Sangarédi (Boké) : des citoyens mécontents de la COBAD qui ne respecte pas le contenu local

La préfecture de Boké, déclarée zone économique spéciale à cause de l’exploitation minière, connaît d’énormes difficultés. Les citoyens se plaignent de nombreux manquements, notamment le non-respect du contenu local. C’est le cas de ceux du district de Ayekoye, relevant de la sous-préfecture de Sangarédi, où est implantée la Compagnie des bauxites et d’alumine de Diandian (COBAD). Ils accusent les responsables de la COBAD de ne pas respecter leurs engagements pour le développement de la localité, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

Elhadj Yaya Diallo, habitant de Ayekoye

 Elhadj Yaya Diallo, un ancien travailleur de la SOTELGUI, aujourd’hui à la retraite, s’est installé dans ce district de Ayekoye. Pour lui, la plupart des promesses prises par la COBAD ne sont pas respectées. « Ces derniers temps, la COBAD a détruit des plantations qu’ils ont promis de compenser, mais ce n’est pas fait. Ils ont promis de faire des forages ; ça aussi, ce n’est pas réalisé. Pourtant, il y a des lieux en difficultés. Ils ont tué des bœufs ici qu’ils ont promis de rembourser dans une réunion qu’on a ténue ensemble, mais jusqu’à présent rien n’a été fait. On devait se rencontrer avec la direction de la COBAD le 15 de chaque mois ; mais puisqu’ils savent que nous allons dénoncer, ce n’est pas fait. Ils ont refusé la tenue de ces rencontres. Nous sollicitons l’aide des autorités pour que la compagnie respecte ses différentes promesses… ».

Par ailleurs, notre interlocuteur soutient que le calme qui prévaut à Ayekoye est dû à l’implication des sages. « Ici, nous sommes calmes et nous travaillons avec eux dans la sincérité. Si vous voyez qu’il n’y a pas de grève ici, c’est grâce à nous. Parce que chaque fois que la population veut se soulever, nous on cherche toujours à nous calmer. Là où nous souffrons beaucoup, c’est au niveau des relations communautaires. Nous avons vu que ceux qui sont là ne pouvaient pas nous servir, ils ne pouvaient pas nous satisfaire. Nous avons dit maintenant que nous voulons avoir un représentant avec lequel nous pouvons communiquer, mais sur ce point, ils nous ont dit qu’ils ne peuvent pas prendre parce que c’est eux qui paient. Ce point est suspendu à ce niveau. Nous demandons au ministre des mines de faire face pour que les sociétés qui sont là respectent les droits des communautés ».

Ibrahima Camara, sage de Ayekoye

Ibrahima Camara, un autre sage du district de Ayekoye, abonde dans le même sens. « Avec la société COBAD, on avait bien débuté. Mais je crois que depuis le changement de tête au niveau de la direction, nous avons constaté quelques lacunes. C’est le problème d’emploi qui se pose souvent. Nous regrettons le fait que nos jeunes ne soient pas dans la boite. A chaque fois qu’ils prennent nos enfants pour des stages au niveau de l’apprentissage de la conduite des camions, dès qu’il y a un petit incident, on dit que ce sont les apprentis, on les refoule. Ils nous ont fait ici une école incomplète, l’école qu’ils ont construit n’a que 3 classes et n’a même pas de latrines ni de logement pour le maitre. Nous leur avons fait des reproches par rapport à ça. Actuellement, il y a même une lettre en instance qu’on doit leur adresser pour compléter l’infrastructure », a-t-il fait savoir.

Mamadou Djouhé Diallo, Chef du secteur de Ayekoye centre

Pour sa part, Mamadou Djouhé Diallo, chef secteur de Ayekoye centre, est revenu sur les multiples besoins de la communauté. « Nous avons besoin de routes, parce que au départ ils nous avaient dit de ne pas utiliser leur route. Nous avons fait des demandes dans ce sens auprès de la compagnie et des autorités, mais jusqu’à présent ils ne nous ont pas aidé. Ils nous ont dit que nos motos et nos véhicules ne doivent pas emprunter leur route, pourtant eux ils ont suivi les nôtres jusqu’à la fin de la construction de la route minière. Nous voulons qu’ils travaillent le tronçon Diandian-Sangarédi mais jusqu’à présent impossible. Nous avons beaucoup de jeunes dans les différentes localités ici, mais ils viennent toujours avec leurs travailleurs. Nos enfants peuvent faire une année de stage avec eux sans être embauché, mais eux ils peuvent envoyer leurs jeunes en une journée on voit l’intéressé avec la ténue et il est déjà employé. Actuellement, nous avons des jeunes qui ont fait le test, ils ont été déclarés admis par la société mais ils n’ont toujours pas été embauchés. Nous leur avons demandés d’insérer nos citoyens dans le bureau des relations communautaires pour qu’on puisse travailler directement avec eux, ils ont refusé.  Nous avons des intellectuels et nous avons des jeunes ayant des métiers, mais ils refusent de les embaucher au profit des gens vénus d’ailleurs. Vraiment, nous avons des problèmes ici, mais à chaque fois que nous voulons nous faire entendre, les autorités nous disent de nous calmer », explique monsieur Diallo.

Dans le souci d’équilibrer l’information, Guineematin.com a joint le responsable des ressources humaines de la Compagnie des Bauxites et alumine de Diandian. Mais il n’a pas donné suite à nos sollicitations.

De retour de Sangarédi, N’Diaré Diallo pour Guineematin.com

Tél : 628-98-49-38

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