Sangareah (Pita) : le village de Megninfikhe inondé par les eaux du barrage Souapiti

Les habitants de Megninfikhe (un village du secteur Fereya, dans le district Fonfo, une localité relevant de la commune rurale de Sangareah, dans la préfecture de Pita) sont durement éprouvés par les eaux du barrage hydroélectrique de Souapiti. Actuellement, leurs habitations, leurs plantations, leurs champs et autres domaines cultivables sont tous inondés par les eaux de ce barrage, a constaté l’envoyé spécial de Guineematin.com à Sangareah.

Actuellement, les habitants de ce village sont dispersés. Chacun cherche à se sauver la tête avec cette montée sans cesse des eaux. Mme Fatoumata Binta Diallo, habitante de Megninfikhe, se plaint des difficultés qui assaillent actuellement les habitants de cette zone de Sangareah.

Mme Fatoumata Binta Diallo, habitante de Megninfikhe

« Nos domaines de cultures et d’élevage ont disparu, nos bœufs sont entretenus dans un cercle restreint. C’est difficile de vivre avec les poulets, les animaux domestiques dans un lieu restreint. C’est la montée de l’eau dans la contrée qui est à la base de tout ça. Nos puits qui étaient là sont fermés. Si on veut se laver, boire, cuisiner, nous utilisons cette eau venant du fleuve Kounkouré. Quand tu te laves avec cette eau-là, tu as automatiquement la démangeaison. Tu ne feras que te gratter à tout moment. Les puits sont remplis d’eau polluée. Tu peux facilement puiser l’eau à l’aide d’un seau en main. Les cours d’eau sont inondés. La grande rivière, communément appelée Dyowidyi, où on lavait les habits, on se lavait et puisait à boire a complètement disparu aujourd’hui. C’est une eau toxique qui a envahi notre village. Nous avons enregistré plus de 10 poulets qui sont morts après avoir bu l’eau venant du fleuve. Nous craignons que cette eau polluée nous tue ou tue nos enfants. Ensuite, il y a trop de moustiques actuellement. Dès que la soirée s’annonce, tu n’oses pas veillez ou manger dehors. Si tu ouvres un plat à manger, des insectes viennent se poser dessus… Vraiment nous demandons de l’aide. Les autorités n’ont qu’à nous enlever ici. Ils avaient dit qu’on n’allait pas quitter ici, mais l’eau est venue nous encercler. On a peur. Nos cases ont presque fini de tomber. Là où on trouvait des pailles, du raphia, du bois, de la nourriture, tout est inondé. Si ta maison tombe, tu ne peux pas la refaire pour faute de matériels », a expliqué Fatoumata Binta Diallo.

Abondant dans le même sens, Mamadou Aliou Bah, cultivateur, se plaint de l’humidité et des reptiles (notamment les serpents) auxquels les habitants de Megninfikhe font face au quotidien.

« A Megninfikhe ici, nous sommes trop coincés. Parce que l’eau est entrée au village et fait tomber certaines cases. Ensuite, l’eau a fait un prolongement interne de 200 mètres. Il y a de l’humidité à l’intérieur de toutes les cases. Les plantes de banane et autres ont commencé à sécher suite à l’arrivée des vagues d’eaux toxiques provenant du barrage Souapiti. Nous prions les autorités de la Transition de nous faire quitter ce village. Les animaux de toute sorte nous fatiguent, notamment les serpents Boa, les insectes et autres reptiles. Des fois, on a des difficultés pour gérer les enfants qui sortent pour se diriger vers l’eau. Les jardins ont disparu, plusieurs maisons sont gâtées. Les autorités n’ont qu’à nous enlever dans cette eau », a indiqué Mamadou Aliou Bah.

A préciser que le village de Megninfikhe est  coupé de son village voisin Hakoundé Thyandhi où les habitants utilisent une pirogue pour traverser.

De retour de Sangareah, Amadou Baïlo Batouala Diallo pour Guineematin.com

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