Partage de cinq cent millions de francs aux femmes de Kindia : Mme Mariétou Sylla à Guineematin

Vendredi dernier, 18 juin 2022, madame Aïcha Nanette Conté, la ministre de la promotion féminine, de l’enfance et des personnes vulnérables, a présidé une cérémonie de remise de chèques à dix (10) groupements et coopératives de femmes de la préfecture de Kindia. Chacune de ces structures a reçu un chèque de 50 000 000 (cinquante millions) de francs guinéens. Mais, cette remise a fait des mécontents parmi le reste des groupements de la cité des agrumes. C’est le cas du groupement productif pour le développement des femmes et des jeunes de Kindia (GPDFJK) qui dit avoir été ségrégué dans cette affaire.

Selon les informations confiées à Guineematin.com, cette remise de chèque fait suite à un don de 500 000 000 (cinq cent millions) de francs guinéens par le président de la Transition, colonel Mamady Doumbouya, aux différents groupements et coopératives de femmes de Kindia pour le développement de leurs activités. Ce montant est « un fonds d’appui non remboursable » qui s’inscrit dans le cadre de l’initiative présidentielle du programme d’appui aux activités économiques de 300 groupements féminins (PAAEF) à travers la Guinée. Il vise à promouvoir l’autonomisation des femmes. Mais, dans le partage de ce montant à Kindia, seuls dix (10) groupements et coopératives en ont bénéficié, alors que la préfecture compte plus de 300 groupements. Chaque entité bénéficiaire a eu 50 millions de francs guinéens. Et, cela a été très mal perçu par certains groupements de femmes.

« On nous a fait appel et nous sommes allées à la préfecture. Les autorités ont fait une remise de chèques. Mais, cette remise n’a pas été satisfaisante. Pourquoi ? Il y a plus de 300 groupements à Kindia ; mais, ces groupements sont plus forts, plus dynamiques les uns des autres. Nous (le GPDFJK), notre groupement a été ségrégué. Et, pourtant, on a un agrément, on a un compte bancaire. Le gouvernement même sait qu’on existe, parce qu’on nous convoque parfois pour aller former les femmes en transformation de produits locaux, notamment dans les filières ananas et mangues. Même l’ex-président, Alpha Condé, nous a invitées une fois, l’exposition a été faite à l’hôtel Noom (à Conakry).

Mais, dans le partage de ce vendredi, à notre fort étonnement, on a été ségrégué. Pourtant, il n’y a pas un groupement qui travaille à Kindia plus que notre groupement. On fait la saponification et le maraichage, on fait la transformation des produits locaux. On la confiture de mangue, de jus de fruits, de cocktail… On ne nous a pas dit sur quelle base les groupements bénéficiaires ont été choisis, ils n’ont pas consulté », a indiqué Madame Mariétou Sylla, vice-présidente du groupement productif pour le développement des femmes et des jeunes de Kindia (GPDFJK).

Aucune autorité de la ville des agrumes ne s’est prononcée sur cette affaire d’argent. Mais, à en croire des sources anonymes contactées par Guineematin.com à l’inspection régionale et de la direction préfectorale de la promotion féminine de Kindia, le choix des dix groupements qui ont bénéficié de ces chèques a été fait sur la base de critères prédéfinis. « Parmi les critères de choix, on a dit qu’il faudrait que le groupement soit opérationnel, qu’il ait un agrément, que les membres du groupement existent vraiment sur place, que le groupement ait un compte bancaire et que le groupement ait une durée de vie d’au moins 2 ans. Maintenant, c’est la remise des chèques qui a été faite. Et, l’argent sera viré dans leurs comptes », a expliqué une de nos sources.

Seulement, le groupement productif pour le développement des femmes et des jeunes de Kindia (GPDFJK) et bien d’autres groupements de la ville des agrumes disent remplir tous ces critères. Ainsi, ils estiment que les autorités impliquées dans cette affaire ont manqué de tact. Et, leur clé de répartition n’a pas été intelligente.

Mme Mariétou Sylla, vice-présidente du groupement productif pour le développement des femmes et des jeunes de Kindia

« Ils sont simplement venus avec la liste pour faire ce qu’ils veulent et s’en aller. C’est pour nous un coup dur. On ne dit pas que les autres ne travaillent pas ; mais, ce n’est pas comparable à ce que nous faisons. Parmi les groupements qui ont reçu les chèques, il y a Samaya, Sougueta, Madina-Oula, Coopérative. Mais, on a aussi donné des chèques à des femmes de la coopérative se faisant passer pour des représentants d’autres groupements. Pourquoi ? Il y a plus de 300 groupements à Kindia. Donc, on pouvait prendre au moins 30 groupements ici, au lieu de donner 50 millions à un seul groupement. Ça aurait arrangé beaucoup de femmes. Mais, les autorités ont fait comme elles veulent. Et, ça n’a pas été une bonne chose. Je demande au gouvernement de nous aider à travailler. Pour former le groupement, on cotisait 5 000 francs guinéens chaque dimanche par femme. C’est sur ça qu’on a trouvé notre agrément, on a ouvert un compte en banque. Donc, nous demandons au gouvernement de nous aider à travailler. C’est le début de la saison des pluies ; et, on doit travailler. Parce qu’on a vraiment bien travaillé, mais on n’a pas d’appui. Et, on est limité dans nos moyens », a ajouté madame Mariétou Sylla du GPDFJK.

De Kindia, Mohamed M’Bemba Condé, Amadou Baïlo Batouala Diallo et Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

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