Journée internationale de la Photographie : les mots et maux des acteurs en Guinée

La journée internationale de la photographie est célébrée le 19 août de chaque année à travers le monde. Cette date n’est pas choisie au hasard. Car, elle coïncide avec l’invention du daguerréotype, un procédé photographique développé par les Français Louis Daguerre et Joseph-Nicéphore Niépce. Le gouvernement français, qui achète le brevet, célèbre alors cette invention, décrite comme un « cadeau pour le monde ».

En Guinée, la photographie a conquis la population dans les années 1960. La première génération de photographes du pays a été formée par des soviétiques. Durant des années, la photographie a fait la fierté de plusieurs hommes dans le pays. Mais, aujourd’hui, avec l’apparition des Smartphones, ce métier ne nourrit plus son homme. Il a perdu beaucoup de sa noblesse et de son mythe. Car, tout le monde a désormais les moins de prendre une image pour immortaliser un instant de vie. Mais, il y a encore des professionnels de la photographie qui frissonnent à la simple idée de voir un appareil photographique.

Thierno Ibrahima Baldé, le président de l’association des journalistes photoreporters de Guinée, a commencé la photographie à l’âge de 16 ans. Et, dans un entretien avec un reporter de Guineematin.com ce vendredi, il a laissé entendre qu’entre lui et la photographie, c’est toute une histoire de vie.

président de l’association des journalistes photoreporters de Guinée

« J’ai commencé la photographie en 1966, à l’âge de 16 ans. C’est grâce à un frère que j’ai appris à faire les photos. Je n’ai pas eu la chance de terminer les études et il fallait que je fasse quelque chose pour m’occuper. C’est comme ça que je me suis lancé dans la photographie. J’ai vécu les belles époques de la photographie ici en Guinée. Petit Barry (ancien directeur du bureau de presse de la présidence sous le régime Sékou Touré) m’a fait faire une formation à la voix de la révolution en 1970. Mais, malheureusement, j’ai eu des problèmes de photos avec le premier régime, je me suis exilé au Sénégal. Par contre, j’ai été le troisième meilleur photoreporter en 1971 au Sénégal. J’ai fait mes preuves en matière de photographie. Je suis rentré en Guinée en 1980, je me suis installé à Labé où j’ai été le plus grand photographe de la Moyenne Guinée. C’est moi qui ai introduit la photo couleur à Labé. Je prenais des photos pour les reproduire à Dakar. Je suis très connu et bien introduit à Conakry, Labé et Dakar », a dit Thierno Ibrahima Baldé.

En Guinée, la photographie a très souvent été un ‘’métier d’homme’’. Mais, dans ce milieu, des femmes y ont aussi trouvé et mérité de la place. C’est le cas de madame Saran Kaba, alias ‘’Maman SK’’, qui a été une célèbre photographe dans ce pays. C’est elle qui couvrait même les déplacements de l’ancien président Alpha Condé.

Madame Saran Kaba, photographe

« J’ai aimé la photographie grâce à mon grand-frère Zakaria Camara. Je ne voulais vraiment pas être photographe ; mais, puisqu’il a insisté, j’ai fini par accepter. Depuis que le président Alpha Condé a commencé à venir en Guinée, c’est moi qui fais ses photos. J’ai commencé à bas âge, depuis 1967, à l’époque mon père travaillait à l’imprimerie avec des américains et mon grand-frère aussi était photographe. Les femmes peuvent bien s’imposer dans le milieu de la photographie. Et, j’encourage les jeunes filles à s’intéresser à cette profession. Moi je ne regrette pas aujourd’hui d’avoir choisi la photographie, car je suis une femme au destin extraordinairement particulière », a indiqué madame Saran Kaba.

La photographie est un métier libéral, avec des branches de spécialités. Mais, l’arrivée des téléphones androïd a fortement éprouvé des photographes. Aujourd’hui, c’est une profession qui est très menacée. Car, tout le monde fait ses propres photos ; et, il est difficile pour un photographe traditionnel de vivre de son métier. D’où la nécessité de se former pour évoluer avec la mutation en cours.

Cellou Binani Diallo, photographe

« Pour continuer à faire carrière dans la photographie, il est obligatoire de se former pour être à jour. C’est à nous de pouvoir nous adapter pour vivre de notre profession. Mais, si on refuse de nous adapter, nous serons à la traîne. Moi je ne suis pas contre l’utilisation des téléphones, ils ont permis à certains photographes d’évoluer. Nous demandons aux autorités d’employer au moins un photographe dans chaque département ministériel pour absorber un peu le nombre qui existe », a dit Cellou Diallo, photographe professionnel.

Mamadou Tanou Bah pour Guineematin.com

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