Conakry : un faux « contrôleur de biens » à la CRIEF condamné pour usurpation de titre…

Mohamed Toto Camara, qui se faisait passer pour un « contrôleur des biens » des personnes poursuivies à la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), a été condamné ce mercredi, 10 août 2022. Il a été reconnu coupable des faits de tentative d’escroquerie et d’usurpation de titre et de fonction. Des faits qu’il a niés tout au long de son procès, tenu au tribunal de première instance de Kaloum, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Selon l’accusation, Mohamed Toto Camara se faisait passer pour un contrôleur de biens à la CRIEF dans le but d’obtenir quelque chose avec un certain Lansary, directeur préfectoral de l’habitat de Coyah. Mais dans sa déposition à la barre, le prévenu déclare n’avoir escroqué personne même s’il reconnaît s’être fait passer pour contrôleur de biens à la CRIEF.

« Je n’ai demandé rien à personne. Je reconnais avoir dit à monsieur Abdou Bangoura, dit Oscar Bangoura, que je suis contrôleur de biens à la CRIEF. C’était dans le but de m’aider à rencontrer monsieur Lansary, directeur préfectoral de l’habitat de Coyah, qui se trouve être son beau-frère. Je voulais le rencontrer pour des problèmes de parcelles que j’ai au niveau de Coyah. J’ai tenté plusieurs fois de rencontrer monsieur Lansary même à son bureau. Je n’ai pas pu. C’est ainsi que j’ai cherché à parler avec Abdou Bangoura qui est une connaissance afin qu’il m’aide à rencontrer son beau-frère. Mais je ne savais pas qu’il allait enregistrer notre conversation. J’ai demandé à ce que Lansary vienne chez moi, dans mon salon, pour que je lui explique mes problèmes », a déclaré Mohamed Toto Camara à la barre.

Abdou Bangoura, alias Oscar Bangoura, celui qui a ébruité l’affaire, a pris le contrepied de Mohamed Toto Camara. « Un jour, Mohamed Toto Camara a appelé mon petit frère pour lui dire qu’il est contrôleur des biens des personnes poursuivies devant la CRIEF. Il a dit que notre beau-frère, Lansary, directeur préfectoral de l’habitat de Coyah, aurait des ennuis avec la CRIEF. Ses biens sont photographiés et envoyés au niveau de la CRIEF. Et que, dans de pareilles situations, on doit aider ses proches. Donc, que mon petit frère n’avait qu’à l’aider à rencontrer monsieur Lansary à l’effet de l’aider. Il a déclaré avoir tenté plusieurs fois de le rencontrer mais vainement. C’est ainsi que mon petit frère lui a dit d’attendre qu’il va me le passer au téléphone.

Dans notre conversation, il a répété les mêmes propos avec moi aussi, tout en me disant qu’il est contrôleur de biens à la CRIEF, chargé de contrôler les biens des personnes poursuivies devant l’institution. Il déclare qu’il veut rencontrer monsieur Lansary qui est poursuivi devant la CRIEF et que c’est le moment que chacun aide ses proches. Il disait également qu’au moment où il me parlait même, il gérait les dossiers de 12 personnes poursuivies devant la CRIEF. Alors que moi, je le connais, mais pas un fonctionnaire à la CRIEF à plus forte raison être contrôleur de biens au niveau de cette institution. Ainsi, je me suis dit que je vais chercher à savoir si effectivement il est fonctionnaire à la CRIEF ou pas. J’ai enregistré cette conversation que lui et moi avons faite au téléphone. Dans le processus de vérification, j’ai su finalement qu’il n’est pas fonctionnaire à la CRIEF. Il ne m’a rien demandé sinon que de l’aider à rencontrer le directeur préfectoral de l’habitat de Coyah », a raconté Oscar Bangoura.

Au terme des débats, le parquet de Kaloum a procédé aux réquisitions. Le ministère public a fait la narration des faits avant de demander au tribunal de retenir le prévenu dans les liens de la prévention des faits de tentatives d’escroquerie et d’usurpation de titre et de fonction au préjudice de monsieur Lansary, directeur préfectoral de l’habitat de Coyah. Pour la répression, le procureur va demander sa condamnation à un an d’emprisonnement, assorti de 6 mois de sursis, et au paiement d’une amende de 5 millions de francs guinéens.

Sur la base des faits et des déclarations contenues dans l’audio écouté par les parties, le procureur Mohamed Bangoura a demandé au tribunal de requalifier les faits d’escroquerie en tentative d’escroquerie.

Les avocats de la défense, de leur côté, étaient plutôt divisés dans leurs plaidoiries. L’un a imploré la clémence du tribunal alors que l’autre, qui soutient que son client n’a commis aucune infraction, a plaidé non coupable. Il a demandé le renvoi de Toto Camara des fins de la poursuite pour délit non constitué.

Dans sa décision rendue sur siège, le tribunal a déclaré Mohamed Toto Camara coupable des faits de tentatives d’escroquerie et d’usurpation de titre et de fonction. Pour la répression, il est condamné à 6 mois d’emprisonnement assortis de sursis simple et au paiement d’une amende de deux millions de francs guinéens.

Mamadou Laafa Sow pour Guineematin.com

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