Ces « marabouts » qui escroquent à Conakry : « je lui ai demandé d’aller réciter une sourate… »

« Je lui ai dit que je pouvais l’aider. Alors, nous avons traversé la route pour aller s’asseoir avec lui. Je lui ai demandé de donner son téléphone à Bouba (Aboubacar Conté) et d’aller s’arrêter quelque part pour réciter une sourate », a dit Mohamed Camara, qui a fait jouer sa « magie » au sein même du tribunal de Dixinn, délocalisé à la mairie de Ratoma.

En audience correctionnelle mardi dernier, 02 août 2022, le tribunal de première instance de Dixinn (délocalisé à la mairie de Ratoma) a déclaré Aboubacar Conté (ferrailleur) et Mohamed Camara (carreleur) coupables d’escroquerie et complicité. Ces deux jeunes sont accusés d’avoir usé de manœuvres frauduleuses pour tromper un citoyen à Dixinn afin de lui soustraire son téléphone. Et, le tribunal les a condamnés à un an de prison, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui a suivi le procès.

A l’ouverture de leur procès, Aboubacar Conté a d’abord opté pour une tentative d’escroquerie. Mais, il s’est très vite ravisé pour finalement reconnaître les faits qui lui sont reprochés.

« Nous avons trompé une personne pour lui prendre son téléphone. Et, nous avons été arrêtés alors qu’on cherchait à partir », a-t-il expliqué, tout en précisant que c’est son coaccusé qui a tout dirigé pour tourner leur victime en bourrique.

Appelé à la barre, Mohamed Camara a reconnu sans ambages les faits qui lui sont reprochés. Il a indiqué s’être embarqué à Gbessia à bord d’un véhicule, avec son complice, pour se rendre à Dixinn. Arrivé à Dixinn, il a croisé un jeune à qui il a dit être à la recherche d’un certain Karamba Diaby. Ce jeune lui a répondu qu’il connaît un monsieur qui s’appelle Karamba Diaby qui est très riche. Entretemps, son complice (Aboubacar Conté) est arrivé ; et, Mohamed Camara lui a posé la même question. Lui aussi a dit connaître Karamba Diaby, mais qu’il était pressé. Mohamed Camara lui dit qu’il est pressé parce qu’on l’a appelé pour lui dire que quelqu’un est malade. Aboubacar a dit que c’était le cas. Convaincu que Mohamed Camara avait le don de détecter les problèmes que les gens avaient, la victime lui a demandé de l’aider parce qu’elle a beaucoup souffert dans sa volonté d’aller en occident.

« Je lui ai dit que je pouvais l’aider. Alors, nous avons traversé la route pour aller s’asseoir avec lui. Je lui ai demandé de donner son téléphone à Bouba (Aboubacar Conté) et d’aller s’arrêter quelque part pour réciter une sourate », a relaté Mohamed Camara, tout en précisant que c’est dans ces circonstances qu’ils ont été arrêtés et conduits à la Belle-vue, puis déférés au tribunal de Dixinn.

Avant de faire ses réquisitions, le procureur a demandé à Mohamed Camara de faire une démonstration de la technique qu’il utilise pour escroquer les gens. Le prévenu a donc demandé à l’interprète de mettre un objet dans la paume de sa main et de cracher dedans avant de la refermer. Après cela, il lui a demandé de tourner la main et sur le dos de la main il y avait de la salive. Mohamed a expliqué qu’il avait discrètement mis de la salive sur sa propre main et qu’il l’avait ensuite déposée sur le dos de la main de l’interprète avant de lui demander de la tourner. Il l’a fait si vite que personne dans la salle ne l’a remarqué.

Pour le procureur, Mohamed Camara et son complice profitent de la faiblesse d’esprit de certains, la faiblesse de leur foi et leur envie démesurée de gagner pour les tromper. Il a requis que les deux complices soient retenus dans les liens de la culpabilité et qu’ils soient condamnés à un an de prison assortie de sursis.

Finalement, le tribunal a condamné Aboubacar Conté et Mohamed Camara à un an d’emprisonnement.

Mamadou Yahya Petel Diallo pour Guineematin.com

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