, Ousmane Sow aussi galère sur le trottoir à Madina depuis une trentaine de minutes. Il est à la recherche d’un taxi pour aller à Cosa ; mais, pour l’instant, il prend un bain de soleil obligatoire en attendant de trouver une place dans un véhicule.

Ousmane Sow, citoyen, rencontré à Madina

« Il n’y pas de véhicule. Nous souffrons beaucoup à la quête des véhicules de transport pour arriver à destination. Ça fait 30 minutes que je suis arrêté à la plaque de Madina pour chercher une voiture pour Cosa, vous même vous voyez, il n’y a pas de véhicule. Et, ce retard de 30 minutes peut avoir un impact négatif sur mes activités. Imaginez que j’ai un programme avec quelqu’un pour de l’argent ou le travail, on me fixe l’heure et moi j’arrive avec 30 minutes de retard. Ce rendez-vous pourrait être annulé ou je pourrais perdre cette opportunité. Aujourd’hui déjà, j’ai perdu une journée, parce que j’ai des difficultés à trouver un taxi. Donc, je suis obligé d’annuler ce rendez-vous. Je sollicite l’aide de l’Etat afin de mettre des bus dans la circulation pour atténuer les difficultés de transport pour nous les pauvres citoyens. Parce que les bus peuvent prendre beaucoup de personnes et ne prennent pas les gens tronçon par tronçon, contrairement aux chauffeurs de taxis qui en ont fait une coutume. Exemple, si tu veux aller à Sangoyah, même si le chauffeur part là-bas, il te dira qu’il se limite à l’aéroport. Et, c’est une mauvaise pratique qui fatigue les usagers. Mais, tout ceux-ci c’est parce qu’il n’y pas de loi », a déploré Ousmane Sow.

Ces dernières années, ce sont les taximotos et les tricycles qui s’emploient à combler le déficit et faciliter le transport aux populations. Mais, là également, les prix du transport par tronçon, notamment chez les taximotos, n’est pas à la portée de tous. Car, avec les difficultés économiques du moment, chaque un franc perdu est un sou de moins dans la dépense quotidienne. Autant dire qu’on n’est pas sorti de l’auberge.

Fatoumata Diouldé Diallo pour Guineematin.com

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