Enseignement Supérieur Franco-arabe : l’université internationale de Guinée soutient son premier étudiant en Master

« L’écart entre le produit du système éducatif et les besoins du marché de l’emploi, son inconvénient dans le processus de développement dans les pays du sud, la Guinée un modèle d’illustration pour l’étude des causes et la proposition des pistes de solutions ». C’est le thème de mémoire de Master soutenu hier, lundi 15 août 2022, par Mamadou Lamarana Sow à l’université internationale de Guinée. Ce thème d’actualité qui touche à la problématique de l’inadéquation entre la formation et les besoins des employeurs (entreprises, Etat,…) sur le marché de l’emploi est d’une importance capitale pour cette université arabe en ligne. Cette institution d’enseignement supérieur est à sa première fois d’enregistrer une soutenance en Master. Et, ses encadreurs se disent satisfaits de cette première expérience, rapporte Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

La cérémonie de soutenance s’est déroulée au siège de l’Union des écoles arabo-françaises de Guinée sis dans la préfecture de Dubréka. Et, l’étudiant Mamadou Lamarana Sow a obtenu la mention ‘’Excellent’’ pour son travail. Monsieur M’Bemba Soumah, vice-recteur chargé des études de l’université internationale de Guinée, assure que l’étudiant en Master a satisfait aux exigences de sa thèse de mémoire.

Dr M’Bemba Soumah, membre du jury

« Nous accordons beaucoup d’importance à cette thèse. C’est pourquoi, au cours de la soutenance, nous avons donné beaucoup plus de temps aux membres du jury afin de donner leur avis par rapport au travail de l’étudiant. Parce que ça a résolu beaucoup de problèmes, c’est-à-dire dans l’enseignement général, surtout la filière franco-arabe, il y a l’inadéquation entre ce que nous donnons aux enfants à l’école et ce que les enfants vivent sur le terrain, c’est-à-dire les besoins du marché de l’emploi. Le marché a une exigence, donc ce que vous donnez comme enseignement doit être en adéquation avec le marché ; sinon, ça va donner beaucoup de chômeurs au niveau des étudiants que nous formons. En tant que jury, nous avons les exigences. Premièrement : la méthodologie de la recherche, les données que vous donnez, il faut qu’il y ait l’impact de l’étudiant sur ce qu’il fait. Est-ce qu’il y a du nouveau dans ce qu’il a donné par rapport aux cours que nous lui donnons. Nous avons beaucoup d’exigences, mais ces trois là sont fondamentales : la méthodologie de la recherche, l’apparence de l’étudiant dans sa thèse et la véracité de ce qu’il dit. Durant 4 heures, nous avons fait un travail intense pour sortir un résultat qui a donné une bonne note à l’étudiant qui a beaucoup travaillé. Il est apparu qu’au cours de la lecture du thème qu’il maîtrise le thème. Par rapport à ça, nous avons fini par le noter par « Excellent » », a dit Dr M’Bemba Soumah au sortir de cette assise scientifique.

Déclaré titulaire du diplôme de Master en gestion des ressources humaines, Mamadou Lamarana Sow a invité à une prise de conscience tant au niveau des jeunes apprenants, mais aussi au niveau des décideurs sur sa thèse qui traite l’inadéquation entre la formation et les exigences du marché qui reste une problématique du moment.

Mamadou Lamarana Sow, titulaire de Master

« Si vous remarquez, la plupart des postes dans l’administration publique ou au sein des sociétés privées sont occupés par les étrangers ou les Guinéens qui ont des diplômes étrangers. Les étudiants guinéens, eux, sont moins compétitifs sur le marché. Encore vous constaterez avec moi qu’il y a une bonne partie des étudiants guinéens qui ne maîtrisent pas l’anglais, sachant que l’anglais est un outil vital dans la quête de l’emploi et la sauvegarde de celui-ci. L’objectif est situé à trois niveaux. C’est d’abord une prise de conscience de soi-même, mais aussi de la jeunesse consciente et surtout la prise de conscience des décideurs. On ne peut pas lutter contre le chômage et le grand banditisme si nous ne sommes pas maîtres de notre avenir. Pour ce faire, il faut qu’il y ait l’adéquation entre ce qu’on donne à l’école et à l’université et ce qui est sur le terrain. Pour que l’emploi soit effectif, il faut que nous formions des travailleurs. Et, pour former les travailleurs, il faut savoir quel est le travail disponible sur le marché. Sinon, finalement, vous formez des chômeurs », a indiqué Mamadou Lamarana Sow.

En guise de propositions de solutions, ce diplômé en sciences économiques à l’université Général Lansana Conté de Sonfonia (franco-arabe) demande à l’État de mettre en place des lycées techniques qui peuvent apprendre aux enfants leurs avenirs.

Mamadou Lamarana Sow, étudiant en Master

« Il n’y a pas de solution standard pour cette problématique. D’abord, il faut revoir le système éducatif de la base au sommet. Il faut revoir les programmes d’enseignement, la pédagogie et même les institutions d’enseignement qui y interviennent pour que le système soit qualifié et compétitif. Au deuxième niveau, il faut que l’État lui-même prenne ses responsabilités en menant des réformes au sein des institutions en charge de la formation et l’employabilité. Mais, aussi, il faut que l’État pense à mettre en place des lycées techniques qui peuvent apprendre aux enfants ce qu’ils peuvent prouver dans l’avenir et mettre en place un système d’orientation pour permettre aux étudiants de savoir qu’est-ce que je peux trouver demain sur le marché de l’emploi », a dit Mamadou Lamarana Sow.

Malick Diakité pour Guineematin.com

Tel : 626-66-29-27

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