Boké : le maire de Sangarédi minimise les actions de développement de la COBAD

Cinq (5) ans après l’installation de la Compagnie des Bauxites et d’Alumine de Diandian (COBAD) dans la sous-préfecture de Sangarédi, les plaintes des citoyens impactés se multiplient. Ils accusent la compagnie minière de non-respect du contenu local et de refuser sa participation au développement de la localité. Le maire de la commune rurale de Sangarédi, tente de concilier les positions même s’il reconnaît des manquements de la part de la société minière, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture de Boké.

Mamadou Houdy Bah, maire de la commune Rurale de Sangaredi

Mamadou Houdy Bah, maire de la commune rurale de Sangarédi, dit comprendre les inquiétudes des uns et des autres. « Dans le schéma de traitement des plaintes, les communautés impactées doivent s’adresser à la mairie pour toute plainte que nous transmettons au niveau de la direction de la COBAD. Quand la compagnie traite la plainte, ils nous font le retour, et si c’est nécessaire de réunir les deux parties, on le fait et nous faisons des recommandations. Mais le plus souvent, les communautés se plaignent sur trois points. Premièrement, s’ils sont victimes d’accidents sur leurs cheptels et d’autres plaintes, la 2ème c’est quand dans la prospection ou dans l’exploitation minière leurs plantations sont atteints et que ces plantions doivent être compensées ; la troisième plainte, c’est dans le cadre de l’emploi local. Souvent, nous gérons ça collectivement avec les relations communautaires de COBAD », a fait savoir l’élu local.

Dans le district de Ayekoye, des citoyens accusent la COBAD d’accidenter leurs bœufs avec un refus des responsables de l’entreprise de payer les indemnités aux propriétaires des animaux tués.

Interrogé sur la question, le maire de Sangarédi répond.  « En ce qui concerne les bœufs, à un moment donné, la COBAD compensait toujours les propriétaires des animaux accidentés. Mais ces derniers temps, leurs conseillers juridiques ont dit qu’ils ne doivent pas payer les animaux qu’ils accidentent. Il y a même un éleveur qui vient de quitter mon bureau et il prétend faire une plainte parce qu’il y a 6 à 7 bœufs accidentés par les engins des mines de la COBAD qui ne sont pas payés par la compagnie… ».

Une école de trois classes a été construite par la COBAD dans le district de Ayekoye. Mais cet établissement n’a ni toilettes ni logement pour le maître. Là aussi, la mairie de Sangarédi dit n’avoir pas été associée dans les travaux de construction de cet établissement scolaire. « C’est de la responsabilité sociétale de la COBAD. Ça n’a même pas été mis dans le Plan annuel d’investissement (PAI) de la commune pour que nous saisissions un entrepreneur et que nous faisions un contrat et faire un suivi rigoureux. Là, c’est la COBAD qui a directement recruté un entrepreneur et qui a fait un marché de gré à gré avec lui. Pour cette école, il y a eu effectivement des doléances pour la construction du logement du maître et des latrines, et nous avons transmis ces doléances à la COBAD. Nous avons dit à la communauté de Ayekoye de nous attendre, parce que la COBAD est une société qui paye le Fonds de développement économique local (FODEL). Tout ça se trouvait dans notre PAI 2021. Mais malheureusement, les comptes de la mairie sont gelés, ça n’a pas pu avoir lieu ; sinon, c’est notre préoccupation », a-t-il lancé.

En outre, Mamadou Houdy Bah reconnaît le manque d’efforts de la COBAD dans sa participation au développement des localités impactées par sa production minière. « A date, en dehors des forages ponctuels qu’ils réalisent sur des zones où ils impactent, il n’y a pas tellement d’activités ou de réalisations de la part de la COBAD », a-t-il laissé entendre.

De retour de Sangarédi, N’Diaré Diallo pour Guineematin.com

Tél : 628-98-49-38

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