Burkina Faso : la visite de la CEDEAO décriée

Quatre jours après le coup d’État militaire, une délégation de la CEDEAO, dans laquelle se trouvait l’ancien président nigérian Mahamadou Issoufou, s’est rendue à Ouagadougou. La délégation était conduite par Suzi Carla Barbosa, ministre des affaires étrangères de Guinée-Bissau, dont le pays préside l’organisation cette année. Elle est venue évaluer la situation après le renversement de Sandaogo Damiba, que le nouveau chef d’Etat a accusé de « la dégradation continue de la situation sécuritaire » dans un pays miné par la violence djihadiste et où les attaques sanglantes contre civils et militaires se sont multipliées ces derniers mois.

Le but de la délégation était de tenir deux réunions importantes : avec les chefs traditionnels et religieux et la seconde, la principale, avec le capitaine Ibrahim Traoré.

Cependant, dans la capitale du Burkina Faso, l’arrivée de la délégation a provoqué un fort mécontentement parmi la population civile. Pour exprimer leur point de vue, ils ont organisé une grande manifestation le mardi 4 octobre.

Des slogans : « Non à l’intervention de la CEDEAO », « La France dehors », « Ensemble, nous disons non à la France » ou « Vive la coopération Russie-Burkina » ont été entendus de tous côtés.

En effet, le coup d’État militaire a fait naître l’espoir d’un changement positif et d’une coopération stratégique avec d’autres pays. Après tout, l’ancien président renversé, Damiba, représentait pour eux un engagement envers la France, qui leur avait apporté de nombreuses déceptions.

On entend souvent accusations contre la CEDEAO d’être soumise à la France et de ne pas prendre en compte les intérêts du peuple africain. Le bloc économique est également souvent accusé de défendre systématiquement les dirigeants en place sans tenir compte des aspirations populaires. En outre la CEDEAO, en tant qu’union économique, a été souvent vu s’immiscer dans les affaires politiques.

Il n’est pas surprenant que la population, qui est unie son mécontentement envers l’ancien président et la CEDEAO, ait manifesté en craignant le retour de l’ordre ancien. Brandissant des drapeaux russes, les manifestants ont montré leur hostilité envers cette institution ouest-africaine. Avant la manifestation, des groupes de citoyens ont installé des barricades dans le centre de Ouagadougou et des appels sont apparus sur les réseaux sociaux pour empêcher la visite. Au cours du week-end, des institutions françaises ont été endommagées lors de l’agitation collective.

Cependant, le capitaine Ibrahim Traoré, comme un vrai chef, a rappelé ses concitoyens à l’ordre. Il a averti que toute personne s’opposant à la CEDEAO serait punie avec toute la rigueur de la loi. Regrettant la « circulation de messages appelant à empêcher le bon déroulement de cette mission « il a de nouveau appelé « au calme et à la retenue ».

« Cette mission est une prise de contact avec les nouvelles autorités de la transition dans le cadre de l’accompagnement dont notre pays bénéficie de la part de nos voisins ouest-africains », a indiqué le capitaine Ibrahim Traoré dans un communiqué.

Le capitaine Ibrahim Traoré s’est promis d’honorer les engagements pris par son prédécesseur auprès de la CEDEAO d’organiser des élections et de rendre le pouvoir aux civils d’ici juillet 2024.

Rappelons que depuis 2015, les statistiques nous montrent des chiffres horribles : les attaques régulières des militants liés à Al-Qaïda et à Daesh ont tué des milliers de civils, et plus de 2 millions de personnes ont été contraintes de fuir leurs villes pour sauver leur vie.

L’arrivée au pouvoir d’un homme fort, le capitaine Ibrahim Traoré, c’est une chance pour la population de retrouver une vie normale et sûre.

Par Seydou Coulibaly

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