Sanctions de la CEDEAO contre la Guinée : « ce n’est qu’un début », estime Diabaty Doré

Comme annoncé précédemment, la CEDEAO a pris de lourdes sanctions contre les membres de la junte militaire au pouvoir en Guinée. Réunis en sommet extraordinaire hier jeudi, 23 septembre 2022, à New-York en marge de l’Assemblée générale de l’ONU, les dirigeants ouest-africains ont décidé entre autres du gel des avoirs financiers et de l’interdiction de voyage des membres de la junte. Joint au téléphone par un reporter de Guineematin.com ce vendredi, 23 septembre 2022, Diabaty Doré du RPR, membre de l’ANAD, dit ne pas être surpris par ces mesures.

« Je crois que ce qui vient de se passer à New-York, personnellement, je m’y attendais. Parce que quand on gère une transition avec arrogance, avec mépris et surtout avec une façon de montrer à l’opinion que la Guinée a eu son indépendance hier, que tout est à refaire et tout est à dégager et tout est à dissoudre, je pense bien qu’on devait éviter cela », dit d’entrée cet acteur politique.

Pour Diabaty Doré, la junte militaire qui a renversé Alpha Condé il y a un peu plus d’un an est à la base de ces sanctions. « Si le CNRD ne s’entêtait pas à montrer ses muscles à la CEDEAO, on en serait pas arrivé là. Je pense bien que ce n’est qu’un début. Mais, il est important aujourd’hui que la communauté nationale et internationale aide la Guinée. Ce qui risque à venir, si les actions qui ont été mises sur le Mali tombent sur la Guinée, c’est le peuple qui va en souffrir. Je crois que la CEDEAO est en train de prendre des sanctions graduellement et surtout contre les militaires et aussi quelques membres du CNT. Moi je crois que c’est normal. C’est pour les montrer et leur prouver que nous ne sommes pas dans les années 60 ou 70. Nous sommes au 21ème siècle et nous sommes à l’heure de la démocratie et de l’État de droit. Pour ceux qui connaissent la Guinée très bien, depuis maintenant une décennie, la Guinée n’est pas un État démocratique et un État respectueux des droits de l’homme », rappelle le président du Rassemblement pour la répression (RPR).

Par ailleurs, Diabaty Doré dénonce la gestion unilatérale de la transition par le Colonel Doumbouya et ses hommes. « Une transition ne doit pas se gérer solitairement. La Transition, c’est une crise et la transition doit être gérée par consensus. Depuis le 5 septembre 2021, nous avons tout fait pour qu’il y ait un dialogue. Mais vu l’entêtement, vu le refus catégorique du CNRD et du gouvernement à dialoguer, ça nous a poussé à demander l’envoi d’un médiateur. Chemin faisant, la CEDEAO nous a écouté et nous a envoyé Yayi Boni qui a effectué deux voyages. Le second voyage s’est bien passé parce qu’il y a eu des convivialités, il y a eu une ambiance bon-enfant. Pour moi, on devait continuer dans ce sens ».

Sur un autre plan, le vice-président de la Coalition politique ANAD, s’est indigné face aux propos du Premier ministre, Dr Bernard Goumou, qui a traité Umarou Sissoko Embaló de « guignol politique ». « Vous avez vu la sortie d’un Premier ministre maladroit, qui traite un président de la République de guignol. C’est le comble. La Guinée ne mérite pas ça. Moi je pense bien que nous les acteurs politiques, nous devons être du côté de la CEDEAO et je pense bien que oui, il est important aujourd’hui de prouver à la face du monde que cette junte n’a pas encore tiré les leçons du passé surtout de la transition de 2009. En résumé, je dirais que c’est important, c’est nécessaire qu’on prouve à ces militaires-là que nous ne sommes pas seuls et que la Guinée ne leur appartient pas », a-t-il martelé.

Mohamed Guéasso DORÉ pour Guineematin.com

Tel : +224 622 07 93 59

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