Dr Zotomou sur les sanctions contre la junte : « dans un pays où la précarité est visible… »

En marge de l’Assemblée générale des Nations-Unies tenue hier, jeudi 22 septembre 2022, les chefs d’État de la communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) ont pris des sanctions contre la Guinée. Pour Dr Edouard Zotomou Kpoghomou, président de l’Union démocratique pour le renouveau et le progrès (UDRG), dit ne pas être surpris par cette mesure de l’institution ouest-africaine d’autant plus que l’alerte avait été donnée à plusieurs reprises sans que la junte n’en prenne la mesure. Ce membre de l’alliance politique ANAD l’a dit dans un entretien accordé à Guineematin.com ce vendredi à travers un de ses reporters.

Les commentaires vont bon train en Guinée et même au-delà de nos frontières suite à la prise de sanctions par la CEDEAO contre la Guinée. Pour Dr Edouard Zotomou Kpoghomou, cette mesure ne le surprend point. « Personnellement, je n’ai pas été surpris par cette décision de la CEDEAO. Si vous constatez, depuis l’avènement du CNRD sur la scène politique, au sein de l’ANAD, nous avons été les tout premiers à supporter cette irruption et leur proposer même nos services. Nous avons même proposé des lobbys pour dire à la CEDEAO de surseoir à toutes sortes de sanctions contre le CNRD en leur donnant la chance de pouvoir traduire en actes concrets ce qu’ils ont si bien dit sur la place publique théoriquement. Malheureusement nous n’avons pas été écoutés », rappelle le président de l’UDRG.

Dr Édouard Zoutomou Pogomou, président de l’UDRP

Des voix se sont élevées pour critiquer le fait que la décision soit prise à New York, au siège des Nations Unies, et non en Afrique de l’Ouest. Dr Zotomou Kpoghomou n’y voit aucun inconvénient. « Ce qui est important, c’est ce qu’on fait et non le lieu où on le fait. Moi, je me moque que la décision soit prise à New-York, à Conakry, à Banjul, à Accra au Ghana ou tout simplement au siège de la CEDEAO. L’important, c’est la décision puisque de toutes les façons, ça ne changera pas la nature de la décision. Donc, on peut la prendre partout où c’est possible. Alors, il ne faut pas s’insurger contre ça », soutient-t-il.

Parlant des critiques acerbes visant Umarou Sissoko Emballo, président en exercice de la conférence des chefs d’Etat de la CEDEAO, le président de l’UDRG lève un coin de voile. « L’autre pan de la chose, c’est que beaucoup pensent que monsieur Embaló Cissoko parle en tant que président de la Guinée Bissau. Monsieur Embaló parle sous le manteau du président de la conférence des Chefs d’État de la CEDEAO. Il est investi par ses pairs. Monsieur Embaló, c’est la face visible de l’iceberg. En dessous, il y a un support, et ce support, c’est la communauté des Chefs d’État de la CEDEAO parce qu’il parle en leur nom. Alors, je trouve absolument normal qu’il vienne dire à ses frères d’armes, sur un ton assez conciliant, de ne pas dépasser 24 mois. Ça veut dire qu’ils s’étaient déjà entendus sur ça. Et si vous remarquez, les 36 mois qui ont été proposés par le CNRD ont été balayés d’un revers de main puisque la CEDEAO avait dit que ce n’était pas possible. Maintenant, qu’on vient nous dire que nous sommes indépendants, nous sommes ceci, nous sommes cela. Nous, ce que nous voulons et ce qu’on a voulu depuis toujours et que nous voulons pour toujours, c’est d’éviter à la Guinée les mauvaises retombées de sanctions contre le pays. Parce que dans un pays où la précarité est visible, il ne faut pas davantage accabler sa population », prévient Dr Édouard Zotomou Kpoghomou.

Mamadou Laafa Sow pour Guineematin.com

Tél : 622919225 

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